À la fin de la dynastie Yuan, de nombreux Mongols ainsi que les musulmans arrivés pendant qu'ils étaient au pouvoir restent en Chine après la chute de la dynastie. La plupart de leurs descendants prennent des noms chinois et deviennent partie intégrante du monde culturel diversifié de la ChineRichard Bulliet, Pamela Crossley, Daniel Headrick, Steven Hirsch, Lyman Johnson, and David Northrup. The Earth and Its Peoples. 3. Boston: Houghton Mifflin Company, 2005. . Sous la dynastie Ming (1368-1644), les musulmans adoptent véritablement la culture chinoise, la plupart d'entre parlant couramment le chinois et adoptant des noms chinois. Nankin, la première capitale des Ming, devient un centre d'apprentissage de l'islam. En conséquence, les musulmans sont devenus "indiscernables en apparence" des ChinoisIsraeli(2002), pg. 292.
La dynastie Ming vois le déclin rapide des communautés musulmanes des ports maritimes, pourtant présente en Chine depuis l'époque de la dynastie Tang. Ce déclin est dû à l'arrêt de tous les échanges commerciaux entre les ports maritimes chinois et le monde extérieur, qui intervient au début du , lorsque, face à la recrudescence des attaques de pirates l'empereur Jiajing décide la fermeture complète de la frontière maritime dans le cadre de la politique dite haijin (littéralement « mer interdite »). Dès lors, les marchandises provenant de l'étranger ne peuvent entrer en Chine que via le système de tribut, ce qui revient à faire du commerce un monopole étatique. À noter que, si le commerce officiel a bien été stoppé, cela provoque une explosion de la contrebande et, donc, de la piraterie. Par la suite, l'interdiction est levée puis rétablie à plusieurs reprises, la date de levée la plus ancienne proposée étant 1567, mais cela ne change rien à l'obligation de passer par le tribut pour toute forme de commerce.
Intégration
vignette|droite|180px|Hu Dahai, un général chinois musulman au service de l'empereur Hongwu.
En raison de l'isolationnisme croissant de la dynastie Ming, l'immigration en provenance des pays musulmans ralentit considérablement, et les musulmans de Chine sont de plus en plus isolés du reste du monde musulman. Ils se sinisent progressivement, adoptant la langue et les vêtements chinois et, finalement, s’intègrent pleinement à la société chinoise(Original from the University of California).
Un exemple intéressant de cette synthèse est le processus par lequel les musulmans changent de nom. En effet, les musulmans d'origine étrangère ont tendance à adopter comme nouveau nom de famille le caractère chinois qui ressemble le plus, d'un point de vue phonétique, aux premières syllabes de leurs noms musulmans - Ha pour Hasan, Hu pour Hussain et Sa'I pour Said, etc. Les noms de famille chinois qui sont très courants dans les familles musulmanes sont Mo, Mai et Mu - noms adoptés par les musulmans qui avaient les noms de famille Muhammad, Mustafa et Masoud. Pour ce qui est des Han qui se convertissent à l'Islam, ils gardent le noms de famille qu'ils portaient déjà avant leur conversion.
Les coutumes vestimentaires et alimentaires des musulmans ont également tendance à se fondre dans la culture chinoise, car si elles persistent, elles sont maintenues dans un cadre culturel chinois. Ainsi, la cuisine des Hui est fortement influencée par la cuisine de Pékin : Les méthodes de cuisson de ces deux styles culinaires sont presque toutes identiques et elles ne diffèrent que les aliments utilisés, principalement en raison des restrictions religieuses. Par conséquent, les plats de la cuisine des Hui du Nord de la Chine sont souvent incluse dans la cuisine de Pékin.
C'est sous la dynastie Ming que commence à se développer la calligraphie musulmane chinoises, notamment la transcription des langues chinoises, telles que le mandarin, au moyen de l'écriture arabe (Xiao'erjing) et la naissance de formes de calligraphie décoratives distinctement chinoises Islamic Calligraphy in China. Le sini, un type de calligraphie destiné aux adaptations de l'alphabet arabe en langue Chinoise, est largement utilisée dans les mosquées de la Chine orientale et, dans une moindre mesure, dans le Gansu, Ningxia et Shaanxi. Le hadji Noor Deen Mi Guangjiang est un exemple de célèbre calligraphe utilisant l'écriture Sini dans ses travaux.
L'architecture des mosquées commence à suivre les canons de l'architecture traditionnelle chinoise. Un bon exemple de ce changement de style est la Grande mosquée de Xi'an, dont les bâtiments actuels datent de la dynastie Ming. Toutefois,ces changements ne se font pas de manière uniforme sur tout le territoire chinois. Ainsi, les mosquées de Chine occidentale ont assez souvent des minarets et des dômes, tandis que celles de Chine orientale ressemblent davantage à des Pagodes.
Au Qinghai, le peuple musulman des Salar passe sous le contrôle de la dynastie Ming, les chefs des différents clans ayant capitulé devant les Chinois vers 1370. À cette date, le chef des "quatre clans supérieurs" est Han Pao-yuan. Pour le récompenser de sa soumission, les Ming lui accordent un poste officiel. C'est à cette époque que les gens de ces quatre clans prennent comme nom de famille "Han". Les "quatre clans inférieurs" des Salars sont, eux, dirigés par le chef Han Shan-pa. Ce dernier reçoit le même poste officiel que Pao-yuan et les membres de ses clans qui prennent le nom de Ma.
