vignette|400x400px| Première page du premier livre du Clavier bien tempéré de JS Bach, qui couvre les 24 tonalités.

Les exemples les plus célèbres du répertoire sont sans doute le clavier bien tempéré de Jean Sébastien Bach, et les 24 préludes, op 28 de Frédéric Chopin.

Certains compositeurs ont restreint leurs séries en s'attardant uniquement sur les douze tonalités majeures, ou mineures, ou encore seulement sur les tonalités à bémol (douze études d'exécution transcendante de Franz Liszt) ou à dièses (Sergei Lyapounov, Op. 11 )

L'ordre de succession des pièces peuvent avoir une logique de modulation chromatique, comme dans le clavier bien tempéré qui module au ton relatif mineur, puis par demi-ton supérieur, ou bien par logique de chute de quintes, c'est le cas des préludes de Chopin.

Il existe aussi des pièces uniques qui parcourent à elles seules toutes les tonalités, c'est le cas des deux préludes Op. 39 de Beethoven et dans les douze tons majeurs.

La plupart des œuvres de ce type ont été écrites pour piano solo, mais il en existe aussi pour piano à quatre mains, pour deux pianos, orgue, guitare, deux guitares, hautbois, violon solo, violon et piano, violoncelle solo, violoncelle et piano, quatuor à cordes.

Il subsiste des cas d’œuvres prévues pour toutes les tonalités, (les quatuors à cordes de Chostakovitch, l'organiste de César Franck.)

Pièces couvrant les 24 tonalités

Œuvres les plus connues Jean-Sébastien Bach : Le Clavier bien tempéré, Livres I et II (1722 et 1742) - deux cahiers distincts de 24 préludes et fugues, ensemble appelé les 48. Frédéric Chopin : 24 Préludes, op. 28 (1835-1839) Franz Liszt : Douze études d'exécution transcendante (1826–52) - couvrent uniquement les tons naturels et avec armures de bémols. Liszt avait initialement prévu d'écrire 24 études mais a apparemment abandonné le projet. En 1897–1905, Sergei Lyapunov écrit ses 12 Études d'exécution transcendante, op. 11, qui couvre les tonalités restantes et complètent l'œuvre de Liszt, à sa mémoire. Charles-Valentin Alkan : 25 préludes, op. 31 (1847) - 24 études dans toutes les tonalités majeures et mineures, op. 35 et 39 (1848 et 1857) Alexandre Scriabine : 24 Préludes, op. 11 (1893–95) - Tout compte fait, Scriabine a écrit un total de 90 préludes pour piano (50 en tonalités majeures, 31 en tonalités mineures et 9 en tons indéterminées). Ceux-ci ne contiennent qu'un seul cycle complet de préludes dans les 24 tons majeurs et mineurs, mais il semble en avoir commencé un autre, resté incomplet. Sergueï Rachmaninov : 24 Préludes, Op. 3/2, 23 et 32 (1892, 1901-2003 et 1910) Paul Hindemith : Ludus Tonalis (1942) - douze tons. Dmitri Chostakovitch : 24 préludes et fugues, op. 87 (1950-51) - Chostakovitch a également écrit un cycle distinct de 24 préludes, op. 34 en 1933.

Compositeurs qui ont écrit plusieurs cycles vignette| Niels Viggo Bentzon, qui a écrit 14 cycles complets de 24 Préludes et Fugues. Un certain nombre de compositeurs ne se sont pas contentés d'un seul ensemble d'œuvres couvrant toutes les tonalités de la gamme chromatique. Niels Viggo Bentzon a notamment écrit pas moins de 14 séries complètes de 24 Préludes et Fugues, un total de 336 pièces dans ce seul genreNiels-Viggo Bentzon, Musicweb-international.com, 2 février 2015Bach cantatas, Arrangements & Transcriptions of Bach's Works: Arrangements & Works inspired by Well-Tempered Clavier BWV 847–869 & BWV 879–893 (WTC), Bach-Cantatas.com.. Parmi ceux qui ont écrit plus d'un ensemble, citons : Charles-Valentin Alkan : 25 préludes Lera Auerbach : 24 Préludes (piano); 24 Préludes (violon et piano); 24 Préludes (violoncelle et piano) Johann Sebastian Bach : Le Clavier bien tempéré, Livres I et II (1722 et 1742) - Bien que vingt ans les séparent, ils sont généralement considérés comme une seule œuvre et surnommées les 48. David Cope : 48 préludes et fugues Carl Czerny : au moins trois cycles, exercices de piano (Op. 152, 380) et 24 préludes et fugues Johann Nepomuk Hummel : 24 préludes; 24 Études Friedrich Kalkbrenner : 24 Études; 24 préludes Nikolaï Kapoustine : 24 préludes dans un style jazz ; 24 Préludes et Fugues Joseph Christoph Kessler : 24 études; 24 préludes Craig Sellar Lang : Deux livres de 24 préludes et fugues Trygve Madsen : 24 préludes op. 20; 24 Préludes et fugues op. 101 Jaan Rääts : 24 Marginalia ; 24 préludes estoniens Igor Rekhin (né en 1941 à Tambov, Russie): 24 préludes et fugues pour guitare; 24 Caprices pour violoncelle solo Josef Rheinberger : 24 Fughettas, op. 123 - Il avait également l'intention de composer 24 sonates pour orgue, mais est décédé avant d'avoir achevé la vingtième. Johann Christian Heinrich Rinck : 30 préludes; Exercices dans tous les tons. Dmitri Chostakovitch : 24 préludes, op. 34 ; 24 Préludes et fugues, op. 87 - a également entrepris d'écrire 24 quatuors à cordes tous dans des tonalités différentes, mais n'en a terminé que 15. Charles Villiers Stanford : 2 séries de 24 préludes, op. 163, 179 Louis Vierne : 24 Pièces en style libre ; 24 Pièces de fantaisie Vsevolod Zaderatski : 24 préludes; 24 Préludes et Fugues (écrits en prison, sans piano, sur formulaires télégraphiques)

