Le secteur de l'énergie au Pérou est marqué par la prépondérance des hydrocarbures, en particulier du gaz naturel qui fournit 51,5 % de la production d'énergie primaire du pays en 2021, suivi par le pétrole : 20,3 %, puis la biomasse : 14,6 % et l'hydroélectricité : 12,1 %.
Le Pérou produisait 95 % de l'énergie qu'il consommait en 2021. Il a exporté 36,6 % de sa production d'énergie primaire, en particulier 35 % de son gaz naturel et 90 % de son pétrole, mais a importé une quantité de pétrole brut et de produits pétroliers équivalente à sa consommation intérieure.
L'électricité, qui représentait 22,3 % de la consommation finale d'énergie en 2021, était produite en 2023 à 53,1 % par les énergies renouvelables, dont 46,9 % par les centrales hydroélectriques, 3,9 % par les éoliennes, 1,8 % par le solaire photovoltaïque et 0,8 % par la biomasse et les déchets ; les centrales thermiques à combustibles fossiles (surtout gaz) assuraient 46,9 % de la production d'électricité.
La consommation d'énergie primaire par habitant en 2021 est égale à 47 % de la moyenne mondiale et celle d'électricité est à 56 % au-dessous de la moyenne mondiale ; les émissions de liées à l'énergie étaient en 2021 inférieures de 68 % à la moyenne mondiale.
Production d'énergie primaire Selon l'Agence internationale de l'énergie, le Pérou a produit d'énergies primaires en 2021, soit 95 % de sa consommation intérieure. Le gaz naturel domine largement : 51,5 % de la production totale, suivi par le pétrole : 20,3 %, la biomasse : 14,6 %, l'hydroélectricité : 12,1 %, l'éolien et le solaire : 1,2 % et le charbon : 0,3 % Energy Statistics Data Browser - Peru : Balances 2021, Agence internationale de l'énergie, 21 décembre 2023..
Secteur gazier Les réserves prouvées de gaz naturel du Pérou étaient estimées par l'Agence fédérale allemande pour les sciences de la terre et les matières premières (BGR) à (milliards de m³) fin 2022, soit 0,14 % du total mondial, et les ressources potentielles supplémentaires à , soit 0,2 % du total mondial. Les réserves prouvées représentaient 25 années de production au rythme de 2022 ()88.
En 2023, selon l'Energy Institute, le Pérou a produit de gaz naturel37, soit , en hausse de 3,1 % en 2023 et de 24 % par rapport à 2013. Il représente 0,4 % de la production mondiale, loin derrière les États-Unis (25,5 %) et le Canada (4,7 %), suivis par l'Argentine (1,0 %), le Mexique (0,9 %) et le Brésil (0,6 %)38.
Le Pérou dispose d'un important gisement de gaz : le champ gazier de Camisea, découvert en 1982 au sud-est du Pérou, près de l'ancienne capitale inca Cuzco, dont les réserves étaient estimées à 360 de gaz naturel ainsi que 600 millions de barils de pétrole ; les licences d'exploitation ont été confiées en 2000 à deux consortiums dirigés par des groupes argentins.... Le projet a suscité des oppositions virulentes de la part des communautés autochtones et des organisations écologistes..
Secteur pétrolier
Les réserves prouvées de pétrole du Pérou étaient estimées par BGR à (millions de tonnes) fin 2022, soit 0,05 % des réserves mondiales. Elles représentent 22 années de production au rythme de 2022 (). BGR estime les ressources potentielles supplémentaires à , soit 0,5 % du total mondial77.
En 2023, selon l'Energy Institute, le Pérou a produit (milliers de barils par jour) de pétrole21, soit (millions de tonnes), en baisse de 4,4 % en 2023 et de 30 % par rapport à 2013 après un pic de en 2014. Il représente 0,1 % de la production mondiale, loin derrière les États-Unis (18,3 %), le Brésil (4,1 %), la Colombie (0,9 %) et l'Équateur (0,6 %)22.
Le pétrole est exploité au Pérou depuis 1883, aujourd'hui le pétrole continue d'être exploité mais connaît des critiques sur le plan environnemental et sur les droits des peuples autochtones... La compagnie pétrolière Perenco exploite, avec l'entreprise PVEP, le gisement de Marañón et sa réserve estimée à 200 millions de barils.
