thumb|upright=1.5|Des images du NASA Earth Observatory montrent une chute marquée de la pollution à Wuhan (Chine), lorsque l'on compare les niveaux de NO2 entre début 2019 (haut) et début 2020 (bas).

Les perturbations mondiales provoquées par la pandémie de Covid-19 ont eu de nombreux impacts sur l'environnement et le climat. La baisse marquée des déplacements a permis à de nombreuses régions d'enregistrer une chute de la pollution de l'air. En Chine, les confinements et autres mesures ont entraîné une réduction de 25 pour cent des émissions de carbone et une réduction de 50 pour cent des émissions d'oxydes d'azote, qu'un scientifique spécialiste du système Terre estime qu'elles ont pu sauver 77 000 vies en deux mois. Cependant, l'épidémie a également perturbé les efforts de diplomatie environnementale, dont le report de la Conférence de Glasgow de 2020 sur les changements climatiques, et les retombées économiques pourraient ralentir l'investissement dans les technologies des énergies vertes. Il a également été montré la diminution globale des droits des peuples indigènes sur leurs terres ancestrales, alors que ceux-ci sont reconnus comme plus à même que les peuples non indigènes de préserver la biodiversité et l'écosystème dans les pays les plus boisés du mondeRapport de l'ONG Forest Peoples Programme du 18 février 2021.

Conséquences immédiates

Contexte Jusqu'en 2020, l'augmentation de la quantité de gaz à effet de serre produits depuis le début de l'ère industrielle a provoqué une augmentation des températures moyennes à l'échelle mondiale, provoquant des effets comme la fonte des glaciers et l'élévation du niveau de la mer.

Avant la pandémie de Covid-19, les mesures attendues en cas de pandémie comprenaient les quarantaines et la distanciation sociale.

Par ailleurs, également jusqu'à la pandémie de Covid-19, les chercheurs considéraient qu'une réduction de l'activité économique permettrait de réduire le réchauffement planétaire ainsi que la pollution de l'air et la pollution marine, permettant à l'environnement de lentement récupérer.

Événements notables La diminution importante de l'activité humaine a des conséquences immédiates sur l'environnement. ;

les émissions de chutent de manière drastique. (-25% d'émissions en Chine en ) ; l’Agence spatiale européenne (ESA) a publié des images depuis le satellite Copernicus Sentinel-5P, où l’on observe la réduction des concentrations de dioxyde d’azote à Paris et à Madrid. ; au niveau de la biodiversité, il est observé la réapparition de la faune sauvage en ville (un puma à Santiago du Chili., des canards au centre de Paris.…) ou dans la mer (des dauphins en Sardaigne). ; les eaux de Venise redeviennent claires..

Les vibrations de la terre redeviennent perceptibles..

En 2020, la pollution aux particules fines a diminué..

En France, pour réduire le nombre de tournées faites par les camions de tri, la plupart des déchetteries publiques françaises sont fermées..

Dans le cadre du « Green Deal », dix-sept ministres européens (Autriche, Danemark, Finlande, Italie, Lettonie, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal, Espagne, Suède, France, Allemagne, Grèce, Slovaquie, Irlande, Slovénie et Malte) signent un texte sur le site climatechangenews.com. pour une relance environnementale économique post Covid-19. Cette « réponse européenne commune » a pour vocation de développer d'autant plus les investissements dans la mobilité durable, l’énergie renouvelable, la restauration des bâtiments, la recherche et l’innovation et enfin, l’économie circulaire.. La Commission présentera un plan d’évaluation d'impact de ses objectifs pour 2030 d’ici . Elle annonce également réduire de 50 à 55 % les émissions de gaz à effet de serre en comparaison aux niveaux de l’année 1990.

Le Parlement grec adopte début mai une réforme controversée de la politique pétrolière, suscitant les protestations des associations environnementales qui accusent le gouvernement d’avoir profité du blocage des institutions causé par le coronavirus pour la faire adopter plus facilement.

Le gouvernement indien de Narendra Modi supprime des normes environnementales pour encourager la reprise de l'activité économique après la période de confinement. Présenté à la mi-, « un nouveau Code environnemental permet aux industriels d’agir en toute impunité puisque l’approbation d’un projet se fera désormais a posteriori », souligne Ritwick Dutta, avocat environnemental. En mai, l’obligation de laver le charbon dans les centrales pour diminuer leurs émissions de est supprimée.

Qualité de l'air alt=|left|thumb|Des données TROPOMI montrent les niveaux de NO2 en Chine début 2020. Image du Earth Observatory. En raison de l'impact de l'épidémie de coronavirus sur les transports et l'industrie, de nombreuses régions ont connu une chute de la pollution de l'air. La réduction de la pollution de l'air peut à la fois réduire le changement climatique et les risques liés au Covid-19 bien que les types de pollution de l'air constituant des facteurs de risque réels en matière de changement climatique et vis-à-vis du Covid-19 ne soient pas encore déterminés avec certitude. Le Centre for Research on Energy and Clean Air a rapporté que les méthodes utilisées pour contenir la propagation du coronavirus, telles que les quarantaines et interdictions de voyager, ont entraîné une réduction de 25 pour cent des émissions de carbone en Chine. Dans le premier mois de confinement, la Chine a produit environ 200 millions de tonnes métriques de dioxyde de carbone de moins que sur la même période en 2019, du fait de la réduction du trafic aérien, du raffinage du pétrole et de la consommation de charbon. Un scientifique spécialiste du système Terre estime que cette réduction a pu sauver au moins 77 000 vies. Toutefois, Sarah Ladislaw du Center for Strategic & International Studies a considéré que les réductions des émissions liées au ralentissement économique ne devraient pas être perçues comme bénéfiques, considérant que les efforts de la Chine pour retrouver son taux de croissance en pleines guerre commerciale et perturbations du marché de l'énergie aggraveront son impact environnemental. Entre le et le , l'Agence spatiale européenne a observé une chute marquée des émissions de protoxyde d'azote issues des véhicules, centrales électriques et usines de la région de la plaine du Pô dans le nord de l'Italie, coïncidant avec les confinements dans la région.

