La prédation des chats sur la faune sauvage est le résultat de l'instinct naturel et du comportement des chats haret et domestiques pour chasser les petites proies, y compris la faune sauvage. Dans certains cas, ce phénomène est souhaité, afin de lutter contre les espèces nuisibles ; cependant, contrairement à une idée reçue, il n'y a aucune preuve scientifique que les chats sont un moyen efficace de contrôle des rongeurs, et les écologues s'opposent à leur utilisation à cette fin en raison des dommages disproportionnés qu'ils font à la faune sauvage bénéfique. Le chat, espèce envahissante et superprédatrice, cause en effet des dommages écologiques considérables. En Australie, la prédation des chats a contribué à l'extinction d'au moins et continue d'en menacer au moins . Leur introduction a provoqué l'extinction d'au moins endémiques sur les îles du monde entier.
Impacts par pays États-Unis vignette|Un chat haret avec un merle d'Amérique. Plaque photographique de Forbush (1916). Une étude réalisée en par Scott R. Loss et d'autres du Smithsonian Conservation Biology Institute et du United States Fish and Wildlife Service a révélé que les chats domestiques en liberté (pour la plupart sans propriétaire) sont la principale menace anthropique pour la faune aux États-Unis, tuant environ d'oiseaux et de mammifères par an. Ces chiffres étaient beaucoup plus élevés que les estimations précédentes pour les États-Unis.
Les oiseaux les plus touchés sont les oiseaux chanteurs, dont les populations sont en déclin. Les mammifères touchés sont notamment les souris, les musaraignes, les campagnols, les écureuils et les lapins.
La première étude américaine pointant l’impact du chat sur la faune sauvage fut le rapport pour le Massachusetts State Bord of Agriculture écrit par l’ornithologue en : Le chat domestique : Tueur d’oiseaux, de souris et destructeur de la faune sauvage : Méthodes pour l’utiliser et le contrôlerEdward Howe Forbush, "The Domestic Cat: Bird Killer, Mouser and Destroyer of Wildlife: Means of Utilizing and Controlling It", Commonwealth of Massachusetts, State Board of Agriculture, Economic Biology Bulletin 42, 1916..
Australie droite|vignette|Ce chat sauvage près de Brisbane a attrapé une Perruche à tête pâle. Le chat a été introduit en Australie par les européens. Les chats haret sont responsables du déclin et de l’extinction de nombreuses espèces dans ce pays. De plus, il a été démontré qu’ils ont un impact significatif sur les oiseaux nichant au sol et les petits mammifères endémiques.
Les chats sauvages ont également empêché toute tentative de réintroduction d’espèces menacées dans des zones où elles ont disparu, car les chats ont chassé et tué les animaux nouvellement libérésThe Threat Of Feral Cats. Environment.nsw.gov.au (28 October 2011). Retrieved on 5 May 2013.. De nombreux écologues australiens affirment que le chat haret est une catastrophe écologique en Australie, habitant la plupart des écosystèmes à l'exception de la forêt tropicale dense, et étant impliqué dans l'extinction de plusieurs espèces de mammifères marsupiaux et placentaires. Certains habitants mangent de la viande de chat pour atténuer les dommages des chats sauvages sur la faune locale.
Nouvelle-Zélande La faune de Nouvelle-Zélande a évolué de manière isolée pendant des millions d'années sans la présence de mammifères (à l'exception de quelques espèces de chauves-souris). Par conséquent, les oiseaux ont dominé les niches occupées par les mammifères et beaucoup ont perdu leur capacité de voler. L'introduction de mammifères après l’arrivée des Maoris vers le a eu un effet énorme sur la biodiversité endémique. Les explorateurs et les colons européens ont amené des chats sur leurs navires et la présence de chats haret a été enregistrée à partir des dernières décennies du King, Carolyn (1984) Immigrant Killers. Auckland: Oxford University Press. . On estime que les chats sauvages ont été responsables de l'extinction de six espèces d'oiseaux endémiques et de plus de 70 sous-espèces localisées ainsi que de la raréfaction d’espèces d'oiseaux et de lézards.
Royaume-Uni Au Royaume-Uni, la Royal Society for the Protection of Birds déclare qu'il n'y a aucune preuve scientifique que la prédation des chats "Are cats causing bird declines?" The Royal Society for the Protection of Birds, accessed 23 June 2014.. L'article poursuit : .
. Ceci malgré la pratique courante au Royaume-Uni d'autoriser l'accès des chats possédés à l'extérieur"In the UK, the vast majority of pet cats have free access to the outside world, or are at least allowed to go outside unsupervised for large parts of the day." "A world of difference – How cat ownership in America differs to the UK", Pets4Homes, accessed 1 September 2014..
SongBird Survival, une association de protection des oiseaux au Royaume-Uni, considère que la ligne dominante selon laquelle il n'y a aucune preuve scientifique sur l'impact négatif de la prédation des chats sur les populations d'oiseaux au Royaume-Uni , elle ajoute .
Sir David Attenborough, dans son édition de Noël du programme Tweet Of The Day de la BBC Radio 4, a déclaré que « les chats tuent un nombre extraordinairement élevé d'oiseaux dans les jardins britanniques ». Lorsqu'on lui a demandé si les propriétaires de chats devraient acheter des colliers pour leurs animaux à Noël, il a répondu : « ce serait bien pour les rouges-gorges, oui ».
France
La France n'a pas mené d'étude d'impact sur la prédation des chats, malgré les alertes qui ont été émises par la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) et de la Fondation pour la nature et l'homme (FNH).
