LAllée d'artistes est une allée privée comprenant une vingtaine d'ateliers d'artistes, située dans le quartier du Parc-de-Montsouris du de Paris. Son statut juridique est celui d'une copropriété.

Bordée par un espace vert sur de long, cette allée a été inscrite partiellement au titre des monuments historiques en .

Elle présente des aspects remarquables du double point de vue de sa diversité végétale et du caractère de ses bâtiments. Son aspect est resté inchangé depuis sa construction en .

À l'origine les ateliers étaient exclusivement des lieux de travail pour peintres et sculpteurs.

De nombreuses personnalités artistiques y ont vécu et travaillé.

Situation Située dans le quartier du Parc-de-Montsouris du de Paris, cette allée privée est desservie par un passage sous immeuble au 83 rue de la Tombe-Issoire.

Elle occupe une parcelle en lanière Ouest/Est en cœur d'îlot, entre un immeuble sur rue et une maison/atelier de sculpteur en fond de parcelle.

Le bâtiment est conçu comme destiné aux artistes, avec de grandes ouvertures vitrées exposées au Nord. C'est une copropriété d'une vingtaine d'ateliers mitoyens et superposés, en bande sur deux niveaux (à grande hauteur d'étage), desservis par quatre cages d'escaliers. La construction est en ossature bois et remplissage briques de Vaugirard (briqueterie de Gournay. à Vitry-sur-Seine.). Les baies sont closes de menuiseries vitrées en fer T. Certaines poutres portent des marques des compagnons.

Desservi par un espace vert protégé. sur de long, l'ensemble a été inscrit au titre des monuments historiques en pour les façades et toitures, les parties communes (les quatre escaliers avec leur vestibule d'entrée et le palier du premier étage), la remise à vélos, le sol de la parcelle.

Copropriété privée, elle n'est pas ouverte au public. vignette|Allée La Tombe-Issoire

Historique et nom La cité d'artistes a été lotie et bâtie par Monsieur Tissot, propriétaire privé, sur une parcelle en longueur qui lui appartenait en .. L'architecte en est Gustave Poirier, architecte actif à Paris entre 1894 et .. Il est l'auteur d'une dizaine d'immeubles dans le .

En , le futur propriétaire, Monsieur Tissot, possédait à cet endroit une écurie sur un terrain de carrés située sur une partie des anciennes carrières. C'est le qu'il demande l'autorisation à la préfecture de construire « un bâtiment à usage d'ateliers d'artistes élevé sur terre-plein, d'un rez-de-chaussée et un étage carré » sur sa propriété.

Les matériaux sont en partie issus de la récupération de matériaux de l'Exposition universelle de .

Les loyers perçus par Monsieur Tissot sont modestes et les artistes ne pouvant payer leur terme paieront en œuvres d'art.

À l'origine, les ateliers devaient être exclusivement des lieux de travail pour peintres et sculpteurs. Au cours du temps, ils sont également devenus des lieux d'habitations.

Contrairement à d'autres cités d'artistes, cette allée n'a pas formellement de nom. Certains l'appellent « La Tombe-Issoire », « La Cour », « La Cité d'artistes » ou plus communément « Le 83 ».

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire Les façades et toitures du bâtiment ainsi que le sol de la parcelle (situés sur la parcelle ), sont inscrits au titre des monuments historiques par arrêté du ..

Cette cité a abrité de nombreux artistes (peintres, sculpteurs, architectes) et en accueille aujourd'hui encore. Thomas Dufresne, artiste peintre et historien, en a établi une liste à partir des archives, des catalogues des salons de peintures et sculptures parisiens, des biographies d'artistes, du Bénézit, des annuaires d'art, des Bottin, des articles de la Revue d'histoire du , des fonds d'archives et de plusieurs ouvrages sur le Montparnasse des artistes..

Parmi les nombreuses personnalités artistiques qui y ont résidé, on peut distinguer les premiers occupants, les artistes qui arrivent entre et , et ceux qui s'installent après .

