Gisèle Casadesus, née le à Paris , où elle est morte le Relevé des fichiers de l'Insee, est une comédienne française.

Doyenne des actrices françaises et décorée de la grand-croix de la Légion d'honneur, elle reçoit en 2003 un Molière d'honneur pour l'ensemble de sa carrière.

Membre de la dynastie Casadesus, célèbre famille d'artistes, elle est la mère du chef d'orchestre Jean-Claude Casadesus, de la comédienne Martine Pascal, du compositeur Dominique Probst et de l'artiste plasticienne Béatrice Casadesus, la grand-mère de la cantatrice Caroline Casadesus, de la comédienne Barbara Probst et l'arrière grand-mère du musicien de jazz Thomas Enhco.

Biographie Débuts Née rue de Steinkerque ( de Paris) dans une famille d'artistes, Gisèle Casadesus est la fille du compositeur et chef d'orchestre d'origine espagnole Henri Casadesus et de Marie-Louise Beetz, harpiste connue sous le nom de Marie-Louise Casadesus, d'origine juive et devenue fervente protestante. Gisèle Casadesus vit la Première Guerre mondiale en se réfugiant, jeune enfant avec son frère, dans la cave de leur domicile parisien, lorsqu'il y a des alertes à cause des tirs d'artillerie allemande. Dans son enfance, elle est louvette puis éclaireuse au sein des éclaireuses unionistes des Batignolles avec son amie Maud Sabatier. À quatorze ans, elle accompagne son père aux États-Unis pour une longue tournéeGisèle Casadesus, interviewée par Armelle Héliot et Marie-Noëlle Tranchant, « Gisèle Casdesus : « Une longue vie, ça passe vite ! », Le Figaro, encart « Culture », samedi 31 mai / dimanche juin 2014, pages 28-29..

Après un passage au cours Simon« Gisèle Casadesus », biographie, Première (lire en ligne) et un premier prix de comédie au Conservatoire de musique et de déclamation à l'âge de vingt ans, elle entre en 1934 à la Comédie-Française. La même année, elle épouse le comédien Lucien PascalLucien Pascal sur Saint Brice95.fr (de son vrai nom Lucien Probst). Elle est sur le paquebot de retour d'une tournée de trois mois en Amérique du Sud avec la Comédie-Française lorsqu'elle apprend le début de la Seconde Guerre mondiale ; son mari est mobilisé. Ensemble ils ont quatre enfants : Jean-Claude (1935), Martine (1939), Béatrice (1942) et Dominique (1954), tous artistes comme leurs petits-enfants (Caroline Casadesus) et arrière-petits-enfants (Thomas Enhco).

À la Comédie-Française, dont elle devient la sociétaire le , elle tient les rôles d'ingénue, de jeune première (Rosine du Barbier de Séville de Beaumarchais), de soubrette (Marivaux) ou de (Georges Feydeau)« Gisèle Casadesus, doyenne des actrices françaises, est décédée à 103 ans », RTL, 25 septembre 2017 (lire en ligne). En trente ans de carrière dans la grande maison elle embrasse tout le répertoire classique et romantique : Le Médecin malgré lui et Les Fourberies de Scapin de Molière, L'Illusion comique de Pierre Corneille, On ne badine pas avec l'amour d'Alfred de Musset, Le Jeu de l'amour et du hasard de Marivaux, Le Mariage de Figaro de Beaumarchais, Ruy Blas de Victor Hugo, L'Arlésienne d'Alphonse Daudet, et d'autres auteurs comme Jean Giraudoux, Eugène Labiche, Denis Diderot, Jean de La Fontaine ou Alexandre Dumas fils.

Elle quitte, en 1962, la Comédie-Française dont elle est nommée sociétaire honoraire le .

Elle n'abandonne pas le théâtre pour autant et joue encore sur les scènes parisiennes ou internationales Jean Anouilh, Samuel Beckett (Fin de partie), Eugène Ionesco (Ce formidable bordel !) ou André Roussin. Elle est la créatrice des rôles principaux d'Asmodée de François Mauriac (Théâtre-Antoine, 1937), Le Jugement Dernier de Bernard-Henri Lévy (Théâtre de l'Atelier, 1992), Le Retour en Touraine de Françoise Dorin (Théâtre de l'Œuvre, 1993) — pour lesquels elle est nommée aux Molières 1993 et 1994 — Savannah Bay de Marguerite Duras (Palais de Chaillot, 1995 et Théâtre du Rond-Point, 1999) et (À chacun sa vérité) de Luigi Pirandello (Théâtre-Antoine, 2003)« Casadesus. Un siècle de rayonnement artistique » (lire en ligne). À l'issue de la saison théâtrale 2002-2003 elle reçoit un Molière d'honneur.

