La Commission chargée d'enquêter sur les événements survenus en France de à est une commission d'enquête parlementaire française créée après la Seconde Guerre mondiale dont le but était, à la suite de la débâcle de , d'apprécier les responsabilités politiques et militaires dans la préparation de la guerre et dans sa conduite. .
Son rapport, en plusieurs tomes, sortit en .
Historique La commission est créée par une loi du Loi du ayant pour objet une enquête sur les événements survenus en France de à , Journal officiel de la République française, , , , sur Gallica. par l'Assemblée constituante qui la charge d'enquêter sur et lui donne alors un délai d'un anPour respecter la loi, la commission dépose au bout d'un an, le , au Bureau de l'Assemblée nationale un rapport en blanc et continua ensuite ses travaux. D'un point de vue bibliographique, cela fait que les onze volumes du rapport final publiés en et après la fin des travaux de la Commission constituent officiellement, comme document parlementaire de l'Assemblée Nationale, une « annexe au procès-verbal de la du vendredi ».. Elle est composée de députés issus des différents groupes parlementaires, dans la proportion de leur représentation à l'assemblée, et de non-parlementaires représentant des organisations de la Résistance.
Elle tient sa première réunion le où elle élit son président, le député communiste Alfred Malleret-Joinville (qui fut l'un des quatre généraux de brigade FFI, avec Jacques Chaban-Delmas, Pierre de Bénouville et Maurice Chevance-Bertin), et son vice-président, le député socialiste Gérard Jaquet. Mais lors de leur deuxième réunion, le , ces élections furent remises en cause, car des membres non-parlementaires avaient voté. Le groupe socialiste avait alors saisi l'Assemblée nationale qui, interprétant la loi du , décida que seuls les parlementaires pouvaient voter. Après de nouvelles élections et malgré les protestations des communistes, Gérard Jaquet fut élu président et le député MRP Charles Serre rapporteur général. Les membres communistes de la Commission démissionnèrent et ne participèrent alors plus aux délibérations. Espérant leur retour, en vain, la Commission leur réserva deux des quatre postes de vice-président, les deux autres étant attribués au député radical Edgar Faure et au député PRL Joseph Laniel.
La commission va tenir plus d'une centaine de séances, interrogeant une cinquantaine de personnalités politiques, diplomatiques, militaires et journalistes d'avant et durant la guerre dont : les anciens présidents du Conseil : Paul Reynaud (), Édouard Daladier (), Léon Blum ( et ), Joseph Paul-Boncour () et Pierre-Étienne Flandin (), les anciens ministres de l'Air dans les années : Pierre Cot et Guy La Chambre, plusieurs ministres des Finances avant guerre dont Louis Germain-Martin, l'ambassadeur français en Allemagne de à André François-Poncet, le consul français à Cologne sur cette même période Jean Dobler, l'ambassadeur de France en Pologne et en Tchécoslovaquie avant guerre, Léon Noël (il sera le représentant du ministère des Affaires étrangères lors de l'armistice à Rethondes). les généraux Maurice Gamelin (généralissime au début de la bataille de France), Maxime Weygand (qui le remplaça en puis fut, sous le régime de Vichy, quelques mois ministre de la Défense, puis délégué général en Afrique du Nord), Julien Dufieux, Alphonse Georges, Louis Maurin, deux fois ministre de la Guerre au milieu des années , Henri Lacaille, Marie-Germain-Christian Bruneau, qui commandait la cuirassée en , Émile Bruché, qui commandait la cuirassée, Jean Veron (alors colonel, il était aux services généraux de l'aviation dans l'administration de Vichy puis à l'état-major des forces aériennes d'Afrique du Nord), Louis-Eugène Faucher (durant l'entre-deux-guerres, chef d'état-major du général Eugène Mittelhausser puis chef de la mission militaire française en Tchécoslovaquie de à ), le général Paul de Villelume (alors colonel, chef du cabinet militaire du président du Conseil Paul Reynaud dès sa nomination en ).
Le baron de Dorlodot, membre du Sénat belge, est le seul étranger entendu. Il témoigne sur l'année où selon lui le sort de l'Europe avait été suspendu à un vote du Sénat français.
La plupart des témoins sont convoqués par la Commission, quelques-uns demandant à être reçus comme Jean Dobler. Le général de Gaulle refusa de témoigner.
L'élection d'une nouvelle chambre des députés en met fin aux travaux.
Conclusions et rapports
Le rapporteur général Charles Serre publiera au nom de la commission, entre et , onze volumes au total : neuf volumes de témoignages et deux volumes de rapport.
Le rapport de la commission connaîtra une édition publique, en deux ouvrages aux Presses universitaires de France : Les Événements survenus en France de à . Témoignages et documents recueillis par la Commission d'enquête parlementaire, de , vendu Les Événements survenus en France de à . Rapport de Serre, député, au nom de la Commission d'enquête parlementaire, de , vendus
Membres de la Commission Liste des membres telle que figurant sur la première page du rapport de son rapporteur, Charles Serre. : président : Gérard Jaquet (SFIO) vice-présidents : Edgar Faure (Radical) et Joseph Laniel (PRL) rapporteur général : Charles Serre (MRP ) parlementaires : Paul Antier (CRUPS)Bien qu'ayant voté les pleins pouvoirs au maréchal Pétain le , Paul Antier, après la Libération, est considéré, par décision du Jury d'honneur en date du , comme relevé ipso facto de son inéligibilité, du fait de son appartenance à l'Assemblée consultative. En , il avait été le premier député à rejoindre de Gaulle. Il fut déchu de sa nationalité et condamné à mort par le régime de Vichy., Pierre Beauquier (MRP), Jean Binot (SFIO), Daniel Boisdon (MRP), René Capitant (UDSR), Michel Clemenceau (PRL)Fils de Georges Clemenceau, Michel Clemenceau s'était dès le début opposé au régime de Vichy. Interné en , il avait été ensuite transféré au château d'Itter en Autriche où seront également internées plusieurs personnalités politiques et militaires françaises dont les anciens présidents du conseil Édouard Daladier et Paul Reynaud et les généraux Maurice Gamelin et Maxime Weygand., Lucien Coffin (SFIO), Pierre Dhers (MRP), Félix Gaillard (Parti radical), Godin, Paul Gosset (MRP), Henri-Louis Grimaud (MRP), Raymond Guesdon (SFIO), Émile Halbout (MRP), Paul Hutin-Desgrées (MRP, fondateur du journal Ouest-France), Amadou Lamine-Guèye (affilié SFIO), Jean-Marie Louvel (MRP), Louis Marin, Pierre Mazuez (SFIO), Pierre Métayer (SFIO), André Mutter (PRL), Jean-Paul Palewski (MRP), Antoine Pinay (CNIP), Marc Scherer (MRP), Maurice Viollette (UDSR, ancien ministre du Front populaire), N…Les membres de la Commission sont cités en première page du rapport de la commission d'enquête, certains avec leur prénom et nom, d'autres juste avec leur nom et enfin ce final.. non-parlementaires : Lucie Aubrac (seule femme membre de la Commission), Henri Aubry, de Barral, Paul Benoit, Jean Bertin, Ginas, Justin Godart, Yvon Gouet, Émile Kahn, Manhes, Massiet, Pailleux, Louis Saillant, Jean-Albert Sorrel, André Toller, Vavasseur, A. Verret, Viala.
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Bibliographie . . .
Articles connexes L'Étrange Défaite, réflexion de l'historien et officier Marc Bloch sur le sujet
Liens externes
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