Emmanuel Kant, né le à Königsberg, capitale de la Prusse-Orientale, et mort dans cette même ville le , est un philosophe prussien, fondateur du criticisme et de la doctrine dite « idéalisme transcendantal ». Grand penseur de l'Aufklärung (Lumières allemandes), Kant a exercé une influence considérable sur l'idéalisme allemand, la philosophie analytique, la phénoménologie, la philosophie moderne, et la pensée critique en général. Vocabulaire et concepts courants Aperception Empiriquement, l'aperception est la conscience de soi-même, comme représentation simple du moi toujours changeante. Kant distingue une perception de soi-même comme d'un sujet pensant en général. Ce « je pense » qui traduit une conscience de soi purement formelle et toujours identique à elle-même devient le fondement transcendantal de toutes nos connaissances et la condition de possibilité de l'unité de l'ensemble de ces connaissances.

L'aperception tient une place considérable dans la pensée de Kant. Elle est le fondement transcendantal de toutes nos connaissances et la condition de possibilité de l'unité de l'ensemble de ces connaissances. Georges Pascal résume en trois étapes essentielles la démonstration : .

A priori La distinction entre a priori et a posteriori a été introduite par Kant qui la lie à la distinction entre jugement analytique et jugement synthétique. La question de savoir s'il y a des connaissances a priori devient centrale dans toute théorie de la connaissance. . Selon Kant, il existe un critère infaillible pour distinguer la connaissance a priori : est a priori toute proposition « universelle » et « nécessaire », comme de l'idée, que l'expérience ne nous apprend pas, qu'une chose est ceci ou cela, mais qu'elle ne puisse pas être autre simultanément. Dans la conception de Kant . Est a priori toute proposition universelle et nécessaire (nécessaire c'est-à-dire qu'une proposition contraire est impossible).

La notion da priori prend une place centrale dans la Critique d'après Maurice Clavel Catégorie . Kant précise: cité par Georges Pascal. cité par Georges Pascal.

Chose en soi De l'allemand : .

. Pour Kant, il reste qu'il a bien fallu une chose pour provoquer l'affection « phénoménale », chose que nous ne pouvons pas connaître.

La « Chose en soi » () est un concept kantien signifiant comment la chose pourrait être pensée indépendamment de toute expérience possible. Le monde de la chose en soi est autre par rapport à celui du phénomène ; il est au-delà de toute connaissance sensible. .

Bien que proche du noumène, la « chose en soi » n'est pas à confondre avec celui-ci.

Concept Le concept est une unité valable pour plusieurs. Pour la philosophie, Hadrien France-Lanord nous donne cette définition générale : . Le concept est, selon Kant, ce qui unifie le divers de la sensation. Kant définit les concepts suprêmes de la connaissance comme des catégories de l'entendement, dans la Critique de la raison pure.

Critique Chez Kant .

écrit Georges Pascal. Face à l'échec des métaphysiques, Kant entreprend de réhabiliter la raison en prenant le problème par la racine et en s'interrogeant sur les possibilités mêmes de la raison. Il ne s'agit pas de faire le procès de la raison, mais d'un examen critique de la raison c'est-à-dire de discerner, de distinguer ce que la raison peut faire et ce qu'elle est incapable de faire. Kant cherche à connaître le pouvoir de la raison en général indépendamment de toute expérience. La Critique cherchera dans la raison elle-même les règles et les limites de son activité. Davos C'est en 1929, que le Grand Hôtel de Davos accueillit une célèbre confrontation publique (sujet: la « métaphysique de Kant ) entre deux des grands noms de la philosophie allemande: Ernst Cassirer et Martin Heidegger. Le débat s'est noué autour de l'interprétation du kantisme ainsi que de la place de l'angoisse et de la finitude. Tous deux relisent Kant, Cassirer invoque les pouvoirs du langage, Heidegger ceux de l’imagination. Ce qui, pour Heidegger, est une situation indépassable, peut être pour Cassirer transcendé dans la succession infinie des formes intellectuelles et dans la percée éthique vers l'intelligible et les valeurs universelles. Servanne Jollivet nous parle d'une rencontre mythique, mettant en présence deux des plus grandes figures philosophiques de l’époque, rencontre qui au-delà des commentaires fut au demeurant bien plus cordiale et amicale que certains témoignages ont pu le laisser penser.

Cassirer était l’un des chefs de file de l’école de Marbourg, un courant philosophique qualifié de . Le kantisme affirme que la raison est inapte à comprendre le monde tel qu’il est. D’où cette conséquence révolutionnaire : la vérité ultime sur le monde sera à jamais inaccessible à la pensée. Dans sa Critique de la raison pure, Kant affirme en effet que la connaissance sur le monde est bornée par des . En d’autres termes, nos connaissances sont modelées par des cadres mentaux qui préexistent à toute expérience. Ainsi, la perception du temps (linéaire), de l’espace (à trois dimensions), ou de la causalité (chaque chose à une cause qui la précède) ne reflètent peut-être pas la nature profonde du monde, mais expriment plutôt la structure de notre esprit. Tel serait le sens de la inaugurée par Kant.

Heidegger veut fonder une « analytique existentielle du Dasein » et procède entre autres à une relecture radicale de Kant — en s'appuyant en particulier sur la première édition de la Critique de la Raison Pure où il voit une affirmation de la finitude de l'homme. Heidegger prend pour cible l'interprétation néo-kantienne de Kant en l'accusant d'oublier la question ontologique. Cassirer fait appel à la tradition kantienne pour demander comment le sujet construit ses représentations, et comment ces représentations peuvent être déclarées valides. Il définit la possibilité de vérités objectives, nécessaires et éternelles, par lesquelles le sujet rationnel échappe à la finitude. Ces vérités sont accessibles à travers l'expérience morale ou la recherche mathématique.