Vers le milieu du , les rares Européens qui ont la possibilité de voyager en Chine commencent à écrire des livres et des rapports sur l'existence et le mode de vie des musulmans chinois. Le contrebandier portugais Galeote Pereira, qui est capturé au large des côtes du Fujian en 1549, et passe quelques années dans le Fujian et le Guangxi, consacre quelques pages de son rapport, publié en 1565, aux musulmans chinois. Il appelle les musulmans de Chine des "Maures" et estime que, dans les deux provinces ou il a séjourné, la communauté musulmane s'assimile rapidement à la société chinoise.
Droit et mariages Selon l'article 122 du grand code des Ming promulguée par l'empereur Hongwu,le fondateur de la dynastie, les femmes et les hommes d'origine mongole ou Semu resté en Chine après la chute des Yuan doivent obligatoirement épouser des chinois(es) Han. En effet, si la politique des Ming à l'égard de la religion musulmane est basé sur la tolérance, celle concernant les minorités ethniques consiste en une intégration par le mariage forcé. Les Hui, vus comme une minorité ethnique, doivent donc obligatoirement épouser des Han et non d'autres Hui.
Cependant, dans le cadre de ces mariages,les Han se convertissent quasiment à chaque fois à l'islam et donc, la communauté musulmane, au lieu de disparaitre petit à petit, s’agrandit a chaque mariage. Il faut noter que les mariages entre les Chinois de la classe supérieure et les Hui sont peu nombreux. En effet, les Chinois les plus riches refusent d'épouser des femmes musulmanes, et interdisent à leurs filles d'épouser des hommes musulmans, car ils considèrent qu'une conversion à l'Islam est incompatible avec leur statut social élevés. Finalement, seuls les Chinois des classes moyennes ou pauvres acceptent de se convertir pour épouser une femme ou un homme Hui.
La loi Ming permet donc aux Chinois Han de ne pas avoir à se marier avec des Hui, et de se marier uniquement entre eux s'ils le désirent; tandis que les Hui doivent obligatoirement épouser un conjoint qui n'est pas de leur ethnie.
Liberté Les musulmans de Pékin se voient accorder une liberté relative par les Chinois et ne souffrent d'aucune restriction de leurs pratiques religieuses ou de leur liberté de culte. En fait, ils sont traités comme n'importe quel autre citoyen chinois Pékin. A contrario, les adeptes du bouddhisme tibétain et du catholicisme souffrent de restrictions et de censure à Pékin.
Les empereurs et l'Islam vignette|La mosquée Jinjue (qui signifie littéralement : mosquée des Lumières pures) à Nankin. Elle a été construite à la suite d'un décret de l'empereur Hongwu.
L'empereur Hongwu a ordonné la construction de plusieurs mosquées dans le sud de la Chine, à Nanjing, au Yunnan, au Guangdong et au Fujian. Il a écrit un éloge de 100 caractères sur l'Islam, Allah et le prophète Mahomet. Il avait également plus de 10 généraux musulmans dans son armée(Original from the University of Michigan), dont Hui Feng Sheng, qui l'as aidé dans sa lutte contre les Mongols.. Hongwu a fait reconstruire la mosquée Jin Jue à Nanjing et un grand nombre de musulmans Hui se sont installés à Nanjing pendant son règne. Il a ordonné que des inscriptions faisant l'éloge de Mahomet soient placées dans les mosquées. Une mosquée de Nanjing a été construite sur ordre de l'empereur Xuanzong. La tolérance de l'empereur envers l'Islam et les musulmans attire les missionnaires arabes, qui viennent en Chine pendant toute la période de la dynastie Ming.
L'empereur Yongle a encouragé la création et à la réparation des mosquées pendant son règne. Deux mosquées ont été construites sur son ordre, l'une à Nankin et l'autre à Xi'an, et elles existent encore aujourd'hui. Les réparations des mosquées plus anciennes sont encouragées et un décret interdit que les mosquées soient converties à d'autres usages.
Des inscriptions pro-musulmanes ont été trouvées sur des stèles érigées par les empereurs Ming. Les mosquées de Fuzhou et de Quanzhou contiennent l'édit suivant de l'empereur :"Je vous donne par la présente mon décret impérial afin de garder votre résidence. Les fonctionnaires, civils ou militaires, ou quiconque, ne doivent pas vous offenser ou vous insulter. Quiconque vous offense ou vous insulte contre mon ordre impérial sera puni comme un criminel".
Ces largesses des empereurs envers les musulmans sont toutefois calculées, et ils savent les mettre au pas si jamais ils pensent qu'ils peuvent mettre le pouvoir des Ming en danger. C'est ainsi que qui se sont installés en Chine pendant la dynastie Yuan ont été « renvoyés » du Gansu à Samarcande, sur un ordre de l'empereur, exécuté par le gouverneur du Gansu(Original from the New York Public Library).droite|vignette|Bassin d'ablution chinois, avec le mot Taharat (propreté) en calligraphie Thuluth, datant du règne de Zhengde.Toutes les religions ne sont pas logées à la même enseigne. En effet, si les Ming jugent que l'islam et le judaïsme sont légaux et conformes à l'idéologie confucéenne ; dans le même temps, le manichéisme et le Nestorianisme sont déclarés illégaux et classés comme des sectes devant être éliminées de la Chine. L'empereur Ming Wuzong, connu pour être fasciné par les étrangers et tout ce qui vient de l'extérieur de la Chine, a pris de nombreux musulmans à son service comme conseillers, eunuques et envoyés de la cour. Les œuvres d'art produite à sa demande,comme la porcelaine utilisée à la cour, sont décorées avec des calligraphies en langue arabe ou persanehttp://news.cang.com/infos/201007/109498.html...