La famille de Garidel, anciennement Garidel, est une famille française de robe, ancienne et distinguée de la ville d’Aix, originaire du comté de Nice. Cette famille compte des membres distingués au Parlement de Provence, de savants jurisconsultes, un évêque de Vence, un célèbre botaniste, des chevaliers de Saint Louis et un général de corps d'armée.
Histoire Selon Gustave Chaix d'Est-Ange, cette famille appartient à la noblesse de Provence; il en fait remonter la filiation suivie à Joseph Garidel, avocat, assesseur et procureur du pays de Provence en 1640. Il ajoute que selon Nicolas Viton de Saint-Allais ce personnage descendait de Jean Garidelli qui vivait en 1460 dans la ville de Grasse, en Provence, et est qualifié de noble dans le contrat de mariage de son fils Antoine avec Catherine Verneti, en 1503, où il est fait la mention de « filium nobilis Johannus Garidelli habitatoris Grasse ». La date de filiation suivie de 1460 est reprise par plusieurs auteurs comme Mailhol (1895), Artefeuil (1908)Histoire héroïque et universelle de la noblesse de Provence. Artefeuil. Chez François Seguin. 1908. Tome 4. Pages 31-35, Borricand (1974)René Borricand, Nobiliaire de Provence. 1974. Tome 1. Page 522, Dugast Rouillé (1978)Michel Dugast Rouillé, Les Notables ou la "Seconde noblesse", Tome III [A-K], 2e éd., Nantes, Dr. M. Dugast Rouillé (Guérande, Impr. de la Presqu’île guérandaise), 1978. Page. 2175, d'Hautefeuille (2023) et la présence de cette famille à Aix-en-Provence dès le début du est citée dans l’ouvrage (1873) d’un historien provençal établi, Charles de RibbeCharles de Ribbe. Les familles et la société en France avant la Révolution, d'après des documents originaux. 1873. Tome 2. P248-255 https://archive.org/details/lesfamillesetla03ribbgoog/page/n276/mode/2up?view=theater.
Joseph Garidel eut deux fils. Le premier, Pierre Garidel, fut avocatGustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du , tome 20, pages 157 à 158 Garidel (de).. Il eut un fils prénommé lui aussi Pierre qui fut professeur d'anatomie à l'université d'Aix et un célèbre botaniste. Le puîné, Jean-Joseph (1653-1727), conseiller du roi au siège général d’Aix, fut condamné par défaut à l'amende comme usurpateur de noblesse en 1697, il fut relevé de cette condamnation en 1708, toujours par Cardin le Bret président du parlement d'Aix, en justifiant qu'il n'avait jamais pris la qualification de noble. Il fut le grand-père de Bruno-Amable-Pierre de Garidel-Thoron, né en 1753 à Aix, qui reçut une charge de conseiller au parlement de Provence, acquise en 1777. Comme le précise Monique Cubells, historienne spécialiste de la noblesse provençale au siècle des Lumières, l’accès au parlement de Provence est verrouillé à partir de 1769, n’étant alors réservé plus qu’« aux candidats ayant un siècle de sang bleu dans les veines ». De Bruno-Amable-Pierre de Garidel-Thoron descend l'actuelle famille de Garidel.
Paul Garidel, le cadet, fut jurisconsulte, en 1672 il fut assesseur et procureur du pays de Provence. Sa descendance s'agrégea à la noblesse au cours du . Son arrière-petit-fils Jean-Baptiste de Garidel (1751-1795), seigneur du Caire, de la ville de Manosque, fut attaqué par l'administrateur général du domaine en paiement des droits de franc-fiefs par exploit (acte d'huissier) du après une opposition de sa part à des défenses contradictoires. Il est par la suite intervenu une ordonnance de monsieur Charles Jean-Baptiste des Gallois de La Tour, intendant de Provence (1775-1790) et juge compétent de cette matière, le , qui décharge Jean-Baptiste de Garidel du droit de franc-fief comme noble de race. Sa noblesse était justifiée par une déclaration solennelle d'homme de qualité et de reconnaissance dans sa noblesse d'Albert Garidel, père de Joseph devenu auteur des deux branches de cette famille. Cette déclaration solennelle fut donnée par les gens du roi au parlement de Provence en 1589. Le procès a été soutenu à frais communs avec la branche ainée d'AixLes Garidel à Aix-en Provence: 1600-1800. Jérôme d'Hautefeuille. 2023. Comme le rappelle Guy Chaussinand-Nogaret dans La noblesse au : de la féodalité aux Lumières « Les confirmations, maintenues et reconnaissances de noblesse sont souvent aussi de véritables anoblissements »Guy Chaussinand-Nogaret, La noblesse au : de la féodalité aux Lumières. 1976. ..
