Le cimetière Saint-Paul-des-Champs est un ancien cimetière qui était accolé à l’arrière de l’église Saint-Paul-des-Champs démolie en 1797. Il serait actuellement situé à l'emplacement de l'école primaire de la rue Neuve-Saint-Pierre dans le de Paris.
Situation Le cimetière se trouvait entre les de la rue Neuve-Saint-Pierre, au fond de la parcelle du rue Saint-Paul.
Formant un rectangle de sur , c’était sous l'Ancien Régime, le plus grand cimetière parisien après celui des Saints-Innocents.
On y accédait par le « cul-de-sac Saint-Éloi » percé au milieu du et longeant la paroi nord de l'église depuis la rue Saint-Paul, à l'emplacement de l'actuelle rue Neuve-Saint-Pierre prolongé par le « cul-de-sac Saint-Paul » ouvert en 1670 avec un retour d'angle à l'emplacement de l'actuelle rue de l'Hôtel-Saint-Paul. L'entrée du « cul-de-sac Saint-Éloi » se faisait par une voûte sous la maison du rue Saint-Paul, et celle du « cul-de-sac Saint-Paul » par une voute sous la maison du rue Saint-Antoine.
Historique Le cimetière Saint-Paul fondé entre 632 et 642, servait de lieu de sépulture pour les religieuses du monastère Saint-Martial sur l’île de la Cité. Il est le plus ancien cimetière de Paris après la nécropole gallo-romaine qui occupait le site et ses environs près de l’église Saint-Gervais. La chapelle voisine fut ensuite remplacée par l’église Saint-Paul-des-Champs.
Transformé en cimetière de la paroisse Saint-Paul-des-Champs, l'une des plus anciennes de Paris, il accueillit l'inhumation de centaines de milliers de personnes du à la fin du . Entouré de charniers formant un cloître sur trois côtés, le lieu comportait des galeries de de haut sur de large, bordées de chapelles et illuminées, entre les piliers, de 64 vitraux, dont 45 réalisés en 1634-1635 par Le Vasseur d'après des cartons de Claude Vignon.
Au , on y comptait environ 650 enterrements par an. Devenu trop petit, on envisagea en 1763 de le remplacer par une nécropole qui aurait été aménagée dans l'enclos des Célestins ou dans le fossé de l'Arsenal, mais le cimetière continua d'être utilisé jusqu'à la Révolution.
En mai-, les ossements provenant des cachots de la Bastille furent transportés sous un tombeau construit par Palloy, l'entrepreneur chargé de démolir la forteresse.
La pierre tombale portait sous l'inscription « EX UNITATE LIBERTAS », l'épitaphe :
Le cimetière vendu comme bien national est acheté le par le citoyen Susse, en même temps que l'église Saint-Paul, la grange et la prison Saint-Éloi. Le passage Saint-Pierre est ouvert à l'emplacement de l'ancien « cul-de-sac Saint-Éloi ». Les deux « cul-de-sac» Saint-Éloi et Saint-Paul sont réunis pour former le passage Saint-Pierre, en angle droit, également accessible par les voutes sous les maisons des rues Saint-Paul et Saint-Antoine. La partie du passage qui longeant l'ancienne église démolie en 1797 est élargie et bordée de maisons construites au cours du . Une voute ouverte sous une maison à l'angle du passage Saint-Pierre donnait sur une porte grillagée marquant l'entrée du terrain de l'ancien cimetière.
Les ossements sont transférés en 1843 aux catacombes.
En 1912, le passage Saint-Pierre est remplacé par la rue Neuve Saint-Pierre, prolongée jusqu'à la rue Beautreillis. L'école primaire installée le long de l'ancien passage sur une partie de l’ancienne église Saint-Paul, est alors reconstruite et agrandie à l’emplacement de l’ancien cimetière. La rue de l'Hôtel-Saint-Paul est ouverte la même année à l'emplacement de l'ancien « cul-de-sac Saint-Paul ».
Inhumations Liste non exhaustive des personnes notables inhumées dans l'église, sous les charniers et dans le cimetière de la paroisse Saint-Paul de Paris ainsi que dans l'ancien enclos des moniales près de la chapelle Saint-Paul-des-Champs, qui a précédé le cimetière paroissial.
