vignette|190px|Blason de l'ordre avec la devise Charitas (caritas = charité). vignette|190px|Minimes. L'ordre des Minimes (abrégé en O.M.), en latin Ordo Minimorum, c’est-à-dire « les tout petits », est un institut religieux mendiant de spiritualité pénitentielle, fondé en 1436 par François de Paule et approuvé en 1474 par le pape Sixte IV, avec la bulle Sedes Apostolica San Francesco di Paola, Pontificia Academia Mariana Internationalis..
L'ordre se répandit notamment en France, en Espagne, en Italie et en Bohême du Sud. Dès 1495, une branche féminine s'établit, approuvée par le pape Jules II, par la bulle Inter Caeteros, avec une règle spécifique Monache, Ordine dei Minimi di s. francesco di paola.. En 1501, une branche laïque fut fondée : le Tiers-Ordre minimite (T.O.M.) Terziari, Ordine dei Minimi di s. francesco di paola..
À l'exemple du fondateur, les prêtres et frères minimes cherchent à vivre une vie de prière et de pénitence dans un grand dépouillement évangélique. Ils en font leur forme d'apostolat, par la prédication et le sacrement de réconciliation. Ils étaient anciennement appelés en français Les Bons Hommes. Au , l'ordre comptait 46 communautés avec 174 membres, dont 112 prêtres, surtout présents en ItalieAnnuaire Pontifical 2012, Vatican (2011), p. 1427..
Histoire vignette|225px|left|Cloître du couvent des Minimes à Paola (Paule) en Calabre, toujours en possession de l'ordre.
S’étant retiré pour une vie d'ermite, saint François de Paule (né vers 1416 à Paola (ou Paule), en Calabre) attire des disciples qu’il regroupe en leur donnant le nom le plus modeste possible. Bien qu'ermites de vocation, leur spiritualité est franciscaine. Ils se considèrent comme les , c'est-à-dire les tout petits frères (, les franciscains étant quant à eux ). Leur constitutions (le Concile de Latran IV en 1215 interdisant de créer de nouvelles « règles » religieuses) est d’une extrême austérité.
Les religieux Minimes portent une tunique de drap noir à larges manches, un court scapulaire avec un capuchon rond. La tunique et le scapulaire sont serrés par un cordon de laine noire à quatre nœuds qui symbolisent selon la règle de l'ordre, les : chasteté, pauvreté, obéissance, jeûne de carême.
Ils essaiment à l'origine en Calabre et en Sicile. Ils s’imposent alors une vie rigoureuse en ajoutant aux trois vœux de chasteté, obéissance et pauvreté celui de la vie de carême, s'interdisant pour toute leur vie de manger viande, lait et œufs.
L'ordre est approuvé par le pape Sixte IV en 1474, avec tous les « privilèges » des ordres mendiants. Ils se propagent en France (appelés à Plessis-lèz-Tours au chevet de Louis XI, atteint par une attaque d'apoplexie), en Espagne et en Allemagne (où ils sont appelés Paulaner et donnent naissance à une bière fameuse). C'est à cette époque qu'ils adoptent un mode de vie cénobitique, abandonnant la vie érémitique. Il se dédient dans les siècles suivants à la prédication et à la pénitence. Après le concile de Trente, ils se vouent aussi aux étudesContinuant aussi la tradition des commentaires bibliques ou des traductions, certains sont aussi de grands voyageurs comme le P. Bonaventure Hepburn. (physique, mathématiques, philosophie, etc.) et à la contre-réforme.
Au , l'ordre compte , dont 156 en France.. Ils sont expulsés et interdits dans de nombreux endroits par les souverains empreints du despotisme éclairé du , puis par différents mouvements socio-politiques du . Dans les , ils n'étaient plus que deux cents religieux environ. En 2010, un recensement exhaustif donne le chiffre de cent quatre-vingts religieuxAnnuario pontificio 2010, Città del Vaticano, p.1437. répartis en quarante-cinq maisons.
