Le groupe Écologie démocratie solidarité (EDS) est un ancien groupe parlementaire de l'Assemblée nationale française.

Il est formé en lors de la législature de la Cinquième République par 17 députés, en quasi-totalité par d'anciens membres du groupe majoritaire La République en marche, issus de son aile gauche et écologiste. Inscrit comme groupe minoritaire, il est co-présidé par Paula Forteza et Matthieu Orphelin. Après le départ de trois députées en deux mois, le groupe disparaît en , faute d'un effectif suffisant.

Historique Projet d'un groupe dissident Lors de l'ouverture de la en , le groupe La République en marche (LREM) bénéficie d'une majorité absolue avec membres et apparentés sur . Cependant, il connaît à partir de l'année suivante une perte régulière de députés, faisant chuter son total de membres à 295.. L'idée d'un groupe dissident ressort par plusieurs fois, sans jamais se concrétiser... Matthieu Orphelin indique avoir fait part du projet à Emmanuel Macron en . Début , dans le contexte de la pandémie de Covid-19, le lancement par , un sénateur et un député européen d'une plateforme collaborative pour élaborer un « plan post-crise », baptisée « Le jour d'après », apparaît comme , coordonnée par les députés Aurélien Taché, Paula Forteza et Matthieu Orphelin..

Selon Mediapart, la rupture avec le groupe LREM . Pour Les Échos, , la majorité ayant . Dans Libération, Laurent Joffrin relève que ..

Le , Les Échos révèle un projet de scission nommé . et programmé pour le . Il réunit de différents horizons : du interne au groupe LREM, de la sphère écologiste réunie autour de Matthieu Orphelin, de villanistes et de marcheurs non-inscrits venus de la gauche entre autres.. Cependant, le nombre annoncé de scissionnaires est rapidement revu à la baisse après la fuite, et dix jours plus tard ne sont évoqués qu'une vingtaine de députés. Plusieurs députés ont été dissuadés de le rejoindre par des pressions de LREM ; selon Les Échos, ils ..

Création effective Le groupe Écologie démocratie solidarité est né de l'initiative de Matthieu Orphelin et de Paula Forteza.. Cédric Villani, Delphine Batho, Aurélien Taché, Émilie Cariou, Hubert Julien-Laferrière et Annie Chapelier occupent respectivement les postes de co-présidents, vice-présidents, délégués généraux et porte-paroles....

Il est officiellement déposé le , par dix-sept parlementaires. Parmi eux, sept viennent directement du groupe majoritaire, neuf en sont partis ou en ont été exclus, et une seule, Delphine Batho, n'en a pas été membre.. L'Opinion relève que peu d'entre eux : , et trois seulement siègent dans celle de commissions spéciales, délégations ou offices : Hubert Julien-Laferrière est vice-président de la délégation aux Outre-mer, Cédric Villani vice-président de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques, et Sabine Thillaye présidente de la commission des Affaires européennes (exclue cependant du groupe LREM pour avoir refusé de céder son siège à l'issue d'un scrutin interne perdu). L'Opinion note également que Delphine Batho et Sébastien Nadot représentent à eux seuls dix des treize propositions de loi déposées par les membres du groupe depuis le début de la législature.

La création de ce groupe fait perdre la majorité absolue au groupe LREM d’une voix., mais ce n'est qu'une évolution symbolique puisque ce dernier bénéficie de l'appui du groupe du Mouvement démocrate et apparentés et des neuf députés Agir du groupe UDI et indépendants. Le nouveau groupe est couramment comparé aux députés frondeurs de la majorité précédente : si le groupe socialiste avait lui aussi perdu la majorité absolue en cours de législature (en 2015), les frondeurs n'avaient pas créé de groupe dissident à l'Assemblée, ni quitté leur parti, étaient plus nombreux (une quarantaine) et s'appuyaient sur des poids lourds tels que Benoît Hamon et Arnaud Montebourg.. Les membres du groupe récusent le terme de .

Disparition du groupe Après le départ de Sabine Thillaye pour le groupe MoDem et Martine Wonner pour le groupe LT en , l'effectif du groupe tombe à quinze membres, limite minimale pour créer un groupe. Jennifer De Temmerman annonce son départ pour le groupe LT le . Faute d'un nombre suffisant de députés, le groupe disparaît le et tous ses membres deviennent de facto non-inscrits..

Un parti est finalement lancé le sous le nom de Les Nouveaux Démocrates.. Il est coprésidé par les députés Aurélien Taché et Émilie Cariou.. À sa fondation, il comptait dans ses rangs les députés Guillaume Chiche, Delphine Bagarry, Sandrine Josso et Fiona Lazaar (en plus des deux députés co-présidents).. Ces derniers se rattachèrent financièrement à Europe Écologie Les Verts..

