Le référendum sur le maintien de l'Espagne dans l'OTAN de 1986 () se tient le mercredi , afin de déterminer si le royaume d'Espagne doit rester un État membre de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN), à laquelle elle appartient depuis 1982.

Le scrutin, marqué par un taux de participation d'environ 60 %, voit la victoire du à 53 %.

Contexte Pendant la guerre froide, en particulier après la signature des accords de Madrid l'Espagne est intégrée au sein du Bloc de l'Ouest sans adhéré aux organisations militaires et économiques post-seconde guerre mondiale. Une fois la démocratie restaurée, les gouvernements de l'UCDSuárez II, III et Calvo-Sotelo prônent un rapprochement progressif avec les structures politico-militaire du continent européen, OTAN compris. En ce sens, l'Espagne devient le membre de l'OTAN le . Cependant, la gauche espagnole dans son ensemble, rejeta cette adhésion. Le PSOE, en particulier, souhaite que l'Espagne n'appartienne à aucune alliance militaire. De plus le PSOE s'engage, qu'en cas de victoire aux élections législatives, il convoquerais un référendum afin que la population puisse prendre une décision finale. Le , quelques mois seulement après l'entrée de l'Espagne dans l'OTAN, le PSOE dirigé par Felipe González remporte la majorité absolue aux Cortès Général.

Après l'entrée de l'Espagne dans la CEE en 1986, le moment est venu de convoquer les Espagnols sur l'adhésion de l'Espagne à l'OTAN. Mais Felipe González et son gouvernement préfère finalement défendre le maintien de L'Espagne dans l'OTAN, bien qu'à trois conditions : la non-incorporation dans la structure militaire, interdiction du stockage d'armes nucléaire sur le territoire espagnol, réduction des bases militaires américaines en Espagne installée depuis 1953. Ce revirement politique provoque la démission du ministre des Affaires étrangères, Fernando Morán et oblige González d'être extrêmement convaincant au congrès du PSOE pour convaincre son parti de faire campagne pour le « oui ».

Selon Santos Juliá, différents facteurs ont influencé le changement d'attitude du cabinet González I, comme « la pression des États-Unis et de plusieurs pays européens; la corrélation entre maintien dans l'OTAN et intégration européenne ; le rapprochement avec l'Alliance adopter très tôt par le ministère de la Défense ». À cela s'ajoute l'idée qu'il n'était pas judicieux de quitter l'OTAN à un moment où les tensions de la guerre froide se sont exacerbées.

Historiquement, la majorité de la population espagnole est opposée à l'entrée de l'Espagne dans l'alliance atlantique : en , soit quelques mois seulement avant l'officialisation de l'adhésion à l'OTAN, seuls 18,1% des sondée sont expressément favorable à l'alliance Atlantique contre 52% y sont opposés, tandis qu'une large majorité sont favorables à ce que l'adhésion soit décidée par référendum. En février 1986, un mois avant le référendum, un sondage publié par El País conclu que 39% voterait "non" contre 21% pour le "oui".

Face au revirement du PSOE, le Parti communiste d'Espagne forme une large coalition des partisans du "non" y compris avec des dissidents socialistes en rupture avec la ligne de González d'où sortira Izquierda unida, une coalition de gauche qui se présentera aux élections législatives de juin 1986. De son côté la droite espagnole, dont son parti lige, l'Aliance populaire (AP) opte paradoxalement pour l'abstention ce qui ne sera pas sans conséquence pour son leader historique, Manuel Fraga.

Campagne

Lors du référendum, les citoyens espagnols de plus de 18 ans ont reçu un bulletin de vote avec le texte et la question soumise au vote, formulée ainsi :

L’une des raisons pour lesquelles ce référendum a été controversé est le fait que le PSOE s’est toujours prononcé contre l’adhésion à l’OTAN avant sa victoire électoral de 1982, en utilisant le slogan : Ce changement de postulat du parti a été particulièrement difficile pour ses électeurs, qui étaient initialement en faveur du « non » ; en 1979, 74 % des électeurs du PSOE étaient contre l’OTAN et 7 % pour). Au sein du parti, son organisation de jeunesse, la Jeunesses socialistes d'Espagne, s’est positionnée en faveur du « non », tout comme le syndicat UGT, historiquement lié au parti..

Résultats +Référendum espagnol de 1986Spanien, 12. März 1986 : Verbleib in der NATO ChoixVotes%Oui53,09Blancs6,61Non40,30Votes valides98,89Votes nuls1,11Total100Abstention40,58Inscrits/Participation59,42

Oui (53,09 %) Non (40,30 %) ▲ Majorité absolue

Contre toute attente, Felipe González – qui a annoncé qu’il démissionnerait si le « NON » l’emportait, ce qui semble avoir influencé de nombreux électeurs – réussit à remonter dans les sondages et le « OUI » finit par l'emporter, bien qu'avec une marge étroite.

Le « NON » triomphe dans quatre communautés : la Catalogne, le Pays basque, la Navarre et les îles Canaries.

En Galice, bien que le « OUI » l'ait emporté, le taux de participation n’atteint pas les 40 %. Le taux plus bas d’Espagne.

Au Pays basque, la campagne anti-OTAN favorise la croissance de Herri Batasuna, parti de la gauche abertzale et bras politique d'ETA, qui remporte cinq sièges lors des élections régionales d’octobre 1986. Notes et références

Notes

Références

Voir aussi Articles connexes Politique en Espagne Politique étrangère de l'Espagne

Lien externe

1986 Espagne Catégorie:1986 en Espagne Catégorie:Mars 1986