thumb|Évolution du Dow Jones et du CAC 40 de à .
La crise économique liée à la pandémie de Covid-19 ou crise économique de 2020 est une crise économique mondiale, provoquée par la pandémie de Covid-19 et le confinement sanitaire décrété dans un grand nombre de pays.
À la suite des mesures prises pour lutter contre la pandémie de Covid-19, la crise économique débute par le krach boursier de 2020 et se propage dans le monde.
Typologie La pandémie de Covid-19 a un très fort impact sur l'économie mondiale. En effet, les mesures prises comme le confinement entraînent une baisse drastique de la consommation et de la production. Ceci explique en partie l'arrêt économique et le krach boursier de 2020. Les restrictions légales aux déplacements et aux rassemblements ont aussi précipité plusieurs secteurs (transport, restauration, hébergement, tourisme, culture, production cinématographique, spectacles vivants, rencontres sportives) vers un arrêt de leurs activités et se répercutent sur les domaines industriels (aéronautique, automobile, équipementiers) et leurs sous-traitants. .
Ampleur et mécanique Consécutive à une crise sanitaire internationale entraînant le confinement d'une grande partie de la population mondiale, cette crise économique est considérée comme inédite dans sa nature et dans sa violence. Elle est supérieure à celle des crises précédentes car elle touche presque tous les secteurs., y compris selon le FMI dans des pays où l'impact de la pandémie est moins sévère (lors de la première vague), comme le Japon, le Canada ou l'Allemagne.
La crise sanitaire devient une crise économique sous l'effet de deux chocs : un choc d'offre massif et un choc de demande, lui aussi massif. Le choc d'offre se caractérise par une baisse de production liée à l'apparition de contraintes sur l'approvisionnement en consommations intermédiaires, par la mise à l'arrêt d'usines liée au confinement d'une partie de la force de travail, et par la réduction de fourniture de services. Le choc de demande se caractérise, selon les pays, par une baisse de la demande extérieure, impliquant une baisse des exportations (par exemple pour la France : chute de la demande étrangère pour les produits de luxe, coup d'arrêt au tourisme) ; et par la baisse de la demande domestique, notamment dans les services (transports, hôtellerie-restauration…).
En , le FMI prévoit une chute du PIB de 3 % dans le monde et 7,5 % dans la zone euro..
L'Europe connaît une récession plus prononcée que les États-Unis. Cela est dû, en ce qui concerne la zone euro, à une chute plus importante de la part du tourisme dans l'activité économique, ainsi qu'au retard de développement technologique..
Comparatif avec la crise des Subprimes de 2008
Les critères de comparaison pris en compte dans le tableau suivant sont, l'épicentre, la coordination mondiale, les origines et conséquences, la responsabilité des États, les mesures de sortie de crise, les similitudes entre les deux crises..
+CritèreCrise des SubprimesCrise de la COVID-19ÉpicentreÉtats-UnisChineCoordination mondialeG20 et G7 mais guerre commerciale récente des États-Unis et hausse du prix du pétrole par l'Arabie SaouditeChaque État applique une politique sanitaire propre à chacunOrigines et conséquencesCrise financière (Subprimes) qui affecte l’économie réelleCrise sanitaire (COVID-19) qui affecte l'ensemble de l'économie État ResponsableÉtats-Unis → puissance mondialeLa nature ou Chine (l'origine exacte du virus n'est pas connue en décembre 2021 et fait l'objet d'enquêtes)Mesures de sortie de criseBaisse des taux des banques centrales, apports de liquidité dans l’économie et achat de dettes publique et privée (Quantative Easing)Taux des banques centrales actuellement au plus bas, donc issues basées sur une allocation des ressources (politique budgétaire)Similitudes - Propagation rapide - Vulnérabilité de l’économie mondiale
- Stratégie du ‘’quoi qu’il en coute’’ (Macron 12/03/2020) – ‘’Whatever it takes’’ (Draghi 26/07/2012)
- Incertitude
- Manque de coordination internationale
Premiers impacts En 2003, lors de l'épidémie de SRAS dont le coût économique a été estimé à quarante milliards de dollars., le PIB de la Chine représentait 8 % du PIB mondial. Fin 2019, il en représentait 20 %.