Elle revient jouer à la Comédie-Française en 1980 et pour des lectures en 1990 et en 2011.

Au cinéma, Pierre Billon l'engage en 1943 pour le rôle de Clotilde de Grandlieu dans Vautrin d'après Honoré de Balzac aux côtés de Michel Simon et en 1946 pour le rôle de Marie dans L'Homme au chapeau rond aux côtés de Raimu.

En 1971, elle est la comtesse d'Eguzon dans La Belle Aventure, participe au Mouton enragé de Michel Deville, joue le rôle de Nicole Leguen, la femme de Jean Gabin, dans Verdict (1974) d'André Cayatte et la mère de Claude Jade dans Les Robots pensants (1976).

Encore avec Claude Jade, elle est Mamie Rose (1976) dans le téléfilm de Pierre Goutas : Casadesus est la « grand-mère au pair » d'un garçon parfois agressif et elle sauve la vie conjugale du couple Claude Jade - Claude Giraud. Claude Jade écrit de Gisèle Casadesus dans son livre Baisers envolés (2004) : « Gisèle Casadesus. Voilà une grande dame, une personne délicieuse, une femme cultivée et discrète, une magnifique actrice ! Je crois que je ne tarirais pas d’éloges sur elle ; je lui ai même avoué que je rêvais de vieillir avec autant d’élégance qu’elle (je suis sûrement très présomptueuse…). » Ce grand rôle est suivi par sa Catherine dans Un crime de notre temps (1977) de Gabriel Axel. Claude Lelouch l'engage en 1996 pour le rôle de Clara Blanc, mère de Bernard Tapie, dans Hommes, femmes : mode d'emploi. Dans Aïe (2000), elle est la mère d'André Dussollier. On la retrouve en 2005 dans la comédie de Valérie Lemercier, Palais royal !. Elle est Margueritte (« avec deux t ») aux côtés de Gérard Depardieu dans le film de Jean Becker, La Tête en friche (2010). En 2012, à quatre-vingt-dix-huit ans, Gisèle Casadesus tourne sous la direction de Aytl Jensen dans le film Le Jeu de cette famille aux côtés de Michel Galabru et Anna Gaylor. En 2013, elle participe au grand spectacle de Claude Moreau : Jaurès, une voix pour la paix. Un dialogue filmé avec un arrière petit fils fictionnel joué par Henri Nlend, texte de Jean-Louis Sagot-Duvauroux, rythme cette évocation.

Son mari, Lucien Probst dit Lucien Pascal, meurt le , à l'âge de cent ansArmelle Héliot et Marie-Noëlle Tranchant, « La plus étonnante des familles d'artistes », Le Figaro, encart « Culture », samedi 31 mai / dimanche juin 2014, page 29..

À l'âge de cent-trois ans, elle joue le rôle d'Annette âgée dans Si loin, si proche aux côtés de Geneviève Casile et Andrée Damant, un moyen métrage dramatique réalisé par Aytl Jensen.

Décès Gisèle Casadesus meurt à son domicile parisien le situé dans le de Paris, à l'âge de 103 ans« La doyenne des comédiennes françaises, Gisèle Casadesus, s’est éteinte à 103 ans », Le Monde, 25 septembre 2017.

L'actrice est inhumée le dans le caveau familial au cimetière d'Ars-en-Ré, après un service au temple protestant de Saint-Martin-de-Ré, en présence d'une centaine de personnes purepeople.com.

Théâtre Comédie-Française Entrée en 1934 Nommée Sociétaire le Sociétaire honoraire le

