Werner Freiherr von Fritsch est un officier général de la Wehrmacht, né le à Benrath et mort au combat le à Praga, quartier de Varsovie.
Il est commandant en chef de l'Armée de terre à partir de 1934 mais est révoqué en 1938, à la suite d'un complot ourdi par Göring et Himmler, parce qu'il s'oppose aux velléités belliqueuses du Führer Adolf Hitler. Il est alors rétrogradé au rang de colonel commandant un régiment, en l'occurrence d'artillerie, et meurt un an plus tard à la tête de ce régiment.
Biographie Fritsch est né au château de Benrath près de Düsseldorf, fils du futur lieutenant général Georg (1849-1920) et de son épouse Adelheid (1856-1941), née . Son éducation est façonnée par son père strict, qui attache une grande importance au patriotisme, à la loyauté au devoir, à la fiabilité, à l'honnêteté et aux manières socialesHorst Mühleisen: Generaloberst Werner Freiherr von Fritsch. In: Gerd R. Ueberschär (Hrsg.): Hitlers militärische Elite, Bd. 1. Darmstadt 1998, S. 61.. Il agit tellement comme un «impitoyable chef de mission» que son fils a du mal toute sa vie à nouer des liens humains étroits: Werner Freiherr von Fritsch. Der tragische General. In: Ronald Selser, Enrico Syring (Hrsg.): Die Militärelite des Dritten Reiches. Frankfurt am Main 1997, S. 154..
Après avoir terminé ses études secondaires, Fritsch entre le en tant qu'enseigne dans le d'artillerie de campagne de l'armée prussienne à Darmstadt. Là, après une formation d'officier, il est promu lieutenant le . Fritsch passe les années suivantes au service des troupes. En , il est envoyé à l'école combinée d'artillerie et du génie pour une formation approfondie, et l'année suivante, il devient adjudant de la de son régimentDermot Bradley (Hrsg.): Die Generale des Heeres 1921–1945. Bd. 4. Biblio Verlag, Osnabrück 1996, S. 115.. Cependant, le service des troupes offre à l'ambitieux Fritsch peu de possibilités d'avancement et il a du mal à se faire des amis. Parmi les quelques connaissances proches de cette époque figure son camarade de régiment et futur maréchal général Georg von Küchler. Fritsch demande donc à être admis à l'académie de guerre. Après avoir réussi le difficile examen d'entrée, il fréquente l'académie de guerre de Berlin à partir du dans le cadre de sa formation d'officier d'état-major général. Il y suit des cours individuels dispensés par Wilhelm Groener et excelle notamment en histoire et tactique de la guerre. Parmi les premiers de sa promotion, il passe l'examen final le . Fritsch, qui entre-temps avait été promu premier lieutenant, est maintenant transféré à l'état-major général à titre d'essai, mais dès l'année suivante, il est finalement transféré à l'état-major général. D' à , il appartient à la division d'histoire de la guerre II du Grand État-major, qui s'occupe des guerres de Frédéric le Grand avant d'être transféré au département de déploiement et participe ainsi à la mobilisation allemande en .
Pendant la Première Guerre mondiale, Fritsch occupe diverses fonctions au sein de l'état-major général. Pendant un certain temps, il est premier officier d'état-major de la de la Garde et de la de réserve. Il est également affecté temporairement aux états-majors des et armées et fait partie du de réserve. Une chose entièrement nouvelle pour Fritsch est le service temporaire dans l'état-major général du commandant général de l'armée de l'air. Il est manifestement protégé par le colonel dans le commandement suprême de l'armée. Tous deux se connaissaient pour avoir travaillé ensemble au Grand État-major. En 1917, il est blessé à la tête par un éclat d'obus au front. Au cours de la guerre, outre les deux classes de la croix de fer, il reçoit également la croix de chevalier de l'ordre de la maison royale de Hohenzollern avec des épéesWilliamson Murray: Werner Freiherr von Fritsch. Der tragische General. In: Ronald Selser, Enrico Syring (Hrsg.): Die Militärelite des Dritten Reiches. Frankfurt am Main 1997, S. 155..
Entre-deux-guerres Il reste dans l'armée (la Reichswehr) et prend une part croissante dans le réarmement en violation du terme V du traité de Versailles. Il est proche de la filière soviétique de collaboration des armées qui permet ainsi de former des troupes en Union soviétique pour échapper aux contrôles alliés pendant les . Il a une profonde aversion pour la Pologne et travailla en 1928 au plan dit Fall Weiss qui envisage une invasion de la Pologne. Reconnu comme un élément prometteur, il est promu Generalleutnant par le chancelier Kurt von Schleicher en 1932.Il est un fervent partisan du régime nazi à son avènement en car il pense que c'est un moyen de renforcer le rôle et la puissance de l'armée. Il est néanmoins hostile à la montée en puissance des SS et au refroidissement des relations avec l'URSS.
Commandant des armées Malgré cette distance avec une partie du régime nazi, il est promu au haut commandement allemand de l'armée de terre ( ou OKH) en 1934. Il est nommé commandant en chef de l'Armée de terre l'année suivante. Il participe alors, au côté du ministre de la Défense Werner von Blomberg, au réarmement de l'Allemagne. En 1936, quand Blomberg est promu Generalfeldmarschall, Fritsch est promu . En 1937, Fritsch fait partie des officiers présents à la conférence conduisant au protocole Hossbach, où Hitler annonce qu'il veut déclencher la guerre dès 1938. Il se montre très critique, estimant que l'armée n'est pas prête.
