Michel Chevalier, né le à Limoges et mort le au château de Montplaisir, est un homme politique et économiste français.

Biographie

Jeunesse et études

Michel Chevalier est le fils de Jean-Baptiste Chevalier, chef de bureau à la direction des contributions indirectes, et de Marie Gareaud. Il est le frère d'Auguste Chevalier.

Élève de l'École polytechnique (X1823), Chevalier en sort major...mais le dictionnaire Le Maitron () indique qu'il sort classé avec le numéro 13..

Il entre à l'École des mines de Paris le comme ingénieur-élève, est mis hors de concours le et nommé ingénieur du corps des Mines le .

Parcours professionnel

1830-1833 : période Saint-simonienne Le , il est ingénieur ordinaire de classe.

Après la Révolution de juillet, il devient un adepte de la doctrine saint-simonienne. et éditeur du journal Le Globe., qui sera interdit en 1832 lorsque la « secte des Simoniens » est décrétée contraire à l'ordre public. En tant qu'éditeur, il est condamné à six mois de prison qu'il effectue à Sainte-Pélagie..

Fin 1833-1835 : période américaine À sa libération, le ministre de l'Intérieur Adolphe Thiers l'envoie en mission aux États-Unis et au Mexique, pour y observer l'état industriel et économique des Amériques. À Mexico, il rencontre Andrés Manuel del Río, l'un des plus grands minéralogistes de son temps.

Il voyage également aux États-Unis et transmet régulièrement des lettres sur ses observations pour publication dans le Journal des débats.

L'ensemble de ces lettres seront publiées en recueil en 1836 sous le titre : Lettres sur l'Amérique du Nord.

Il publiera aussi à ce sujet : Lois européennes et américaines sur les chemins de fer, 1837 Histoire et description des voies de communication aux États-Unis et des ouvrages d'art qui en dépendent, 1840-1842, 2 volumes

1835-1851 : Essor professionnel Il rentre en France courant 1835 et en 1837, il publie Des intérêts matériels en France, qui marque le véritable début de sa carrière.. Il est nommé cette année-là chevalier de la Légion d'honneurIl est élevé au rang de grand officier de la Légion d'honneur le (Archives nationales, cote L0522031).. En 1838, il est conseiller d'État.

En 1840, il est réintégré dans le corps des mines avec le grade d'ingénieur en chef.

En 1841, il obtient la chaire d'économie politique au Collège de France où il défend des thèses libérales et libre-échangistes.

Il est élu député de l'Aveyron à la Chambre le avec l'appui du gouvernement, dans le 1er collège électoral de l'Aveyron (Rodez) par 244 voix sur 385 votants, contre M. de Séguret, ancien député, 136 voix, , indique plaisamment son biographe Jules Simon, puisqu'il perd son mandat dès le . Il siégea au centre, et ne prit la parole que dans les questions de sa compétence spéciale.

Il participe à la rédaction du Journal des débats en 1848.

Il devient, en 1851, membre de l'Académie des sciences morales et politiques au fauteuil du Villermé.

1851-1870 : ralliement à l'Empire Cette même année, après le coup d'État du , il se rallie à Napoléon III, dont il devient un conseiller économique très écoutéPierre Musso, « Michel Chevalier », sur le site des Archives de France.

En 1852, il est nommé président du conseil général de l'Héraultet exerce cette tâche jusqu'au , remplacé ensuite à cette présidence par le préfet Eugène Lisbonne.

Malgré l'opposition des grands industriels et des Chambres, Chevalier tente d'imposer ses conceptions libre-échangistes à la politique commerciale de la France. Avec Richard Cobden et John Bright, il est l'un des artisans du traité franco-britannique de libre-échange du 23 janvier 1860, surnommé « traité Cobden - Chevalier ».

Il est nommé sénateur le et le reste jusqu'au 4 septembre 1870.

Il apporte en 1862 et 1863 son soutien affirmé à l'expédition du Mexique.

En 1867, il est président du jury international à l'Exposition universelle après avoir participé aux précédentes expositions en tant que président de la Commission d'économie domestique à l'exposition de Paris en 1855 et chef de la délégation française à l'exposition de Londres de 1862.

