Karine Lacombe, née le en Savoie (France), est une chercheuse et infectiologue française, spécialiste du VIH, des hépatites et de la Covid-19.

Elle est cheffe de service hospitalier des maladies infectieuses à l’hôpital Saint-Antoine, à Paris.

Biographie vignette|thumbtime=0:49|Portrait réalisé dans le cadre du Forum Génération Égalité en 2021.

Enfance et études Karine Lacombe naît le en Savoie... Elle est issue d'une famille très modeste. Son grand-père maternel, républicain espagnol, est venu travailler en Normandie pendant la Seconde Guerre mondiale comme commis agricole et s'y est marié.. Sa mère est institutrice et son père, de souche savoyarde, est ouvrier papetier.. À l'âge de quatre ans, elle veut être docteur, fascinée par le docteur Fassy, leur médecin de famille, qui lui inculque que la médecine est .. Alpiniste chevronnée, elle est également ceinture noire de judo.

Elle fait ses premières années d'études de médecine à l'université Joseph-Fourier de Grenoble. Elle obtient un master de santé publique, à l'époque un diplôme d'études approfondies (DEA) qu'elle valide en Afrique..

En 1994, elle entame son internat à Paris. Elle prend une année de disponibilité pour voyager en Chine et en Inde, où elle travaille dans des centres de santé primaire. Elle entre ensuite à l'université Pierre-et-Marie-Curie.

De 2002 à 2012, elle est bénévole pour Médecins du monde au Viêt Nam où elle monte le premier projet d'accès aux antirétroviraux pour les usagers de drogue et les travailleuses du sexe, puis en Afrique..

Pendant son stage à l'hôpital Saint-Antoine, Pierre-Marie Girard, chef de service dans cet hôpital, l'encourage à se lancer dans un cursus hospitalo-universitaire comportant l'obtention d'une thèse de sciences en plus de la thèse de médecine, et lui offre ainsi son soutien pour l’avancement d’une carrière hospitalo-universitaire. En 2006, elle soutient sa thèse intitulée sous la direction d'Alain-Jacques Valleron.. La même année, elle devient experte auprès de l'Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites virales (ANRS)..

Praticienne hospitalière En , elle est nommée praticienne hospitalière de l’AP-HP à l'hôpital Saint-Antoine et maîtresse de conférences à la faculté de médecine de l’université Pierre-et-Marie-Curie(aujourd'hui devenue Sorbonne Université), grâce au soutien de son chef de service. Le , elle est nommée Professeure des Universités..

En 2012, elle devient experte auprès de l’Organisation mondiale de la santé, et en 2016 d’Unitaid. Elle fait partie du panel de scientifiques du programme ONUSIDA de 2013 à 2015..

Travaux sur l'hépatite C De 2015 à 2017, Karine Lacombe mène avec son équipe des travaux de modélisation sur l’impact du déploiement d’outils de dépistage de l'hépatite C « décentralisés » au Cameroun, en Côte d'Ivoire et au Sénégal.. En 2016, elle est invitée à parler sur le sujet de l’hépatite C à la Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes (CROI)..

En 2016, Karine Lacombe est médecin investigateur coordonnateur de l'étude clinique multicentrique de EXPEDITiON-2 évaluant l'association de et de (antiviraux à action directe) pendant chez des patients atteints de co-infection par le VIH et l'hépatite C, dont le promoteur est AbbVie. Elle en présente les résultats positifs (guérison chez près de 99 % des patients) le à la de l' (IAS 2017) à Paris....

Cheffe de service hospitalier En , elle est nommée cheffe du service des maladies infectieuses de l'hôpital Saint-Antoine à Paris., succédant au Pierre-Marie Girard qui l’avait orienté vers une carrière hospitalo-universitaire et lui ayant offert un poste hospitalier le lui permettant (le succès d’une carrière hospitalo-universitaire étant le fait d’un chef de service déjà en place et qui a été sélectionné par le chef précédent qui sélectionne les médecins de son équipe et celui ou celle qui lui succédera). C’est la première femme chef de service des maladies infectieuses dans un centre hospitalier universitaire de l'AP-HP

Crise sanitaire de la Covid-19 Première vague de l'épidémie de Covid-19 Début 2020, elle affronte les premiers cas de coronavirus de la pandémie de Covid-19 en France dans son service des maladies infectieuses à l'hôpital Saint-Antoine à Paris. Évoquant la première vague, elle prépare son service hospitalier en le vidant, anticipant selon ses termes un , qui arrive du jour au lendemain.

