Le Yellow Magic Orchestra est un groupe de synthpop japonais, originaire de Tokyo. Formé en 1978, il est plus connu sous l'acronyme YMO. Ses membres principaux sont Haruomi Hosono (basse, claviers, choeurs), Yukihiro Takahashi (batterie, chant) et Ryūichi Sakamoto (claviers, chœurs). Le groupe est considéré comme l'un des pionniers de la musique électronique par son utilisation d'instruments naissant, comme les synthétiseurs, les échantillonneurs, les séquenceurs musicaux ou les boîte à rythmes, ainsi que par l'utilisation d'ordinateurs et l'enregistrement du son en numérique.. Le groupe participa au boom de l'electropop au début des années 1980., et influencera d'autres mouvements musicaux comme la synthpop, la J-pop, la musique electro, et la techno, tout en explorant des thèmes socio-politiques au travers de ses albums..

Avant leur formation, chacun des trois membres étaient déjà considérés comme étant des vétérans dans le monde de l'industrie musicale. Ils tirent leur inspirations d'une foule de genre éclectiques allant de la musique électronique d'Isao Tomita et de Kraftwerk, de la musique traditionnelle japonaise, des bruitages de jeux d'arcade, de la musique funk, et des productions disco de Giorgio Moroder. Leur album Yellow Magic Orchestra sorti en 1978 se retrouvera à la surprise générale dans le top 20 anglais et vendra plus de 400 000 copies aux États-Unis. Lors de leurs enregistrements live, le groupe était parfois accompagné de Hideki Matsutake., parfois considéré officieusement comme leur quatrième membre.

Yellow Magic Orchestra sortira sept albums avant de prendre une pause en 1984. Le groupe se reformera plusieurs fois à l'occasion de concert ou de projets musicaux avant les décès de Yukihiro Takahashi et de Ryūichi Sakamoto en 2023..

Biographie 1976-1978 : Formation du collectif Si la formation du groupe est venue d'une initiative d'Haruomi Hosono, tous avaient déjà commencé à s'intéresser à la musique électronique par le passé. Sakamoto avait testé en 1970 des instruments de musique électronique lors de ses études à l'université des arts de Tokyo, notamment des synthétiseurs comme le Buchla, le Moog et l'ARP.. De son côté Hosono avait déjà utilisé une boite à rythme de type Ace Tone au début de sa carrière dans les années 70.. À la suite de la rupture de son groupe Happy End en 1972, Hosono aide à l'enregistrement de plusieurs disques d'electronic rock, notamment l'album de folk pop rock de Yōsui Inoue Kōri no Sekai en 1973 et l'album de rock progressif et psychédélique d'Osamu Kitajima intitulé Benzaiten en 1974, sur lesquels il a pu utiliser des synthétiseurs, des guitares électriques, des basses électriques, des batteries électroniques et des boîtes à rythmes (Translation).. À la même époque, Hideki Matsutake, qui sera technicien sur leurs albums (et considéré comme le « quatrième membre » officieux), était assistant pour le compositeur de musique électronique Isao Tomita. Pas mal des techniques qu'ils avaient apprises à cette époque resserviront lors du premier album de Yellow Magic Orchestra..

Sakamoto fut d'abord recruté par Hosono en tant que membre de son groupe Tin Pan Alley en 1976, puis par Takahashi en 1977 pour l'aider sur l'enregistrement de son premier album solo. Sakamoto et Takahashi vont par la suite être amenés à travailler sur un des albums d'exotica d'Hosono, Paraiso, dans lequel ils ajoutent l'utilisation d'instruments électroniques. Le disque est finalement crédité sous le nom de "Harry Hosono and the Yellow Magic Band" afin de se moquer de l'obsession à l'époque pour la magie noire.. Enregistré en 1977, le disque paraîtra dans le courant de l'année 1978.. Avec la participation de Tatsurō Yamashita, ils enregistrent un second album d'exotica au début de l'année 1978, Pacific, qui inclut une première version de la chanson Cosmic Surfin'''..