En , il présida la Ligue internationale de la paix et de la liberté et ainsi en 1870, seul de tout le Sénat, il vota contre la guerre à la Prusse.

1870-1879 : retraite vignette|Michel Chevalier, Vanity Fair (1875) À la chute de l'Empire en 1870, s'étant retiré de la vie publique, il fonde une société d'études pour la réalisation d'un tunnel sous la Manche avec Thomé de Gamond. La concession du tunnel sera obtenue en 1880, quelques mois après sa mort, mais les travaux seront vite abandonnés.

Elu en 1871 au canton de Lunas (arrondissement de Lodève, département de l'Hérault), il siège au comme conseiller jusqu'en 1877.

Il décède le dans son château de Montplaisir près de Lodève et est inhumé dans le caveau familial du cimetière de cette ville.

Vie privée Il se fiance en 1844 avec Emma Fournier (1823-1913), fille d'un négociant de Lodève, avec qui il se marie un an plus tard, le .

Le couple a quatre filles :

Marie, née en 1846, qui épouse Albert Le Play en 1867 ; Cordélia (1848-1913), qui épouse Paul Leroy-Beaulieu le ; Camille (1850-1927), qui épouse Émile Flourens le ; Geneviève (1851-1902) qui épouse l'industriel Émile Dehollain (1841-1917) le . Un de ses frères cadets, Auguste Chevalier, fut normalien section scientifique, ingénieur, secrétaire général de la Présidence, député de l'Aveyron, saint-simonien et disciple de Prosper Enfantin, ami cher d'Évariste Galois, qui lui dédia sa dernière et célèbre lettre la nuit précédant sa mort. Il fut un économiste et un homme d'affaires.

Distinctions

Hommages

Une rue de Limoges (Haute-Vienne) porte le nom de Michel Chevalier Une avenue de Lodève (Hérault) porte le nom de Michel Chevalier Une rue de Panazol (Haute-Vienne) porte le nom de Michel Chevalier Une salle du site parisien de l'Ecole des mines de Paris porte le nom de Michel Chevalier Le sculpteur Alphonse Lami a réalisé des bustes de Michel Chevalier (1856 et 1860) et de sa femme (1864) Au cours de la séance du de l'Académie des sciences morales et politiques, M. Jules Simon, secrétaire perpétuel lit une notice historique sur sa vie et ses travaux