La famille de Garidel forme deux branches : l’aînée, toujours subsistante, possédant la seigneurie de Villemus et s’étant principalement distingué dans la robe; la puînée, éteinte, devenue seigneurs du Caire et s’étant distingué principalement dans les armes.
À la fin du , Bruno-Amable-Pierre de Garidel-Thoron, venant aux droits de sa mère, Louise Henriette Victoire de Thoron, fille de Jean-Joseph, seigneur d’Entrages, conseiller en la cour des Comptes, Aides et Finances de Provence (reçu le ), succède au dernier rejeton de la famille de Thoron d'Entrages, qui portait pour armes, un taureau surmonté de trois étoiles. Depuis lors, le nom porté par la famille est Garidel-Thoron.
Au début du , une partie de la branche aînée quitte la Provence pour s’implanter en Bourbonnais, dans l’Allier, où elle réside encore de nos jours.
Cette famille a l’originalité de compter plusieurs polytechniciens, dont Bruno X1823, administrateur de l’École de 1846 à 1848, ainsi que trois générations successives représentées par Robert X1964, Guillaume X1988, Matthieu X2015, Jacques X2019 et Laurent X2026.
Durant le et en ce premier quart du , la famille Garidel est représentée au sein de diverses organisations parmi lesquelles le Jockey Club, le Nouveau Cercle de l’Union, le Cercle de l’Union Interallié, la National Society of the Sons of the American Revolution (SAR), l’Ordre de Saint Jean de Jérusalem, l’Ordre pro Merito Melitensi, l’Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand et l’Association des Anciens Honneurs Héréditaires.
Personnalités
Antoine de Garidel fut pourvu en 1533 de la charge de conseiller du Roi, procureur pour les pauvres au Parlement de Provence Honoré de Garidel, frère du précédent, fut premier consul de la ville de Fréjus en 1536 Audin de Garidel, neveu des précédents, fut évêque de Vence (1576) Albert de Garidel (décédé en 1596), fils d’Antoine, docteur en droit et avocat en la cour du parlement de Provence; lors de son procès contre Jacques Catin, trésorier des États de Provence en 1570, il est reconnu dans sa noblesse dans une déclaration solennelle des gens du parlement de Provence en 1589
Branche aînée d'Aix (subsistante) Jean-Joseph de Garidel (1653-1727), petit fils de Joseph, fut conseiller du roi au siège général d’Aix-en-Provence en 1690, qualifié de noble dans le contrat de mariage de son fils Jean-Baptiste de Garidel en avec Louise de Thoron Pierre de Garidel (1658-1737), frère du précédent, fut premier professeur royal d’anatomie en l’Université d’Aix, qualifié de noble dans le contrat de mariage de son neveu Jean-Baptiste de Garidel en avec Louise de Thoron, où Pierre est témoin signataire ; Joseph Lieutaud, neveu et protégé de Pierre de Garidel, le suivra dans sa carrière scientifique en étudiant la médecine anatomique avant de devenir premier médecin de (1774-1780). Jean-Baptiste de Garidel (1693-1756), fils de Jean-Joseph, écuyer d'Aix, qualifié de noble dans plusieurs contrats: celui de son mariage avec Louise de Thoron en 1734, dans le contrat de mariage de son cousin issu-de-germain noble Paul de Garidel du avec Suzanne de Mongé, dans l'acte de naissance de son fils Bruno Amable du ainsi que dans de multiples contrats (en 1780, 1785, 1787, et 1788) passés auprès notaires par son épouse Louise de Thoron (1717-1791) qui lui survit Bruno-Amable-Pierre de Garidel-Thoron (1753-1828), fils du précédent, seigneur de Villemus, fut pourvu en 1777 d’une charge anoblissante de conseiller au Parlement de Provence
Branche puînée de Manosque (éteinte)
