Maurice Camphin, né le à Saint Nicolas-lez-Arras et mort fusillé le , dans la même ville, à l'âge de 31 ansBiographie Le Maitron de Maurice Camphin., est un résistant et homme politique français. C'est l'un des deux frères de René Camphin, leader du PCF après la Seconde Guerre mondiale dans le Pas-de-Calais, qui ont été fusillés par les Allemands"On chantait rouge", par Charles Tillon, Robert Laffont, 1977 ..

Biographie

Fils de deux militants communistes d'ArrasBiographie Le Maitron de Paul Camphin ., Maurice Camphin grandit dans la cité des Cheminots d’Arras. Il devient cheminot comme son père et un de ses frères et milite aux Jeunesses communistes avec ses deux frères Paul Camphin et René Camphin. Ses parents sont d'actifs militants communistes d'Arras avant-guerre et sa mère sera parmi les premiers résistants. La famille héberge des enfants de familles républicaines espagnoles en 1937-1938, après la défaite des Brigades internationalesBiographie Le Maitron d'Eugénie Camphin .Fiche sur memorialgenweb.org.. L'un d'eux, Alphonse Pelayo, une des figures de la guerre d’Espagne, est chargé le d'aller chercher Maurice Thorez avec Mounette Dutilleul et Jeannette Vermeersch pour les évacuer vers BruxellesBiographie Le Maitron de Alphonse Pelayo .. Réfugié à Bruxelles, en Belgique, dans la plaque tournante des liaisons avec le Komintern, Alphonse Pelayo revient avec Maurice Tréand coordinateur du PCF clandestin Biographie Le Maitron de Maurice Tréand . le 18 ou le et Jacques DuclosMounette Dutilleul, ou la mémoire effacée : comment appeler les choses par leur nom? extrait des mémoires de la résistante communiste Mounette Dutilleul ., qui remplace Maurice Thorez à la tête du PCF, car ce dernier vient de se réfugier en URSS.

L'un de leurs premiers contacts en France est Eugénie Camphin, la mère de Maurice Camphin. Ce dernier les accompagne vers le contact suivant, à Longueau, René Lamps, le futur maire d'Amiens, ne le trouvant ni lui ni son frère après 3 jours de recherche. Tréand et son groupe continuent vers Paris. Le , il transmet à un groupe de militants au 12 Avenue de l'Opéra la consigne de l'Internationale de tenter une démarche auprès des Allemands pour la reparution légale de L'Humanité et n'obtient que d'extrême justesse leur accord.

Responsable militaire du secteur FTP d'Arras-Lens, Maurice Camphin supervise deux groupes armés à Lens et Loos-en-Gohelle. C'est lui qui organise l'une des premières attaques, le , à la grenade, du cantonnement des Gardes Wallons de Calonne-Liévin et participe, avec Eugène Lespagnol et Léon Doyelle, à l'enlévement de cartes de ravitaillement et de matériel d'impression pour les FTP, dans les mairies de Biache-Saint Vaast et d'Achicourt. S'ensuit une fusillade dans les champs qui entourent Thélus"Ami entends-tu. La résistance populaire dans le Nord–Pas-de-Calais", par Jacques Estager, Messidor, éditions sociales, 1986., car il est tombé dans une embuscade tendue par les gendarmes, qui le blessent et le livrent aux Allemands.

Ces derniers le torturent pendant des mois de détention à la prison d'Arras, le condamnent à mort en mars puis le fusillent le dans les fossés de la Citadelle d'Arras, en même temps que deux jeunes mineurs de fond, Roger Vermersch et Auguste Lancelin, qui faisaient partie de son groupe FTP.

La personne qui a donné le renseignement permettant de tendre une embuscade contre lui périra dans un attentat commis par les résistants en L'épuration en Belgique et dans la zone interdite (1944-1949) par Marie-Christine Allart, Institut de recherches historiques du Septentrion, 2017..

Il est l'un des neuf cheminots fusillés dans les fossés de la Citadelle d'Arras, du au , parmi un total de 217 victimes des Allemands, au sein desquels un enfant de 16 ans, un vieillard de 70 ans, un professeur, un prêtre, 11 ruraux, 14 employés ou fonctionnaires, 36 ouvriers ou salariés et 130 mineursDiscours de Guy Mollet, député-maire d'Arras, lors de l'inauguration du mur des fusillés de la citadelle d’Arras, reproduit dans Nord Matin du mercredi 16 juillet 1947 ..

Notes et références

Voir aussi Articles connexes

Eugénie Camphin Paul Camphin René Camphin

Bibliographie

Jacques Estager, Ami entends-tu. La résistance populaire dans le Nord–Pas-de-Calais, éditions sociales, 1986. Marie-Christine Allart L'épuration en Belgique et dans la zone interdite (1944-1949), Institut de recherches historiques du Septentrion, 2017.

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