Hosono, Sakamoto et Matsutake travaillent par la suite sur Cochin Moon (1978), un album expérimental d'"electro-exotica" mélangeant la musique électronique et la musique indienne. Se présentant comme la bande-son d'un film bollywoodien fictif, l'album inclut la chanson Hum Ghar Sajan, qui est un exemple rare de raga au synthétiseur..

La même année, Sakamoto sort son propre album solo Thousand Knives dans lequel il expérimente une fusion entre la musique électronique et la musique traditionnelle japonaise. Hosono contribuera à la chanson éponyme.. L'album est notable pour son utilisation d'un séquenceur musical Roland MC-8 programmé par Matsutake..

Alors que Sakamoto travaille sur ce premier solo, Hosono estime qu'ils ont le potentiel pour lancer un groupe disco qui aurait les moyens de marcher en dehors du Japon. Il invite tout d'abord Tatsuo Hayashi, batteur qui avait travaillé avec lui dans le groupe Tin Pan Alley, et Hiroshi Sato, qui vont tous les deux refuser., avant de former le Yellow Magic Orchestra avec Sakamoto et Takahashi.

1978-1983 : Succès national puis international Enregistré en juillet 1978 dans un studio de Shibaura, le premier album, simplement nommé Yellow Magic Orchestra, mélange de la musique électronique et des bruitages de jeux vidéos tout en gardant une influence d'exotica et de musique traditionnelle japonaise qui selon le magazine Billboard leur fait créer un son qui n'existait pas jusque là.. L'album est un succès et amène une tournée nationale..

Lors d'un concert au Roppongi Pit Inn, ils sont repérés par des producteurs américains d'A&M Records qui leur proposent un partenariat avec Alfa Records. Cette opportunité d'avoir une carrière internationale pousse les membres à se concentrer en priorité sur Yellow Magic Orchestra au dépit de leur carrière solo. Ils sortent alors Firecracker, le deuxième morceau de l'album, sous forme de single destiné aux marchés américain et européen.

Profitant d'un contrat de partenariat avec Fuji Cassette, le groupe est à l'origine du boom de la popularité de la pop musique électronique japonaise surnommée « technopop » et aura un effet similaire à celui qu'ont eu les Beatles et la beat music sur l'Angleterre des années 1960. Durant ses années de production, YMO sera le groupe le plus populaire du Japon.

Akiko Yano, chanteuse et future femme de Sakamoto, rejoindra le groupe à la fin des années 1970 et au début des années 1980 pour accompagner certaines chansons en concert mais ne participera à aucun des albums.. À la même époque, les membres de YMO participeront à la confection de ses albums. Le succès du premier album permet au groupe d'acheter du nouveau matériel (synthétiseurs, samplers, séquenceurs, boites à rythmes) dont ils font bien plus usage dans les prochains albums. Le single Computer Game se vend finalement à aux États-Unis et atteint la place du top britannique.

Leur second album Solid State Survivor sort en 1979 et marque l'apogée de la carrière de YMO au Japon. Il gagnera le prix du meilleur album de l'année 1980 lors des Japan Record Awards. Il comporte des paroles en anglais écrites par Chris Mosdell et fait appel à un imaginaire cyberpunk qui dépeint une société humaine aliénée par un futur dystopique. Cela étend leur popularité en dehors des frontières du Japon. Le single Behind the Mask, produit à l'origine pour une publicité de 1978 pour les montres à quartz de la marque Seiko devient l'un des plus grands succès du groupe à l'étranger.. Le second single, Solid State Survivor, rencontrera un succès d'estime et Michael Jackson émettra un temps l'idée de l'adapter en anglais pour l'inclure sur l'album Thriller.. La version de Michael Jackson sortira finalement en 2010 sur l'album posthume Michael. Solid State Survivor contient aussi une reprise de la chanson Day Tripper des Beatles.. L'album se vendra à plus de 2 millions d'exemplaires à travers le monde..

