Le Bourg-Dun est une commune française située dans le département de la Seine-Maritime en région Normandie. Géographie Localisation La commune est située dans le pays de Caux et traversée par le Dun.

Le Bourg-Dun est située à de Luneray, à de Fontaine-le-Dun, à d'Offranville, à de Saint-Valery-en-Caux et à de Dieppe.

Hydrographie La commune est située dans le bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par le Dun, le fossé de la Côte d'Orimont. et et un autre petit cours d'eau..

Le Dun, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Autigny et se jette dans la Manche à Saint-Aubin-sur-Mer, après avoir traversé .. Les caractéristiques hydrologiques de le Dun sont données par la station hydrologique située sur la commune. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 28/07/2024 à 11:01 TU à partir des 40 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/01/2021 au 01/06/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le .

vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique du Bourg-DunLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. et est dans la région climatique Côtes de la Manche orientale, caractérisée par un faible ensoleillement () ; forte humidité de l’air (plus de avec humidité relative > 80 % en hiver), vents forts fréquents.. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Dieppe à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Le Bourg-Dun est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (95,8 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (97,2 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (76,6 %), prairies (13,6 %), zones agricoles hétérogènes (5,6 %), zones urbanisées (4,2 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Dunus en 876 et vers 1023., Burgo Duni en 1236 et 1244 du diocèse de Rouen, folio 81..

L'adjonction de l'appellatif toponymique Bourg, issu du nom commun bourg est relativement tardive comme le montrent les formes anciennes. Comme c'est souvent le cas, Dun représente un hydronyme, c'est-à-dire le nom de la rivière qui coule à cet endroit le Dun, qui s'est fixé comme toponyme selon un processus fréquemment observé en Seine-Maritime ( Dieppe, Eu, Fécamp). Le Dun est cité dès le (en 735 - 743) dans un texte rédigé en latin : super fluvio Duno « sur la rivière Dun ».

Le mot Dun est un thème hydronymique indo-européen, conservé en celtique, et que l'on rencontre par exemple dans le Dun, rivière du Berkshire ; le Don, affluent de l'Orne ; le Don, rivière du Yorkshire et peut-être le Don, fleuve de Russie.

Le hameau de Flainville, quant à lui, est attesté dans un acte d'Henri II daté de 1155. où apparaît pour la première fois sous une forme latinisé le nom de son seigneur Gaudifri de Fleinvilla. Il s'agit d'une formation toponymique médiévale en -ville au sens ancien de « domaine rural », dont l'élément Flein- représente l'anthroponyme vieux norrois FleinnJean Renaud, Vikings et noms de lieux de Normandie. Dictionnaire des toponymes d'origine scandinave en Normandie, éditions OREP, 2009 ...

Les hameaux de Blengre et d'Englesqueville, historiquement dépendants de la commune de Saint-Aubin-Sur-Mer avant d'être rattachés au Bourg-Dun.

La première mention de Blengre apparaît en 1220 sous la forme Blange, mais par la suite, il est régulièrement attesté sous la forme Bellengues jusqu'au , sans doute à rapprocher des toponymes en -ingue, -engue, -angue ( les Blanques, hameau d'Alvimare, désigné Bernengues en 1267), élément qui semble représenter l'ancien scandinave engi « pré, prairie ». Englesqueville est une formation toponymique caractéristique de la Normandie, dont il existe de nombreux exemples (voir Englesqueville), les communes du pays de Caux ont cependant vu rectifier leur graphie d'Englesqueville en Anglesqueville. Il s'agit d'une formation toponymique en -ville au sens ancien de « domaine rural » précédé de l'ancien adjectif engleske, englesche « anglaise », d'où le sens global de « domaine rural anglais ». Il s'agit dans ce cas de colons anglo-scandinaves ou de Scandinaves venus d'Angleterre, notamment du Danelaw. Dans le cas de ce hameau, il s'agit vraisemblablement d'un cas fréquent de transfert de toponyme, le nom initial étant vraisemblablement un des Englesqueville ou Anglesqueville du pays de Caux qui sont attestés dès les .

Par décret du , Bour-Dun s'est appelée officiellement Le Bourg-Dunhttps://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000360989&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id&idJO=JORFCONT000000006980.

Histoire Le Haut Moyen Âge Avant l'an 1000, l'existence du Bourg-Dun n'est pas officiellement attestée, même si les vallées environnantes étaient habitées aux époques gauloises et gallo-romaines.. Des fouilles archéologiques ont cependant permis de mettre au jour des preuves de peuplement, comme un vase contenant quelque trois cents médailles à l'effigie des empereurs romains du qui fut déterré par un berger en 1847, ou une nécropole franque dans le hameau de Blengre, mise à jour entre 1908 et 1913, dont les corps étaient tous orientés vers l'est.