Aure de Paris, première abbesse du monastère Saint-Martial (établi sur l'Île de la Cité, ultérieurement nommé monastère Saint-Éloi) mourut lors de l'épidémie de peste de 666 et fut inhumée dans l'enclos du cimetière des moniales, près de l'ancienne chapelle Saint-Paul-des-Champs. François d'Aydie de Ribérac, mort le , lendemain du duel des Mignons, des suites d'une grave blesseure qu'il s'était lui-même infligé en tombant dans l'épée de Maugiron, auquel il venait de porter un coup mortel. Adrien Baillet (1649-1706), bibliothécaire, mort le . Joseph Béjart (vers 1617-1658), aîné de la fratrie Béjart, comédien de la troupe de Molière, mort le à Paris. L'extrait de l'acte d'inhumation indique que le « convoi de Joseph Baygar [sic], comédien » […] « pris sur le quai de l’Escholle, emporté en carrosse à Saint-Paul » eut lieu le lendemain, lundi Extrait de l'acte d'inhumation porté sur le registre de la paroisse Saint-Germain-l'Auxerrois en date du 26 mai 1658.. Madeleine Béjart (1618-1672), comédienne de la troupe du roi, morte le à l'âge de 55 ans dans son logement vis-à-vis du Palais-Royal, d'où son corps fut porté, à l'église Saint-Germain-l'Auxerrois le , avant d'être acheminé en carrosse à l'église Saint-Paul le pour respecter sa volonté de reposer dans la paroisse où elle avait passée son enfance. Ni le clergé de Saint-Germain-l'Auxerrois, ni celui de Saint-Paul ne mit d'obstacle à son inhumation sous les charniers du cimetière Saint-PaulJal, Dictionnaire, .. Pierre Biard l'Aîné (1559-1609), sculpteur, mort le , à l'âge de 50 ans, en son logement de la rue de la Cerisaie, inhumé dans le cimetière de Saint-Paul, sa paroisse, où sa famille fit dresser une pierre gravée d’une épitaphe. Sa mère, morte le à la même adresse y reposait . Eléonore Fournier demeurait dans la même rue lorsque Biard l'Aîné l'épousa en 1592 à Saint-Paul, où furent aussi baptisés les enfants du couple. Pierre Biard le Jeune (1592-1661), fils de Pierre Biard l'Aîné, sculpteur, graveur et architecte mort le Artistes inhumés dans l'église ou le cimetière Saint-Paul-des-Champs Jean-Baptiste Blanchard (après 1595-1665), « peintre du Roi et de son Académie Royalle », demeurant rue Saint-Antoine à la fin de sa vie, mort le , inhumé le dans l'église Saint-PaulJal, Dictionnaire, .. Une trentaine d'années plus tôt, le service des obsèques de son frère Jacques Blanchard (1600-1638), « peintre ordinaire du Roy », avait été célébré dans cette église, sa paroisse, le , mais son corps avait été porté le même jour à Saint-Jean-en-Grève pour y être inhuméHenri Herluison : Actes d’État-Civil d’Artistes Français : peintres, graveurs, architectes, etc., extraits des registres de l’Hôtel de Ville de Paris détruits dans l’incendie du 24 mai 1871, Genève, Slatkine Reprints, 1972, .. [Jean] Blet, organiste de Saint-Paul, mort par noyade, inhumé dans l'église le (voir section Organistes de l'église Saint-Paul de Paris ci-dessus). Thomas Boudin (1570-1637), , demeurant rue Saint-Antoine, vis-à-vis les Jésuites, mort le , inhumé le lendemainJal, Dictionnaire, .. Jacques Bourdin père, seigneur de Chars et de Vilette, secrétaire des finances sous les rois Charles VIII et Louis XII, mort le Jean-Aymar Piganiol de La Force : Description de Paris, de Versailles, de Marly …, Paris, chez Charles-Nicolas Poirion, 1742, , (voir en ligne)., inhumé dans l'église. Natif de Bourges, il épousa Caterine Brinon, dont il eut Jacques Bourdin (mort en 1567), diplomate, secrétaire d'État et ministre<ref>Louis Pierre d'Hozier, Antoine Marie d'Hozier de Sérigny : Armorial général de la France, volume 1, numéro 1, Paris, Firmin Didot frères et fils, 1865, (voir en ligne.