Le présent article traite de l'infection par le virus SARS-CoV-2, mais spécifiquement chez le jeune enfant.

Fin , les aspects cliniques et épidémiologiques (prévalence, modes de transmission…) de cette nouvelle infection à coronavirus ne sont pas encore stabilisés en médecine périnatale (et plus généralement en pédiatrie). Les incertitudes actuelles s'expliquent par le caractère émergent de cette maladie, par les aléas du recueil de données cliniques et épidémiologiques en fonction des pays, mais aussi par la disponibilité, la sensibilité et la spécificité des tests de diagnostic. Si l'attention de la communauté médicale a surtout été portée dans le contexte de l'urgence sanitaire mondiale sur les cas graves (les adultes avec facteurs de risque (comorbidité), et les personnes âgées essentiellement), la médecine périnatale a encore besoin de données virologiques, épidémiologiques et cliniques, pour confirmer ou infirmer les premières observations de terrain. Selon une étude rétrospective chinoise de la transmission du virus entre et de ces personnes (publiée le ) ..

Néanmoins, quelques spécificités « pédiatriques » font consensus pour la Covid-19 : les formes pédiatriques de la maladie sont le plus souvent familiales., modérées (fièvre, toux, asthénie), voire asymptomatiques. L'enfant semble notamment échapper au risque de choc cytokinique ; la partie inférieure de l'arbre respiratoire semble moins vulnérable chez l'enfant que chez l'adulte. L'hypothèse selon laquelle l'ACE2 (récepteur cellulaire porte d'entrée du virus dans les tissus respiratoires) pourrait avoir chez l'enfant une maturité et/ou des fonctions (ex. : fonction de récepteur) moins développées que chez l'adulte.Lu R, Zhao X, Li J, et al. Genomic characterisation and epidemiology of 2019 novel coronavirus: implications for virus origins and receptor binding. Lancet. 2020;395(10224):565‐574Hoffmann M, Kleine‐Weber H, Krüger N, Müller M, Drosten C, Pöhlmann S. The novel coronavirus 2019 (2019‐nCoV) uses the SARS‐coronavirus receptor2 ACE2 and the cellular protease TMPRSS2 for entry into target cells. bioRxiv. 2020. https://doi.org/10.1101/2020.01.31.929042, ne fait pas consensus ; les formes atypiques non respiratoires semblent fréquentes. Ainsi, l'inflammation intestinale semble proportionnellement plus fréquente chez l'enfant que chez l'adulte. (elle existe aussi chez l'adulte).. L'excrétion virale prolongée dans les fèces, qui chez l'enfant dure une semaine ou deux (voire plus) après la disparition des symptômes et même après disparition du virus dans la sphère ORL, pourrait avoir une grande importance épidémiologique (ce point doit être confirmé, car la présence d'ARN détecté par RT‐PCR peut aussi bien traduire la présence de virus infectieux, que de restes de génomes de virus inactivés par le système immunitaire). Les cas graves sont rares, mais leur analyse a montré que les enfants infectés par le SARS-CoV-2 devraient .

Rappel du contexte Fin la Chine a alerté l'Organisation mondiale de la santé en signalant plusieurs cas de pneumonies atypiques en Chine (dans la province du Hubei dont Wuhan est la capitale) ; un nouveau virus, de la famille des coronavirus, est alors identifié comme responsable de ces pathologies (qui seront baptisées Covid-19). Le virus a été nommé SARS-CoV-2. Rapidement l'infection virale est responsable d'une épidémie en Chine, puis d'une pandémie.

Une étude transversale multicentrique (10 hôpitaux de la province du Hubei) a porté sur pédiatriques (âge médian de ) confirmés en étudiant leurs aspects démographiques, épidémiologique et de santé (maladies sous-jacentes, manifestations cliniques, données de laboratoire et radiologiques, traitements et résultats). Le ratio garçons/filles était de . Les cas de Covid-19 se répartissaient comme suit en fonction de l'âge : moins de : , soit 40 % des d'étude ; : , soit 24 % du total ; et plus : , soit 36 %. Les premiers symptômes étaient la fièvre (dans 52 % des cas) et une toux sèche (44 % des cas). Les scanners thoraciques étaient normaux dans (33,3 %), présentaient une atteinte d'un seul poumon dans (20,8 %) et une atteinte bilatérale dans (45,8 %). Cliniquement, présentaient une infection des voies respiratoires supérieures, 15 présentaient une pneumonie légère et deux (8 %) étaient des cas critiques traités par ventilation mécanique invasive, corticostéroïdes et immunoglobulines. Vingt-quatre de ces enfants (96 %) ont vu leurs symptômes s'améliorer, et l'un est mort. Les enfants de moins de constituaient la majeure partie des cas critiques et/ou ont impliqué plus d'attention à l'hôpital et lors des soins à domicile..

