L'apparition mariale de Pontmain est le vocable sous lequel est appelée l'apparition de la Vierge Marie qui serait survenue le dans le petit village de Pontmain, dans le diocèse de Laval, en Mayenne. Sept enfants au total ont déclaré avoir vu , mais seuls les trois plus âgés seront reconnus officiellement par l’Église lors de la reconnaissance officielle de l'apparition. L'apparition débute vers et va durer environ trois heures.

Elle regroupe progressivement les habitants du village, qui ne voient rien, sauf quelques enfants qui décrivent les évolutions de la vision au cours du temps, et au rythme des prières de l'assemblée. Dès le lendemain, le curé du village interroge les enfants et note un premier récit avant d'en informer l'évêque. Très vite une enquête canonique est ouverte. Un an plus tard, le , Casimir Wicart reconnaît officiellement l'apparition de la Vierge de Pontmain et autorise sa dévotion.

En 1918, le nouvel évêque, Eugène Grellier, voulant faire établir une messe et un office spécifique par le Vatican, se trouve contraint d'ouvrir un second procès canonique car le service des archives du diocèse annonce la perte du dossier établi par son prédécesseur. Le nouveau procès complété en 1920 réitère la reconnaissance de l'apparition mariale, mais à trois voyants uniquement car l'un d'eux (Jeanne-Marie Lebossé) s'est rétracté entretemps. Cette rétractation restera confidentielle, jusqu'à la publication d'un récit complet des événements dans les années 1970. Le dossier perdu du premier procès canonique est retrouvé par hasard quelques décennies plus tard, à l'occasion de travaux dans les archives.

La dévotion à Notre-Dame de Pontmain se répand très rapidement, avant même la reconnaissance officielle par l'Église catholique. Des pèlerins se rendent sur les lieux de toute la France et de l'étranger (on en compte aujourd'hui par an). Cette dévotion s'est répandue dans le monde entier.

Historique Le contexte L’apparition de Pontmain a lieu dans le contexte de la guerre franco-allemande de 1870. À cette date, une partie du territoire français est occupée par les armées prussiennes et alliées. Metz, assiégée depuis août, capitule en octobre, tandis que Paris est encerclée. Le Second Empire a pris fin alors que les combats se poursuivent en province. Le , les troupes prussiennes prennent la ville du Mans et progressent vers l’ouest, atteignant les abords de Laval, située à une cinquantaine de kilomètres de Pontmain... Le hameau de Pontmain compte alors moins d’une centaine d’habitantsÀ titre de comparaison, le village compte de nos jours environ neuf cents habitants. Voir l'article sur Ouest-France en 2018., répartis dans une quinzaine de maisons au cœur du bocage mayennaisYves Chiron donne le village pour 500 habitants (), alors que Bouflet et Boutry indiquent moins de cent habitants et quinze maisons (). Il semble y avoir une confusion avec le chiffre de rapporté par l'abbé Richard, lors de sa visite du (). Nous restons sur le chiffre donné par Bouflet et Boutry, qui semble plus précis sur ce point.. La population y est Yves Chiron précise , contrairement à d'autres lieux d'apparitions mariale comme Lourdes ou La Salette.. Trois religieuses y assurent l’enseignement scolaire et religieux, ainsi que la gestion d’un petit pensionnat. En parallèle aux difficultés liées au conflit, la région est touchée par une épidémie de typhoïde et de variole..

Récit de l'apparition

Début de l’apparition thumb|Grange familiale où débuta l’apparition.Dans la nuit du , la neige couvre le hameau. Deux jeunes garçons, Eugène () et Joseph Barbedette (), aident leur père à piler les ajoncs dans leur grangePiler les ajoncs consiste à casser les parties pointues pour permettre aux vaches de les manger sans risque. C'était la nourriture du bétail durant l'hiver.. Eugène sort de la grange pour (il fait froid, la neige couvre les toits, mais le ciel est clair et étoilé). C'est alors qu'il déclare avoir aperçu au-dessus de la maison d'en face (maison Guidecoq), environ six mètres au-dessus du toit, une à la beauté incomparable et portant une robe bleue, qui le regarde en souriant, les mains tendues vers le bas. Il la regarde, et elle le regarde..

