Mathilde Guthlin Delaporte, dite Philippe Gallois (pseudonyme d'artiste), née Mathilde-Louise-Agnès Delaporte le à Dunkerque et morte le à Saint-Maur-des-Fossés, épouse de Philippe Guthlin, est une compositrice et pianiste française, officier d'Académie.
Biographie
Naissance et enfance
Mathilde-Louise-Agnès Delaporte naît le à DunkerqueEtat civil, département du Nord, année 1838, acte 423, Mathilde-Louis-Agnès Delaporte(www.archivesdepartementales.lenord.fr). Elle est la petite-fille de Arnould Claude Gallois, sous-préfet de la Lys sous Napoléon .
Vie de famille Elle épouse Philippe Guthlin le à Dunkerque. Le couple restera sans enfants (Journal hebdomadaire Le Radical du dimanche , ). Elle quitte sa ville natale de Dunkerque en 1870 pour suivre son époux dans ses nominations de professeur. Après le décès de son époux en 1888, elle s'installe au Parc Saint-Maur (quartier de Saint-Maur-des-fossés), dans sa résidence appelée aussi Villa Gallois, au 42-44 avenue de l'EchoDans le livre d'or lors de sa visite de l'exposition "de fruits" faite par la Province de Québec à l'Exposition universelle de Paris de 1900, elle y indique cette adresse. Et cette adresse est également indiquée, entre autres, dans l'Annuaire des artistes et de l'enseignement dramatique et musical de 1905. (actuelle avenue Gabriel Péri), aussi siège de la Société académique musicale de France dont elle fut présidente.
Artiste musicienne et compositrice
Carrière musicale Mathilde Guthlin Delaporte est pianiste et compositrice, et se fait connaître sous son pseudonyme d'artiste Philippe Gallois (composé du nom de famille de son grand-père et du prénom de son époux).
Le , elle est au programme du grand concert de l'Obole au TrocadéroParu dans les journaux : Le Rappel du 24 octobre 1894, La Lanterne du 25 octobre 1894, Gil Blas du 24 octobre 1894, Le journal du 24 octobre 1894, L'Evénement du 25 octobre 1894. , aux côtés de Rose Caron, Léon Melchissedec, Paul Mounet, Jacques Isnardon, et d'autres artistes comme Marguerite Duclerc., Loys Amel. et Louis Delaquerrière.. Le , lors d'un concert organisé au Parc Saint-Maur, ses compositions, qu'elle accompagne elle-même au piano, sont interprétées par Blanche Marot de l'Opéra-ComiqueJournal Gil Blas du 8 septembre 1894.
Le , au Théâtre de la Galerie Vivienne, la Société Académique musicale de France qu'elle préside, organise, salle comble, une soirée de gala avec les meilleurs artistes de l'Opéra, de l'Opéra-Comique, de l'Odéon, du théâtre de la MonnaieLa Revue Diplomatique, 28 avril 1894, p.9 (https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5717025z/f9).
Le , elle est au programme de la première audition publique du Cercle de la Critique parlée, présidé par Jules Lemaître, à la BodinièreDans les journaux : Le Radical du 6 mai 1895, Journal Gil Blas du 7 mai 1895, Le Journal du 4 mai 1895, Journal des débats politiques et littéraires du 5 mai 1895.. Le , elle joue lors du banquet annuel de la Revue littéraire de l'Athénée, au Palais RoyalJournal Le Gaulois du 25 avril 1899..
Les et , elle interprète plusieurs morceaux pour les Amis de L'Athénée, dont elle fait partie depuis longtempsLe journal L'Orient la mentionne à ce titre dans l'édition du 6 avril 1901 (elle interprète le 30 mars 1901 au piano plusieurs morceaux pour les amis de la revue littéraire "L'Athénée") et l'édition du 27 avril 1901 (elle apporte les bouquets de fleurs aux dames, au Restaurant du Régent, 100 rue Saint-Lazare, elle est une des plus anciennes et des plus sympathiques abonnées de l'Athénée, s'est fait applaudir au piano). Le , elle interprète au piano la marche Le Départ du Régiment de Jacques Louis Battmann lors de la représentation annuelle de la revue littéraire et artistique lEcho des Jeunes, à la salle de l'Athénée Saint-GermainJournal Le XIXe du 14 mars 1905. Le 17 novembre 1908, lors d'un banquet de l'Athénée de France en l'honneur du poète Frédéric Mistral, elle interprète au piano un poème de Henri David (nommé "le félibre d'Arville")Journal Comoedia du 18 novembre 1908.. Le 8 février 1909, elle interprète le poème La Prière de la Bretonne de Pawlowski qu'elle a elle-même mis en musique, chanté par Ysabel de Marthold de l'Opéra-ComiqueJournal des débats politiques et littéraires du 8 février 1909.. Le 28 mars 1909, elle interprète Mendelssohn lors du banquet annuel de l'Athénée de FranceJournal des débats politiques et littéraires du 29 mars 1909. En hiver 1909, au concert de la Société des Auditions Modernes, présidée par Paul Vidal, elle interprète, Salle Peyel, un quatuor avec pianoBulletin français de la Société internationale de musique (section de Paris) [ancien Mercure Musical], Nos échos, page 111, janvier 1909.
