Louis Régis, né le à Sétif (Algérie) et mort le à Antibes (Alpes-Maritimes), est un militant antisémite et médecin français.

Biographie Né à Sétif (Algérie française), rue Saint-Augustin, le , Jean-Joseph-Louis Régis, dit Milano, est le fils d’Émilie Guelpa et de l'entrepreneur Jean Régis, dit MilanoANOM, état civil de Sétif, registre des naissances de 1876, acte .Archives de Paris, état civil du 9 arrondissement, registre des décès de 1973, acte (vue 9 sur 31). (1832-1895), un colon piémontais qui ne sera naturalisé français qu'en 1888. Trois ans après l'un de ses frères aînés, Max, Louis Régis reçoit la nationalité française à sa majorité en application de la loi du 26 juin 1889Le Siècle, 20 janvier 1901, ..

Élève de plusieurs établissements scolaires de la métropole puis étudiant à l'École supérieure de médecine et de pharmacie d'Alger dans la seconde moitié des années 1890, Louis Régis devient externe à l'hôpital civil de MustaphaLe Turco, 10 mai 1902, ..

vignette|Portrait de Louis Régis par Édouard Herzig (supplément illustré de L'Antijuif algérien, 12 juin 1898).|254x254px

En , Max et Louis Régis sont exclus des Écoles supérieures d'AlgerLa France, 14 février 1897, . pour y avoir mené des manifestations estudiantines contre un jeune professeur juif, Emmanuel Lévy (1871-1944), récemment chargé de cours à l’École supérieure de droitLe Journal des débats, 13 février 1897, .. Max, épaulé par Louis, prend alors la tête de la Ligue antijuive d'Alger et fonde un journal, L'Antijuif algérien, dont son frère devient l'administrateur. En janvier suivant, Louis prend une part active aux graves troubles antisémites dirigés par son frère aînéLe Siècle, 18 mai 1898, ..

En , alors que Max est incarcéré, Louis Régis aide le polémiste antisémite Édouard Drumont à être élu député d'Alger à l'occasion des élections législatives de 1898. Au cours d'un meeting de campagne à Mustapha, il profère des paroles menaçantes à l'encontre de deux procureursLe Temps, 15 mai 1898, ., ce qui lui vaut une peine de trois mois de prison avec sursis pour outrage à magistratL'Intransigeant, 16 mai 1898, .. Quelques jours plus tard, il est également condamné par défaut à un an de prison pour sa participation aux scènes de pillage du mois de janvier précédent. Il obtient cependant son acquittement après avoir fait opposition de ce dernier jugement, les faits n'étant pas suffisamment établisLa Loi, 5 juin 1898, ..

Entre les mois de et , Louis Régis effectue son service militaire dans le 1 régiment de zouavesLe Moniteur universel, 19 novembre 1898, .. Pendant ce temps, Max est élu maire d'Alger mais se fait rapidement révoquer. Une fois libéré, Louis remplace provisoirement son frère à la tête de L'Antijuif algérien et du « parti » antijuifLa Libre Parole, 29 octobre 1899, .. L'année suivante, il écope de huit jours de prison pour voie de fait sur un adversaire politiqueLe Temps, 15 octobre 1900, .. Il purge cette peine en . Deux mois plus tard, Louis et son frère sont blessés à l'issue d'une violente bagarre les opposant à leurs ennemis, dont Étienne Laberdesque, à la terrasse de la brasserie TantonvilleL'Écho de Paris, 1 mai 1901, .. En juillet, à Oran, Louis prend part à de nouveaux troubles et se voit condamner à une amende et à trois jours de prison pour tapage injurieuxLe Soir, 18 août 1901, ..vignette|Sur cette photographie prise à Mustapha en mai 1900, Louis Régis est debout à la droite du député Édouard Drumont, assis au centre.|gauche|283x283pxMiné par les dissensions internes dues aux excès de Max Régis, l'antisémitisme algérien connaît un coup d'arrêt aux élections du mois de , notamment avec la défaite de Drumont. « Candidat républicain d'union antijuive » au poste de conseiller général que son frère venait d'abandonner dans la circonscription d'AlgerL'Antijuif algérien, 11 mai 1902, ., Louis Régis est battu, avec 1306 voix contre 1506, par le républicain Le Constitutionnel, 13 mai 1902, ..

Délaissant la politique, Louis Régis obtient son doctorat en médecine à Lyon le Liste des docteurs en médecine, officiers de santé, sages-femmes, chirurgiens-dentistes, pharmaciens..., 1 janvier 1914, . après avoir soutenu une thèse intitulée Du Prurit dans la syphilis. Tout d'abord installé au du boulevard de Denain, à Paris, il s'établit ensuite durablement au du boulevard Poissonnière.

Le , Louis Régis épouse sa nièce, Jane-Émilie-Hyacinthe Audroing-Houssais (1891-19..)Archives de Paris, état civil du 7 arrondissement, registre des mariages de 1912, acte (vue 30 sur 31).. L'un des témoins du mariage est le docteur Guillaume Guelpa, oncle maternel de Louis, à qui il a dédié un livre en 1910Guillaume Guelpa, Autointoxication et désintoxication, Paris, Doin, 1910, 317 p.. Louis Régis et son épouse sont les parents de Marcel-Armand-Jean-Louis Régis (1913-2009)Archives de Paris, état civil du 9 arrondissement, registre des naissances de 1913, acte (vue 6 sur 31). et de Jane-Armande-Flore Régis (1914-2001)Archives de Paris, état civil du 9 arrondissement, registre des naissances de 1914, acte (vue 7 sur 31)., qui épouse en 1939 le médecin Georges GovaertsArchives de Paris, état civil du 9 arrondissement, registre des mariages de 1939, acte (vue 9 sur 31).. Jane Govaerts a rédigé une thèse de doctorat en médecine sur Augustin Cabanès, publiée en 1941 (Un Médecin an service de l'histoire, le docteur Augustin Cabanès, Paris, Jouve, 1941, 83 p).

Pendant la Première Guerre mondiale, Louis Régis sert dans plusieurs ambulances militaires avant d'être affecté à l'hospice mixte de Saint-Germain-en-Laye avec le grade de médecin aide major en 1917ANOM, registres matricules militaires, classe 1897, ..

Spécialisé dans la stomatologie, le docteur Louis Régis est nommé chevalier de la Légion d'honneur par un décret présidentiel du Revue des établissements et des œuvres de bienfaisance, juillet 1930, ..

Âgé de 96 ans, Louis Régis meurt le à la résidence Miramar d'Antibes.

Distinctions

Notes et références

Liens externes

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