Ouvrages Journal de voyage de MM. Drouot, Vene, Chevalier, élèves ingénieurs des mines [Principales étapes : Paris à Limoges, Limoges à Saint-Yrieix-la-Perche, Saint-Yrieix-la-Perche à Larrau, Larrau à Saint-Girons, Saint-Girons à Toulouse en passant par Vicdessos, Foix, Pamiers, Chalabre], 1827 Mémoire sur l'affinage du fer dans la Vallée de Vicdessos par M. Chevalier, 1827 Mémoire sur le gisement et l'exploitation du fer spathique dans la Vallée de Baigorry par M. Chevalier, élève ingénieur, 1827 Notice sur la carbonisation de la tourbe à Crouy-sur- Ourcq, Annales des mines, 1829 Observations sur les mines de Mons et les autres mines de charbon qui approvisionnent Paris, 1830 Le Globe [comme directeur], du jusqu'à l'interdiction du journal en 1832 Doctrine de Saint-Simon : La Marseillaise, [auteur présumé], 1830 Religion saint-simonienne. Politique européenne, 1831 Religion saint-simonienne : Aux chefs des églises des départements, 1831 Religion saint-simonienne : Événemens de Lyon, 1831 Religion saint-simonienne : projet de discours de la couronne pour l'année, 1831 Religion saint-simonienne : la presse [auteur présumé], 1831 Religion saint-simonienne : La guerre et l'industrie : grands travaux à établir, 1832 Religion saint-simonienne: Sujet de méditation pour les peuples et pour les rois, 1832 Religion saint-simonienne : Poursuites dirigées contre notre Père suprême Enfantin et contre notre Père Olinde Rodrigues, 1832 Religion saint-simonienne: Politique industrielle et Système de la Méditerranée, 1832 Religion saint-simonienne : le bourgeois, le révélateur, 1832 Religion saint-simonienne: fin du choléra par un coup d'Etat, Religion saint-simonienne : nécessité des formules politiques, [183?] Religion saint-simonienne : capitaux nécessaires, [183?] Religion saint-simonienne : nos chances ; [suivi de] Les trois ducs, [183?] Religion saint-simonienne : sujet de méditation pour les peuples et pour les rois [s.d] A Lyon : 23 novembre 1832 Lettres sur l'Amérique du Nord, Paris, Charles Gosselin et , 1836 Lois européennes et américaines sur les chemins de fer, 1837 Progrès de la Grande-Bretagne sous le rapport de la population et de la production, 1837 Des intérêts matériels en France. Travaux publics, routes, canaux, chemins de fer, 1837 La vallée de l'Ariège et la république d'Andorre, 1837 Histoire et description des voies de communication aux États-Unis et des ouvrages d'art qui en dépendent, 1840-1842, 2 volumes L'Europe et la Chine, l'Occident et l'Orient, 1840 Lettres sur l'inauguration du chemin de fer de Strasbourg à Bâle, 1841 Les fortifications de Paris : lettre à M. le comte Molé, 1841 De l'industrie manufacturière en France, 1841 Des machines à vapeur aux États-Unis d'Amérique, particulièrement considérées dans leur application à la navigation et aux chemins de fer, 1841 Comparaison des budgets de 1830 et de 1843, par Michel Chevalier. Budget des recettes, 1843 Essais de politique industrielle : souvenirs de voyage, France, République d'Andorre, Belgique, Allemagne, 1843 Cours d'économie politique, 1842-1850, 3 volumes De l'instruction secondaire à l'occasion du rapport au roi de M. Villemain, 1843 L'Isthme de Panama, suivi d'un aperçu sur l'isthme de Suez, 1844 Visite de Mgr le duc de Montpensier à Decazeville, 1844 Discours, Journal des Economistes, 1845 Du Mexique avant et pendant la conquête, 1845 Élections dans le département de l'Aveyron. 1846. Polémique entre M. F. Cabrol, directeur des Forges de l'Aveyron, et M. Michel Chevalier, député sortant, 1846 Discours de M. Michel Chevalier député de l'Aveyron, dans la discussion du budget des recettes pour l'exercice 1847, 1846. Des forces alimentaires des États et des devoirs du gouvernement dans la crise actuelle, 1847 Des mines d'argent et d'or du Nouveau-Monde, La liberté du travail, 1847 De la situation actuelle dans ses rapports avec les subsistances et la Banque de France, 1847 Mémoire sur la production de l'or et de l'argent, considérée dans ses fluctuations / par M. Alex. de Humboldt ; traduit de l'allemand par M. M. Rempp ; avec un avant-propos de M. Michel Chevalier, 1848 La République d'Andorre, ou une république séculaire heureuse et stable depuis Charlemagne jusqu'à nos jours (1790-1848), 1848 Statistique des travaux publics sous la monarchie de 1830, Des rapports de la France et de l'Angleterre à la fin de 1847, La Liberté aux États-Unis, Paris, Capelle, 1849 L'Économie politique et le socialisme, discours prononcé au Collège de France, le 28 février, pour l'ouverture du cours d'économie politique, 1849 Des conditions de la paix sociale, 1850 Accord de l'économie politique et de la morale, discours d'ouverture du cours d'économie politique au Collège de France, 1850 Le Mexique, 1851 L'exposition universelle de Londres considérée sous les rapports philosophique, technique, commercial et administratif, au point de vue français : aperçu philosophique, lettres écrites de Londres, 1851 Chemins de fer, 1852 Examen du système commercial connu sous le nom de système protecteur, 1852 Question de l'or : métaux précieux et monnaie, 1853 Album de l'Exposition universelle dédié à S. A. I. le prince Napoléon, 1856 Le comte Mollien, 1856 Cours d'économie politique au Collège de France, leçons, 1858 L'échelle mobile et le commerce des céréales, 1859 De la baisse probable de l'or, des conséquences commerciales et sociales qu'elle peut avoir et des mesures qu'elle provoque, 1859 L'Expédition du Mexique, 1862

Des définitions et de la nature du numéraire et du crédit, à l'occasion de deux ouvrages de M. H. D. Macleod "Éléments d'économie politique" et "Dictionnaire d'économie politique", 1862