Enjeux L'infection (Covid-19) chez la femme enceinte, chez le nouveau-né puis chez le jeune enfant a des conséquences directes en termes de morbidité et mortalité, pour le patient, mais aussi pour son entourage (les parents, la fratrie), ainsi que pour les agents de santé impliqués dans le suivi de la grossesse, lors de l'accouchement puis pendant toute la période néonatale. : médecin de famille, sage-femme, obstétricien, anesthésiste, pédiatre, néonatologiste, infirmière, thérapeutes respiratoires Comprendre la place de l'enfant dans la chaîne de transmission de la maladie, et le soigner au mieux comptent parmi les enjeux de santé publique et pédiatriques posés par cette maladie et par les questions d'ouverture/fermeture de crèches et d'écoles.

Prévalence de l'infection à Covid-19 chez les nouveau-nés et les enfants Quelles sont les premières données (historique) ? Dès le début de l'année 2020 en Chine, les premières observations pédiatriques sont décrites par les médecins en Chine. Peu d'informations sont disponibles. Il apparait très tôt que , les enfants semblent, sauf rares exceptions, développer des formes bénignes de Covid-19, ce qui ne les empêche pas de participer à la propagation du virus, mais dans une mesure encore mal estimée.. Le premier enfant infecté par l'infection à Covid-19 est décrit à Shenzhen le (plus de 15 ans plus tôt, lors de l'épidémie de SRAS, un enfant était décédé ; âgé de 10 ans, 2 mois après avoir eu une hépatite sévère, il avait été suivi par un médecin ayant été en contact avec des patients atteints de SARS et était mort 71 heures après son transfert en unité de soins intensifs ; il avait d'abord eu un rhume et de la fièvre, avant que son état se dégrade en justifiant une hospitalisationFu WH, HE GF, Li XE, Li WY, Jiang FC. Clinical characteristics analysis of the death case in child with severe acute respiratory syndrome. Chinese journal of contemporary pediatrics 2004; 6(2), 155-156.) ; Au début de l'épidémie, les enfants représentaient de 2 à 3 % des cas détectés. Sur confirmés à Zhengzhou dans le Henan au , étaient diagnostiqués, dont le plus jeune avait . ; début février, Jianhui Wang, néonatalogiste à l'hôpital universitaire pour enfant de Chongqing, cite le plus jeune enfant testé positif dans une cohorte d'une centaine de cas pédiatriques : il l'a été après sa naissance. Au , au moins étaient repérés en Chine, dont des enfants âgés de moins de . La contagion se fait majoritairement via des proches ( pour âgés de à , étudiés par Shen & Yang (publication du ) avec un malade.). Selon la première grande étude (, statistiquement basée sur pédiatriques signalés au CDC chinois entre le et le , dont soit 34,1 %, ont été confirmés en laboratoire), chez ces enfants les cas étaient à plus de 90 % « asymptomatiques, légers ou modérés ». Le nombre de cas pédiatriques a rapidement augmenté au début de l'épidémie, puis a diminué de manière régulière. . Cette étude n'a pas cherché à mesurer le R0 pédiatrique, c'est-à-dire dans quelle mesure des enfants pouvaient contaminer d'autres enfants. Elle contient un biais lié aux cas suspectés (on ignore dans quelle mesure le diagnostic différentiel a été fait).. Mi-mars, les cas pédiatriques semblaient encore peu fréquents en Chine, mais il n'y a pas eu de screening général d'un échantillon représentatif de la population générale. Après le début de la mise en place de mesures barrières, seuls 1% environ des cas étaient des enfants de moins de sur identifiés par les CDC chinois.. Les données italiennes confirment la rareté des cas hospitalisés : ont été confirmés sur les malades du Covid-19 en Italie, mais il faut aussi tenir compte de la faible natalité en Italie.. Depuis , l'ensemble des publications pédiatriques internationales converge vers un nombre modeste d'enfants Covid-19 : 1 % à 3 % des patients contaminés sont âgés de moins de . Jusqu'en , le nombre d'enfants hospitalisés pour Covid-19 étant faible, les observations scientifiquement validées sont rares, en France comme dans le reste du monde. Quant aux rares décès d'enfants, ceux-ci demandent une étude détaillée des facteurs de co-morbidité.

Données sur des clusters d'enfants Selon les premières observations médicales, la sévérité de la Covid-19, son occurrence et sa contagiosité semblaient moindres chez le nourrisson, l'enfant et l'adolescent.... Quand les tests sont devenus plus disponibles, la place des enfants dans la chaîne épidémiologique a commencé à se préciser. Ainsi, à titre d'exemples : Concernant les nourrissons et jeunes enfants, au Japon, dans un centre d'accueil d'orphelins et d'enfants victimes d'abus ou de négligence, huit bébés et jeunes enfants pensionnaires ont été trouvés porteurs du virus. Ce dépistage avait été lancé après qu'un membre du personnel ait été diagnostiqué atteint de Covid-19 ; les 21 autres pensionnaires ont été testés négatifs et mis sous observation..