La famille Prudhomme de La Boussinière ou de Prudhomme de La Boussinière (selon les branches), anciennement Prudhomme, est une famille originaire de Mareil-en-Champagne dans la Sarthe dont la filiation suivie débute au .
Elle compte parmi ses membres diverses personnalités publiques, politiques, militaires et ecclésiastiques de la Sarthe.
Deux branches subsistent de nos jours, issues de deux fils d'un subdélégué qui reçu des lettres de provision pour la charge de secrétaire du roi en 1782. Son fils aîné recevra des lettres de noblesse en 1825.
Histoire vignette|redresse|Situation géographique du département de la Sarthe en France. Onomastique Le patronyme Prudhomme est courant, il arrive au rang des noms les plus portés, en particulier en Normandie et dans le Nord de la France, désignant un « homme sage », prudentAlbert Dauzat, Dictionnaire des noms et prénoms de France, Paris, 1955, Larousse.. Comme nom commun, il vient du bas latin prodis signifiant « profit, avantage », associé à homo, et apparaît dans la Chanson de Roland (1080) sous la forme prodom (prod hom) avec le sens de « homme de valeur »; au milieu du , époque de la formation des noms de famille, sa forme devient preudhome et désigne un « homme expert dans un métier »Albert Dauzat, Nouveau dictionnaire étymologique et historique, Paris, 1964, Larousse..
Sous l'Ancien Régime gauche|vignette|redresse|Vue de Mareil-en-Champagne droite|vignette|redresse|Panneau du lieu-dit de La Boussinière vignette|redresse|Logis seigneurial de La Boussinière - Mareil en Champagne (72000) droite|vignette|redresse|Logis seigneurial de Monceaux - Saint Christophe en Champagne (72000)
La filiation suivie débute en 1674 avec Jacques Prudhomme, (Sarthe) et Mathurine LuisnéRegistre paroissial de Mareil-en-Champagne 1673-1741, 1MI 1151, ..
Leur fils Guillaume-Emmanuel, notaire royal, est dit sieur du Rocher en 1721, signe d'acquisition d'un fief et du début d’une ascension sociale.
Cette ascension continue avec le troisième fils, René Prudhomme (1701-1788), qui se portera acquéreur de nombreuses seigneuries. Né en 1701, André Bouton écrit à son sujet André Bouton, Le Maine : XVII et XVIII siècles, Impr. Monnoyer, 1973, .. Il épouse Jeanne Bainville, fille du contrôleur du grenier à sel de Bonnétable qui a fait une belle fortune. « Il sortait de cette bourgeoisie riche et libérale qui n'aspirait qu’à monter (...). Les Prudhomme, disait la malice populaire, avaient toujours su tirer parti de la gestion des affaires d'autrui »René Bouton, La Province du Maine, 1960, page 104).. Il vient habiter la paroisse de Gourdaine au Mans et devient procureur de la fabrique, il y fait bâtir vers 1740 un remarquable hôtel particulier. Il sera nommé en 1761 par Louis XV comme membre du bureau de la société royale d'agriculture du Mans nouvellement crééBenoit Hubert, Mémoire de Jean-Baptiste Leprince d’Ardenay, thèse pour le doctorat d’histoire, page 510, 2006., et en sera le directeur en 1775.
En 1775, il devient échevin du Mans et directeur de la Société Royale d'Agriculture. En 1778, il est alors conseiller du roi et devient contrôleur ordinaire des GuerresAndré Borel d'Hauterive, Annuaire de la noblesse de France et des maisons souveraines de l'Europe, .. En , il est désigné député du tiers état de l'Assemblée provinciale consultative de la Généralité de Tours mise en place par le roi .Thomas Cauvin, États du Maine, députés et sénéchaux, 1839, ..
Il meurt en 1788 dans son château des Touches laissant derrière lui une fortune de 300 000 livres, et il est enterré sur ses terres de BrainsNepveu de La Manoullière (1759-1807), Journal d'un chanoine du Mans..
René Prudhomme de La Boussinière a trois fils : Jacques-Guillaume-René-François et Pierre, qui entrent dans les Ordres, et René François.