Début , au début de la première vague de Covid-19, Karine Lacombe est sollicitée pour la première fois pour intervenir sur un plateau télévisé avec Roselyne Bachelot sur LCI pour parler de la Covid-19, en remplacement de son ancien chef de service, Pierre-Marie Girard, qui ne se sentait pas légitime, n'ayant plus d'activité clinique depuis plusieurs mois. Elle est réinvitée la semaine suivante par LCI avec David Pujadas. Elle sera par la suite invitée à de nombreuses reprises par différentes chaînes de télévision pour son expertise concernant la pandémie de Covid-19 en France... La chaîne TF1 aussi lui propose un poste de consultante, qu’elle décline car elle souhaite garder son indépendance....

En , elle est le médecin investigateur principal de l'essai randomisé contrôlé Coviplasm pour lutter contre le Covid-19 par transfusion de plasma sanguin de malades guéris.... L’essai thérapeutique est lancé en France métropolitaine le par l’Établissement français du sang (EFS), l’Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) et l’Inserm. Le , Karine Lacombe annonce le projet d’étendre l’essai en Guyane et à Mayotte lors d’une audition à l’Assemblée nationale.. À la suite d'un violent rejet de la part d’élus guyanais et d’une partie de la population, elle annule son déplacement sur place, initialement prévu pour le .. Selon le chef du service des maladies infectieuses du centre hospitalier de Cayenne, ..

Malgré tout, elle arrivera a mener cet essai à terme et il fera l'objet d'une publication dans le British Medical Journal.

Dans le cadre de l'essai Discovery, elle déclare, le , que la molécule de remdesivir semble donner des résultats encourageants, tout en nuançant ses propos : ..

Controverse autour de l'hydroxychloroquine Le , Karine Lacombe intervient dans le Journal de de France 2, où elle est interrogée sur les travaux de l’équipe de Didier Raoult autour de l’utilisation de l’hydroxychloroquine comme médicament contre la Covid-19... Elle critique les méthodes de ses confrères : . Elle se dit ..

Le même jour, à la suite de cette intervention télévisée, le député de la des Français de l’étranger Joachim Son-Forget, lui-même médecin, interpelle Karine Lacombe sur Twitter en évoquant des conflits d’intérêts, au motif qu'elle a touché de l’argent d’AbbVie, qui produit le Kaletra, et de Gilead, qui produit le remdesivir, . Karine Lacombe répond qu’elle est uniquement rémunérée pour son , qu’elle n’a pas perdu son indépendance vis-à-vis des entreprises, et qu’elle ne cache pas ses liens. Elle précise que ses interventions ne concernaient que ses domaines de spécialité, l’hépatite C et le VIH et qu’elle n’a aucun lien avec l’essai clinique européen ayant pour but de tester des antiviraux contre le coronavirus SARS-CoV-2..

Il s'ensuit injures, intimidation et menaces physiques, selon Karine Lacombe, qui quelques semaines plus tard désactive temporairement ses comptes sur les réseaux sociaux tels que Twitter....

Le , interrogée par la commission parlementaire Covid-19 sur ses liens avec l'industrie pharmaceutique et les éventuels conflits d'intérêts, elle rappelle que les liens d'intérêt sont strictement encadrés par la loi qui limite les avantages que peuvent recevoir les professionnels de santé aux d'activités de recherche ou de conseil, et aux frais de repas, de transport ou d'hébergement . Concernant ses déclarations sur le fait que l'efficacité de l'hydroxychloroquine dans le traitement du Covid-19 n'était pas prouvée, elle fait valoir : ..

