Hippolyte Malandrin, né le à Bosc-le-Hard et mort le à Paris, est un lieutenant-colonel d'artillerie français de la Première Guerre mondiale qui a laissé son nom à une invention militaire : la plaquette Malandrin, également connue sous le nom de malandrinette, qui permettait au canon de 75 de réaliser des tirs courbes.
Biographie
Reçu 36e sur 265 à l'École Polytechnique en 1889, il est nommé Lieutenant au 27e régiment d'artillerie. Volontaire pour toutes les campagnes coloniales de l'époque, il est désigné pour faire partie de l'expédition de Chine en 1900. A cette occasion, il a l'honneur d'être le premier à commander sous le feu le tir du canon de 75. Il se distingue pendant l'assaut de la pagode de Che Maën, repaire boxer dans une zone montagneuse au sud-ouest de Pékin, où il oblige les boxers à évacuer une position très fortifiée Lire le récit de l'assaut dans le Rapport sur l'Expédition de Chine du Général Voyron publié sur Gallica . Ce qui lui vaut d'être alors cité élogieusement à l'ordre du corps expéditionnaire et d'être promu Lieutenant-Capitaine Paru dans France Militaire du 27 septembre 1927..
De retour en France, il dirige la cartoucherie de Douai, et procède alors à des études personnelles sur les munitions d'armes portatives. C'est à ce poste qu'il met au point l'invention qui lui a valu postérité et ennuis : la plaquette Malandrin.
La plaquette Malandrin
La plaquette Malandrin était conçue au départ pour l'entrainement dans certains champs de tir exigus où les obus de 75 avaient tendance à sortir des limites par effet de ricochet. Ces plaquettes réduisaient la portée des obus à maximum et donnaient plus de courbure à la trajectoire. Les plaquettes Malandrin ont été adoptées pour le combat afin de ne pas développer l'artillerie lourde (obusiers) et de faire ainsi des économies sur les budgets. À la fin de Première Guerre mondiale apparaîtront les obus types 1917 et 1918 du général Desaleux, qui, mieux profilés, atteindront des portées de l'ordre de onze kilomètres Lire sur Gallica la description qu'en donne le Capitaine d'Artillerie André en 1914, dans son Cours d'Artillerie .
Polémique La vie d’une Armée pendant la Grande Guerre du Colonel Pellegrin ; préface du général Mangin. Flammarion 1921..
On peut lire aussi dans Le Courrier de l'Oise du Courrier de l'Oise que M. Étienne, ministre de la Guerre, ministre de la Guerre, .
A Verdun, les allemands avancèrent — par exemple — des canons de , des mortiers (allemands) de , des obusiers de (austro-hongrois), et des canons de ; en tout pièces d'artillerie, dont 542 obusiers lourds, soit une pièce tous les 150 mètres. Les français avaient 300 pièces d'artillerie seulement, dont 163 canons lourds… équipés de plaquette Malandrin. On savait pourtant dès 1902 que les Allemands se dotaient d'obusiers (à tir courbe donc mais pas autant qu’un mortier) capables d’envoyer des obus de , puis de 105 à partir de 1909, jusqu'à , là où notre ne tirait, en tir direct, que jusqu’à .
Des milliers de poilus succomberont sur les barbelés établis à contre-pente des deuxièmes lignes allemandes, faute d'un obusier léger qui fera défaut à l'armée française pendant toute la guerre.
Pris d'un remords tardif, le , les commissions parlementaires dégagèrent cette fois 163 millions pour réaliser un programme d'artillerie lourde, la loi de crédit sera enfin votée le Mémoire du Maréchal Joffre .
La plaquette Malandrin joua donc un rôle tragique dans la Grande Guerre.
Le capitaine Malandrin aurait eu à souffrir longtemps des sarcasmes des officiers d'artillerie quand la plaquette qui porte son nom montra sa quasi-inutilité dans la plupart des situations militaires, il n'était pourtant pour rien dans cette application inattendue de son invention.
Notes et références
Article connexe Canon de 75 mm modèle 1897
Liens externes
Catégorie:Artillerie de calibre 75 mm