Deux frères ecclésiastiques en opposition vignette|redresse| Jacques-Guillaume-René-François Prudhomme de la Boussinière (1728-1812). Jacques-Guillaume-René-François, premier fils de René, curé du Crucifix et docteur à la Sorbonne, a étudié au collège de l'Oratoire du Mans, et a soutenu en 1744 une thèse en logique et une thèse en métaphysique. En 1745 il soutient une thèse de morale et une thèse de philosophie, avec éloges. Il entrera comme professeur de philosophie au collège de Laon en 1752, et sera ordonné diacre cette même année, puis comme prêtre en 1757. Il est élu évêque constitutionnel de la Sarthe, son ordination épiscopale se déroulera à Paris le . Il démissionne en 1793 lors de l'instauration du Culte de la Raison et de l'Être suprême et se démet officiellement le .
vignette|redresse|Acte d'abdication de
Pierre, second fils de René est religieux à Saint-Vincent au Mans en 1750, en 1771 il devient prieur de Noyers en Touraine puis à Saint-Calais en 1774 et à Vendôme en 1781. Refusant la Constitution civile du clergé il sera incarcéré à Angers en 1792, déporté en Espagne et débarqué à La Corogne le , il achève sa vie en exil à Saint-Jacques-de-Compostelle le . Il s'était complètement désolidarisé de son frère..
Jacques-Guillaume-René-François et Pierre Prudhomme de La Boussinière figurent parmi les sept députés à la Chambre ecclésiastique de l'évêque d'OrléansAlmanach ou calendrier du Maine pour l'an de grâce 1790, pages 24 et 25..
René François Prudhomme de la Boussinière, président en l'élection du Mans, subdélégué, magistrat Le troisième fils de René Prudhomme est René François Prudhomme de La Boussinière (il porte le nom de Prudhomme des Touches lors de son mariage en 1765.Acte de mariage le de René-François Prudhomme des Touches avec Françoise Lefebvre, Registre paroissial de Saint-Pierre-du-Lorouër 1740-1765, 1MI 851, . et le nom Prudhomme de La Boussinière en 1789Registre paroissial de Rouez-en-Champagne 1779-1792, 1MI 1007, .).
En 1753, il étudie au collège de l'Oratoire du Mans où il soutient une thèse en physique et une thèse en morale. Sa thèse de physique sera très applaudieCommission météorologique, Bulletin de la Société d'agriculture, sciences et arts de la Sarthe, 1903 ..
Gaspard-César-Charles de Lescalopier, intendant de la généralité de Tours, le nomme président au siège de l'élection du Mans en 1761 et son subdélégué au Mans en 1764. Mémoires de Jean Baptiste H.M. Le Prince d'Ardenay, 1880, page 200... Il sera toujours à ce poste en 1789Robert Triger, L'année 1789 au Mans et dans le Haut-Maine, G. Fleury et A. Dangin, 1889, page 51..
En 1770, René François reçoit la reconnaissance des Manceaux pour le tour de force qu'il réalise lors de la famine de 1770. Cette année-là, la disette frappe toute la province du Maine et le pain est très cher. Cette crise porte à 4000, le quart de la population totale, le nombre des pauvres de la ville du MansGuy Chaussinand-Nogaret et Louis Bergeron, historiens, Grands notables du Premier Empire, éditions du CNRS 1983, .. René François fut chargé par l'Intendant d'acheter à Nantes une provision de seigle ; il en fit charger quatre grandes gabares et utilisa une hausse extraordinaire de la rivière Sarthe pour amener sa cargaison jusqu'à Bouches-d'Huisne aux portes du Mans alors que la navigation ne dépassait jamais Malicorne, plus de plus bas.
Il achète en 1782 une charge de secrétaire du roi auprès du parlement de Grenoble. Cet achat lui vaut d'être classé à l'époque parmi les "anoblis à prix d'argent" par un magistrat localCe notable est magistrat, conseiller au présidial du Mans en 1775, maire du Mans de 1800 à 1813, juge de 1813 à 1817.. Il figurera sur la liste des nobles pour les élections des Etats généraux de 1789..
De son mariage le à Saint-Pierre-du-Lorouër avec Françoise Le Febvre (ou Lefèvre), il a deux fils auteurs de deux branches : René-Jean-François Prudhomme de La Boussinière (1766- 1863) et Jacques-François Prudhomme de La Boussinière (1773-1853).