Fin , sur , elle déclare au sujet de Didier Raoult . La plainte pour diffamation de Didier Raoult est examinée le .. et la relaxe est prononcée le de la même année.. Dans son délibéré, le tribunal estime que les faits imputés « portent atteinte à l’honneur et à la considération de Didier Raoult », mais que Karine Lacombe bénéficie de l’excuse de bonne foi... Didier Raoult fait appel..

Deuxième vague de l'épidémie de Covid-19 En , Karine Lacombe cosigne un article dans le journal scientifique montrant l’intérêt de la transfusion de plasma chez des patients immunodéprimés ou présentant des formes longues de Covid-19...

Le , elle publie avec l’illustratrice Fiamma Luzzati une bande dessinée intitulée La Médecin, une infectiologue au temps du Corona où elle décrit des événements marquants de son quotidien à l'hôpital Saint-Antoine pendant la première vague de la pandémie de Covid-19 au printemps 2020.... Le récit est basé sur des notes prises chaque jour depuis qu'elle est devenue cheffe de service dix-huit mois plus tôt. Elle explique le choix du récit graphique comme un moyen d'emmener le lecteur au cœur de l'action.

Lutte contre la désinformation, le cyberharcèlement et le sexisme En puis en janvier et , Libération publie plusieurs articles consacrés à Karine Lacombe, la qualifiant de . Le journal décrit sa mission comme et relève qu'elle est victime de et de sexisme comme prix à payer pour son regard critique et son engagement....

Le même jour paraît dans la revue scientifique une tribune qu'elle co-signe avec deux autres femmes scientifiques suisses également cheffes de service qui dénonce le cyberharcèlement et le sexisme qu'elles subissent sans relâche depuis le début de la crise sanitaire, et leur lutte contre la banalisation de ces actes.... Le , elle co-signe une tribune publiée dans Libération, demandant une protection juridique des personnes luttant contre la désinformation et qui sont victimes de cyberharcèlement... Le , Karine Lacombe accorde à L'Express un grand entretien dans lequel est révélée l'initiative de l'association Citizen4Science dont elle est membre, à savoir la dénonciation du harcèlement dont sont victimes les porteurs de la parole scientifique avec un appel aux autorités françaises à intervenir dans un communiqué daté du ... Sont également citées Dominique Costagliola et la spécialiste mondiale de l'intégrité scientifique Elisabeth Bik pour du cyberharcèlement et des plaintes émanant de l'IHU Marseille.. Cette initiative est rapportée par la revue scientifique Science.... Le , Karine Lacombe cosigne une tribune avec Citizen4Science et d'autres scientifiques dans L'Express, intitulée « Stop aux menaces de France Soir et au harcèlement des porteurs de la parole scientifique », qui met en cause un article de FranceSoir qui les désigne et les menace.... Le , ce groupe prend le nom de « collectif #StopMenaces » et sous l'impulsion de Citizen4Science donne une conférence de presse.. suivie le d'une nouvelle tribune dans Le Parisien intitulée « Nous demandons à l'État de nous protéger »...

En , dans le cadre d'une enquête de Paris Match, Karine Lacombe dénonce le médecin Patrick Pelloux comme étant le « prédateur » sexuel qu'elle évoque régulièrement depuis 2020...

Médias Karine Lacombe fait partie des experts médicaux régulièrement consultés dans les médias français au sujet de la maladie à coronavirus 2019, aux côtés de Arnaud Fontanet, Catherine Hill, Dominique Costagliola, Anne-Claude Crémieux ou encore Jean-François Delfraissy« Quatre femmes puissantes face au Covid. Elles s’appellent Anne-Claude Crémieux, Karine Lacombe, Catherine Hill et Dominique Costagliola », L'Obs, ...

Le , elle intègre le « de la présidentielle » du journal L'Express aux côtés de neuf personnalités qui évalueront les propositions des candidats à l'élection présidentielle de 2022. ...

Plainte et procès dans le cadre du film au 2024