Hermanville est une commune française située dans le département de la Seine-Maritime en région Normandie. Géographie Localisation

Hydrographie La commune est située dans le bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par la Vienne..

La Vienne, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Beauval-en-Caux et se jette dans la Saâne à Ambrumesnil, après avoir traversé .. Les caractéristiques hydrologiques de la Vienne sont données par la station hydrologique située sur la commune. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 29/07/2024 à 02:04 TU à partir des 27 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/01/2022 au 01/06/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le .

vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique d'HermanvilleLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.. Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. et est dans la région climatique Côtes de la Manche orientale, caractérisée par un faible ensoleillement () ; forte humidité de l’air (plus de avec humidité relative > 80 % en hiver), vents forts fréquents.. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Dieppe à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Hermanville est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Dieppe, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (88,7 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (88,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (68,9 %), prairies (19,7 %), forêts (11,3 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie Le nom de la localité est attesté pour la première fois dans un manuscrit sous la forme latinisée Hermodivilla du , avant 1115, puis successivement sous les formes Hermetvilla en 1155 - 1178, Hermevilla en 1189, Hermenvilla au , Hermanvilla vers 1385Charles de Beaurepaire, dom Jean Laporte, Dictionnaire topographique du département de la Seine-Maritime, Paris, 1982-1984 (réédition), p. 510 ..

Il s'agit d'une formation toponymique médiévale en -ville au sens ancien de « domaine rural ». C'était souvent en milieu rural une ferme ou un hameau avec ses terres d'exploitation. Et il était d'usage de rattacher un nom de lieu à celui du maître du lieu.

Le premier élément Herman- représente un anthroponyme comme c'est le cas dans la grande majorité des composés en -ville. Les formes les plus anciennes permettent de rejeter le nom de personne issu du germanique occidental Herman déjà rencontré dans Hermanville (Calvados, Hermanvilla 1138), mais de suggérer l'anthroponyme germanique occidental Hermodus, à savoir germanique continental ou anglo-saxon. On le rencontre dans les noms de lieux anglais Harmondsworth (Middlesex, Hermodesworthe fin ) et Harmston (Lincoln, Hermodestuna fin ).

Remarque : le nom de personne Hermodr (Hærmóðr / Hermóðr) existe en vieux norrois, en tant qu'emprunt probable au vieux haut allemand Herimot / Harimot, basé sur les élements heri / hari « armée » (allemand Heer « armée ») et mot « esprit, âme, courage » (allemand Mut « courage »)Site de Nordic Names : origine et étymologie de l'anthroponyme Hærmóðr / Hermóðr (lire en anglais) . D'un point de vue phonétique, le -ð norrois (noté -d) équivalent du -th de l'anglais, s'est bien maintenu dans cette position comme on le constate par exemple dans Trémauville (Seine-Maritime, Tormodi villa vers 1023) qui contient le nom de personne norrois Thormodr (Þormóðr).

Homonymie avec Hermeville (Seine-Maritime, pays de Caux, Hermodi villa fin ).

Histoire L'histoire d'Hermanville s'inscrit dans l'histoire du pays de Caux, le Caux étant d'origine le pays des Calètes - en latin caleti, une des peuplades gauloises qui seraient issues de l'invasion des celtes via le nord-est au second âge du fer (période dite de la Tène, à partir de 400 av. J.-C.).

Mais à quand remonte l'existence d'un lieu de vie, précisément à Hermanville, on ne saurait le dire. De l'époque pré-romaine à l'époque gallo-romaine, les données manquent pour une étude historique du peuplement local de cette région du CauxLucien Musset, « Essai sur le peuplement de la Normandie », in Actes du deuxième congrès international d'archéologie médiévale, Caen, 1987.

César, dans ses Commentaires sur la Guerre des GaulesJules César, De Bello Gallico, livre VII, 75. rapporte que parmi les peuples que les Gaulois ont l'habitude d'appeler Armoricains, on compte les Calètes. Faut-il dès lors les rattacher à l'Armorique ou au Belgium, difficile de trancher, d'autant que Hermanville est à la limite nord-est du pays de Caux, et que les territoires n'ont cessé de bouger dans leurs découpages.