La pandémie pourrait avoir en Chine un impact important mais de courte durée selon le cabinet Oxford Economics, qui se base sur les effets qu'avait eus l'épidémie de SRAS en 2002 et en 2003, à l'origine de la mort de huit cents personnes en Asie..
Si les Chinois représentent 2,5 % de la fréquentation touristique totale, ils sont encore plus lourds économiquement. Avec d'euros de dépenses, ils totalisent 7 % de la recette touristique..
Le cours du pétrole a chuté consécutivement au ralentissement de l'économie chinoise puis de la concurrence entre l'Arabie Saoudite et la Russie avec des cours très volatils d'un jour a l'autre ; le baril de Brent passant sous la barre des le , le plus bas depuis trois mois... Le , c'est celui du WTI qui passe sous le seuil de avant de descendre brièvement à un prix plancher de le avant de remonter à le . tandis que le baril de Brent passe sous les le avant de remonter.. Le , les prix deviennent négatifs aux États-Unis et au Canada, première mondiale..
L'Agence internationale de l'énergie estime que la demande mondiale au premier trimestre 2020 devrait baisser de de barils par jour par rapport au premier semestre 2019 sur une consommation totale de de barils par jour, première baisse de la consommation depuis 2008..
Sur le marché européen de l'électricité, EDF et ses concurrents sont confrontés en à la forte baisse de la demande d'électricité causée par les mesures de confinement appliquées en réaction à la pandémie de Covid-19 et à la chute des prix du marché de gros de l'électricité qui en a résulté.
Sur le marché de gros EPEX SPOT, le à , la France toujours en confinement sanitaire a connu un cours négatif toute la journée et EDF a dû consentir à ses clients de gros un pic de prix négatif de l'électricité aux alentours de Les données des bourses, RTE France (consulté le 17 mai 2020), voir la journée du 13 avril 2020... Cela signifie que les acheteurs d'électricité étaient payés par les vendeurs pour prendre leur électricité. Les prix négatifs sur le marché de gros sont des événements qui arrivent de temps en temps quand se produit une surproduction d'électricité en Europe. Dans ces cas, les producteurs d'électricité doivent payer leurs gros clients industriels pour écouler l'électricité produite. Quand le prix spot, même positif, descend en dessous du prix ARENH (par exemple à ) il y a manque à gagner pour EDF, les fournisseurs alternatifs non liés par contrat se reportant sur le marché Epex Spot..
Cinq usines d'écrans à cristaux liquides à Wuhan, l'épicentre de l'épidémie, ralentissent leur production, ce qui devrait avoir un effet sur l'offre et le prix des écrans d'ordinateurs et de téléviseurs..
Le ministre japonais de l'Économie, Yasutoshi Nishimura, prévient en que la production du pays pourrait être affectée..
Le , Jean-Philippe Béja, universitaire, directeur de recherche au CNRS et politologue spécialiste de la Chine, déclare qu'..
Les Bourses chinoises de Shanghai et de Shenzhen fermées depuis le , rouvrent le , et perdent 8 % (plus forte baisse en cinq ans)..
Dès l'annonce des nombreux cas italiens, coréens et iraniens, des investisseurs ont pris peur, faisant chuter les cours, notamment les 24 et . Les places européennes ont toutes terminé en forte baisse. Le , Paris a reculé de 1,94 %, Francfort de 1,88 %, Londres de 1,94 %, Milan de 1,44 %, Madrid de 2,45 %, la Bourse suisse de 2,19 % et Bruxelles de 2,28 %. Wall Street a ouvert en recul et n'est pas remontée la journée ; peu avant 20 heures (heure de Paris), l'indice vedette de la Bourse de New York, le Dow Jones Industrial Average, chutait de 2 %. En Russie, l'indice RTS de la Bourse de Moscou, fermé lundi en raison d'un jour férié, a dévissé de 5,16 %.
