Philippe Guthlin (ou Güthlin ou Guthlin de la PorteIl est cité avec le nom de son épouse juxtaposé au sien Guthlin de la Porte dans le Journal des arts, des sciences et des lettres, dans les numéros des 15 novembre 1866, décembre 1866 et 15 août 1866) est né le État Civil, Folgensbourg (Haut-Rhin), Naissances, année 1831, acte (www.archives.haut-rhin.fr) à Folgensbourg et mort le à ParisÉtat Civil, Paris, arrondissement, décès, année 1888, Acte (www.archives.paris.fr) : « L'an 1888, le 3 mars à 1 heure du soir : acte de décès de Philippe Guthlin, âgé de 57 ans, professeur honoraire au Lycée Charlemagne, né à Folgensbourg (Haut-Rhin), décédé hier soir [2 mars 1888] à trois heures en son domicile Boulevard Marland ; fils de Joseph Guthlin et de Anne-Marie Studer, époux décédés ; époux de Mathilde Louise Agnès de la Porte, âgée de 46 ans, sans profession, même domicile. ». Français et alsacien, époux de Mathilde Delaporte dite Philippe Gallois, il est un écrivain, poète, professeur d’allemand, de littérature et de poésie, aussi historien et critique littéraire, officier de l’instruction publique.
Biographie
Enfance et formation Il naît le à Folgensbourg, où sa famille est ancrée depuis des générationsLa présence de la famille Guthlin dans le village est attestée dès le début du . En effet, les plus anciens registres de l'État civil de la commune sont les registres paroissiaux, dont le document le plus ancien concernant la famille Guthlin est un acte de décès de 1622 (www.archives.haut-rhin.fr).. Il est le septième des huit enfantsLes enfants de François-Joseph Guthlin et Anne-Marie Studer, dont 5 sont morts à la naissance ou peu après : François-Joseph (1822-1890) ; Marie-Anne (†1823) ; Jean-Dominique (†1824) ; Dominique (†1925) ; Jean (†1827) ; Aloïse (1828-1878) ; Philippe (1831-1888) ; Catherine (†1834) (source : www.archives.haut-rhin.fr) de François-Joseph Guthlin (1791-1855), boucher, et de Marie-Anne Studer (1795-1834) qui se sont mariés le État civil, Folgensbourg (Haut-Rhin), Mariages, 1821, acte (www.archives.haut-rhin.fr) dans ce même village. De la fratrie, cinq meurent en bas âge, seuls trois garçons survivent (François-Joseph l'aîné, Aloïse le sixième et Philippe le septième). Le , âgé de seulement trois ans, il perd sa mère qui meurt prématurément en coucheArchives du Haut-Rhin, série 5 E164 Folgensbourg – Décès 1793-1862 / Acte n°26 – élément 282. Le , son père se remarie avec Anne-Marie Grollÿ originaire de KappelenÉtat civil, Folgensbourg (Haut-Rhin), Mariages, 1837, acte (www.archives.haut-rhin.fr).
Attiré par des études littéraires, il devient bachelier ès lettres, puis agrégé des langues vivantes en allemand en 1864Il obtient son Certificat d'aptitude pour l'enseignement des langues vivantes en Allemand (Publié dans la Revue de l’instruction publique de la littérature et des sciences, année, du 13 octobre 1864), et professeur d'allemand, de littérature et de poésie.
Vie de famille Le , à Dunkerque, il épouse Mathilde-Louise-Agnès Delaporte. (née le à Dunkerque et décédée le à Saint-Maur-des-Fossés.), dite "Philippe Gallois", pianiste et compositrice de musique, membre de la Société académique de France, officier d'AcadémieDans La Promotion Violette, revue de l'Association des membres de l'ordre des Palmes académiques, Mme veuve Mathilde-Louise-Agnès Guthlin dite Philippe Gallois, est honorée comme Officier d'académie dans la catégorie "Auteurs et compositeurs et artistes musiciens (Paris)" (Journal quotidien Le Figaro du jeudi 14 février 1907, 83è année - 3è série - N°45)Le ministre de l'instruction publique et des beaux-arts, vu les décrets des 24 décembre 1885 et 4 décembre 1898, arrête : sont nommés :...Officiers d'académie... Mme veuve Guthlin, dite Philippe Gallois (Mathilde-Louise-Agnès), compositeure de musique à Saint-Maur (Seine) (Journal officiel de la République Française, Lois et décrets, du 13 février 1907, p.1172-1178), petite-fille de Arnould Claude Gallois qui fut sous-préfet de la Lys sous Napoléon . Le couple restera sans enfantsVeuve, sans enfants, Madame "veuve Guthlin née Delaporte , vient de léguer une somme de , ses compositions musicales et un portrait de Henner à la Société académique de France (Académie des Beaux-Arts) dont elle était membre honoraire." (Journal hebdomadaire Le Radical du dimanche 1913, p.4).
