Les 1er, 2e et 3e Bataillons Radio (États-Unis) (ou bataillons de transmission) sont des unités de renseignement d'origine électromagnétique (ROEM) du Corps des Marines des États-Unis dont les missions consistent à fournir du ROEM tactique, de la guerre électronique (GE) terrestre, des opérations limitées dans le cyberespace et des communications de renseignement spécial à la Corps Expéditionnaire des Marines (Marine Expeditionary Force ou MEF) pour soutenir les MEF et leurs éléments subordonnés.

Les Bataillons Radio fonctionnent principalement comme des organisations de collecte et d'analyse du renseignement, dont les capacités sont connectées et intégrées aux communautés ROEM nationales et de théâtre. Les bataillons radio sont chargés d'établir, d'exploiter et de maintenir des architectures d'information du renseignement pour accomplir cette mission.

Structure et composition Les Bataillons Radio sont principalement composés de Marines enrôlés dans le domaine de carrière occupationnelle (OCC) 2600, ainsi que d'éléments des quartiers généraux et de soutien issus d'autres spécialités.

Les Marines du domaine OCC 2600 pouvant être affectés aux Bataillons Radio comprennent notamment : les opérateurs-analystes en collecte de communications spéciales, les opérateurs-analystes en interception du ROEM, les analystes en langues cryptologiques et les ingénieurs en systèmes de renseignement, surveillance et reconnaissance (en anglais : ISR). Les officiers commissionnés affectés aux Bataillons Radio comprennent les officiers de guerre électronique terrestre et de renseignement d'origine électromagnétique.

Les Bataillons Radio sont traditionnellement composés d'un quartier général de bataillon, d'une compagnie de quartier général et de services, et de compagnies opérationnelles désignées. Les composantes opérationnelles peuvent inclure : Centre de contrôle et d'analyse opérationnels (OCAC) : autorité ROEM principale dans une zone d'opérations marines, situé au sein du centre des opérations de renseignement du poste de commandement de la Force tactique terrestre et aérienne des Marines (en anglais Marine Air-Ground Task Force - MAGTF, prononcé MAG-TAF) Les OCAC comprennent généralement les postes suivants : officier responsable de l'OCAC, officier/chef de quart, gestionnaire de collecte, analyste principal, analystes géospatiaux ROEM, analystes en renseignement sur les réseaux numériques, linguistes cryptologiques, rédacteurs de rapports ROEM et communications de renseignement spécial Éléments de commandement opérationnels (OCE) : subordonnés à l'OCAC ; fournissent au bataillon radio un commandement et un contrôle étendus sur les équipes ROEM/GE (SIEW) et les opérations ROEM. Les OCE sont organisés en fonction de l'étendue de leurs missions Équipes mobiles - ILBS : Interception, Localisation, Brouillage Système : principalement des actifs de collecte effectuant une analyse de bas niveau à des fins d'alerte et d'avertissement Leurs capacités comprennent : la surveillance, la collecte et l'exploitation des signaux ennemis, y compris les réseaux numériques ; la géolocalisation des unités ennemies ; et la diffusion et l'utilisation du renseignement aux échelons tactiques les plus bas Équipes de reconnaissance radio (RRT) : Marines ROEM spécialement formés et équipés pouvant soutenir les éléments de reconnaissance et de surveillance terrestres Les pelotons de reconnaissance radio sont formés aux moyens spéciaux d'insertion et d'extraction ainsi qu'aux capacités de reconnaissance de base. Ils sont parfois employés pour améliorer la compréhension des opérations adverses avant l'arrivée d'autres forces de soutien ROEM Ils reçoivent la direction tactique de déplacement du commandant de la reconnaissance terrestre et la direction technique ROEM du commandant du bataillon radio Toutes les opérations du bataillon radio, de l'OCAC aux équipes individuelles, se déroulent au sein d'installations d'informations compartimentées sensibles (SCIF). Les SCIF peuvent être des installations fixes, des dispositifs tactiques temporaires ou des installations mobiles pour soutenir et s'adapter aux opérations avancées déployées.

Supervision

Les capacités de collecte du renseignement des bataillons radio relèvent de la compétence du Central Security Service (directeur de l'Agence nationale de sécurité/chef du Service central de sécurité), qui contrôle les activités des organisations ROEM jusqu'aux plus petites équipes tactiques. Les deux sections du Code des États-Unis pertinentes pour les bataillons radio sont le Titre 10 et le Titre 50. Titre 10 confère au Commandant du Corps des Marines (CMC) l'autorité d'« organiser, entraîner et équiper » les Marines ROEM et établit les mécanismes de supervision. Titre 50 décrit le renseignement et ses sous-catégories et établit le DIRNSA comme agent exécutif du ROEM pour le gouvernement américain.

Les capacités ROEM tactiques des bataillons radio sont également régies par les décrets présidentiels, les directives du département de la Défense, les instructions du département de la Défense, les règlements du département de la Défense, les instructions du secrétaire à la Marine et les ordres du Corps des Marines.

Le décret présidentiel 12333 est une autorité fondamentale qui, de manière très générale et entre autres choses, limite la collecte et l'interception des communications aux personnes étrangères se trouvant entièrement en dehors des États-Unis dans le cadre du rôle de la National Security Agency (NSA, « Agence de sécurité nationale ») en tant qu'agence de soutien au combat. Les bataillons radio sont donc dans l'impossibilité de mener des opérations de collecte ROEM sur le territoire national et s'appuient plutôt sur des scénarios préétablis et des scripts pour créer des facsimilés d'opérations réelles potentielles.