De nouvelles constitutions atténuant la rigueur de la règle originelle sont édictées en 1973 et en 1986, selon les directives de l'après concile Vatican II. Le supérieur général (appelé correcteur général) siège à Rome à l'église Saint-François-de-Paule. C'est aujourd'hui le P. Francesco Marinelli Lettre de Carême 2015 à tous les frères minimes..
Personnalités de l'ordre vignette|180px|Un frère minime en habit religieux traditionnel. François de Paule (1416-1507), fondateur de l'ordre Gaspard de Bono (1530-1604) Marin Mersenne (1588-1648), mathématicien Hilarion de Coste (1595-1661), biographe Emmanuel Maignan (1601-1676), théologien et physicien Nicolas Barré (1621-1686), fondateur de la Communauté des sœurs de l'Enfant-Jésus Charles Plumier (1646-1704), botaniste et naturaliste Nicolas Saggio de Longobardi (1650-1709) Louis Éconches Feuillée (1660-1732), explorateur, botaniste, géographe et astronome Pour une présentation chronologique des responsables de l'ordre, voir Liste des généraux de l'ordre des Minimes.
Implantations disparues En France Les principales implantations en France : à Lyon, en 1553, ordre religieux qui s'installe à Lyon vers 1553 dans la « propriété de Laurent de Corval, située au devant de la croix de Colle ». s'installe aux abords de la place, sur l'emplacement actuel du collège Jean-Moulin dans un ensemble dont le monastère, l'église et le cloître sont vendus comme biens nationaux en 1791 et détruits peu après. à Marignane : l'édifice du couvent existe toujours rue Lamartine. Dans un codicille du , Jean-Baptiste II Covet, chargeait la part d’Henri Covet de 8.000 livres, affectées à la bâtisse d’un couvent que les Minimes veulent faire à Marignane sous le titre de « Sainte Marie Madeleine ». Celui-ci sera réalisé en 1695 sous Joseph-Gaspard. La communauté disparaitra avec la Révolution. à Château-Thierry en 1603, après la Réforme, le comte de Saint-Pol, François d'Orléans-Longueville (1570-1631), attire l'ordre des Minimes au pied de l'église Saint-Crépin. Le couvent sera achevé en 1632 par son épouse qui le dotera afin que les minimes prient pour l'âme du comte. En 1772 le couvent est fermé sur ordre de Monseigneur l'évêque de Soissons pour indiscipline. Aujourd'hui, seules les fondations et les jardins existent du 14 au 20 rue Saint-Crépin ; à Montmerle-sur-Saône en 1605, par lettres patentes d'Henri de Bourbon qui fait don aux Pères Minimes de Saint François de Paule de la province de Lyon, de l'emplacement où se trouvait le château, alors en ruines, et où est ensuite construit un couvent. Le don de cet espace est confirmé par Marie de Bourbon-Montpensier, souveraine de Dombes. à Abbeville, en , Louis XIII décida, dans l'église du couvent, de consacrer une lampe à perpétuité à la Vierge dans la cathédrale Notre-Dame de Paris ; à Amiens ; couvent fondé à la fin du ; à Tours ; le couvent de Saint-François-de-Paule fondé en 1483 près du château de Plessis-lèz-Tours et qui est relocalisé au centre même de Tours en 1627 ; à Blois, l'ordre religieux s'installe en 1614 au lieu-dit Le colombier (abords des actuelles rues des Chevaliers, des Écoles et du Bourg-Neuf). Il fait élevé un couvent en 1619 dans le quartier du Bourg-neuf, sur le site de la Closerie de Chambourdin. Marie de Médicis, alors en exil au Château de Blois, en posa la première pierre. Le couvent est fermé, démantelé puis vendu en 1790 pour être transformé en différents lieux d'enseignement qui se succéderont jusqu'à la fin du 20e siècle. Il accueille désormais La Fondation du doute depuis 2013. à Beauregard-l'Évêque dans le Puy-de-Dôme : le couvent des Minimes de Mirabeau ; l'évêque Guillaume Duprat y installe la communauté à l’époque de la Réforme ; au couvent