Secteur charbonnier Les réserves prouvées récupérables de charbon du Pérou étaient estimées par BGR à (millions de tonnes) fin 2022, soit 0,01 % des réserves mondiales et les ressources potentielles supplémentaires à . Les réserves prouvées représentaient 510 ans de production au rythme de 2022 ()98. BGR ne mentionne pas de ressources en lignite106.
Importation et exportation d'énergie primaire En 2021, le Pérou a exporté 36,6 % de sa production d'énergie primaire, en particulier du gaz naturel (35 % de la production nationale de ) et du pétrole : 90 % de la production de , surtout sous forme de produits raffinés () ; par contre, il a importé de pétrole brut et de produits pétroliers, soit presque l'équivalent de sa consommation intérieure.
Consommation d'énergie primaire Selon l'Energy Institute, la consommation d'énergie primaire du Pérou atteint en 2023, en hausse de 1,7 % par rapport à 2022 et de 30,5 % depuis 2013. Sa part dans la consommation mondiale est de 0,2 %13. Elle se répartit en 73 % de combustibles fossiles (pétrole : 42 %, gaz naturel : 29 %, charbon : 2 %) et 26 % d'énergies renouvelables, dont hydroélectricité : 22 %14. Sa consommation par habitant est de , soit 47 % de la moyenne mondiale, 56 % de celle du Brésil et 27 % de celle de la France15. Les conventions de l'Energy Institute diffèrent sensiblement de celles de l'AIE.
La consommation intérieure d'énergie primaire du Pérou s'élevait à en 2021, répartie en 38,6 % de pétrole, 31,7 % de gaz naturel, 15,2 % de biomasse, 11,5 % d'hydroélectricité, 1,9 % de charbon et 1,1 % d'éolien et solaire.
Consommation finale d'énergie La consommation finale d'énergie du Pérou, soit en 2021, se répartissait en 48,8 % de produits pétroliers, 22,3 % d'électricité, 16,4 % de biomasse, 10,7 % de gaz naturel, 1,6 % de charbon et 0,2 % de renouvelables thermiques. Sa répartition par secteurs était : 40,1 % dans les transports, 27,8 % dans l'industrie, 23,2 % dans le secteur résidentiel, 6,9 % dans le secteur tertiaire, 0,9 % dans l'agriculture, 0,4 % dans la pêche et 0,7 % dans les usages non-énergétiques (chimie).
Secteur électrique
En 2023, selon les estimations de l'Energy Institute, le Pérou a produit d'électricité, en progression de 3,9 % en 2023 et de 43 % depuis 2013, soit 0,2 % de la production mondiale55. La production des énergies renouvelables atteint (53,1 %), dont 46,9 % d'hydroélectricité, 3,9 % d'éolien, 1,8 % de solaire et 0,8 % de biomasse et déchets63.
Avec une consommation d'électricité par habitant de en 2021, le Pérou est 56 % au-dessous de la moyenne mondiale : et 42 % au-dessous de celle de l'Amérique latine : Agence internationale de l'énergie (AIE - en anglais : International Energy Agency - IEA), Energy Statistics Data Browser - Electricity consumption per capita, Peru, 1990-2022, 21 décembre 2023.
L'électricité couvrait 22,3 % de la consommation finale d'énergie en 2021. Sa production s'élevait à , dont 56,2 % d'hydroélectricité et 37,3 % produits à partir de gaz naturel. La production éolienne contribuait pour 3,2 %, le solaire photovoltaïque pour 1,4 % et la biomasse pour 1 % ; au total, les énergies renouvelables assuraient 61,8 % de la production d'électricité Energy Statistics Data Browser : Peru - Electricity 2021, Agence internationale de l'énergie, 21 décembre 2023..
En 2017, 96,4 % de la population avait accès à l'électricité..
Les centrales thermiques ont produit 23,9 TWh en 2015 (49,8 %) et les centrales hydroélectriques 23,3 TWh (48,5 %). Enfin, le solaire et l'éolien ont produit 833 GWh soit 2% du mix électrique du Pérou..
La participation des entreprises d'État à la production totale d'énergie électrique pour le marché était de 23%. Engie possède notamment des centrales à flamme. et des projets de solaire photovoltaïque.