Sous la Révolution française État des biens de la famille Sous la Révolution les Prudhomme de La Boussinière achètent de biens d’église.. Le fils aîné de René-François Prudhomme de la Boussinière, alors propriétaire du château du Follet, fuit la Révolution et émigrera de nuit en Angleterre, ce qui causa un interrogatoire de son père, François Dornic, dans Grands notables du Premier Empire Loir-et-Cher, Sarthe, Maine-et-Loire, page 134.. Sur une fortune de 293 000 livres, 99 000 seront saisis puis 1 912 lui seront rendus..
Depuis le Situation nobiliaire générale
René François Prudhomme de la Boussinière a acquis en 1782 une charge anoblissante au premier degré de secrétaire du roi. Le débat entre auteurs n'est pas tranché sur la reprise de noblesse lors de la Charte constitutionnelle de 1814 dans le cas où la charge anoblissante a été occupée moins de vingt ans à la suppression de la noblesse, le . En effet René François Prudhomme de la Boussinière a exercé sa charge durant huit années. Son fils aîné reçu des lettres de noblesse en 1825..
Situation financière générale
Une liste de notables établie en 1809 sous le Premier Empire par Louis-Marie Auvray fait figurer René-Jean-François et son frère Jacques ainsi que leur oncle évêque émérite du Mans. Les deux frères sont indiqués comme faisant partie des (personnes vivant des revenus de leurs terres) du département.
Branche aînée Cette branche a pour auteur René-Jean-François Prudhomme de La Boussinière (1766- 1863), fils aîné de René François Prudhomme de la Boussinière (1735-1800). Il est élu maire de la commune de Moncé-en-Belin, et a lui aussi deux fils : le premier, Adolphe, mourra sans postérité en 1885 tandis que le second, Édouard (1811-1902), reconnait devant notaire à Genève le , ainsi que Constance Gaudard, un fils naturel, né le au Mans qui à la suite de cette reconnaissance porte le nom Prudhomme de la Boussinière(Registres en ligne de l'état-civil du Mans 29 avril 1837 folio 40 : acte de naissance de Georges jardin avec mention de sa reconnaissance par Edouard Prudhomme de la Boussinière et Constance Gaudard.. Georges Prudhomme de la Boussinière est légitimé par le mariage de ses parents à Genève le acte de mariage 10 août 1865 d'Edouard Prudhomme de la Boussinière et Constance Gaudard..
Édouard Prudhomme de La Boussinière (1811-1902) est l'une des principales figures républicaines du Mans au . Il est aussi connu comme le protagoniste dupé d'une affaire d'escroquerie au testament de son frère, dite « l'affaire de La Boussinière ».
Branche cadette vignette|redresse|Louis Ferdinand Prudhomme de la Boussinière (1814-1855) lieutenant-colonel d'artillerie Cette branche a pour auteur Jacques-François Prudhomme de La Boussinière (1773-1853), deuxième fils de René François Prudhomme de la Boussinière (1735-1800).
En 1962, la géographe et spécialiste de l'agriculture sarthoise Jeanne Dufour, classe leur membres parmi les grands propriétaires terriens de la champagne mancelle de son époque.
À cette branche appartient notamment Louis-Ferdinand Prudhomme de La Boussinière (1814-1855), lieutenant-colonel d'artillerie, officier de la Légion d'honneur, mort au combat en Crimée en Russie lors de la bataille de Malakoff à Sébastopol le . Elle compte d'autres militaires décorés de la Légion d'honneurBase Léonore cote 19800035/388/51995.Base Léonore cote 19800035/1178/36367.. vignette|redresse|Le château de Bénéhard. vignette|Le manoir du Follet.|alt=|redresse
Filiation
Alliances Les principales alliances de la famille Prudhomme de La Boussinière sont. : Luisné (), Houdebert (), Cryé (), Bainville (1727), Lefebvre (1765), Burrows (1796), Goislard (1808), de Kermel (1819 et 1858), du Hardaz de Hauteville (1825), de Lancrau de Bréon (1832), Godard de Rivocet (1851), Godard (1865), Haudos de Possesse (1876), du Dresnay (1890), de Moucheron, Lunet de la Jonquière (1923), Pavin de Lafarge (1924)Le Petit Dauphinois du , ., Fonlladosa, de Sartiges (1954), de Froissard, Le Bègue de Germiny (1984, 1993), d'Aboville (2019), de Gourcy (2022).
Armes vignette|redresse=.5|Blason de la famille Prudhomme de La Boussinière.