La description qu'Eugène en donnera à l'abbé Richard est la suivante : elle portait . Une robe d'une pièce du cou jusqu'aux pieds. . La robe bleue est constellée d'étoiles d'or. Un voile noir cachait ses cheveux et ses oreilles, il recouvrait le tiers du front, retombait sur les épaules jusqu'à la moitié du dos. Sur la tête elle portait une couronne d'or, sans autre ornement qu'un petit liséré rouge, situé presque au milieu. La couronne était posée sur le voile et haute de vingt centimètres. Au pied de la dame, de nombreuses étoiles scintillentYves Chiron souligne que cette tenue vestimentaire ne ressemble à aucune de celles décrites lors des précédentes apparitions du , et qu'elle . Voir ..

L'enfant appelle une voisine, Jeannette Détais, venue rejoindre son père, pour lui demander si elle voit quelque chose, mais cette dernière lui avoue ne rien voir de spécial. Il appelle son père et lui pose la même question, et son père lui donne la même réponse. Mais son frère Joseph, lui, déclare voir . Le père des enfants , fait appeler sa femme et sa domestique pour regarder dans la direction de l'enfant, mais elles ne voient rien non plus. Il en conclut que les enfants mentent et ne voient rien. La famille rentre manger la soupe. Après le repas, les enfants retournent voir ... Leur mère recommande aux enfants de prier. Comme , on envoie chercher sœur Vitaline., une religieuse du village, membre des adoratrices de la Justice de Dieu, qui ne voit rien. Mais celle-ci retourne chercher trois pensionnaires de l'école, et deux des enfants, Françoise Richer () et Jeanne-Marie Lebossé (), qui déclarent voir . Leur description coïncide avec celle des garçons...

L'apparition initiale thumb|Début de l'apparition.|318x318pxOn appelle alors le curé et d'autres enfants. Toutes ces allées-venues attirent l'attention de villageois qui, malgré la nuit glaciale, viennent voir ce qui se passe, si bien qu'une cinquantaine de personnes se retrouvent rassemblées dans la rue. En plus des quatre enfants déjà cités, trois autres, Eugène Friteau (), Auguste Avice () et Augustine Boitin (), déclareront avoir eux aussi vu la . À l'arrivée du curé, l'abbé Guérin, les enfants déclarent que l'apparition change, et qu'un grand cerclePlusieurs auteurs évoquent le terme de , représentation iconographique bien connue dans le christianisme. Voir ou . se forme autour de la belle dame. Le cercle est bleu et distant de environ. Les enfants voient aussi quatre bougies apparaître dans le cercle : deux au niveau des genoux, et deux à hauteur des épaules. Une petite croix rouge (grande comme un doigt), apparaît sur la poitrine de la Vierge. Le curé demande alors à l'assistance de prier, et une des religieuses présente organise la récitation du chapelet..

Le message de la banderole Durant la prière du chapelet, l'image se modifie : le cercle bleu s'agrandit ainsi que la dameLes enfants ont indiqué que la et le cercle bleu ont grandi de 50 %., le nombre des étoiles (au pied de la dame) se multiplie, et sur la robe aussi les étoiles bougent et se multiplientLes enfants dirent (sur la robe bleue)., au point qu'un enfant ajoute . La religieuse entonne ensuite le Magnificat, et les enfants disent qu'alors une grande banderole se déroule entre l'ovale et le toit de la maison, où s'inscrit lettre après lettre le message de la : . Les enfants annoncent en chœur l'arrivée de chaque lettre, et l'assemblée reconstitue le message mentalement. Le curé enchaîne par le chant des litanies de la Vierge. Les enfants disent alors voir un complément au message s'afficher, toujours lettre par lettre : ..

Deux nouveaux chants sont entonnés, et la suite du message s'affiche sur le bandeau : . Les enfants précisent que cette phrase est soulignée par un trait d'or.. À partir des mots , l'assemblée estime que c'est bien la Vierge Marie qui est vue par les enfants..