Positionnement Au sein de l'Assemblée nationale Le groupe prévoit d'être classé comme minoritaire. Il présente son positionnement comme n'étant ni d’opposition, ni d’alliance systématique avec la majorité, ce qui fait écho, selon certains journalistes, à la doctrine originelle d'En marche, résumée par la formule « En même temps ».. Émilie Cariou commente ainsi la création du groupe : . Frédérique Tuffnell dit retrouver avec ce groupe l'.. Selon Public Sénat, cette attitude politique . Reporterre relève que certains membres du groupe . Lors de la conférence de presse de lancement, le groupe indique que ses membres disposeront de la liberté de vote.

Mediapart estime que . De même, Reporterre souligne que , et relève que .

L'Opinion relève la division entre les membres du groupe lors du vote sur le plan de déconfinement : dix ont voté pour, deux contre et cinq se sont abstenus. Le groupe vote contre le déploiement de l'application StopCovid, à l'exception de Cédric Villani.

Lors du vote de confiance au nouveau gouvernement Castex, en , onze membres du groupe votent contre la confiance (dont Delphine Batho, Émilie Cariou, Hubert Julien-Laferrière, Aurélien Taché, et les co-présidents Matthieu Orphelin et Paula Forteza), quatre s'abstiennent (dont Sébastien Nadot et Cédric Villani) et deux votent pour (Sabine Thillaye et Frédérique Tuffnell)....

Propositions politiques Comme son nom l'indique, le groupe est constitué autour de trois piliers, qui sont définis ainsi dans leur première profession de foi : . Il entend également « porter l'ambition exprimée par les citoyens dans la consultation LeJourd'Après », et relayer les propositions de la Convention citoyenne pour le climat ainsi que généraliser sa méthode..

Lors de la conférence de presse de lancement, le groupe présente une proposition politique en quinze points, comprenant notamment : un plan d’investissement de d’euros sur trois ans dans la transition écologique et solidaire des collectivités locales.. ; une réforme de la fiscalité, notamment sur les plus hauts revenus et le patrimoine ; un soutien à la relocalisation de la production, associé à « des contreparties sociales et écologiques fortes » pour le plan de relance de l'économie, et à l'absence de ratification des accords de libre-échange « sous leur forme actuelle » ; une plus grande place faite au dialogue social et à la lutte contre les discriminations ; le rétablissement d’un système de santé ; la préparation d'une loi pour le respect du vivant ; l'inscription de la préservation de la biodiversité et du climat dans la Constitution ; l'instauration d'un revenu universel alloué à toute personne majeure ; l'instauration d'une .

En , alors que le gouvernement envisage de prolonger le congé de paternité, le groupe EDS dépose une proposition de loi visant à le prolonger jusqu'à douze semaines, dont huit obligatoires, allant nettement au-delà de la proposition du groupe communiste..

Lors de sa niche parlementaire du , le groupe dépose huit propositions de loi visant notamment à interdire la publicité pour les objets polluants, les spectacles d’animaux non domestiques, la chasse à courre et l’installation pendant deux ans d’entrepôts logistiques d’une surface supérieure à par les entreprises de commerce électronique ; ainsi qu'instaurer le droit de vote dès , créer un parrainage citoyen pour les réfugiés, et allonger de 12 à le délai d’accès à l’interruption volontaire de grossesse.. et à autoriser les sages-femmes à la pratiquer. Cette dernière proposition, adoptée par l'Assemblée nationale en première lecture, rejetée par le Sénat le , devrait passer en seconde lecture à l'Assemblée nationale en .

Composition L'Assemblée nationale ne reconnaissant pas la coprésidence de groupe, le groupe EDS prévoyait que la présidence alterne tous les six mois entre Matthieu Orphelin et Paula Forteza.. Frédérique Tuffnell était la trésorière du groupe..

Liste des membres au moment de la dissolution NomPartiCirconscriptionGroupe d'origineGroupe rejoint80pxDelphine BagarryECONI, ex-LREMNI80pxDelphine Batho GE NI, ex-NGNI80pxÉmilie Cariou ECO LREMNI80pxAnnie ChapelierECO LREMAE80pxGuillaume Chiche LREM LREMNI80pxYolaine de Courson LREM LREMMoDem80pxPaula FortezaECO NI, ex-LREMNI80pxAlbane GaillotECO NI, ex-LREMNI80pxHubert Julien-LaferrièreECO LREMNI80pxSébastien NadotMDP NI, ex-LREMLT80pxMatthieu Orphelin (président)ECO LT, ex-LREMNI Aurélien TachéECO LREMNI80pxFrédérique TuffnellLREM NI, ex-LREMMoDem80pxCédric VillaniECO LREMNI

Répartition partisane Parti Nombre La République en marche2 Génération écologie1 Mouvement des progressistes1 Divers centre10

Anciens membres NomPartiCirconscriptionGroupe d'origineNouveau groupe80pxJennifer De TemmermanDVG NI, ex-LREMLT80pxSabine ThillayeLREM NI, ex-LREMMoDem80pxMartine WonnerDVD NI, ex-LREMLT puis NI

Notes et références

Articles connexes Frondeurs (Parti socialiste) Les Nouveaux Démocrates

Liens externes

Groupe Écologie démocratie solidarité sur le site de l'Assemblée nationale