Paul de Garidel, fils de Joseph, fut primecier de l’Université d’Aix en 1664 puis élu assesseur d’Aix et procureur du pays de Provence en 1674 Jean Baptiste de Garidel (1667-1714), fils du précédent, fut capitaine dans le régiment de Béarn Infanterie et nommé chevalier de l’Ordre de Saint-Louis ; devient par la suite avocat, nommé en l'office de conseiller du roi et premier consul de la ville de Manosque par provisions du Marc-Antoine de Garidel, second fils du précédant, servit dans le régiment de Soissonnais Infanterie, où il fut capitaine des grenadiers ; il se couvrit de gloire à Port-Mahon (1736) et fut nommé chevalier de l’Ordre de Saint-Louis Balthazar de Garidel, frère du précédent, fut supérieur du séminaire de Saint-Magloire à Paris Esprit Ignace de Garidel, frère des deux précédents, fut capitaine dans le régiment de Soissonnais Infanterie et nommé chevalier de l’Ordre de Saint-Louis
Période moderne Léon de Garidel-Thoron (1804-1887)., connu sous le titre de comte de Garidel, fils de Bruno-Amable-Pierre, est conseiller municipal d'Aix-en-Provence (1848-1865; 1871-1874) et président de l'Académie des sciences et belles-lettres d'Aix de 1849 à 1852 Bruno Charles François de Garidel-Thoron (1807-1886)., connu sous le titre de vicomte de Garidel-Thoron, frère du précédent, X 1826, capitaine au corps royal du génie militaire et auteur de travaux sur les revêtements militaires, administrateur de l'Ecole Polytechnique (sous la direction du commandant le général Louis de Rostolan, 1846-1848); chevalier de l'Ordre National de la Légion d'Honneur (1841), titulaire de la Médaille militaire Joachim de Garidel-Thoron (1838-1937), dit le marquis de Garidel-Thoron, fils du précédent, est le fondateur du concours agricole de Moulins et président de la Société d’Agriculture de l’Allier pendant , membre de l'Académie d'Agriculture, membre honoraire du Conseil de la Société des Agriculteurs de France, censeur de la Banque de France pendant .; chevalier (1926) du Mérite agricole, chevalier (1923) puis officier (1932) de l'Ordre National de la Légion d'Honneur Léonce de Garidel-Thoron (1841-1907), dit le comte de Garidel-Thoron, frère du précédent, capitaine d'infanterie, propriétaire producteur oléicole à Coudoux et Ventabren, président du Syndicat des oléiculteurs; chevalier de l'Ordre National de la Légion d'Honneur (1871), titulaire de la Médaille militaire, chevalier de l'Ordre de Saint-Grégoire le Grand Pierre de Garidel-Thoron (1879-1957), dit le marquis de Garidel-Thoron, fils de Joachim, inspecteur général puis honoraire des Eaux et Forêts, président de la Société d’agriculture de l’Allier; titulaire de la Croix de guerre 1914-1918, chevalier (1924) puis officier (1932) du Mérite agricole, chevalier de l'Ordre National de la Légion d'honneur(1931) Bruno de Garidel-Thoron (1922-2016), dit le marquis de Garidel-Thoron, fils du précédent, Saint-Cyr 1944, lieutenant-colonel d’arme blindée; chevalier de l’Ordre National du Mérite, titulaire de la Croix de la valeur militaire. Marie-France de Garidel-Thoron (1918-2001), soeur du précédent, fondatrice du service social de la Mutualité agricole de l'Allier et de l’institut de formation de la Croix-Rouge à Moulins; chevalier puis officier du Mérite agricole, chevalier de l'Ordre National de la Légion d'Honneur Joseph Léon de Garidel-Thoron (1881-1942), connu sous le titre de comte Léon de Garidel-Thoron, frère de Pierre, président fondateur du Syndicat agricole d’Agonges, président des Caisses Agricoles d’Assurances Sociales et d’Allocations Familiales de l’Allier, administrateur du Crédit agricole et de la Coopérative agricole de l’Allier, administrateur de la Fédération nationale corporative de la Mutualité agricole