Eugène Isabey, né Eugène Louis Gabriel Isabey le à Paris et mort le à Montévrain, est un peintre, lithographe et aquarelliste français.

Biographie vignette|gauche|redresse|Eugène Isabey enfant, peint en 1810 par Louis-André-Gabriel Bouchet Quatrième enfant du peintre Jean-Baptiste Isabey (1767-1855), dit Christophe Leribault, Eugène Isabey (1803-1886) - Par les ruelles et par les grèves, Éditions Le Passage, 2012., et de sa première épouse née Justine Laurisse de Salienne (1765 - † 31/01/1829)Généanet, La généalogie Isabey - ses sœurs et frère aînés sont Alexandrine, née en 1791, Hector né en 1794 († 1814) et Louise-Simone, née en 1797 - Eugène Isabey, né à Paris au palais du Louvre où sa famille est logée.. Sa sœur Alexandrine épouse le peintre et décorateur d'opéras Pierre-Luc-Charles Ciceri et est donc la mère d'Eugène Cicéri. et la belle-mère du peintre Auguste Alfred Rubé.

Il peint des scènes d'histoire, de genre et des paysages, des naufrages en mer, thème alors en vogue, marqué par le romantisme. Ses débuts sont influencés par Eugène Delacroix et Richard Parkes Bonington.

Il réalise notamment des intérieurs d'une coloration grise tout en nuances. Peintre principalement de marines et de paysages (Picardie, Normandie), il travaille dans son atelier parisien avec des élèves comme Eugène Boudin et Johan Barthold Jongkind dont il fut l'un des maîtres, ou Durand-Brager. Sa famille et celle d'Horace Vernet furent amies.

On lui attribue la découverte du site d'ÉtretatAdolphe Joanne, Le Havre, Étretat, Fécamp, Saint-Valery-en-Caux, Guide Touristique, Paris, Éd. Hachette, 1872, ., où il s'installe durant six mois en 1820 pour peindreAbbé Cochet, Étretat, son passé, son présent, son avenir, 1853, . chez un capitaine des garde-côtes et où il revient les années suivantes avec Bonington et Camille Roqueplan.

À partir de 1824, il séjourne à Honfleur avec le peintre paysagiste et de genre Xavier Leprince. Il expose au Salon dès 1824, où il envoie ses Vue de la plage d'Honfleur, Intérieur du port de Trouville et Ouragan devant Dieppe, qui lui valent une médaille d'or. Il s'installe à Saint-Siméon en 1826. Il envoie des vues de la région au Salon de 1827, où il obtient une médaille de première classe« Eugène Isabey », in : Charles Gabet, Dictionnaire des artistes de l'école française au siècle, Librairie Vergne, 1831. et il rencontre Paul Huet, peintre de paysages et d'animaux. Parmi ses œuvres, citons L'Embarquement de Ruyter, William de Witt et une Tentation de saint Antoine.

En 1830, il fait la campagne d'Afrique, au cours de laquelle il peint un panorama de la rade de Toulon et le camp de débarquement français à Sidi Ferruch. En 1831, il est choisi pour accompagner la mission diplomatique du comte de Mornay au Maroc, cependant il refuse, rentrant tout juste d'Algérie ; il est remplacé par Eugène Delacroix.

Eugène Isabey épouse en Laure Lebreton († 1862) dont le portrait fut peint par Jean-Baptiste Isabey en 1831 (Paris, musée Carnavalet)Portrait de Madame Eugène Isabey, notice du musée Carnavalet., mariage dont en 1833 naît une fille, Marie.. Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1832 (il est promu officier du même ordre en 1852)Étienne Arago, Notice des peintures, sculptures et dessins de l'École moderne : exposés dans les galeries du Musée national du Luxembourg, Musée du Luxembourg, Paris, 1888, ..

C'est lors de son voyage à La Haye en 1845 qu'Eugène Isabey rencontre Jongkind, incitant celui-ci, encore débutant à venir à Paris : Jongkind s'installe ainsi en 1846 place Pigalle, . visitent Fécamp, Yport, Saint-Valery-en-Caux, notamment en , retrouvant Jehannot et Eugène Cicéri (l'un des fils de Pierre Luc Charles Ciceri) à Étretat où .

En 1852, il offre au musée du Louvre deux tableaux importants : le fameux Autoportrait peint par Jacques-Louis David en 1794 ainsi qu'Isabey et sa fille, par François Gérard en 1795..