Les premiers occupants des ateliers vignette|251x251px|Hypatia, signé E. Picault. William Barbotin (), graveur Ernest Dagonet (), sculpteur Léon Deschamps (), sculpteur Charles Fouqueray (), peintre Auguste Gorguet (), peintre, est décédé dans cet atelier. Jean-Pierre Gras (), sculpteur Marcel Lenoir (), peintre Jean-Denis Malclès (), peintre, affichiste et décorateur Bernard Pfriem (), peintre Émile Picault (), sculpteur, dont une sculpture Hypatia, exposée au Salon des artistes français, est toujours en place dans le jardin Jules Scalbert (), peintre Paul Chmaroff (), peintre (), peintre Pierre Henri Ecole. (), restaurateur et peintre, réside de à dans l'allée. Il expose à la Société nationale des beaux-arts entre et ; à partir de , sur la Péniche Six-Huit, puis à la galerie Les Tournesols à Sidi Bou Saïd (Tunisie)..

Les années 1940-1970 Georges Jouve (), sculpteur, céramiste, habitait la cité, vraisemblablement depuis les années 1940. Émile Morlaix (), sculpteur, prix de Rome, y a vécu jusqu'à sa mort. Il est arrivé après le départ de Jouve. Maurice Prost (), sculpteur animalier, habitait la cité jusqu'en . En , pour l'Exposition internationale des arts et techniques, il réalise deux Pégases de plus de de hauteur destinés à la passerelle de l'Alma.. Pour cela, il déménage son atelier au 83 rue de la Tombe-Issoire. Son voisin est le céramiste Jouve. Mario Ruspoli (), cinéaste, inventeur avec Jean Rouch du cinéma direct, préhistorien et entomologiste. Il a habité l'allée dès les années 1950. Simone Mallan, dessinatrice et Michel Duborgel (), écrivain, résidaient dans cette allée dans les années 1960.. Raymond Peynet (), dessinateur humoristique français, célèbre pour avoir créé en le couple d'amoureux qu'il a dessiné sur de nombreux supports, avait son atelier dans l'allée entre et . René Fontayne (), peintre, a résidé dans ce lieu. Michel Holley (), architecte, habite la cité jusqu'en . En , Il participe, sous la direction de Raymond Lopez, à l'élaboration d'une enquête sur les rénovations urbaines qui servira de fondement aux grandes opérations d'urbanisme des années 1960 et 1970 de Paris. Responsable du projet Front-de-Seine, dans le , il y applique son principe de « zoning vertical ». André Lefèvre-Devaux (), architecteAuteur notamment de l'opération à Bormes-les-Mimosas Domaine du Gaou Bénat, "logements fondus dans la verdure" : Observatoire photographique du paysage littoral vu depuis la mer en Provence-Alpes-Côte d'Azur, « Prendre la mer pour regarder la terre », page 96, Agence régionale pour l'environnement arpe-paca.org, Aix-en-Provence, 2015, 167 pages. Son œuvre est distinguée par le label « Patrimoine du »Ministère de la Culture, Label Patrimoine du , Architecture contemporaine remarquable .. Henri-Pierre Maillard (), architecte, y a eu son agence dans les années 1960.. Maurice Mourlot (), peintre, lithographe, graveur et dessinateur français, arrive en 1968 dans l'atelier du 83 rue de la Tombe-Issoire à Paris, où il meurt en . Son ami Jean-Pierre Hammer lui y succédera. Francis Guinard (), sculpteur, résida dans la cité jusqu'en . Son œuvre est récompensée au Salon des artistes français en par une médaille d'argent et en par un second Grand Prix de Rome. À son retour de captivité, il s'installe à Paris dans cette allée jusqu'en , où il décide de quitter Paris pour Languédias, en Bretagne. Francis Harburger (), artiste peintre, arrive dans l'allée en . Membre de la Société historique du , il participe activement à la vie locale. Il est candidat aux élections municipales de et sur la liste des Verts pour Paris.. Il a peint une centaine de paysages de Paris et en particulier du quartier, de ses rues, ses toits et ses vieilles façades, témoignages d'un Paris aujourd'hui disparu.. En est paru le Catalogue raisonné de son œuvre peint.. Georges Dominique Zezzos (), peintre et restaurateur des musées nationaux, avait son atelier dans cette allée. Né à Venise, Georges Zezzos était le neveu d', peintre et aquarelliste italien. À Paris, il expose à la Société nationale des beaux-arts et, à partir de , au Salon des indépendants, au Salon des Tuileries, ainsi qu'à Florence, Milan et Turin.