Entendement De l'allemand : .

Pour Kant l’entendement a une certaine forme. Cela signifie que l’entendement n’accueille pas les idées des choses extérieures sans les modifier, comme ce serait le cas si c’était une sorte de « table rase » neutre. En fait, pour devenir objet de connaissance, et se constituer en tant qu’idée, il faut qu’elles se modifient de manière à s’adapter à la forme de l’entendement. Il s’agit d’un ensemble de concepts a priori, ou catégories. Ce sont des concepts fondamentaux, sur lesquels repose notre entendement en son fonctionnement même.

Kant distingue deux sources à notre connaissance l'« intuition sensible » et ce que nous y adjoignons avec l'« entendement ». Comme la connaissance ne peut résulter que de l'union de ces deux racines il reste à comprendre le processus de la synthèse. On verra que c'est l'« imagination » qui va permettre, dans l'épistémologie kantienne , de légitimer l'application des catégories de l'entendement aux objets de l'expérience.

. L'entendement est constitutif en ce sens que ses concepts donnent sa forme à l'expérience.

Espace

.

Kant note que tout enveloppement d'objet, toute intuition sensible présuppose chez l'observateur une perspective préalable sur les rapports spatiaux en tant que tels. C'est cette prise de vue préalable sur l'espace dévoilé de manière inobjective qui rend possible l'intuition empirique. Il y aurait donc avant toute intuition sensible un « intuitionné » spécifique correspondant à l'espace.

Kant affirme simultanément la réalité empirique de l'espace (c'est-à-dire sa valeur objective) [...] et en même temps son « idéalité transcendantale », ce qui veut dire que cet espace n'est rien « en dehors de toute expérience possible. Maurice Clavel dans sa Critique de Kant écrit: L'espace n'est pas un concept; Il n'a pas de concept; l'espace n'est pas pensable. Il est un mode selon lequel les choses nous sont données et ce mode est « tout son être ».

Finitude

Pour Kant, l'homme raisonnable n'est libre que dans la mesure où il sait limiter sa connaissance aux seuls phénomènes et s'interdit tout discours totalisant conservant ainsi sa valeur légitime à l'infini .

La finitude « a été définie par Kant, non pas eu égard à la “temporalité”, mais eu égard à la loi morale comme un “fait” ». L’expérience fondamentale du monde qui est à la base de la philosophie de Kant n’est pas tout à fait profane : elle reste encore religieuse écrit Gerhard Krüger. Ainsi note-il, faisant le rapprochement entre la conception heideggerienne et kantienne de la finitude : . Pour Kant, la finitude a été définie non pas eu égard à la “temporalité”, mais eu égard à la « loi morale » comme un “fait” ».

Imagination Kant distingue l'imagination productrice de l'imagination reproductrice. La première est un pouvoir de synthèse transcendantal, elle rend la connaissance possible ; elle relève de l'unité synthétique originaire de l'« aperception »; elle met en œuvre le « schématisme ».

Inconditionné

Inconditionné est synonyme d'absolu pris au sens particulier de ce qui clôt la série des conditions. En tant que tel il n'est pas connaissable bien que nécessaire pour qu'une connaissance soit possible .

Kant écrit : cité par Maurice Clavel .

Intuition

Le Dictionnaire des concepts présente l'intuition comme un . Kant écrivait dans la Critique de la raison pure Critique . Toute pensée se tient au service de l'intuition et ne sert qu'à l'« explicitation » et à la « détermination » de ce qui est devenu accessible dans l'intuitionner. Il suit de cette affirmation que même la connaissance synthétique a priori est primairement intuition.

Si l'intuition est donc bien pour un sujet le moyen d'acquérir une connaissance, tout le débat philosophique se porte sur l'extension du champ de cette connaissance possible. Kant distingue ce qu'il appelle les intuitions pures (indépendantes de toute expérience), ou formes a priori de la « sensibilité » qui sont l'« espace » et le « temps ».

En réservant l'intuition aux données sensibles Kant mettait de côté la « chose en soi », l'intuition devient dans la phénoménologie, la façon dont les choses apparaissent dans leur essence propre, elles ne sont pas autre chose que la totalité de leurs manifestations.

Jugement écrit Kant

Jugement synthétique a priori

Georges Pascal écrit : .

écrit Kant.

Logique transcendantale

Métaphysique Dans son livre, Heidegger attribue à Kant l'opinion suivante quant à la métaphysique : la métaphysique est, la science qui contient les premiers fondements de ce que saisit le savoir humain. (liberté, égalité, vérité). La métaphysique s’appuie en outre sur des opérateurs qui lui sont propres, tels les notions de substance et d’accident, de puissance et d’acte.

Kant se demande pourquoi la métaphysique ne présente pas le même degré de certitude que la Logique, les Mathématiques ou la Physique, lorsqu'elle cherche à étendre notre connaissance à des domaines situés au-delà de l'expérience , c'est-à-dire que les notions métaphysiques sont des notions a priori. Toute construction métaphysique cohérente pouvait prétendre à la vérité puisque aucun objet de l'expérience ne pouvait confirmer ou infirmer cette construction. Le principe logique de « non-contradiction », par exemple, ne suffit pas à prouver la vérité d'une proposition.

.

Traditionnellement on distingue la « métaphysica generalis », ou ontologie, qui rend possible le rapport à l'étant en soi et la « metaphysica specialis », qui étudie la possibilité des connaissances ontiques. La première conditionne la seconde.

Nécessité et Universalité . Les propositions mathématiques sont universelles et nécessaires de même que la proposition : .

Noumène .

Preuve cosmologique