des Minimes de Blaye en Gironde ; à Brie-Comte-RobertCamille Bernardin, Notice historique sur le couvent des minimes de Brie-Comte-Robert (Seine-et-Marne) avec une légende sur les reliques de saint Irénée et de saint Rufin, conservées autrefois dans l'église de ce couvent, Impr. de Lebrun, 1876 en Seine-et-Marne ; couvent fondé en 1647 ; à Draguignan dans le Var ; au couvent des Minimes de Marignane, dans les Bouches-du-Rhône ; à Marseille dans les Bouches-du-Rhône ; L'église Saint-Michel est offerte, en 1575, aux Minimes qui y construisent un couvent ; à Orléans dans le Loiret ; l'ancienne église conventuelle abrite désormais le service des archives départementales du Loiret ; à Rouen en Seine-Maritime ; le couvent, fréquenté par le père Nicolas Barré, fondé en 1602 fut supprimé en 1792. Il abrite depuis 1802 une communauté de Bénédictines de l'Adoration perpétuelle du Très Saint Sacrement au sein du monastère de Marie-Immaculée ; à Saint-Chamond dans la Loire, fondé en 1622 ; Le couvent désaffecté à la Révolution est occupé par les frères maristes en 1850. En 1879, la municipalité en fait la mairie de Saint-Chamond ; au couvent « de la Plaine » à Saint-Martin-d'Hères en Isère ; au couvent des Minimes de Mane-en-Provence, dans les Alpes-de-Haute-Provence, devenu depuis un hôtel et spa 5 étoiles ; à Paris, trois couvents : le couvent des Minimes de Nigeon fondé en 1494 qui était situé à Chaillot près de l'emplacement de l'actuelle rue Beethoven ; le couvent des Minimes de Vincennes dans le bois éponyme fondé en 1585 ; le couvent des Minimes de la place Royale, fondé en 1609 par Marie de Médicis dont l'église construite par François Mansart subsiste à l'état de vestige rue des Minimes ; à Perpignan, le couvent Sainte-Marie-de-la-Victoire est construit entre 1575 et 1620 dans l'ancien quartier juif de Perpignan. Après la Révolution, les bâtiments sont donnés à l'armée qui les transforme en caserne. La ville de Perpignan fait l'acquisition du site au ; à Lille, l'ancien couvent du est désormais un hôtel ; à Grenoble, le couvent fondé en 1646, après avoir abrité le Grand Séminaire de Grenoble au accueille actuellement Les Musiciens du Louvre de Marc Minkowski ; à Toulon : les Minimes présents à Toulon en 1602 y construisent un couvent en 1622. En 1794, le couvent est cédé à la Marine. Il sera détruit pendant la Seconde Guerre mondiale ; à Amboise ; à Nevers ; à Aubeterre-sur-Dronne, en Charente, le couvent fondé en 1617, est aujourd'hui une maison de retraite ; à Trets, couvent bâti au ; à Reims, le couvent des Minimes était proche de l'abside de la abbatiale Saint-Remi de Reims ; à Compiègne, dans l'Oise, ils occupent l'ancien prieuré Saint-Pierre en 1601. D'où la rue des Minimes dans la ville de nos jours ; à Champigny-sur-Veude, cité des ducs de Bourbon-Montpensier ; à L’Épine, au diocèse de Châlons-en-Champagne, (Marne) en 1624 ; à Vitry-le-François, au diocèse de Châlons-en-Champagne, (Marne) ; à Poitiers (Vienne). Créée en 1591, la communauté a donné son nom à la ruelle, nommée « passage des Minimes » (minimi en latin). La devise « Charitas » est encore visible. De nos jours, les locaux abritent des « minimes » , à savoir une école maternelle. dans la bastide royale de Tournay ; à Brienne-le-Château : l'école de Brienne, en fonctionnement entre 1776 et 1790, est administrée par l'ordre.
En Belgique vignette|150px|Couvent des Minimes de Vranov en Moravie. À Liège au couvent des Minimes.
Implantations actuelles vignette|170px|Façade de l'église Santa Maria della Stella de Naples. vignette|170px|Façade de l'église Saint-François-de-Paule de Palerme, avec son couvent, administrés par les Minimes. L'ordre est présent aujourd'hui dans dix pays :