Le sourire de la Vierge Alors que l'assemblée entonne un cantique à la Vierge, les enfants disent que , comme si elle accompagnait le chant du cantique, en regardant les enfants avec un sourire d'une douceur infinie. Les enfants s'écrient alors Dans le patois local, il n'y a qu'un seul mot pour dire et . Il peut donc y avoir une imprécision dans la traduction. Voir ..

La croix et le crucifix vignette|313x313px|Scène de l'apparition représentée sur le vitrail de la basilique Notre-Dame de Pontmain. Après dix minutes, l'assemblée, toujours en prière, entonne un chant de pénitence, le Parce Domine (Épargne, Seigneur !). Les enfants déclarent que l'inscription disparaît, et que le visage de la Vierge s'assombrit. Une grande croix rouge, avec un Christ de la même couleur, apparaît devant la dame. Sur une branche horizontale de la croix, les mots de sont inscrits. Elle, prend alors le crucifix dans ses mains, l'incline légèrement vers la foule, et porte son regard non plus sur la foule, mais sur la croix qu'elle tient dans ses mainsDéposition de Joseph Barbedette lors du procès canonique.. Une des étoiles, située sous la Vierge, se met alors en mouvement, venant rejoindre la première bougie, située à son genou gauche, et l'allume (les bougies étaient alors jusque là), puis, elle remonte à la bougie située au niveau de l'épaule, l'allume à son tour, et successivement, allume les quatre bougies qui entourent la Vierge..

Joseph Barbedette, dans sa déposition au procès canonique, déclarera .

Clôture de l’apparition À la suite de cela, et alors que le curé fait chanter le cantique Ave Maris Stella, les enfants indiquent que le crucifix disparaît, la Vierge reprend son attitude initiale, les bras tendus vers eux, qu'une petite croix blanche surmonte chacune de ses épaules, et que le visage de la Vierge s'illumine à nouveau d'un sourire. Le curé demande ensuite de faire la prière du soir. Durant cette prière, l'apparition se recouvre peu à peu d'un , qui, partant des pieds, recouvre peu à peu la Vierge. Finalement, son visage disparait, ainsi que le disque bleu et les bougies. Il est , l'apparition a duré trois heuresSuivant les sources et récits (premier récit fait par le curé du village, le lendemain, ou celui noté par l'abbé Richard, un mois plus tard), la durée varie de à , et elle se termine ou .. Les villageois rentrent alors chez eux..

Les voyants Eugène Barbedette

Eugène Barbedette (1858-1927) devient curé de Châtillon-sur-Colmont.

Joseph Barbedette

Joseph Barbedette (1860-1930) entre chez les Oblats de Marie-Immaculée, puis devient curé de Boulay-les-Ifs.

Jeanne-Marie Lebossé vignette|258x258px|Statue de Notre-Dame de Pontmain dans l'église de Saint-Houardon. Jeanne-Marie Lebossé (1861-1933) entre au couvent. chez les Sœurs de la Sainte-Famille de Bordeaux. Ayant témoigné avec avoir (à l'age de ), elle se rétracte devant l'évêque de Laval en 1920, âgée de , déclarant n'avoir vu que les étoiles dans le ciel et non pas les détails de l'apparition.. Cette rétractation tardive interroge les historiens.. Après leur étude des déclarations, René Laurentin et Albert Durand ont estimé que Jeanne-Marie Lebossé a pu être victime de « l'illusion d'avoir menti », après avoir été assaillie par des doutes et des scrupules à l'adolescence et à l'âge adulte.

Françoise Richer Françoise Richer (1860-1915) devient domestique dans une famille de Bretagne, puis servante de presbytère, et meurt au service de l'abbé Eugène Barbedette (lui aussi voyant de l'apparition).

Auguste Avice Auguste Avice est âgé de et demi lors de l'apparition. Il est dans les bras de son père lors de l'apparition et il lui dit voir la Vierge, comme les autres enfants. Son père lui demande de .