Les mesures de restrictions et de confinements dans le monde affectent immédiatement les entreprises et l'économie réelle, dont les plus fragiles se retrouvent au bord de la faillite.
Par exemple, le , la marque Laura Ashley dépose le bilan en pleine crise liée au coronavirus et tout le secteur aérien demande l'aide des États..
Au Canada, le Cirque du Soleil procède à la mise à pied temporaire de . La même journée, le Groupe Sportscene, qui exploite des chaînes de restaurants, met à pied de ses . Sunwing a également annoncé mettre à pied environ jusqu'au début avril.
Mesures de soutien Par l'Europe Dès le , pour permettre aux États de soutenir leur économie et leur système de santé, la Commission européenne suspend les règles de discipline budgétaire des États. Elle assouplit les règles en matière d'aides d'État. La Banque centrale européenne accepte de jouer le rôle de prêteur en dernier ressort afin d'éviter une crise financière systémique comme celle de 2008-2009..
Pour aider les ménages et les entreprises face à leurs besoins urgents de trésorerie, l'Eurosystème décide de fournir d’euros de liquidités aux banques. En parallèle, pour prévenir le risque d’une hausse des taux d'intérêt et permettre aux États de mettre en œuvre davantage de moyens budgétaires pour lutter contre l’épidémie, l’Eurosystème achète des titres de dette à hauteur de d’euros. (dont supplémentaires par rapport aux achats déjà prévus en 2020.).
Ces mesures ont pour effet de maintenir des taux d'intérêt bas, une inflation basse et d'apporter des liquidités abondantes.
Le , face à la pandémie de coronavirus, les ministres des Finances de l'Union européenne sont parvenus à un accord sur un plan de relance européen. La solidarité européenne a fini par l’emporter.. Ce plan représente plus de d'euros et comporte trois éléments principaux : une ligne de crédits de d'euros via le mécanisme européen de stabilité pour les dépenses de santé, d'euros pour les mesures de chômage partiel et un fonds de garantie permettant à la Banque européenne d'investissement de prêter jusqu'à d'euros aux entreprisesAnne Rovan, « Coronavirus : accord au forceps des Européens sur le plan de sauvetage à d'euros », Le Figaro, 9 avril 2020, lire en ligne, sur lefigaro.fr.
en France La France aussi se joint au jeu. En effet le président Emmanuel Macron dans une première intervention le s'adresse, entre autres, aux entreprises et aux hôpitaux, et les appelle à mettre en œuvre tous les moyens nécessaires pour lutter contre l'épidémie, et ce "Quoi qu'il en coûte", « La santé n'a pas de prix ». Des dépenses budgétaires sont engagées pour atténuer les conséquences économiques à court terme de la crise économique . . .. Puis, lors de son allocution du , il affirme qu', cette déclaration est mise en action le lendemain lorsque le ministre de l’Économie Bruno Le Maire annonce un plan de d'euros en faveur des entreprises..
Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, annonce une décroissance de 6 % de l’économie française au 2020, et estime le coût de la crise à de croissance annuelle par quinzaine de confinement.. En , il évalue l'impact sur le PIB français en 2020 à %.. Il considère que s'il est bien géré, le choc, même sévère, peut rester temporaire.. Le FMI estime d'ailleurs que la France pourrait connaître une croissance de 6 % en 2021.
. Le secteur des services aux entreprises (informatique, conseil, finance…) résiste assez bien mais la situation est préoccupante dans les services aux particuliers (hébergement, restauration)..
La réponse au choc fait l'objet d'un grand consensus entre les économistes : une aide massive à la trésorerie des entreprises, une reprise de l'activité rapide et dans les meilleures conditions, et un programme de grands investissements.. Ces mesures ayant pour effet de générer de la dette publique, celle-ci devra être remboursée à terme.