</ref>. Sébastien Bruand (1602-1670), architecte et maître général des charpenterie du Roi, père de Libéral Bruand Prudent Bruley (1686-1761), procureur au Châtelet, commissaire des pauvres et marguillier de Saint-Paul, sa paroisse, inhumé dans le caveau de l'église. Robert Ceneau (1483-1560), évêque d'Avranches, doyen en la Faculté de Théologie, natif de Paris, mort le , inhumé dans le chœur de l'église Saint-Paul, où lui fut élevé un tombeau de marbre noir surmonté d'une statue de cuivre qui le représentait en évêque. Marion Delorme ou de Lorme (1613-1650), courtisane, morte le , à l'âge de 36 ans. Jean Desmarets de Saint-Sorlin (1597-1676), poète et dramaturge, académicien, mort le (à l'âge de 81 ans). Nicolas Dorigny (1648-1746), peintre et graveur, fils de Michel Dorigny Pierre Dumonstier II (1585-1656), dessinateur et artiste peintre Henry Du Mont (1610-1684), organiste et compositeur, mort le (à l'âge de 74 ans). Étienne Dupérac (1535-1604), architecte, graveur et peintre Jacques Antoine Friquet de Vauroze (1638-1716), peintre et graveur français, mort le à Paris, paroisse Saint-Paul. Son acte de décès indique : . Nicolas Gilles, historien, mort le Charles de Gontaut, duc de Biron, maréchal général des camps et armées du roi, déchu, condamné pour haute trahison et décapité le (à l'âge de 40 ans) Henri IV, le à Monsr de Beaumont, cf. .. Le même jour, il est noté dans le registre des décès de Saint-Paul , ce qui signifie que le service fut solennel et que tout le clergé y assista. Lorsque, des décennies plus tard le corps d'un nommé Laurent Bouchard, vivant escuyer, sieur de Fontenelles, est inhumé à Saint-Paul, il est précisé qu'il Extrait du registre des décès de la paroisse Saint-Paul de Paris, sous la date du 8 mars 1640, reproduit dans le Dictionnaie critique de biographie et d'histoire. Jules Hardouin-Mansart (1646-1708), architecte, mort subitement à Marly, le . Jean-Armand de Joyeuse (1631-1710), maréchal de France, enterré dans l'église Jacques de Lévis de Caylus ou Quélus (1554-1578), mignon de Henri III, mort le à l'hôtel de BoissiFrançois Eudes de Mézeray: Histoire de France, tome 12, Paris, 1830, (voir en ligne ou de Boisy, rue Saint-Antoine à ParisNicolas Le Roux : La faveur du Roi : mignons et courtisans au temps des derniers Valois, Seyssel, Champ Vallon, coll. « Époques », (voir en ligne), après trente trois jours d'agonie, des suites des blessures - dix-neuf coups d'épée - reçues lors du duel des Mignons. « L'Hôtel de Boisi », indique de La Force, était « situé où est aujourd'hui le monastère des Filles de sainte Marie de la rue S. Antoine. » (Voir : Temple du Marais, ancienne chapelle Sainte-Marie-des-Anges'' des filles de la Visitation). Paul Jules Mancini (1636-1652, neveu du cardinal Mazarin, mortellement blessé le , à l'âge de 15 ou de 16 ans, lors de la bataille du faubourg Saint-Antoine qui opposa les troupes du roi à celles de la Fronde. Il succomba quelques jours plus tard. De nombreuses victimes de cette sanglante rencontre, mortes sur le coup ou des suites de leurs blessures furent enterrées par le clergé de Saint-PaulJal, Dictionnaire, . François Mansart (1598-1666), architecte, mort le , au 5, rue Payenne, paroisse Saint-Paul. 1703 : L'homme au masque de fer, mort le à la Bastille, inhumé le lendemain en présence du sergent major Rosarges et du chirurgien major Regle, tous deux affectés au service à la Bastille. Le décès est porté le même jour sur le registre des inhumations de Saint-Paul, signé par le curé Gilles Le SourdMichel Vergé-Franceschi, Le Masque de fer, Paris, Fayard, 2009.. Louis de Maugiron (1560-1578)Fils de Laurent de Maugiron, lieutenant général au gouvernement du Dauphiné, capitaine de l'armée du roi, mignon du roi Henri III, mort le , à l'aube, au milieu du marché aux chevaux des Tournelles (future place Royale, actuelle place des Vosges) d'un coup d'estoc que Ribérac lui porta dans la poitrine lors du funeste duel des Mignons opposant les mignons du roi et les partisans du duc de Guise. Henri Mauperché (1602-1686), peintre paysagiste et graveur Clément II Métezeau, architecte ingénieur ordinaire du roi, mort le à Paris, dans son logement aux galeries du Louvre, porté à Saint-Paul le lendemainAdolphe Lance : Dictionnaire des architectes français, Paris, Vve A. Morel et Cie, 1872, .