Le château de La Coindrie, construit vers la fin du à l'entrée de l'ancienne commune de La Coudre, se trouve à Argentonnay, dans le département français des Deux-Sèvres.

Histoire thumb|gauche|100px|Armes de la famille Garnier, seigneurs de Villedon et de la CoindrieLes armes de la famille Garnier sont : gironné d'or et de gueules à douze pièces

Le premier château Un premier château, fortifié, est érigé à partir du . Il est tenu du milieu du à la fin du par une branche de la famille Garnier. qui possède les seigneuries de La Coudre et de La Coindrie et dont les deux premiers auteurs connus prénommés Pierre sont maires de Poitiers à plusieurs reprises entre 1230 et 1283.

Au , la propriété est entre les mains de la famille La Coudre, puis passe par alliance aux Guillet, qui la détiennent jusque vers le milieu du .

Les Richeteau et la Révolution thumb|100px|gauche|Armes de la famille RicheteauLes armes de la famille Richeteau sont : d'or, à un aubier de sinople chargé de fruits, au chef d'azur chargé de 3 étoiles du champ .

Le château appartient ensuite à une branche de la famille Richeteau qualifiée de seigneurs de La Coudre et de La Coindrie.

La famille Richeteau est issue de la région de Thouars. Elle a donné trois maires de Poitiers au et est maintenue noble depuis 1600 par les charges de maires et d’échevins de la ville de Poitiers. Elle forme plusieurs branches dont celle de La Coindrie et de La Coudre qui remonte à Louis Richeteau, écuyer, seigneur de La Coindrie à la fin du ... Après sa mort en 1574 lui succèdent de père en fils Jehan, un autre Louis (tous deux maires de Poitiers au milieu du ), Urbain-Marie et Urbain-Stanislas-René-Marie († 1734).

Le fils de ce dernier, Henri-Charles-Urbain-René de RicheteauIl n'est pas le René de Richeteau qui acquiert en 1785 le marquisat d'Airvault, issu de la branche dite du Poiron et qui épouse en 1779 Gabrielle-Henriette Chasteigner de Rouvre. naît en 1726 et épouse en 1753 Catherine-Mélanie Hunault de la Chevallerie ; leurs onze enfants naissent tous au château de la Coindrie, entre 1754 et 1768.

À la Révolution, quatre de ces enfants émigrent, dont l'aîné René-Louis-Pierre qualifié de seigneur de la Coudre. Un autre fils, Louis-Alexandre-François, est le chef local d'une des bandes vendéennes qui luttent contre les Républicains : il se joint à la troupe d'Adrien-Joseph Delouche et de Gabriel Baudry d’Asson pour attaquer Bressuire en . Capturé, il est fusillé le (à Bressuire ou à Thouars).

Le dimanche , des éléments de la colonne infernale du général de brigade Louis Grignon assaillent La Coudre, fusillent plusieurs habitants pris à la sortie de la messe et incendient et détruisent le château, brûlant les pieds d'une fermière qui refusait de livrer les biens des châtelainsPour honorer la mémoire des martyrs de La Coudre, mais aussi ceux de Noirlieu, Saint-Aubin-du-Plain, Sanzay, Saint-Clémentin ou encore La Chapelle-Gaudin, une croix est érigée à proximité en 1934. Le benjamin René-LouisNé à La Coudre le ., arrivé le lendemain de Nantes n'y trouve plus que des ruines ; il s'enfuit vers Angers, où il est intercepté, jugé et guillotiné le « Ex noble, se disant commerçant volontaire au bataillon de la légion nantaise, domicilié à Coudre (sic), département des Deux-Sèvres, condamné à mort comme brigand de la Vendée, le 18 nivôse an 2, par la commission militaire d’Angers. » à l'âge de 25 ans.

Le reste de la fratrie quitte la région pour le Maine-et-Loire. Seul un des frères survivants, Joseph-Louis-Marie, reste à La Coudre et s'installe dans une maison isolée. Maire de la commune de 1808 à 1830, il y marie sa fille en 1826 et meurt après 1833.

Il ne subsiste plus aucun vestige du premier château. Le dernier membre mâle de la famille, Armand-Gustave de Richeteau de La Coudre, meurt en 1917.

Le second château thumb|100px|gauche|Armes de la famille MonnierLes armes de la famille Monnier se blasonnent : d'argent, à la bande dentelée de sable remplie d'or ().. Octave MonnierNé le 21 août 1826 à Thouars (registres d'état-civil de Thouars aux archives départementales des Deux-Sèvres : acte de naissance le 21 août 1826 d'Octave Monnier, fils de Louis Henri Monnier, chevalier de Légion d'honneur, propriétaire à Thouars et de Louise Rose Baillargeau). acquiert le domaine en 1865. Sur les ruines, selon un plan presque carré inspiré de la Renaissance française, il fait édifier un nouveau château à la fin du . Le bâtiment a trois niveaux , percés de nombreuses fenêtres à traverses et à meneaux. Sa façade principale est ornée d'un pignon triangulaire, flanqué de part et d'autre d'une vaste tour d'angle carrée et d'une tour cylindrique à encorbellement. Il est cerclé de douves, déjà présentes du temps des Richeteau.

Une centaine de mètres au sud un corps de ferme imposant de style Second Empire à deux ailes en retour d'équerre sert notamment d'écurie. Un logis pour le gardien construit dans le même style complète les édifices du parc.

Il s'y installe avec sa famille entre 1871 et 1876Sa famille, les Monnier ou Mounier de Romefort selon le généalogiste Arnaud Chaffanjon était originaire du bailliage de Saint-Jean-d'Angély (), où l'un de ses ancêtres Jacques Mounier conseiller du roi élu au siège de Saint-Jean d'Angély acheta en 1768 le château de Romefort à Puyrolland (voir , et .. Quatre générations de Monnier sont successivement maires de La Coudre de 1881 à 1990 et le château demeure dans la famille jusque en 2019.

Galerie

Notes et références Notes

Références

Bibliographie (famille Garnier) (Famille Richeteau) (Famille Monnier)

Catégorie:Château dans les Deux-Sèvres Catégorie:Argentonnay