Après Jacques Dufresne (), sculpteur, habite la cité à partir de et jusqu'à sa mort.. Il est le fils de Charles Dufresne (), peintre, graveur et sculpteur français. Son fils Thomas Dufresne (né en ) artiste peintre et historien, lui succède dans l'atelier jusqu'en . Rudolf Büchi (), peintre et sculpteur suisse, prend en le pseudonyme de Damaro.. Après des études artistiques parisiennes (Beaux-Arts, Académie de la Grande Chaumière), il fait une exposition à Paris en , Réalités nouvelles. À cette époque il fait la connaissance de Diego Giacometti. Il acquiert un atelier dans l'allée dans les années 1960. Maryse Eloy () artiste peintre, fondatrice de l'École d'art Maryse Eloy en , a habité la cité à partir des années 1970. Jean Barluet (), peintre et céramiste, a habité et travaillé dans un atelier de l'allée.. Après des études aux Beaux-Arts et à l'École des arts décoratifs, il commence son parcours d'artiste comme peintre, dessinateur et modéliste dans la veine figurative de l'École de Paris. Dans les années 1930, il fait la connaissance de Jacques Grüber, maître-verrier, de son fils Francis Gruber, et d'Alberto et Diego Giacometti, avec qui il travaille. Après-guerre, il pratique la céramique. Il se consacre à la peinture à partir des années 1960, avec un tournant vers l'abstraction. En , il dispose d'un deuxième atelier dans l'allée. Iris Alter (née en ), artiste peintre et chanteuse, a son atelier dans l'allée entre et .. Jim Haynes (), né à Haynesville, en Louisiane. Journaliste, enseignant et écrivain américain. Il fut, pendant les années 1960-1970, l'un des principaux animateurs de la scène alternative européenne. Il arrive à Paris en .

Aujourd'hui vignette|L'allée en . Cette allée compte une vingtaine d'ateliers de toutes tailles. Les parties communes sont sous le statut de la copropriété. Les résidents sont chacun propriétaire de leur atelier.

À la différence d'autres cités d'artistes, cette allée n'est pas ouverte au public. Seuls les résidents et leurs invités y ont accès.

Parmi les propriétaires actuels on compte des descendants d'artistes, ainsi que plusieurs artistes, en particulier Clara DeLamater, artiste sculpteur, qui a réalisé plusieurs commandes publiques dont, en , le buste du président François Mitterrand., en , le buste du général de Gaulle à Issy-les-Moulineaux.. Elle enseigne la sculpture et le dessin à l'Université américaine de Paris. Elle a obtenu en le premier prix du portrait Paul-Louis Weiller de l'Académie des beaux-arts, qui lui a été remis à l'Institut de France. Elle a son atelier dans l'allée depuis les années 1990. Jean-Pierre Hammer (né en ), universitaire, poète, peintre, acquiert l'atelier de Maurice Mourlot en .. Jean-Charles Yaïch (né en ), artiste plasticien, a son atelier dans l'allée depuis .. Jean Pierre Rémond, lithographe..

Articles connexes Rue de la Tombe-Issoire Cité d'artistes Atelier d'artiste

Bibliographie

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Filmographie : Dans les coulisses du Paris Rive-Gauche, documentaire de Laurent Lefebvre., : Un village dans Paris, documentaire de Jean-Noël Rey : Les sept collines de Paris., documentaire de Christian Bussy

Références

Liens externes Société historique du Clara DeLamater Jean-Pierre Hammer Université américaine de Paris Francis Harburger

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