Histoire

Seconde Guerre mondiale Les premières itérations des bataillons radio étaient des pelotons de renseignement radio activés le 14 juin 1943 au Camp Elliott à Linda Vista, en Californie. En 1945, quatre pelotons fournissaient un soutien cryptologique aux divisions de combat du Corps des marines lors des campagnes de la Seconde Guerre mondiale dans les îles Salomon, à Guam, à Iwo Jima, à Kwajalein, à Peleliu et à Okinawa.

Les pelotons de renseignement radio étaient actifs pendant l'occupation du Japon en 1945 et l'occupation du nord de la Chine d'octobre 1945 à février 1946 dans le cadre de l'opération Beleaguer.

En 1945, à la conclusion de la Seconde Guerre mondiale et de l'occupation d'après-guerre qui s'ensuivit, les pelotons de renseignement radio furent dissous. À l'automne 1949, les pelotons furent redesignés en unité de réserve de taille compagnie, la 5e compagnie du signal, dont le quartier général était rattaché au cinquième district de réserve du Corps des marines à Washington, D.C.

Guerre de Corée En 1950, un table d'organisation et d'équipement|tableau des effectifs et des matériels (T/O&E) permit l'activation d'une unité radio de taille compagnie avec une section spécifique de cryptanalyse. Les systèmes de soutien à l'interception tactique établis pendant la Seconde Guerre mondiale avaient presque entièrement disparu au début de la guerre de Corée.

La guerre de Corée provoqua l'activation en février 1951 de la 5e compagnie du signal de réserve, rebaptisée 1re compagnie radio et transférée à Camp Pendleton, où elle resterait pour toute la durée de la guerre. La 1re compagnie radio n'était pas considérée comme prête au combat, faute d'équipements nécessaires à ses opérations.

Selon des études déclassifiées de la CIA, le Corps des marines ne disposait d'aucun soutien ROEM tactique pendant la guerre de Corée, absence qui aurait contribué au repli de la 1re division des Marines lors de la bataille du réservoir de Chosin. La guerre de Corée accéléra le renforcement de la posture ROEM tactique du Corps des marines dans les années qui suivirent, notamment par un investissement dans les linguistes cryptologiques.

En juillet 1954, la 1re compagnie radio fut transférée à Camp Lejeune et établit sa nouvelle base d'opérations à Camp Geiger au sein de la Fleet Marine Force, Atlantic.

Le 15 septembre 1958, la 1re compagnie radio fut redesignée 2e compagnie radio à Camp Lejeune et une nouvelle 1re compagnie radio fut activée à Camp Smith, à Hawaï, pour soutenir les forces du Corps des marines, Pacifique (MARFORPAC). Les unités furent brièvement redesignées en compagnies radio composites, avant de reprendre leur désignation de compagnies radio en 1962.

Guerre froide Du 1er juillet au 1er novembre 1958, la compagnie radio basée en Caroline du Nord envoya un détachement pour soutenir les forces du Corps des marines impliquées dans la Crise de 1958 au Liban lors de l'opération Blue Bat.

Pendant la crise des missiles de Cuba en 1962, la 2e compagnie radio composite basée en Caroline du Nord fournit un soutien aux éléments terrestres et navals.

En 1964, les compagnies radio furent autorisées à se reconstituer en bataillons. En juillet de cette année, la 2e compagnie radio composite fut redesignée 2e bataillon radio. Elle fut déployée en République dominicaine entre avril et juin 1965 dans le cadre de l'opération Power Pack, l'invasion américaine de l'île pendant la guerre civile dominicaine.

Le 19 avril 1967, le 2e bataillon radio forma le détachement « M » pour soutenir un site du Naval Security Group Activity (NAVSECGRU) à Sidi Yahia, au Maroc, jusqu'à ce que les opérations de signaux du site soient interrompues le 13 juillet 1972.

En novembre 1970, le 2e bataillon radio soutint la sous-unité un, compagnie L, bataillon de soutien des Marines à John Paul Jones Hill avec le NAVSECGRU, à Guantánamo Bay, à Cuba. Le 2e bataillon radio assura ce soutien en tant que détachement permanent jusqu'au 16 mars 2000, date à laquelle le Naval Security Group Activity (NSGA) de Guantánamo Bay et la compagnie L du bataillon de soutien des Marines tinrent une cérémonie de désactivation conjointe.

Le 2e bataillon radio fournit un soutien à la force multinationale de maintien de la paix au Liban de septembre 1982 à avril 1984 et à l'invasion américaine de la Grenade en 1983.

En mai 1990, une guerre civile éclata au Libéria alors que les forces rebelles menées par le Front patriotique national du Libéria (National Patriotic Front of Liberia - NPFL) de Charles Taylor avançaient sur la capitale Monrovia. Dans le cadre de l'opération Sharp Edge, le 22e Marine Expeditionary Unit (MEU) se positionna au large à bord du pour conduire une opération d'évacuation de ressortissants si nécessaire.

Le 10 juin 1990, le colonel John Amos dépêcha trois membres du détachement du 2e bataillon radio du MEU à Monrovia par bateau pour renforcer l'élément de commandement avancé à l'ambassade américaine. Le détachement, dirigé par le sergent Kenneth M. Sharp, installa des équipements d'interception à l'ambassade et surveilla les réseaux radio non sécurisés des diverses factions armées opérant dans et autour de Monrovia.

Le laxisme des combattants libériens en matière de sécurité opérationnelle (OPSEC) facilitait la collecte : la plupart des forces gouvernementales et rebelles communiquaient en anglais libérien et croyaient à tort que le personnel américain ne pouvait pas traduire les dialectes qu'ils utilisaient pour leurs communications sensibles. Tout au long de l'opération du MEU, le détachement fournit au Saipan des rapports de renseignement quotidiens pour analyse.

Guerre du Viêtnam