Les recherches de Jean Benoît Désiré Cochet (1850) sur les églises rurales permettent d'en savoir davantage sur le Moyen Âge à Hermanville, notamment à travers son église Saint-Martin. En effet, il écrit : Le corps-carré du clocher, placé entre chœur et nef, ressemble à tous ces clochers romands dont la Haute-Normandie s'est couverte au XIe et au XIIe siècle... [mais s'agissant du chœur] ce sanctuaire semble appartenir plutôt au XIIIe qu'au XIIe siècle. C'est dans ce chœur que fut découvert tardivement, en 1859, un carrelage émaillé qui recouvrait la tombe d'un chevalier du , identifié comme étant de la lignée des Masquerel. Leur litre seigneuriale - c'est-à-dire une ceinture de deuil autour du monument - entourait l'église au-dedans et au-dehors. Le sépulcre de ces grands seigneurs était au milieu du chœur. Leurs pierres tombales pavent les marches de l'autel, mais inscriptions et personnages sont effacés. D'après Cochet, que ce n'est qu'au que la seigneurie des Masquerel reçut finalement le patronage de la cure de l'église d'Hermanville, mais on sait que l'apanage en avait été réclamé bien avant par la famille, et que Jean Masquerel en avait été débouté en 1334 au profit de l'archevêché de Rouen.

La graphie de Masquerel est par ailleurs attestée sous les formes Mascherel, Maskarel, voire Makarel. Ainsi, dans l'histoire des chevaliers hospitaliers de Saint-Jean de Jerusalem, par l'abbé de Rollin (1726) on trouve cette description du blason seigneurial de « Jean Maskarel de Hermanville » ; d'argent à la face d'azur diaprée d'or de trois pièces, celle du milieu chargée d'un aigle à deux têtes aussi d'or, & les deux autres, chacune d'un lion affronté de même, le tout accompagné de trois roses de gueule.

Pour la généalogie des Masquerel, on peut se référer au Dictionnaire de la Noblesse, contenant les généalogies, l'histoire et la chronologie des familles nobles de France, par François-Alexandre Aubert de La Chenaye des Bois (1775).

On en apprend un peu plus sur les Masquerel et leur demeure seigneuriale d'Hermanville en lisant « Notice sur l'ancien château d'Hermanville » dans le Bulletin de la Commission des Antiquités de la Seine-Inférieure (1879)Bulletin de la Commission des antiquités de la Seine-Maritime, tome 5, 1879 :

J'ai visité dans le village d'Hermanville-en-Caux une ferme qui occupe l'emplacement de l'antique manoir des Masquerel, seigneurs et barons d'Hermanville.../... on remarque vers le sommet de chacun des piliers de la barrière, qui donne accès dans la cour de la ferme, une pierre de dimension moyenne, ornée d'un écusson présentant un lion rampant; l'écu est sommé d'une couronne; au-dessous de l'écu on lit sur une des pierres la date de 1419, sur l'autre 1420. Contre le pilier de gauche de la barrière on aperçoit encore deux autres pierres : l'une portant la rose de l'écu des Masquerel, l'autre présentant une fleur de lis accostée de deux roses. À quelques pas du pilier de droite, au bout d'une grange, se trouve encastrée dans la muraille une pierre d'environ 0m70 de hauteur sur 0m40 de largeur. Elle présente un écusson sommé d'une couronne de comte et soutenu par deux palmes; dans la partie supérieure de l'écusson, en chef, se voient deux personnages à mi-corps, de profil et se regardant. Ce sont : Louis et Marye de Mascherel, 1659 .Du côté de la vallée arrosée par un petit cours d'eau, la Vienne, un vieux mur recouvert de lierre.../... flanqué aux extrémités de deux bastions carrés démantelés. Sur la façade [de l'un d'eux] qui regarde le nord, est scellée dans la maçonnerie une pierre ayant environ de hauteur sur de largeur. Elle porte un écusson soutenu par deux palmes, timbré d'une couronne de comte, mi-parti de Masquerel et de Dreux. Les armes de Dreux sont : "Echiqueté d'or et d'azur" On lit au-dessous de l'écu : Mascherel Dreux, 1497. Antoine du nom, de Masquerel, seigneur d'Hermanville, avait épousé le 27 juillet 1497 à Pavilly Jeanne de Dreux, fille de Jacques de Dreux, Seigneur de Morainville, vicomte de Beaussart, et d'Agnès de Mareuil.