Son frère aîné François-Joseph (1822-1890), menuisier, épouse Marie-Anne Christ (1817-1890), devient père de six enfantsJoseph (1850), Marie (1852), nés à Colmar ; Philippine (1854), Aloïs (1855), Philippe (1858) et Mathilde (1860), nés à Folgensbourg (État civil du Haut-Rhin : www.archives.haut-rhin.fr), et est membre du conseil général de la Haute-Alsace pendant de longues années"L'Alsace vient de perdre un homme de bien dans toute l'acceptation du mot. M. Joseph Guthlin, qui a été pendant de longues années membre du conseil général de la Haute-Alsace est mort à Volkensberg, dans le comté de Ferrette. M. Guthlin a vécu et il est mort en catholique zélé. Son fils Mgr Guthlin, clerc de l'ambassade de France à Rome, était venu pour lui fermer les yeux, il est arrivé trop tard. Le souvenir de M. Joseph Guthlin restera honoré chez tous ses compatriotes." (Edition quotidienne N°8356 du journal L'univers du mercredi 26 novembre 1890). Le second de ses frères est Aloïse Guthlin (1828-1878), prêtre catholique, théologien et métaphysicien, chanoine honoraire et vicaire général de l'évêque d'Orléans Dupanloup.
L'aîné de ses six neveux et nièces est Joseph Guthlin (1850-1917), prêtre catholique, professeur d'apologétique, chanoine honoraire, docteur en droit canon et canoniste à l'Ambassade de France près le Saint-Siège, conseiller et prélat du pape.
Parmi les enfants et petits-enfants de sa nièce Mathilde (1860-1934)État civil, naissances dans la commune de Folgensbourg (www.archives.haut-rhin.fr), la plus jeune de ses neveux et nièces, il y a deux prêtres catholiques en fonction dans le Haut-Rhin, tous deux nés comme lui à Folgensbourg, son petit-neveu le chanoine Philippe Sauner (1890-1956) et son arrière-petit-neveu le curé Philippe Sauner (1943-2020)Avis de décès : https://www.libramemoria.com/defunts/sauner-philippe/dcfb9c30488846d99e87a39bfe635605.
Professeur d'allemand, de littérature et de poésie Il est d'abord instituteur en Alsace à Altkirch.. En 1854, il se fait connaître à Dunkerque en y remportant un prix de poésie, et quitte sa région pour s'y installer la même année. De 1854 à 1864, il est chargé de cours d'allemand au collège-lycée communal de DunkerqueLe 17 octobre 1864, Guthlin (Philippe), régent au collège de Dunkerke, est déclaré apte à l'enseignement de la langue allemande dans les lycées et collèges (publié dans la Revue de l’instruction publique de la littérature et des sciences, 24è année, N°31 du 3 novembre 1864)Brethomé Jacques, La langue de l'autre, histoire des professeurs d'allemand des lycées (1850-1880), Ellug, Université Stendhal, 2004, Grenoble, p.258. En 1864, il obtient l'agrégationIl reçoit son agrégation en 1864 d'après Jacques Berthomé, néanmoins, son départ pour Evreux n'est pas 1864 comme il l'indique mais bien 1870 d'après le Journal officiel (Brethomé Jacques, La langue de l'autre, histoire des professeurs d'allemand des lycées (1850-1880), Ellug, Université Stendhal, 2004, Grenoble, p.266) et prend en charge la classe de seconde du collège-lycéeLe 14 mai 1864, M. Guthlin, bachelier ès lettres, chargé de cours d'allemand au collège de Dunkerque, est chargé de la classe de seconde audit collège (publié dans la Revue de l’instruction publique de la littérature et des sciences, 24è année, N°8 du 26 mai 1864).