1934 : Lorenzaccio d'Alfred de Musset, mise en scène Émile Fabre 1934 : La Brebis d'Edmond Sée, mise en scène Jean Debucourt 1934 : On ne badine pas avec l'amour d'Alfred de Musset 1934 : Le Mariage forcé de Molière, mise en scène Robert Manuel 1934 : Le Sourire du faune d'André Rivoire, mise en scène Pierre Bertin 1934 : Le Médecin malgré lui de Molière 1934 : Ruy Blas de Victor Hugo 1934 : La Belle aventure de Gaston Arman de Caillavet, Robert de Flers et Étienne Rey 1934 : L'Amour veille de Gaston Arman de Caillavet et Robert de Flers 1934 : Tante Marie d'Anne Valray, mise en scène Charles Granval 1934 : Le Barbier de Séville de Beaumarchais 1935 : Le Mariage de Figaro de Beaumarchais 1935 : L'Impromptu de Versailles de Molière 1935 : Les Burgraves de Victor Hugo 1935 : L'Étourdi de Molière 1935 : L'Illustre théâtre de Jules Truffier, mise en scène Pierre Bertin 1935 : Madame Quinze de Jean Sarment, mise en scène Émile Fabre 1935 : Sur la lisière d'un bois de Victor Hugo 1935 : Les Fourberies de Scapin de Molière 1935 : L'Arlésienne d'Alphonse Daudet 1935 : Paraître de Maurice Donnay 1936 : L'Embuscade d'Henry Kistemaeckers 1936 : Le Sang de Danton de Saint-Georges de Bouhélier, mise en scène Léon Bernard 1936 : Les Noces d'argent de Paul Géraldy 1936 : Le Chant du berceau de Gregorio Martínez Sierra et María de la O Lejárraga, mise en scène Émile Fabre 1936 : Le Voyage à Biarritz de Jean Sarment, mise en scène André Brunot 1936 : Les Rivaux d'eux-mêmes de Pigault-Lebrun, mise en scène Jean Martinelli 1936 : Un caprice d'Alfred de Musset, mise en scène Maurice Escande 1936 : La Nouvelle idole de François de Curel 1936 : Bolivar de Jules Supervielle, musique Darius Milhaud, chorégraphie Serge Lifar, mise en scène Émile Fabre 1936 : Le Bon Roi Dagobert d'André Rivoire 1936 : Martine de Jean-Jacques Bernard 1937 : Asmodée de François Mauriac, mise en scène Jacques Copeau 1937 : La Marche nuptiale d'Henry Bataille 1937 : Le Jeu de l'amour et du hasard de Marivaux, mise en scène Maurice Escande 1937 : Le Monde où l'on s'ennuie d'Édouard Pailleron 1937 : L'Impromptu de Versailles de Molière, mise en scène Pierre Dux 1937 : À quoi rêvent les jeunes filles d'Alfred de Musset, mise en scène Charles Granval 1937 : Les Corbeaux d'Henry Becque 1937 : Le Légataire universel de Jean-François Regnard, mise en scène Pierre Dux 1937 : L'Illusion comique de Pierre Corneille, mise en scène Louis Jouvet 1937 : Le Bonhomme jadis de Henry Murger 1937 : Le Dépit amoureux de Molière 1938 : La Seconde Surprise de l'amour de [Marivaux, mise en scène Pierre Bertin 1938 : Tricolore de Pierre Lestringuez, musique Darius Milhaud, mise en scène Louis Jouvet 1938 : Cantique des cantiques de Jean Giraudoux, mise en scène Louis Jouvet 1938 : Les Femmes savantes de Molière 1938 : La Dispute de Marivaux, mise en scène Jean Martinelli 1938 : Un chapeau de paille d'Italie d'Eugène Labiche et Marc-Michel, mise en scène Gaston Baty 1938 : Le Menteur de Pierre Corneille, mise en scène Pierre Bertin 1938 : La Coupe enchantée de Jean de La Fontaine et Champmeslé, mise en scène André Bacqué 1938 : Esther de Jean Racine, mise en scène Georges Le Roy 1939 : A souffert sous Ponce Pilate de Paul Raynal, mise en scène René Alexandre 1939 : Les Trois Henry de André Lang 1939 : Les affaires sont les affaires d'Octave Mirbeau 1939 : Ruy Blas de Victor Hugo, mise en scène Pierre Dux 1939 : La Belle Aventure de Gaston Arman de Caillavet, Robert de Flers et Étienne Rey 1940 : L'Âne de Buridan de Gaston Arman de Caillavet et Robert de Flers, mise en scène Pierre Bertin 1940 : Les Fausses Confidences de Marivaux, mise en scène Pierre Dux 1941 : Les Précieuses ridicules de Molière, mise en scène André Brunot 1941 : La Gageure imprévue de Michel-Jean Sedaine, mise en scène Pierre Bertin 1941 : Noé d'André Obey, mise en scène Pierre Bertin 1941 : Le Beau Léandre de Théodore de Banville et Paul Siraudin, mise en scène Denis d'Inès 1941 : Le Tartuffe ou l'Imposteur de Molière, mise en scène Pierre Bertin 1942 : Le Cheval arabe de Julien Luchaire, mise en scène Jean Debucourt 1942 : La Paix chez soi de Georges Courteline 1942 : Le Distrait de Jean-François Regnard, mise en scène Jean Meyer 1942 : Le Misanthrope de Molière, mise en scène Jacques Copeau 1942 : La Gageure imprévue de Michel-Jean Sedaine, mise en scène Pierre Bertin 1943 : La Reine morte d'Henry de Montherlant, mise en scène Pierre Dux 1943 : Un jour de Francis Jammes 1943 : Le Barbier de Séville de Beaumarchais, mise en scène Pierre Dux 1943 : Le Sicilien ou l'Amour peintre de Molière, mise en scène Maurice Escande 1944 : Barberine d'Alfred de Musset, mise en scène Jean Meyer 1945 : Une visite de noces d'Alexandre Dumas fils 1945 : L'Avare de Molière, mise en scène Jean Meyer