La piastre ottomane (en , en ) est l'ancienne unité monétaire de l'Empire ottoman, de 1688 à 1843, date à laquelle elle est remplacée par la livre ottomane.

Le kurûş demeure une sous-unité de l'actuelle livre turque.

Les appellations dans tout l'Empire varient, par exemple kurûş se dit qirsh en Province d'Égypte, et on trouve aussi comme équivalents territoriaux ersh, gersh, qirsh, grush et grosi.

Histoire monétaire En 1688, sous le règne de Soliman II, une nouvelle réforme permet de créer la piastre ottomane (kurûş, gurush) contenant d'argent calquée à la fois sur l'écu de 6 livres français, le thaler et sur la pièce de huit espagnole, dans le but de faciliter les transactions commerciales. Il faut alors environ 120 akçe pour faire une piastre. La piastre d'argent et le sultani d'or (dont le poids reste calqué sur le sequin vénitien) entretiennent un rapport au change qui dépend des marchés intérieurs et des relations commerciales avec le reste du monde Şevket Pamuk (2000), A Monetary History of the Ottoman Empire, .. Le mangır est démonétisé et remplacé par le para.

La production de monnaie tend vers un centralisme, concentrant les ateliers à Constantinople, en Anatolie, en Syrie et en Irak. Avec la réforme, les différentes monnaies issues de la frappe au marteau sont les suivantes Şevket Pamuk (2004), Coins and Currency of the Ottoman Empire, sur The Marteau Early 18th-Century Currency Converter. :

Type monétaire métal poids (g) valeur sultani or 3,35 variable kurûş (p) argent 25,65 40 para zolota argent 19,60 30 para yirmilik argent 12,68 20 para para argent 0,55 3 akçe akçe argent 0,21 -

Très dévalué au cours des siècles précédents, l'akçe ne pèse plus que d'argent Chester L. Krause (dir.), Standard Catalog of World Coins, Iola, Krause Publ., 1989, .Zeynep Bilge Yildirim, « L’introduction d’une nouvelle monnaie dans l’empire ottoman au d’après les registres de justice », dans Revue européenne des sciences sociales, Genève, Droz, XLV-137 | 2007, — lire en ligne.

La piastre voit s'abaisser son titrage et son poids au cours du , par exemple, celle ci-contre (1774) frappée sous le règne d'Abdülhamid I ne pèse plus que pour un titrage inférieur à 850/.

En 1839, une nouvelle réforme monétaire établit un système décimal avec 1 kuruş = d’argent = 100 paras (contre 40 avant cette date).

Circulation au sein de l'Empire La piastre ottomane et ses différents numéraires sont d'abord frappés à Constantinople et dans les divers ateliers monétaires sous la tutelle du sultanat. Mais ce centralisme a ses limites du fait de l'étendue de l'Empire. En réalité, et à la différence de l'Empire romain, l'administration ottomane autorise de multiples émissions. Le rôle des changeurs est donc ici fondamental. En effet, .

Ainsi, et par exemple, la régence d'Alger possède une autonomie, son système monétaire évolue différemment à partir du . La province ottomane d'Égypte met également en place ses propres frappes, dont le para en cuivre. La régence de Tunis produit dès le ses propres monnaies.

Et il en va de même pour l'ensemble des eyalets. De plus, chaque type monétaire prend un nom différent, en fonction des dialectes et des usages locaux.

Ainsi, dans les faits, .

Notes et références

Voir aussi Livre chypriote (avant 1955)

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