L'impact de ce phénomène sur certaines espèces telles que les Écureuil roux, les lézards, ou les Orvets n'a pas été étudié alors que les centres de soins de la LPO mentionnent la présence de nombreuses blessures localisées sur le cou des différents spécimens blessés par ce type d'incidents. Des études vétérinaires témoignent également en ce sens.
La France mène des campagnes de stérilisation, mais rien ne démontre l'efficacité de ce processus concernant la diminution du cycle de reproduction de l'espèce. Les animaux stérilisés sont ensuite relâchés dans les jardins et continuent à nuire à l'écosystème en prédatant les espèces vulnérables.
Une enquête réalisée par la Fédération de Fabricants d'Aliments pour Chiens, Chats, Oiseaux et Autres Animaux familiers (FACCO) recense en 2022 plus de 14,9 millions de représentants de l'espèce, ce chiffre demeurant encore en constante augmentation. Le chat dépasse alors le Chien au titre d'« Animal Préféré des Français ».
D'après la Société française pour l'étude et la protection des mammifères (SFEPM), plusieurs populations bien distinctes de chats domestiques participent activement à la prédation des espèces environnantes : le chat de propriétaire : nourri, identifié, et parfois même stérilisé par son maître, dont il devient la responsabilité légale. le chat libre : défini par l'article L211 du Code Rural et de la Pêche Maritime, les représentants de cette catégorie d'individus sont nourris, stérilisés, soignés puis placés sous la responsabilité du maire ou d'une association de protection de la nature. Capturé, puis relâché sur le lieu de leur capture, le territoire demeure défendu par les chats stérilisés et non réinvestis par des individus féconds. le chat errant : nourri, plus ou moins régulièrement par l'homme. Sa population en France est par ailleurs estimée entre 8 et 10 millions d'individus. le chat haret (ou féral) : chat domestique progressivement retourné à l'état sauvage. Il vit et se reproduit librement dans la nature. Aucune donnée disponible n'est disposée à l'échelle nationale.
Impacts dans les îles
Conséquences de l'introduction droite|vignette|Le Xénique de Stephens s'est éteint dans les deux ans suivant l'introduction des chats sur l'île Stephens. Les milieux insulaires posent des défis particuliers dans la gestion de la faune. En effet, de nombreuses îles abritent des espèces animales n’ayant pas de craintes envers les prédateurs. Autrement dit, les animaux qui n'ont pas de réponse prédatrice pour faire face à des prédateurs tels que les chatsMoors, P.J.; Atkinson, I.A.E. (1984). "Predation on seabirds by introduced animals, and factors affecting its severity" in Status and Conservation of the World's Seabirds. Cambridge: ICBP. : .. Les chats sauvages introduits dans ces îles ont eu un impact dévastateur sur la biodiversité de ces îles.
Ils ont été impliqués dans l'extinction de plusieurs espèces et extinctions locales, comme les hutias des Caraïbes, l'Océanite de Guadalupe de la côte Pacifique du Mexique et le Xénique de Stephens. Une étude de a identifié les chats comme uniques responsables du sort de certaines espèces d'oiseaux insulaires, comme le puffin de Townsend, la Tourterelle de Socorro et la Gallicolombe des Marquises in Encyclopedia of Biodiversity. Aux îles Kerguelen, où les chats sont les seuls animaux de taille importante avec les lapins, les moutons, et les oiseaux marins, leur impact sur les oiseaux de mer est très important, même si les lapins constituent l'essentiel de leur alimentation.
À l'échelle mondiale, la principale cause de mise en danger des oiseaux est cependant la destruction des habitats, avec au moins des oiseaux en voie de disparition affectés, tandis que les espèces introduites sur les îles, comme les chats domestiques, les rats et les mustélidés, n'ont touché que des oiseaux menacés. Parmi les espèces introduites, le chat est la menace la plus importante sur les oiseaux de mer.
Restauration En raison des dommages causés par les chats dans les îles et certains écosystèmes, de nombreux écologues travaillant dans le domaine de la restauration des îles ont travaillé pour éliminer les chats sauvages (la restauration de l'île implique l'élimination des espèces introduites et la réintroduction des espèces indigènes). En , ont vu leurs populations de chats sauvages éradiquées, y compris le réseau néo-zélandais de réserves d'oiseaux au large des îles et l'Île Macquarie en Australie .
De plus grands projets ont également été entrepris, y compris leur extermination de l'Île de l'Ascension. Les chats, introduits au , ont provoqué l'effondrement des populations d'oiseaux marins nicheurs. Le projet de les retirer de l'île a commencé en et l'île a été débarrassée de ses chats en . Depuis, sept espèces d'oiseaux de mer qui n'avaient pas niché sur l'île depuis sont revenuesCat eradication from Ascension Island. Petsaspests.blogspot.com (2014-01-23). Retrieved on 2015-11-01..
Dans certains cas, le retrait des chats présente un effet pervers, car l'augmentation des populations de rats peut mettre en danger les espèces d'oiseaux et de mammifères indigènes. Un exemple est l'île Macquarie, où le retrait des chats a provoqué une explosion du nombre de lapins, de rats et de souris qui nuisent aux oiseaux de mer indigènesFears for sub-antarctic island plagued by rabbits. ABC News (15 July 2006).Draper, Michelle and La Canna, Xavier (14 January 2009) Cat kill devastates Macquarie Island. Nine News même si l'éradication était positionnée dans un cadre de gestion intégrée des ravageursControversy on feral cat removal on Macquarie Island. Petsaspests.blogspot.com.es (2013-05-14). Retrieved on 2015-11-01.. Les rats et les lapins ont finalement été éradiqués de 2007 à 2014.
Impacts sur les souris et les rats vignette|Une souris partiellement mangée par un chat