Eugène Isabey obtient une médaille de première classe pour Le Départ à la chasse de Louis XIII à l'Exposition universelle de 1855Gustave Vapereau, Dictionnaire universel des contemporains, Paris, Hachette, 1858, .. Veuf, il épouse en secondes noces en Emma Morizot (sans postérité) qu'Edmonde Charles-Roux évoque dans son livre Une enfance sicilienne comme s'étant ensuite remariée avec Beppe della Cerda, grand-père du héros de la romancière, Fulco di Verdura Edmonde Charles-Roux, Une enfance sicilienne, Grasset, 1981..

Eugène Isabey est inhumé à Paris au cimetière du Père-Lachaise ().« Eugène Isabey », Les Amis et passionnés du Père-Lachaise..

On connaît des portraits d'Eugène Isabey exécutés par son père, comme le dessin de 1820 que conserve le musée Carnavalet à Paris., comme également la lithographie de Godefroy Engelmann d'après Jean Baptiste Isabey qu'en 1821 ce dernier a titré Mon fils, mon élève et mon ami et qui est visible au Cleveland Museum of Art, comme encore le portrait de 1825 conservé au Fogg Art Museum de Cambridge (Massachusetts)Fogg Art Museum, Portrait d'Eugène Isabey par Jean-Baptiste Isabey, 1825, le musée Carnavalet conservant son portrait en buste, œuvre du sculpteur Jean-Pierre Dantan en 1831. et la National Portrait Gallery de Londres son portrait photographié par Charles Reutlinger vers 1870National Portrait Gallery, photographie d'Eugène Isabey par Charles Reutlinger.

Son style Eugène Isabey est célèbre pour avoir peint des scènes de marines « sans mer ». Il préfère peindre la misère des marins à marée basse, que la vague bondissante de la mer contre les falaisesLouis Désiré Véron, « Le Salon de 1836 », La Revue de Paris, Tome 22, Paris, 1836, .. Son style « fluide » et « lâché » est fait d'effets tachés et d'exécution rapide, qu'il oppose à des détails précisCharles Lenormant, Les artistes contemporains : Salon de 1831, , Paris, Alexandre Meunier, 1833, ..

À la fin de sa vie, Eugène Isabey renonce à la peinture à l'huile pour se consacrer à l'aquarelle et à la gouache, travaillant sur le motif. Ses aquarelles annoncent l'impressionnisme tant par le style que par les lieux qu'il découvre. Il influença Johan Barthold Jongkind et Eugène Boudin dans ces dessins de paysages de Normandie et Bretagne, utilisant encre, aquarelle et gouacheEugène Isabey (1803-1886). Par les ruelles et par les grèves, Musée du Louvre, 2012.. La rencontre de Claude Monet et Jongkind eut lieu chez lui à Honfleur en 1862. Il était également ami avec le peintre russe Alexeï BogolioubovCollectif, Ilya Répine 1844-1930 - Peindre l'âme russe, Catalogue d'exposition du 5 octobre 2021 au 23 janvier 2022, Petit Palais Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, éd. Paris Musées, 2021, 260 p. à qui il fit découvrir la région de Veules-les-Roses.

Distinctions .

Hommages Un groupe scolaire de Montévrain (école primaire et élémentaire) porte son nom en hommage à sa présence dans la commune. Une rue porte son nom dans les villes d'Étretat, Le Havre, Trouville-sur-Mer et Paris. Une course disputée annuellement sur l'hippodrome de Dieppe porte le nom de Prix Eugène-Isabey.