En 1980, YMO entame une série de concerts à guichet fermé. Leur premier album live, Public Pressure, se vendra à près de 250 000 exemplaires en deux semaines, tandis que leur troisième album studio X∞Multiplies recevra plus de 200 000 précommandes avant sa sortie. Cette année-là, les albums Solid State Survivor et X∞Multiplies arriveront tous les deux en tête du top Oricon pendant près de sept semaines, un record qui n'a jamais été battu (Translation).. Le premier single de X∞Multiplies sera une tentative de faire du ska électronique..

En 1981, YMO sort son quatrième album studio BGM. Rap Phenomena sera une des premières tentatives de mélanger musique électronique et rap.. Le groupe entame une tournée internationale aux États-Unis et en Europe où ils jouent à guichet fermé. Ils joueront les morceaux Firecracker et Tighten Up sur le plateau de l'émission américaine Soul Train. Le groupe devient populaire sur la scène émergente de la communauté hip hop pour leur son électronique. Firecracker sera samplé dans la chanson Death Mix de 1983 par Afrika Bambaataa...

1984-1993 : Séparation puis brève reformation En 1984, le groupe sort un film musical d'une heure et demie intitulé Propaganda. Après la diffusion du long-métrage, les membres mettent en pause le groupe afin de se consacrer à leurs carrières solo tout en se laissant la possibilité de relancer YMO. Gardant un bon rapport, ils participent ponctuellement à l'enregistrement des albums solos de chacun d'entre eux et font des apparences régulières à la télévision. Takahashi n'hésitera pas à jouer des morceaux du groupe à ses propres concerts, tandis que Hosono et Sakamoto se tournent vers des carrières de compositeurs et d'artistes, ce dernier finissant par gagner des Grammy, des Oscar, et des Golden Globe pour ses musiques de films.

En 1993, pour les quinze ans du groupe, Yellow Magic Orchestra sort une sorte d'album réunion, nommé Technodon et crédité sous le nom de 'NOT YMO' ou YMO. Plus conceptuel, l'album est plus tourné vers la techno et l'acid house et les paroles des chansons sont remplacés par des lectures d'article de recherche scientifique. Ils se produisent sur scène au Tokyo Dome, ce qui donnera l'album Technodon Live.

1993-2023 : Reformations ponctuelles Au début des années 2000, Hosono et Takahashi se sont réunis dans un groupe éphémère appelé Sketch Show qui voit la réapparition ponctuelle de Ryūichi Sakamoto sur certains morceaux et pour certaines performances publiques, notamment au Sónar Festival de Barcelone. Le groupe évolue pour s'intituler Human Audio Sponge et inclure les trois anciens membres de YMO. Ils sortent un morceau pour une campagne publicitaire pour la bière Kirin ainsi qu'une nouvelle version de leur tube Rydeen nommé Rydeen 79/07, qui finiront tous deux en tête sur l'iTunes Store japonais.

Après être revenu en juillet 2007 pour le concert caritatif Live Earth de Kyoto, le groupe se reforme officiellement en août 2007 sous le nom de HASYMO (acronyme de Human Audio Sponge et Yellow Magic Orchestra), nom qui tiendra jusqu'au mois d'août 2009 où la formation reprendra son nom initial de Yellow Magic Orchestra.

Durant cette période, le groupe enregistre le single Rescue pour la bande originale de Appleseed EX Machina et sort le titre The City of Light/Tokyo Town Pages en août 2007. Ils se produisent dans de nombreux festivals à travers le monde (Meltdown festival de Londres, festival de Gijón en 2008, World Happiness festival, Hollywood Bowl, Warfield, Fuji Rock Festival en 2011, No Nukes Festival en 2012 avec Kraftwerk.) Après l'année 2012, le groupe arrête de se produire sur scène sans qu'aucune annonce de séparation n'ait été faite.