Hydroélectricité
Les centrales hydroélectriques du Pérou totalisent une puissance de fin 2022, année au cours de laquelle elles ont produit . Le pays se classe au en Amérique du sud pour sa puissance installée. La construction de la centrale de Churo () a commencé en 2022. Le Pérou prévoit de mettre en service en 2023 2023 World Hydropower Outlook (pages 46 et 69-70), Association internationale de l'hydroélectricité (IHA), juin 2023..
A la fin de 2019, la puissance installée des centrales hydroélectriques péruviennes totalisait . Elles ont produit en 2019, classant le Pérou au en Amérique du sud derrière le Brésil, le Vénézuela, la Colombie, le Paraguay et l'Argentine ; la centrale de Callahuanca () a recommencé à fonctionner après deux années de travaux à la suite de dommages causés par des glissements de terrain 2020 Hydropower Status Report (pages 26 et 45), Association internationale de l'hydroélectricité (IHA), juin 2020..
En 2018, six centrales sont entrées en service, ajoutant à la puissance du parc ; les autorités ont approuvé de nouveaux projets 2019 Hydropower Status Report (page 65), Association internationale de l'hydroélectricité (IHA), ..
Alors que seulement 8 % du potentiel hydroélectrique du Pérou () est utilisé, le Plan énergétique national 2014-2025 prévoit une croissance de 4,5 % à 6,5 % par an de la demande, couverte pour l'essentiel par l'hydroélectricité. Le gouvernement a fixé un objectif d'auto-suffisance énergétique en 2040. En 2008, le gouvernement a lancé un programme de subventions aux énergies renouvelables non conventionnelles, dont la petite hydraulique (moins de ) ; cinq appels d'offres ont sélectionné des projets hydrauliques, dont 23 sont déjà en fonctionnement en 2017 () et 22 en construction (). Les centrales sont souvent situées dans le bassin amazonien, qui détient 97,7 % des ressources hydriques du pays, et requièrent donc la construction de longues lignes à haute tension pour acheminer leur production vers la plaine côtière où vit 70 % de la population. En 2017, ont été mis en service après en 2016, dont la centrale de Chaglla () et celle de Cerro del Águila (). Les projets en cours totalisent 39 centrales d'une puissance totale de , dont deux centrales sur le río Marañón : Veracruz () et Chadin II () 2018 Hydropower Status Report, (voir 58 et 62), Association internationale de l'hydroélectricité (IHA), 25 mai 2018..
Le principal aménagement hydroélectrique du Pérou est le complexe du Mantaro (deux centrales d'une puissance totale de ), construit de 1967 à 1984 sur le río Mantaro dans le district de Colcabamba, province de Tayacaja, département de Huancavelica. Sa production annuelle est de Aspectos Generales del Complejo Hidroeléctrico de Mantaro, Electroperu..
La centrale hydroélectrique Cañón del Pato () a été inaugurée en 1958 sur le río Santa dans la province de Huaylas (région d'Ancash).
Le barrage Limón, construit sur la dans le département de Lambayeque, dans le nord-ouest du Pérou, est un projet à buts multiples (hydroélectricité et irrigation de terres arides de la région d'Olmos grâce à un tunnel transandin. Les deux centrales hydroélectriques auront une puissance de et produiront /an. En 2016, l'entreprise Odebrecht qui construisait le projet est au cœur du plus gros scandale de corruption survenu au Brésil et s’emploie à vendre des actifs pour rembourser ses dettes ; elle annonce en novembre 2016 la vente à Suez et à Brookfield Infrastructure Partners de son projet d’irrigation OlmosOdebrecht vend le projet péruvien Olmos à Suez et à Brookfield, Reuters, 27 novembre 2016.SUEZ annonce un accord pour deux concessions contribuant au projet d’irrigation et de production agricole de la vallée d’Olmos au Pérou, Suez, 14 décembre 2016..
En 2012 est lancé, là encore par Odebrecht, le chantier de la centrale hydroélectrique de Chaglla (), dont la production annuelle estimée sera de Perú: Se inició obra de Central Hidroeléctrica Chaglla de 406MW, sectorelectricidad.com, 21 août 2012.. Elle a été mise en service en 2016 et vendue en août 2017 par Odebrecht à un consortium chinois mené par China Three Gorges (CTG).