La Paillard-Bolex H16 est une caméra argentique 16 mm destinée d’abord aux amateurs, puis adoptée par les professionnels du documentaire, construite en Suisse de 1935 à 1975.
Histoire
Jacques Bogopolsky, Russe immigré en Suisse, construit sa première caméra à 28 ans, au sein de sa propre société. Elle est au format 35 mm, et comme beaucoup d’inventions hâtives à toute époque, elle mène son propriétaire à la faillite. Mais Jacques Bogopolsky, devenu Jacques Bolsey, ne se décourage pas et il dessine alors une petite caméra pour un nouveau format que vient de lancer l’industriel américain George Eastman, fondateur de Kodak : le 16 mm. Sous le nom de Bolex Auto-Ciné, il développe plusieurs modèles de cet appareil, et intéresse ainsi Longines, société horlogère suisse centenaire. Au bout de deux ans, celle-ci se retire, ne croyant pas à l’avenir d’un tel appareil. En 1930, c’est une autre entreprise suisse, Paillard, qui a construit des boîtes à musique au 19ème siècle puis des phonographes et gramophones au début du 20ème siècle, connue également pour ses machines à écrire Hermès, qui cherchant à se diversifier rachète l’invention de Jacques Bolsey et la développe sous la direction d’un ingénieur maison, Marc Renaud. Il faudra encore plusieurs années d’essais et d’améliorations mécaniques pour mettre enfin sur le marché en 1935 la première Paillard-Bolex H16. C’est un succès immédiat : 233 caméras en 1935, en 1939, en 1950 !
Des versions aux formats (H9) et (H8) seront présentées au public à la fin des années 1930. Une version professionnelle tardive au format Super 16 offrira en plus la possibilité d’adapter un magasin de 60 ou de pelliculehttps://www.cinecameras.fr/les-cam%C3%A9ras/paillard-bolex-h16, consulté le 21 avril 2020..
Description générale des Paillard-Bolex H16
L’apparence de la H16 reste identique de 1935 à 1975 en ce qui concerne la forme pratiquement carrée du boîtier de l’appareil et son aspect noir. Les H16 sont équipées d’une tourelle semi-circulaire dont la rotation est facilitée par la présence d’un levier. Avec une poignée-déclic et trois objectifs, chargée, la H16 pèse quelque , ce qui la rend très maniable tenue au poing. On remonte les versions munies de moteur à ressort grâce à une manivelle extensible très ergonomique. Un moteur électrique extérieur l’équipera par la suite, avant d’être intégré dans le corps de la caméra. Dans l’ensemble des modèles, la cadence de prise de vues est réglable de 8 à par seconde. Le chargement est semi-automatique, et les boucles de séparation des mouvements continu et intermittent sont créées par un couple de « boucleurs ». La visée se fait à l’aide d’un viseur clair, démontable d’un seul geste, installé sur le couvercle de chargement. Il est réglable en focale par une molette, et une autre molette permet de rattraper le défaut de parallaxe horizontal.
Pour effectuer des fondus (fermeture, ouverture, enchaînés), l’obturateur est réglable manuellement de 0 à . Certains modèles ont bénéficié, à partir de 1959, d’un perfectionnement, le RX-Fader, qui permet de déclencher un fondu automatiqueVoir http://www.bolexcollector.com/accessories/misc50.html#8..
, revendique la société Paillard en 1959. Mais ces appareils cinématographiques prestigieux sont maintenant du domaine de la muséologie.
Références
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