Félix Malu wa Kalenga, né le à Boma et mort le . à Kinshasa, est un physicien, ingénieur nucélaire et enseignant en sciences nucléaires Congolais.

Biographie

Jeunesse et vie de famille

Félix Malu wa Kalenga descend du Grand Chef coutumier Sapu, son arrière arrière-grand-père. Ce dernier est connu pour son refus de collaborer à la traite négrière avec les Arabes. Quant à son père, Papa Malu, il est passé par des études qui lui ont permis d'assumer les fonctions d'administrateur avant l'indépendance. Mama Félie, sa mère, a été couturière.

Né le à Boma, une ville portuaire du Kongo central, Félix Malu wa Kalenga y effectue également des études scolaires, dont ses humanités scientifiques à la Colonie scolaire de Boma. Il termine son cursus scolaire en 1954, à l'âge de 18 ans. De son mariage en avec Mariette Thienza naissent cinq enfants : Mano (femme), Odia (femme), Disanka (homme), Raïssa (femme) et Félix (homme). Félix Malu wa Kalenga est également grand-père de neuf petits-enfants : 6 filles et 3 garçons.

Formation et carrière En 1962, il obtient son diplôme d'ingénieur civil électricien et électronicien à l'Université Lovanium de Léopoldville, l'actuelle faculté Polytechnique de l'Université de Kinshasa (UNIKIN). Une année plus tard, en 1963, il décroche un « master of science » à l'Université de Californie à Berkeley, aux États-Unis. En 1969, il décroche le grade de docteur en sciences appliquées à l'Université catholique de Louvain.. Sa carrière universitaire l'aide à assumer avec succès les plus hautes fonctions tant académiques que scientifiques. Toutefois, l'homme de sciences débute véritablement sa carrière de professeur en sciences nucléaires et ses recherches sur le réacteur Triga Mark II (Triga = Training Research Isotopes General Atomics) à l'université Lovanium dans les années 1963.

Le nucléaire en RDC

En utilisant ses réseaux et ses relations, Luc Gillon a obtenu de la Belgique la création du Centre d'études nucléaires de Kinshasa sur le site de l'Université de Lovanium en 1959. Le de la même année, le premier réacteur d'Afrique de type TRIGA MARK I est entré effectivement en service sur le site.

Un an à peine après son installation, le , la République démocratique du Congo a accédé à la souveraineté nationale et internationale. Mais en remontant légèrement le temps, le , les autorités Belges, sentant justement approcher inévitablement l'indépendance, ont procédé à la mise en place du « Commissariat des sciences nucléaires » avec son siège à Léopoldville. Présidé par Luc Gillon, cette structure a reçu la mission de promouvoir la recherche nucléaire et d'appliquer les résultats au développement socio-économique et au bien-être des populations du Congo. Le Commissariat des sciences nucléaires a réceptionné ce réacteur de recherche découvert par Luc Gillon lui-même en 1958 à Genève. S'adaptant à la production d'isotopes au Congo, le réacteur TRIGA MARK I devient l'outil principal du Centre nucléaire érigé sur le site universitaire qui dispose déjà, à l'époque, des laboratoires dans ses Facultés de sciences et de médecine, ainsi qu'à l'hôpital universitaire.

À Lovanium, Luc Gillon forme son dauphin, Félix Malu wa Kalenga. Ce dernier va lui succéder dès les années 1965 au Commissariat des sciences nucléaires. Félix Malu n'a que 29 ans lorsque le Président de la République, Joseph Kasa-Vubu, le nomme Commissaire des sciences nucléaires. Lui et ses collaborateurs vont assurer la modernisation du réacteur TRIGA MARK I en TRIGA MARK II en dépit de la période tumultueuse marquée par le coup d'État du général Joseph-Désiré Mobutu quatre mois après la mise en place de son comité de direction. Des tensions politico-militaires vont également s'ensuivre pendant cette période.

