L’Œuvre d'assistance aux bêtes d'abattoirs (OABA) est une association régie par la loi de 1901 spécialisée dans la protection des animaux d’élevage destinés à la consommation humaine.
Elle lutte contre la maltraitance animale, de l’élevage à l’abattage et sensibilise à la consommation responsable en faveur du bien-être animal.
Il s’agit de l’une des plus anciennes associations françaises de protection animale encore en activité, son siège est situé à Paris dans le arrondissement.
Historique L’OABA fut fondée le par Jacqueline GilardoniJORF du 30 avril 1961, page 4064, en ligne sur Légifrance.
L’association se consacre aux visites d’abattoirs pour améliorer les conditions d’abattage des animaux. À cette fin, après plusieurs voyages au Royaume-Uni, elle introduit dans les abattoirs français les premiers pistolets à tige perforante afin que l’étourdissement soit réalisé dans de meilleures conditions, en remplacement du « merlin » (sorte de gros maillet destiné à assommer l’animal).
Sur le plan réglementaire, elle obtient l’obligation d’insensibiliser (étourdissement) les animaux lors de leur abattage, par le décret du Décret du 16 avril 1964 Protection de certains animaux domestiques, conditions d’abattage, JORF du 18 avril 1964 page 3485, lequel retient cependant l’exception de l’abattage rituel.
Elle est reconnue d’utilité publique depuis 1965Décret du 17 décembre 1965 portant reconnaissance d’une association déclarée comme établissement reconnue d’utilité publique, JORF du 23 décembre 1965, page 11638 en ligne sur Légifrance
En 1973, l’OABA publie dans le quotidien « Le Figaro », une grande enquête sur les conditions d’élevage des veaux et des poules en batteries. Jacqueline Gilardoni dénonce les œufs « de la misère ».
En 1997, l'OABA obtient la publication d'un décret rendant obligatoire une mort instantanée pour les poussins d’un jour, refusés jusqu'alors après leur sexage.
Avec la loi du permettant aux autorités de retirer des animaux maltraités pour les confier à des organisations de protection animale, l’OABA intervient de plus en plus souvent pour prendre en charge des cheptels entiers. Plus d’un millier d’animaux sont ainsi retirés et confiés à l’OABA chaque année.
En 2001, Jacqueline Gilardoni décède et la présidence de l’OABA est assurée par le docteur vétérinaire Jean-Pierre Kieffer. La même année l’OABA obtient du Conseil d’État, grâce à son avocat, Maître Alain Monod, l’annulation de la circulaire interministérielle qui autorisait des « sites dérogatoires » pour y pratiquer l’abattage d’animaux lors de l’Aïd el Kébir hors abattoirsCE, Ass, 10 octobre 2001, Association OABA, , en ligne sur le site Juricaf.org.
En 2011 l’OABA lance une campagne d’information et d’affichage pour dénoncer l’abattage rituel sans étourdissement.
Un an plus tard, l’OABA dénonce la commercialisation de viandes provenant d’abattage sans étourdissement et certifiées « Agriculture biologique ». Après 7 ans de procédure, la Cour de Justice de l’Union européenne donne raison à l’OABA et interdit la certification biologique à toutes les viandes provenant d’abattages sans étourdissementArrêt de la Cour de justice de l'Union européenne n° C-497/17 du 26 février 2019 repris par la CAA de VERSAILLES, Formation plénière, 11/07/2019, 16VE00801, Inédit au recueil Lebon, en ligne sur le site legifrance.gouv.fr.
En 2020, l’OABA entame un nouveau combat juridictionnel pour rendre obligatoire l’étiquetage du mode d’abattage des animaux et permettre aux consommateurs de ne pas manger à leur insu des viandes issues d’abattages sans étourdissementConseil d'État, Décision 423647, lecture du 4 octobre 2019, ECLI:FR:CECHR:2019:423647.20191004.
Parallèlement, l’OABA développe avec ses partenaires historiques, le premier « étiquetage bien-être animal » en France« Un étiquetage pour savoir quels produits prennent en compte le bien-être animal », sur Sciences et avenir, le 11/12/2018, en ligne sur le site sciencesetavenir.fr (consulté le 24/03/2021)L'étiquette Bien-être animal, CIWF France (Consulté le 24/03/2021).
Depuis 2021, la présidence est assurée par Docteur vétérinaire Manuel Mersch.
Missions Trois grandes missions guident les actions de l’OABA : une mission d’expertise auprès des professionnels comme les abattoirs, par le biais d’audits de protection animale, mais également des enseignes de grande distribution, une mission d’information et de sensibilisation des consommateurs, une mission de lutte contre la maltraitance animale« Maine-et-Loire. 315 bovins retirés, l’agriculteur « dans une spirale infernale », sur Ouest France, le 25/02/2020 (consulté le 10/04/2020). L’OABA intervient le plus souvent à la demande des Services vétérinaires de l’État (DD(CS)PP) afin de prendre en charge plus d'un millier d'animaux par an, maltraités et/ou abandonnés retirés à leur éleveur défaillant ou maltraitant« Élevés dans des conditions déplorables, 102 bovins saisis à Champclause », sur Le Progrès, 26 juin 2019 (consulté le 10/04/2020). Dans ce cadre, l’OABA a créé des « fermes du bonheur » où 450 animaux pris en charge peuvent y finir leur vie paisiblement, sans aucune exploitation« Sauvetages d’animaux de la ferme, quand l’OABA revêt les habits du père Noé », sur l’Humanité, (consulté le 10/04/2020). Financement Pour financer ces missions, l’OABA ne reçoit aucune subvention des pouvoirs publics.
En 2017, pour le anniversaire de l’appel lancé par Jacqueline Gilardoni en 1957, texte fondateur de l’OABA, elle dispose d'un budget total de rapport financier 2017, financé pour près de 50% par les dons et les cotisations de ses , 40% par les dispositions testamentaires (legs, assurances-vie) et 12% par les dommages et intérêtsbilan 2017. Ce budget lui permet d'employer . Les ressources financières de près de d’euros représentent 2 années de décaissements.
En 2021, le budget total s'élève à rapport financier 2021, financé à 36% par les dons et les cotisations de ses , 44% par les dispositions testamentaires (legs, assurances-vie) et 18% par les dommages et intérêtsbilan 2021. La part du budget de communication dans le budget global se maintient à 4% tandis que la part du personnel est en nette baisse, avec seulement employées. Les ressources financières de d’euros ne représentent plus que 1 an et 6 mois de décaissements.
En 2023, se synthétise une polémique de plusieurs années sur le devenir des animaux saisis (revente en élevage, à l'abattoir) et sur l'opacité financière autour de cette revente.
Références
Voir aussi Liens connexes Droits des animaux Abattoir
Liens externes
Audition de l'OABA le 27 avril 2016, Assemblée nationale ~ Compte rendu de réunion de la commission d'enquête sur les conditions d'abattage des animaux de boucherie dans les abattoirs français.
Catégorie:Association ou organisme lié à la protection animale en France Catégorie:Association française fondée en 1961 Catégorie:Association ou organisme ayant son siège dans le 11e arrondissement de Paris