La NASA et l'ESA ont observé la baisse significative du dioxyde d'azote lors de la phase initiale de la pandémie de Covid-19 en Chine. Le ralentissement économique lié au virus a drastiquement réduit les niveaux de pollution, en particulier dans des villes comme Wuhan, Chine, de 24 à 40 %. La NASA utilise un instrument de mesure de l'ozone (OMI) pour analyser et observer la couche d'ozone et les polluants comme le NO2, les aérosols et autres. Cet instrument a aidé la NASA à traiter et interpréter les données obtenues en raison des confinements à l'échelle mondiale. Selon les scientifiques de la NASA, la chute de la pollution au NO2 a commencé à Wuhan en Chine avant de s'étendre lentement au reste du monde. La chute s'est également avérée particulièrement drastique parce que le virus coïncidait avec la période des célébrations de l'année lunaire en Chine. Pendant ce festival, les usines et entreprises ont fermé pour la dernière semaine de janvier afin de célébrer le festival de l'année lunaire. La chute du NO2 en Chine n'a pas permis d'atteindre une qualité de l'air d'un niveau considéré comme acceptable par les autorités sanitaires. Les autres polluants de l'air, tels que les émissions d'aérosol, se sont maintenus. thumb|Changements dans les émissions de NOx dans l'est de la Chine Une recherche conjointe réalisée par des scientifiques chinois et américains a estimé que les émissions d'oxydes d'azote (NOx=NO+NO2) ont baissé de 50 % dans l'est de la Chine entre le (confinement de Wuhan) et le , comparé à la période du 1er au . Les émissions ont ensuite augmenté de 26 % entre le (jour de la reprise du travail) et le , indiquant une possible augmentation des activités socio-économiques après que la majorité des provinces aient autorisé les commerces à ouvrir. Les mesures de contrôle du Covid-19 les plus efficaces pour contrôler la diffusion du virus avec un impact socio-économique moindre n'ont pas encore été étudiées.

Climat, pluviométrie thumb|upright=2|Les précipitations record observées en Chine en juin-juillet 2020, lors du confinement du à la Pandémie de Covid-19 en Chine sont en parties (pour 30% environ) liées aux réductions d'émissions de GES et de polluants particulaires permises par le confinement. Le delta du Yangtze a été le plus touché par l'accroissement pluviométrique (carte a).a) Distribution spatiale des anomalies du taux moyen de précipitations observées de juin à juillet (JJ) (en mm/jour) sur la Chine en 2020 par rapport à la période historique de 1979 à 2019. b) Série chronologique du taux de précipitation moyen JJ observé (mm/jour) dans l'est de la Chine, marqué par la boite rouge (27–34 ° N, 105–121 ° E) en a. La ligne pointillée noire marque le taux de précipitation moyen JJ pour 1979-2019, et la barre rouge correspond à 2020. Ces observations proviennent du Global Precipitation Climatology Project (GPCP). Répartition spatiale des changements pluviométriques en juin-juillet (JJ), en mm/jour, pour les modélisations c avec les réductions forcées (par le contexte anti-COVID-19) des émissions d'aérosols et de taux de gaz à effet de serre (GES) (appelées Covid_All) et d avec des réductions d'émissions d'aérosols seules (appelées Covid_Aero), par rapport à une simulation sans réduction des émissions (dite référence). Les différences entre Covid_All et la normale sont appelées "Aerosol + GHG" et les différences entre Covid_Aerosol et la normale sont appelées "Aerosol". Les zones pointillées en c et d indiquent des différences statistiquement significatives (au niveau de confiance de 90 %, Cf. two-tailed Student’s t-test.

En 2020, la Chine orientale a enregistré son record historique de pluviométrie, battant le record précédent, daté de 1961, et largement hors des fourchettes de variabilité naturelle. Des inondations estivales ont causé des centaines de morts et déplacé des millions de chinois. Cette anomalie a questionné les météorologues ; Le , une étude internationale (principalement sino-américaine, publiée dans le journal Nature) a conclu que cette anomalie climatique était - au moins pour un tiers - expliquée par certains effets de la pandémie, le reste étant probablement dû à d'autres phénomènes (vents inhabituellement chauds et fort événement dipolaire dans l'océan Indien ; retrait inhabituellement tardif du front Meiyu-Baiu, causé par le réchauffement accru de la mer d'Oman ; transition de phase sous-saisonnière de l'oscillation nord-atlantique).

Le confinement de 2020 a été associé à un quasi-arrêt du trafic aérien mondial, à un fort ralentissement du trafic maritime et à de nombreuses fermetures provisoires d'usines polluantes en Chine. Ceci s'est traduit par une chute spectaculaire de la pollution particulaire (aérosol atmosphérique|aérosols) et gazeuse, ainsi que par une disparition des nuages artificiels de type cirrus initiés par les trainées d'avion. Or, il est su d'une part que les nano- et microparticules des aérosols jouent un rôle, différent selon leur taille et leur altitude, dans la nucléation des gouttes de pluie, et d'autre part que les nuages artificiels modifient le climat ; différemment selon la position du pays dans le système géoclimatique mondial. Ainsi, ils modifient les cycles hydrologiques et de la circulation atmosphérique, via des processus microphysiques et dynamiques de mieux en mieux compris.