Sous les auspices de l'Organisation de l'unité africaine (OUA), le Centre nucléaire de Kinshasa se transforme en Centre nucléaire régional d'études nucléaires de Kinshasa (CREN-K). Placé sous la direction du professeur Malu, le Centre fournit les installations de recherche et les radio-isotopes à tous les membres de l'OUA. Cette transformation aide également à l'accélération du programme de modernisation de ce réacteur. En 1969, la première Conférence africaine sur la recherche nucléaire tenue à Kinshasa conjointement par le Commissariat des sciences nucléaires, l'OUA et l'AIEA, ouvre officiellement la voie à la construction du bâtiment devant abriter le nouveau réacteur. TRIGA MARK II est inauguré le par le président Mobutu. Dans une volonté politique de s'imposer sur l'échiquier africain, Mobutu inaugure avec faste le nouveau réacteur avec ses installations de recherche. Par ailleurs, il assiste personnellement à sa pulsion à pleine puissance deux ans plus tard, en 1974. Le pari est gagné pour le Zaïre de l'époque qui dispose désormais du réacteur nucléaire le plus puissant d'Afrique en mode pulsé. Ce leadership va se maintenir pendant plus de 10 ans.

La restructuration de 1978 conduit à la création du Commissariat général à l'énergie atomique en remplacement du Commissariat des sciences nucléaires. Placé toujours sous la conduite du professeur Malu, cette structure marque l'une des périodes riches dans l'histoire congolaise du nucléaire, avec la diversification des travaux de recherche dans tous les domaines de recherche traditionnels (génie nucléaire, chimie nucléaire, agriculture, médecine nucléaire, radiobiologie). Le pays n'enregistre aucun accident tout au long du fonctionnement du TRIGA MARK I et du TRIGA MARK II.

Entre 1965 et 2000, Malu et son équipe travaillent à la promotion et à l'utilisation de l'énergie atomique en Afrique et au Congo. En tant que Gouverneur au sein du Conseil de l'AIEA, il représente son pays au sein de cet organe de décision à 5 reprises entre 1963 et 1993. Il occupe plusieurs fonctions académiques et scientifiques au cours de sa riche carrière. Au regard de sa position, Malu apporte également ses idées au débat politique général. En réfléchissant sur la manière de « fonder dans la durée la prospérité de la nation », il prononce un discours. le à la Conférence nationale souveraine. Il se projette et livre sa vision sur la révolution de l'intelligence qui doit s'opérer, selon lui, dans quatre domaines : les nouveaux matériaux, les biotechnologies, l'informatique et la production des énergies renouvelables (y compris les énergies renouvelables).

Mort et hommages Le professeur Félix Malu meurt le vendredi à l'âge de 75 ans des suites d'une longue maladie. Le Gouvernement de la RDC représenté, en , par le ministre de la Recherche scientifique, Jean-Pierre Bokole wa Mpoka, déclare que « le Congo tout entier est très affligé par cette disparition au moment où le pays a tellement besoin d’hommes de sciences pour le développement de la recherche scientifique ».

Les éloges funèbres sont nombreux.. A l'Académie Royale des Sciences d'Outre-Mer de Belgique où il était membre depuis le ., est salué la mémoire de l'homme de sciences et de principes : « Il a toujours été un battant assidu et rigoureux pour la bonne cause, un homme de principes, fidèle et dévoué à son entourage, à son laboratoire et à sa famille », affirme Ir Georges Van Goethem. Le professeur Malu, ajoute-t-il, « voulait que la jeunesse perçoive le bien-fondé de rester longtemps à l'école et de se diriger vers des métiers intellectuels ». Aucun développement n’est possible sans cadres universitaires et sans recherches, disait souvent l'illustre disparu.

Publications

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Récompenses et distinctions Membre correspondant Académie des sciences d'Outre-mer Belgique. Membre fondateur de l'Académie Africaine des Sciences (Nairobi). Membre de l’Académie pontificale des sciences du Vatican.

Notes et références

Liens externes

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