La Rue d'Enfer, située dans le centre-bourg et parallèle à la route principale, marque l'endroit ou jadis une voie romaine traversait le Dun par un gué.

Des raids vikings causèrent la ruine des monastères et de l'abbaye, mais une église sera reconstruite à l'emplacement même de l'ancienne abbaye à la fin du millénaire.

Bas Moyen-Âge et temps modernes Au , la nef de l'église fut entièrement refaite. Ceci marque possiblement la preuve de la générosité de Guillaume Le Conquérant. Les plus anciennes parties du monument datent en effet de cette époque.

En 1418, la région entière tombe aux mains des Anglais, qui la réorganisent à leur manière. Les campagnes sont alors sujettes au brigandage, ce qui poussera les Anglais à lever des troupes, ce qui nuira au travail de la terre et engendrera une misère grandissante.

Au , la prospérité semble s'établir de nouveau dans la paroisse, comme l'atteste l'abbé Anatole Loth en ces mots : . De grands travaux sont entrepris, aux frais seuls des paroissiens, et l'église s'enrichit de son architecture Renaissance.

En 1562, les protestants de Dieppe causent pillages et dévastations sur toute la côte, du Tréport au Havre, y compris au Bourg-Dun qui sera pillé et dont l'église sera dévastée après un rude combat dans les environs de Veules.

Le , la région est balayée par un ouragan qui causera des dégâts considérables au Bourg-Dun : toits de chaume envolés, cheminées détruites et arbres soufflés.

En 1739, une requête adressée à l'intendant de la Généralité de Rouen fait état de nombreuses inondations dans la vallée du Dun, qui y est décrit comme « un cloaque et marais inaccessible » d'où « les fermiers fuient ». À la suite de cette demande d'assainissement, un nouveau lit est creusé afin de canaliser les eaux, lit qui figure sur le plan dressé en 1741.

Les temps révolutionnaires et le XIXe siècle En , lors du renouvellement de la municipalité, le titre de maire est créé, ce qui remplace le syndic. Les dix années de révolution transformeront en profondeur les structures de la société et modifieront l'organisation politique et administrative du pays.

C'est 1791 que le hameau de Blengre est réuni au Bourg-Dun.

En 1793, la paroisse de Saint-Denis-du-Val fusionne avec celle de Flainville.

Le , le hameau de Flainville est rattaché à la commune du Bourg-Dun par Ordonnance royale.

En 1833, le hameau d'Englesqueville est lui aussi rattaché au Bourg-Dun.

En 1870, plus précisément le , l'armée prussienne arrive au Bourg-Dun mais n'y séjourne que deux jours avant d'y revenir pendant tout le mois de .

Le XXe siècle Quatre longues année de peine marqueront la vie du village de 1914 à 1918, en raison du départ des mobilisés qui modifiera le travail dans les fermes, et de la grippe espagnole qui causera 41 décès uniquement au village en 1918.

La guerre de 1939-1945 mobilisera 33 villageois, fera 25 prisonniers et une centaine de réfugiés néerlandais, belges et du Nord de la France seront accueillis en 1939. La libération a lieu le , et quatre noms supplémentaires sont gravés sur le monument aux morts au sortir de la guerre.

Le village reçut le la visite du général de Gaulle, alors président de la République, alors qu'il se rendait de Dieppe au Havre.

En 1978, le Festival du lin fut inauguré en la commune du Bourg-Dun avec l'exposition "Le lin, fleuron du Pays de Caux". Depuis, le Festival du lin a lieu chaque année dans toute la vallée du Dun et jouit d'une forte popularité.

Histoire illustrée

Le Centre-Bourg avant-guerre À l'endroit où sont désormais implantés l'épicerie, le bar-brasserie et la boutique de lin existait jadis un bâtiment doté de commerces au rez-de-chaussée.vignette|305x305px|Vue de la Côte de Veules avant la Première Guerre mondiale.|centré

Le , soit trois jours avant la libération du Bourg-Dun, le dynamitage du pont réduisit à néant cette bâtisse et ravagea le centre historique du Bourg-Dun, laissant de ce fait un espace vide dans le centre-bourg.

Le Centre-Bourg après-guerre Sur cette photographie aérienne d'après-guerre, l'on peut voir à gauche de l'église les nouveaux commerces venus remplacer ceux qui existaient autrefois avant le dynamitage.vignette|304x304px|Vue aérienne du Bourg-Dun après la guerre de 1939-1945.|centré L'ancien presbytère