L'affaire Blomberg-Fritsch vignette|redresse=1.2|De gauche à droite, Rundstedt, Fritsch et Blomberg pour une cérémonie mémorielle sur Unter den Linden à Berlin le .
Comme conséquence de cette opposition non dissimulée, Fritsch est écarté du commandement le , avec pour prétexte une accusation d’homosexualité : le dossier a été monté de toutes pièces par Göring et Himmler, le chef de la police du Reich (Chef der deutschen Polizei). Hitler se sert de cette occasion pour remanier l'armée et écarter une quinzaine de généraux. Fritsch est dégradé au rang d'Oberst (colonel) honoraire du d'artillerie. Un jury d'honneur est convoqué pour le blanchir mais, voyant que l'affaire tourne mal, Hitler fait obtenir le report du jugement dès la première journée d'audience : il s'agit en l'occurrence du jour du début de l'Anschluss, l'opération d'annexion de l'Autriche.
Seconde Guerre mondiale Mobilisé en septembre 1939, Fritsch participe à la campagne de Pologne, à la tête de son régiment d'artillerie. Il est tué devant Varsovie, alors qu'il est en train d'inspecter ses troupes. Il est le deuxième général allemand à mourir pendant la Seconde Guerre mondialeLe premier ayant été le SS- und Generalmajor der Ordnungspolizei Wilhelm Fritz von Roettig, tué en Pologne le 10 septembre 1939.. Fritsch est enterré au cimetière des Invalides de Berlin.
Décorations militaires Pour le Mérite; Croix de fer (1914) II. et I. ClasseRangliste des Deutschen Reichsheeres. Mittler & Sohn, Berlin 1930, S. 108. Croix de chevalier de l'Ordre de Hohenzollern avec épées Ordre de l'Aigle rouge IV. Classe Croix de service prussien Ordre du Mérite militaire bavarois de avec épées et couronne Croix de chevalier de de l'Ordre de Frédéric avec épées Croix de chevalier de de l'Ordre de Philippe le Magnanime Croix hanséatique Hamburg Insigne des blessés (1918) en noir Croix du Mérite militaire (Autriche) III. Classe avec décorations militaires Étoile de Gallipoli Ordre protestant de Saint-Jean, Ehren- und Rechtsritter Médaille de service de longue durée de la Wehrmacht IV. à I. Classe Insigne d'honneur en or du parti nazi le Klaus D. Patzwall: Das Goldene Parteiabzeichen und seine Verleihungen ehrenhalber 1934-1944, Studien der Geschichte der Auszeichnungen Band 4, Verlag Klaus D. Patzwall, Norderstedt 2004, , S.19.
Notes et références Notes
Références
Annexes Bibliographie . . D 81/3+ "Besichtigungsbemerkungen 1937" - Der Oberbefehlshaber des Heeres 4. Abt. Gen St d H - Frhr. v. Fritsch . Hinrich Baumann: Die Heidmark. Wandel einer Landschaft: die Geschichte des Truppenübungsplatzes Bergen. Oerbke 2005 . Karl-Heinz Janßen, : Der Sturz der Generäle. Hitler und die Blomberg-Fritsch-Krise 1938. Beck, Munich 1994 . : Der Fritschprozess 1938. Ablauf und Hintergründe. Hamburg 1949. Horst Mühleisen: Generaloberst Werner Freiherr von Fritsch. In: Gerd R. Ueberschär (Hrsg.): Hitlers militärische Elite. Band 1. Primus, Darmstadt 1998 , S. 61–70. Christoph Raichle: Hitler als Symbolpolitiker, Kohlhammer, Stuttgart 2014. (Kap. "Der Tod Fritschs und Hitlers Reaktion darauf", S. 206–213)
Liens externes
Biographie du Freiherr von Fritsch, Werner Thomas Ludwig, sur le site Lexikon der Wehrmacht
Catégorie:Generaloberst de la Heer de la Wehrmacht Catégorie:General der Artillerie de la Reichswehr Catégorie:Major du royaume de Prusse Catégorie:Major de la Deutsches Heer Catégorie:Militaire allemand de la Première Guerre mondiale Catégorie:Chevalier de 1re classe de l'ordre de Frédéric Catégorie:Chevalier de 2e classe de l'ordre de Philippe le Magnanime Catégorie:Chevalier de Justice de l'ordre de Saint-Jean (Bailliage de Brandebourg) Catégorie:Récipiendaire de la croix Pour le Mérite (ordre militaire) Catégorie:Récipiendaire de la croix hanséatique (Hambourg) Catégorie:Récipiendaire de l'ordre de Hohenzollern Catégorie:Récipiendaire de 3e classe de la croix du Mérite militaire (Autriche) Catégorie:Récipiendaire de 4e classe de l'ordre du Mérite militaire (Bavière) Catégorie:Récipiendaire de 1re classe de la croix de fer Catégorie:Récipiendaire de l'insigne d'honneur en or du NSDAP Catégorie:Récipiendaire de l'étoile de Gallipoli Catégorie:Naissance en août 1880 Catégorie:Naissance à Düsseldorf Catégorie:Naissance dans la province de Rhénanie Catégorie:Décès en septembre 1939 Catégorie:Décès à Varsovie Catégorie:Décès à 59 ans Catégorie:Militaire allemand mort lors de la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Victime du paragraphe 175 Catégorie:Personnalité inhumée au cimetière des Invalides