Hichem Mechichi (), né en . à Bou Salem., est un homme d'État tunisien.

Il est chef du gouvernement du au et occupe également le poste de ministre de l'Intérieur de à puis, à côté de ses fonctions de chef du gouvernement, de à .

Il est démis de ses fonctions à la suite d'un coup de force opéré par le président Kaïs Saïed qui suspend également l'Assemblée des représentants du peuple. Le pays sombre alors dans une crise politique caractérisée par un autoritarisme croissant et des atteintes graves aux droits et libertés : de nombreuses figures politiques, des affaires et médiatiques sont notamment arrêtées et accusées de , situation notamment dénoncée par Amnesty International. En 2025, Mechichi est lui-même condamné à 35 ans de prison dans ce contexte.

Biographie Études Hichem Mechichi est titulaire d'une maîtrise en droit de la faculté de droit et des sciences politiques de Tunis et d'un master en droit, sciences politiques et administration publique de l'École nationale d'administration de Tunisie.. Il est également diplômé de l'École nationale d'administration française, promotion République (2005-2007), qui lui a rendu hommage sur son site web après sa nomination en tant que chef du gouvernement..

Carrière professionnelle et politique

gauche|vignette|Hichem Mechichi en tant que ministre de l'Intérieur, en visite au QG de l'USGN durant le confinement de 2020.

Membre de la Commission nationale d'investigation sur la corruption et la malversation, fondée en 2011 et présidée alors par Abdelfattah Amor., il occupe dès 2014 les fonctions de chef de cabinet au ministère du Transport, puis le même poste successivement aux ministères des Affaires sociales et de la Santé.

Il dirige également l'Agence nationale du contrôle sanitaire et environnemental des produits, avant d'être nommé par le président Kaïs Saïed comme son premier conseiller chargé des Affaires juridiques, le . Le du même mois, il est nommé ministre de l'Intérieur dans le gouvernement d'Elyes Fakhfakh.

Chef du gouvernement Le , en pleine crise politique, Saïed le désigne chef du gouvernement, chargé de former un gouvernement en un mois et d'obtenir la confiance de l'Assemblée des représentants du peuple... Le , il propose de former un gouvernement composé d'indépendants.. Le , il en dévoile la composition. qui suscite les réserves d'Ennahdha et d'Au cœur de la Tunisie. et compte huit femmes ainsi qu'un malvoyant.. Le suivant, son gouvernement est investi par l'assemblée avec 134 voix contre 67..

Rapidement, des différends profonds commencent à apparaitre dans la relation entre Mechichi et Saïed sur la conduite de l'État..

Le , Mechichi met fin aux fonctions du ministre de l'Intérieur Taoufik Charfeddine et assure lui-même l'intérim en reprenant la tête du ministère..

Le conflit atteint son paroxysme quand Mechichi annonce le un large remaniement ministériel destiné à renforcer l'action gouvernementale. Fruit d'un accord entre les partis Ennahdha et Au cœur de la Tunisie, il touche douze ministères, dont ceux de l'Intérieur, de la Justice et de la Santé dans le contexte de la pandémie de Covid-19... Le président Saïed, jugeant le remaniement contraire à la Constitution et soupçonnant des conflits d'intérêt, refuse de recevoir les ministres nouvellement nommés à la cérémonie de prestation du serment et de signer leur décret de nomination, malgré le vote de confiance obtenu à l'Assemblée des représentants du peuple, plongeant le pays dans une crise constitutionnelle.. Le , Mechichi limoge les ministres sortants concernés par le remaniement..

Destitution et suites Le , après une journée de manifestations réclamant la et dans un contexte de crise l'opposant à Ennahdha, le président Saïed invoque l'article 80 de la Constitution et annonce à la suite d'une réunion d'urgence geler les activités de l'Assemblée des représentants du peuple, lever l'immunité parlementaire des députés et démettre de ses fonctions le chef du gouvernement avec effet immédiat, se chargeant directement du pouvoir exécutif... La constitutionnalité de ces décisions est toutefois remise en cause.. Des sources évoquent par ailleurs des violences physiques contre Mechichi au palais présidentiel pour le pousser à démissionner, celui-ci niant toutefois un placement en résidence surveillée et déclarant être prêt à assurer la transition du pouvoir à la personnalité que le président désignerait..

S'ensuivent alors des arrestations de figures politiques, des affaires et médiatiques accusées de , dans le cadre de l'affaire du complot contre la sûreté de l'État en Tunisie, ce qu'Amnesty International décrit comme une .. Le , Mechichi est condamné par contumace à 35 ans de prison pour et à la confiscation de ses biens dans un procès dénoncé par le Comité pour la justice, l'opposition et des organisations professionnelles comme le ...

Références

Liens externes

Catégorie:Chef du gouvernement de la Tunisie Catégorie:Ministre tunisien de l'Intérieur Catégorie:Étudiant de l'université de Tunis - El Manar Catégorie:Élève de l'École nationale d'administration (France) Catégorie:Naissance en janvier 1974 Catégorie:Naissance en Tunisie