Œuvre

Dessins, Lithographie Canberra, Galerie nationale d'Australie : Environs de Dieppe, 1832-3, lithographie, Dieppe, Canbera Melbourne, National Gallery of Victoria, Radoub d'une barque a marée basse, lithographie, .. Sydney, galerie d'art de Nouvelle-Galles du Sud : Entretien d'un bateau à marée basse, gravure. Art Institute of Chicago : Normandie, 1831, Lithographie, Normandie, Art Institute of Chicago Delaware, Davison Art Center, Université Wesleyenne de l'Ohio : lithographies. Des Moines, Des Moines Art Center, Six marines, suite lithographique, 1833. Glens Falls, , Une grotte, lithographie, 1818. Kansas City, Musée d'art Nelson-Atkins : Ruines du château de Bouzols (Auvergne), lithographie, 1831 Musée d'art du comté de Los Angeles, Retour au port, lithographie, 1833. Minneapolis, Minneapolis Institute of Art : Vue de Caen, lithographie. Washington, National Gallery of Art. Smithsonian American Art Museum. Musée des Beaux-Arts de Brest : Brest, vue de Recouvrance, vers 1850, crayon et rehauts de gouache blanche sur papier Gray (Haute-Saône), musée Baron-Martin: Fenêtre de maison normande, crayon, ; Étude de femme assise, crayon, Paris département des estampes et de la photographie de la Bibliothèque nationale de France Paris, Institut national d'histoire de l'art, bibliothèque, fonds d'archives Eugène Isabey : dessins et manuscrits. Saint-Denis (La Réunion), musée Léon-Dierx : La mort de Virginie, estampe. Wellington, Musée de la Nouvelle-Zélande Te Papa Tongarewa, Le donjon de Polignac, gravure. Birmingham, Barber Institute of Fine Arts, L'église de Varengeville-sur-Mer, dessinArt U.K., Eugène Isabey dans les collections britanniques Greenwich, National Maritime Museum. Institut Courtauld,Londres, DessinInstitut Courtault Wellcome Library, Londres : L'Alchimiste dans son laboratoire, huile sur toileWellcome Library Oxford, Ashmolean Museum Un moine, agenouillé en prière, de profil à droite dessin .

Ouvrages illustrés Eugène Isabey, Six marines, suite de six lithographies, Morlot, galerie Vivienne, Paris, et T. McLean, Londres, 1833. Sous la direction du baron Isidore Taylor, Auvergne, lithographies de Godefroy Engelmann d'après Eugène Isabey, cinquième volume de Voyages pittoresques et romantiques dans l'ancienne France, Firmin Didot imprimeur, 1833. Marie Constance Albertine Montaran, Fragmens [sic], Naples et Venise, dessins de E. Gudin et Eugène Isabey, Paris, J. Laisné, 1836. Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre, Paul et Virginie, suivi de La Chaumière indienne et de La Flore, illustrations de Louis Français, Paul Huet, Eugène Isabey, Tony Johannot, Ernest Meissonnier, Auguste Steinheil, Paris, Éditions L. Curmer, 1838.

Expositions Expositions personnelles Pavillon des arts, Paris, mai-. Château de Dieppe, juin-. Eugène Isabey - Paintings, watercolours, drawings, lithographs, Fogg Art Museum, Cambridge (Massachusetts), novembre-. Eugène Isabey (1803-1886), par les ruelles et par les grèves, Paris, musée du Louvre, juin-.

Expositions collectives Salon de Paris, à partir de 1824. Exposition universelle de 1855, Paris, Palais de l'industrie. Centenaire d'Eugène Isabey et Auguste Raffet - Peintures, aquarelles, dessins, lithographies d'Eugène Isabey et Auguste Raffet, Salon national de la lithographie et de la carte postale illustrée, 1904. Lithographies de Jean-Baptiste et Eugène Isabey, bibliothèque municipale de Mulhouse, janvier-. Voyages pittoresques, 1820-2009, musée des beaux-arts de Rouen, musée d'art moderne André-Malraux, Le Havre, et musée des beaux-arts de Caen, mai-. De Turner à Monet, musée des beaux-arts de Quimper, avril-. L'Austria, une tragédie dans l'Atlantique, exposition-enquête, château des ducs de Bretagne, Nantes, juin-Château des ducs de Bretagne, L'Austria, une tragédie dans l'Atlantique, dossier de presse de l'exposition, 2012. De Delacroix à Signac - Dessins de la collection James T. Dyke; musée des impressionnismes, Giverny, juillet- et National Gallery of Art, Washington, janvier-Musée des impressionnismes, Dessins de la collection Dyke, présentation de l'exposition, 2012. Exposition Fabricia - Le voyage à Nantes, École nationale supérieure d'architecture de Nantes, 2014Jean-Pierre Dalbéra, Fabricia, présentation de l'exposition, Nantes, 2014. L'estuaire de la Seine, l'invention d'un paysage, exposition itinérante au Japon et en Corée du Sud, - .. Beauté divine - Tableaux des églises ornaises, musée départemental d'art religieux de Sées, juillet-. De David à Courbet, chefs-d'œuvre du musée des beaux-arts et d'archéologie, musée des beaux-arts et d'archéologie de Besançon, mars-. Mnémosyne, musée des beaux-arts de Montréal, - .. Napoléon, images de légende, musée des beaux-arts d'Arras, - Sarah Belmont, « Exposition à Arras : quand Napoléon brillait à Versailles », Le Parisien, 6 octobre 2017. Dessiner en plein air, musée du Louvre, .

Réception critique