Le , il est nommé professeur d'allemand à EvreuxAlors agrégé d'allemand et professeur d'allemand au collège de Dunkerque, il est nommé, le 24 janvier 1870, professeur d'allemand (troisième classe) au lycée impérial d'Evreux (Recueil des lois et actes de l'instruction publique, Tome 13, n°234, 1870, p.41), et quitte Dunkerque. Comme professeur à Evreux, il est membre correspondant de la Commission historique du département du Nord chargée de veiller à la conservation des monuments et édifices historiques. Il est ensuite nommé au lycée de Rouen. Il a aussi enseigné à la Faculté de Caen.
Le Par arrêté du 30 septembre 1877, il est nommé professeur divisionnaire d'allemand (première classe) au Lycée Charlemagne (Recueil des lois et actes de l'instruction publique, Ed. Delalain et fils, 1877, Paris, p.548)Il est nommé professeur divisionnaire d'Allemand au Lycée Charlemagne en 1879, en qualité de professeur titulaire de quatrième classe (Recueil des lois et actes de l'instruction publique, Ed. Delalain Frères, 1879, Paris, p.731)Il est promu, toujours comme professeur d'Allemand au Lycée national Charlemagne, de la troisième à la deuxième classe le 22 décembre 1884 (cf. Bulletin administratif de l'instruction publique. Tome 36 n°629, 1884, page 621), il est nommé professeur divisionnaire d'allemand au lycée Charlemagne à Paris. Pendant 12 années, il y est professeur titulaire puis honoraireÉtant donné que la Société Dunkerquoise le nomme déjà en 1885-1886 en tant qu'"ancien professeur du Lycée Charlemagne", il semblerait qu'en 1885-1886 il n'enseigne donc déjà plus en qualité de professeur titulaire au Lycée Charlemagne, mais il est probable qu'il ait pu poursuivre des enseignements en qualité de professeur émérite.Il semblerait qu'il ait été titulaire jusqu'en 1886, et donc "professeur honoraire de 1886 à sa mort, d'après : Brethomé Jacques, La langue de l'autre, histoire des professeurs d'allemand des lycées (1850-1880), Ellug, Université Stendhal, 2004, Grenoble, p.266 (néanmoins ici la date de son départ pour Evreux est incorrecte, cette information reste donc à confirmer).
Il maîtrise parfaitement le français, l'allemand et l'alsacien, et travaille spécialement sur la compréhension de la littérature allemande en France.
Dans l'ordre des palmes académiques, il est décoré officier de l’instruction publique.
Distinctions .
Poète, historien et critique littéraire gauche|vignette|Premier poème du recueil Paroles ailées de Philippe Guthlin, écrit le à Dunkerque, intitulé Ô ma chère Mathilde (retranscription en notes)Texte retranscrit : « + Ô ma chère Mathilde Mathilde, à toi que j'aime / Je veux offrir les vers nouveaux / Qu'un plus parfait système / Enseigne après de longs travaux / A mon premier poème. Je veux donner au vers français / Un rythme d'harmonie / Qui prêtera les doux attraits / Des chants de Germanie / A ses accents trop incomplets Echo de la musique / Dont tu connais si bien la loi / Ce rythme plus lyrique / Rendra plus digne aussi de toi / Mon œuvre poétique Et j'obtiendrai par mes efforts / Qu'un jour on puisse dire, / Que dans mes rythmes doux et forts / J'ai fait vibrer ma lyre / A l'unisson de tes accords. Mais pour que la carrière / Conduise au but de son essor / Mon rêve téméraire, / Mon premier pas si faible encor / Réclame ta prière. Alors ces vers, auxquels j'unis / Ton nom qui les inspire, / Dans leur essai seront bénis / Et sacreront ma lyre / Pour des triomphes infinis ! Dunkerque, le octobre 1868, Ph. Guthlin »
Une poésie inspirée par son pays natal, son épouse et sa foi en Dieu Il écrit de nombreux poèmes, avec des thématiques variées. Ses inspirations premières sont à la fois sa patrie, le Sundgau, son amour pour son épouse, et sa foi en Dieu. Au fil des années, il se laisse inspirer aussi par les autres contextes et régions qu'il traverse.
Un recueil intitulé Paroles ailées de poésies rassemblées par son épouse est conservé dans les archives familiales du village. Il commence par le poème Ô ma chère Mathilde (photo ci-contre) daté du , écrit à Dunkerque et adressé à son épouse Mathilde. Ce poème intègre les lignes de force de son inspiration première : son Alsace bien-aimée entre France et Germanie, sa réponse à l'amour de son épouse aimée et musicienne, une œuvre poétique qui est aussi chemin de toute une vie d'efforts.