Le 13 février 1907, elle est décorée comme officier d'AcadémieDans La Promotion Violette, revue de l'Association des membres de l'ordre des Palmes académiques, Mme veuve Mathilde-Louise-Agnès Guthlin dite Philippe Gallois, est honorée comme Officier d'académie dans la catégorie "Auteurs et compositeurs et artistes musiciens (Paris)" (Journal quotidien Le Figaro du Jeudi 14 février 1907, 83è année - 3è série - N°45)Le ministre de l'instruction publique et des beaux-arts, vu les décrets des 24 décembre 1885 et 4 décembre 1898, arrête : sont nommés :...Officiers d'académie... Mme veuve Guthlin, dite Philippe Gallois (Mathilde-Louise-Agnès), compositeure de musique à Saint-Maur (Seine) (Journal officiel de la République Française, Lois et décrets, du 13 février 1907, p.1172-1178).
Engagement en sociétés artistiques vignette|Rencontre de l'Estudiantina intime de Saint-Maur en 1902 (il est probable que Mathilde soit sur cette photo)|alt=|300x300px Elle a été présidente de l'''EstudiantinaDans les archives du département du Val de Marne, on trouve une carte postale de 1902 de l'Estudiantina, où tous les musiciens posent ensemble sur une photo (elle est très sûrement sur cette photo de groupe). de Saint-Maur-des-Fossés (avant 1900Elle signe le livre d'or avec ce titre de "présidente honoraire" lors de sa visite de l'exposition "de fruits" faite par la Province de Québec à l'Exposition universelle de Paris de 1900. Et elle est désignée comme "présidente d'honneur" dans l'Annuaire des artistes et de l'enseignement dramatique et musical de 1905.).
Elle est présidente de la Société académique musicale de FranceElle signe le livre d'or avec ce titre de présidente lors de sa visite de l'exposition "de fruits" faite par la Province de Québec à l'Exposition universelle de Paris de 1900, fondée en 1893L'Annuaire des artistes et de l'enseignement dramatique et musical précise qu'en 1909 c'est la année de la Société Académique musicale de France., dont la mention "musicale et littéraire" sera ajoutée en 1895Une note dans La Revue diplomatique du 14 juillet 1895 indique : "L'assemblée générale de la Société académique musicale de France a eu lieu villa Gallois au parc Saint-Maur, chez son président Philippe Gallois.Réunion nombreuse et très intéressante. M. Mathieu d'Auriac, auteur de la charmante comédie Epreuve instantanée est élu secrétaire. La Société prendra désormais le titre de Musicale et Littéraire. Après la réunion, matinée musicale et littéraire, très réussie. Mme Savinie Lherbay, de l'Odéon, a enchanté son auditoire et Crélérot le pianiste bien connu a eu un énorme succès avec la Polonaise de Philippe Gallois, jouée de main de maître. Enfin garden-party très animée.". E. Mathieu d'Auriac., auteur-comédien, en est élu secrétaire en 1895. Les assemblées générales de la société ont lieu chez elle, à la villa Gallois, au Parc Saint-Maur. Le but de la société est d'être un « appui pour compositeurs, auteurs, professeurs et artistes » et d'organiser « auditions, concours, publicité »Annuaire des artistes et de l'enseignement dramatique et musical, 1897, p.52. Jusqu'à au moins 1897, elle dirige la Revue LyriqueLa Revue Lyrique, dirigée par Philippe Gallois, est mentionnée le dimanche 27 janvier 1896 dans la publication de L'Europe artiste, où elle est mentionnée comme présente à la rencontre du syndicat de la presse française périodique. En 1905, la revue n'apparaît plus dans l'Annuaire des artistes et de l'enseignement dramatique et musical. qui est la publication de la Société académique musicale de France. Cette société qu'elle a présidée durant de nombreuses années compta entre autres comme présidents d'honneur Jules Massenet, Eugène Gigout et Alexandre Guilmant, comme président d'honneur du jury du concours Théodore Dubois, et comme membre du comité d'honneur Louis Diémer, Charles-Marie Widor, Henri Rabaud, Hortense Parent et Caroline Montigny-RemauryAnnuaires des artistes et de l'enseignement dramatique et musical de 1897 et de 1906.
Autres activités Elle est membre du Comité des dames de Saint-MaurBasé en 1891 au 11 rue Mathieu, à Saint-Maur pour lOrganisation de la société française de secours aux blessés militaires dans les départements, en tant que conseillèreBulletin de la Société de secours aux blessés militaires des armées de terre et de mer, Paris, 1891, p.72.
Mort Mathilde Guthlin Delaporte est morte le 23 décembre 1911 à Saint-Maur-des-Fossés.
Dans ses testamentsSes testaments des 5 avril 1892, 5 mars 1894, et , retranscrits (mais sans les noms des destinataires) dans le Recueil des actes administratifs de la Préfecture du département de la Seine, décembre 1912 (https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34413006m), elle lègue la moitié de sa fortune à l'hospice civil de Dunkerque, et la somme de et de toutes ses compositions musicales à la Société académique musicale de France qu'elle présida. Elle souhaite que cette dernière publie ses meilleures œuvres. Son portrait réalisé par le peintre Jean-Jacques Henner est destiné au musée du Louvre. Elle possède aussi une lettre autographe de WeberCette "lettre autographe de Weber" ainsi nommée est vraisemblablement une pièce de collection dont le signataire pourrait être Bedřich Diviš Weber (1766-1842), mais il est bien plus probable qu'elle soit celle de Carl Marie von Weber (1786-1826) qui fut un inspirateur de Franz Liszt dont elle possède un portrait autographe. encadrée, un portrait autographe de Liszt.