Variantes

Pièces uniques qui modulent dans beaucoup de tonalités Ludwig van Beethoven a écrit 2 préludes couvrant les 12 tonalités majeures, op. 39 pour piano (1789). Dans le premier prélude, chaque ton occupe de 2 à 26 mesures. Les tons de Do# et Réb, équivalents enharmoniques, sont tous deux représentées indépendamment.

Giovanni Battista Vitali (1632-1692) a inclus dans Artificii musicali, op. 13 (1689) une passacaille qui module à travers huit tons majeurs (sur douze) de Mib majeur à mi majeur par le cycle des quintes.

La huitième fugue des Trente six Fugues pour le piano-forte de Antoine Reicha, module dans tous les tons.

Le thème du rondo du Bœuf sur le toit de Darius Milhaud est présent quinze fois, transposé sur les 12 tonalités principales (deux fois en la majeur et trois fois dans la tonique en do majeur).

Œuvres sur les huit modes grégoriens Vers 1704, Johann Pachelbel termine ses 95 Fugues sur le magnificat, couvrant les huit modes grégoriens. Charles-Valentin Alkan compose Petits préludes sur les huit gammes du plain-chant, pour orgue (1859, sans numéro d'opus), un cycle de huit préludes d'orgues.

Autres ensembles de 24 pièces

Tous les ensembles de 24 pièces n'appartiennent pas à cette catégorie. On peut considérer que le chiffre de 24, par l'autorité et l'influence de Bach, puis de Chopin, marque les compositeurs qui y voient une sorte de symbole important (comme la neuvième symphonie) Par exemple, il n'y avait aucune intention dans les 24 Caprices pour violon seul de Niccolò Paganini, les 24 Préludes pour piano de Claude Debussy, ou les 24 Caprices de Pavel Zemek Novak. de couvrir toutes les tonalités.

Les vingt-quatre Études de Chopin, et 25, pourraient avoir été initialement prévues pour être dans les 24 tons. Hormis les et 8, la première série () est composée d'études par deux, avec la tonalité majeure et son relatif mineur, aucune des tonalités n'apparaissant deux fois (sauf en do majeur, qui apparaît dans le premier, et dans le seul couple qui n'est pas majeur-mineur, le 7-8). Mais dans la deuxième série (Op. 25), ce schéma tonal s'affaiblit de plus en plus. Il est encore possible de voir des rapports tonaux entre les couples d'études de l'op. 25, mais ils ne reposent pas tous sur le même principe (par ex. et 4 en fa majeur - la mineur, deux tonalités que Chopin aime très souvent assembler, comme dans sa deuxième Ballade). On pourrait supposer que Chopin a envisagé d'écrire les études dans toutes les tonalités mais s'est résigné en cours de route, pour y retourner plus tard, pour les 24 Préludes, op. 28. Un lien peut s'établir entre la première étude de l'opus 10, toute en arpèges, en do majeur, et celle - célébrissime - du clavier bien tempéré, montrant que Chopin avait bien en tête cette tradition.

Historique

Bach et ses précurseurs longtemps cru que Bach a repris le titre Le clavier bien tempéré d'un ensemble de 24 Préludes et Fugues du même nom, dont on a trouvé un manuscrit daté de 1689 dans la bibliothèque du Conservatoire de Bruxelles. Il fut démontré plus tard qu'il s'agissait en réalité de l'œuvre de Bernhard Christian Weber (1712-1758) donc d'un compositeur qui n'était pas encore né en 1689 : en fait, l'œuvre a été écrite entre 1745 et 1750 à partir de l'œuvre de Bach.

Cependant Bach n'a pas été le premier compositeur à écrire des cycles de pièces dans toutes les tonalités.

Dès 1567, Giacomo Gorzanis (c.1520 – c.1577) écrit un cycle de 24 passamezzo – saltarello.

En 1640, Angelo Michele Bartolotti compose Libro primo di chitarra spagnola, un cycle de passacailles à travers les 24 tonalités majeures et mineures selon le cycle des quintes.

Johann Caspar Ferdinand Fischer, en 1702, écrit un cycle de 20 pièces d'orgue dans chacune une tonalité différente ; Ariadne musica , incluant aussi des modes grégoriens, mais excluant les tonalités très accidentées (Do# majeur, mib mineur...)

En 1735, entre les deux cahiers du CBT , Johann Christian Schickhardt écrit son alphabet de la musique, op. 30, qui contient 24 sonates pour flûte, violon ou flûte à bec dans toutes les tonalitésL'Alphabet de la Musique, Diapason.Xentonic.org.. En 1749, un an avant la mort de Bach, Johann Gottlieb Goldberg, l'inspiration des Variations Goldberg de J.-S. Bach, écrivit ses 24 polonaises pour clavier.

Après Bach Ce qui suit est une liste incomplète des œuvres de ce type qui ont été écrites après la mort de Bach.

(Légende: 5C =cycle des quintes)