La politique étrangère du Maroc désigne l’ensemble des relations internationales du royaume du Maroc depuis son indépendance proclamée le . Le Maroc a gardé des relations étroites avec la France, ancienne puissance coloniale. vignette|Nasser Bourita, chef de la diplomatie marocaine depuis le 5 avril 2017. Depuis 2017, le ministre marocain des Affaires étrangères est Nasser Bourita.

Chronologie des relations

Premières années après l'indépendance vignette|Le roi Mohammed V du Maroc en 1957. Au cours des premières années d’indépendance, la politique marocaine consiste à reconstituer le « Grand Maroc » (l'Empire chérifien dans ses frontières antérieures à 1912) englobant la Mauritanie, une partie de l'Algérie, le nord-ouest du Mali, voire l'archipel des îles Canaries. L'abandon de cette idéologie se confirme en 1960 par la reconnaissance officielle par Rabat de la République islamique de Mauritanie nouvellement indépendante.

Entre 1958 et 1960, le gouvernement socialiste d'Abdallah Ibrahim, marque la volonté d'émancipation du Maroc, qui se traduit diplomatiquement par son adhésion à la Ligue arabe et par son soutien au panafricanisme, et financièrement par l'abandon du franc marocain, au profit du dirham.

Le Maroc s'affirme en outre comme l'un des membres fondateurs de l'Organisation de l'unité africaine, et abrite en 1961 un sommet auquel participent le Mali, la Guinée, le Ghana, la République arabe unie et le GPRA, tous réunis au sein du groupe de Casablanca qui milite pour une unification avancée du continent.

L'opposition à la France et à sa politique coloniale, notamment durant la guerre d'Algérie, conduit également le Maroc à abriter des bases et des camps d'entraînement du FLN algérien, ainsi que le commandement de la Wilaya V : il s'agit de l'état-major de l'armée des frontières, connu sous le nom de clan d'Oujda et regroupant les futurs dirigeants de l'Algérie indépendante, tels que Houari Boumédiène et Abdelaziz Bouteflika.

Sous le règne de Hassan II vignette|Hassan II, roi du Maroc de 1961 à 1999 En 1961, Hassan II, alors âgé de 32 ans, succède à son père Mohammed V décédé à l'âge de 51 ans. Pour lutter contre l’hégémonie des nationalistes, le jeune roi décide de s’appuyer sur l’élite politique, administrative et surtout militaire berbérophone et francophile. Le roi Hassan II s'appuie sur l'aide de camp de son père Mohamed Oufkir, ancien général de l'armée française vétéran de la Seconde Guerre mondiale et de la guerre d'Indochine, à qui il confie successivement le poste de ministre de l'Intérieur puis ministre de la Défense.

En le Maroc et l'Algérie se livrent à une série d'affrontements frontaliers connus comme la "guerre des sables", en raison de désaccord au sujet du tracé des frontières à la suite de l’indépendance de l'Algérie obtenue en 1962. Le conflit se termine rapidement par un cessez-le-feu sous la médiation du président malien Modibo Keïta, et par l'abandon du Maroc de ses revendications sur Béchar et Tindouf.

En , l'Organisation de la coopération islamique est fondée à Rabat.

En et , deux tentatives de coup d'État militaires sont menées contre Hassan II et échouent. Mohamed Oufkir, probable complice dans la première tentative et instigateur de la deuxième, est tué dans des circonstances imprécises, tandis que le poste de ministre de la Défense est supprimé par le roi Hassan II.

En 1984, le Maroc quitte Orgaisation de l'Union Africaine pour protester contre l'admission au sein de l'institution de la République arabe sahraouie démocratique proclamée par le Front Polisario au Sahara occidental, un territoire que Rabat considère comme sien.

Sous le règne de Règne de Mohammed VI vignette|Mohammed VI, roi du Maroc depuis 1999. Mohammed VI succède à son père Hassan II à sa mort en , devenant le troisième souverain à porter le titre de roi du Maroc..

Le Maroc sous le règne de Mohammed VI a entretenu des relations économiques et politiques très importantes avec la France et les États-Unis, qui le considèrent comme un partenaire important contre le terrorisme au Maghreb.

L'action diplomatique de Mohammed VI se concentre aussi sur la réintégration du Maroc en Afrique, le pays ayant quitté l'Union africaine en 1984 et fermé sa frontière avec l'Algérie en 1994..

En , le Maroc noue des relations diplomatiques avec Israël., en contrepartie de la reconnaissance de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental par les États-Unis.

En , le parcours exceptionnel de l'équipe du Maroc de football lors de la coupe du monde de 2022 provoque une grande ferveur des populations arabes et africaines pour le royaume chérifien, soft power sur lequel le gouvernement espère capitaliser engranger des gains économiques ainsi que diplomatiques. L'année suivante, la reconnaissance israélienne de la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental quelques mois après une inflexion espagnole et dans une moindre mesure, allemande sur cette question, donne satisfaction au Maroc, et pousse le royaume chérifien à concentrer sa pression sur la France pour qu'elle suive ce mouvement.

Relations avec les autres pays africains Le Maroc est membre fondateur de l'Organisation de la coopération islamique, dont plus de la moitié des 57 États membres sont situés en Afrique, et de l'Union africaine depuis 2017, date de sa réintégration du Royaume chérifien à la suite de son retrait en 1984..

Relations avec l'Algérie

Durant la guerre d'Algérie qui dure de 1954 à 1962, les relations entre les deux pays sont positives. Lorsque le Maroc déclare son indépendance en 1956, Mohammed V expédie armes, argent et médicaments au Front de libération nationale, et devient même une base arrière pour des combattants algériens qui bénéficient de camps d'entraînement. Lors de l'arrestation par la France du futur président algérien Ahmed Ben Bella avec d'autres combattants du FLN, Mohammed V décide de suspendre ses relations avec la France jusqu'à ce que ces prisonniers soient libérés, alors qu'ils ne sont relâchés qu'à la fin de la guerre. En , le Maroc reçoit des responsables politiques tunisiens et algériens à la conférence de Tanger pour l’unification du Maghreb, lors de laquelle le parti marocain Istiqlal et le Néo-Destour tunisien s’engagent à renforcer leur soutien au FLN.

Après l'Indépendance de l'Algérie obtenue le ., l'homme politique marocain Allal El Fassi, chef de file du Parti de l'Istiqlal, et le jeune roi Hassan II contestent les frontières définies par la France et déclenchent les hostilités en , essayant de mettre la main sur la région de Béchar. La guerre des sables dure environ trois semaines et cesse le à la suite d'une médiation du président malien Modibo Keïta, qui Hassan II et Ahmed Ben Bella à Bamako.

Les années suivantes, dans un contexte de guerre froide, l'Algérie se rapproche des pays communistes et de l'Union soviétique, son principal fournisseur d'armes. tandis que le Maroc se tourne davantage vers les États-Unis.

Mais la plus forte divergence entre les deux États maghrébins concerne la question du Sahara occidental, colonie espagnole jusqu'en 1975 et terre riche en phosphates. Le Maroc exploite la région économiquement et favorise une immigration depuis le nord du pays. L'Algérie, de son côté, soutient la rébellion du Front Polisario et accueille chez elle des réfugiés sahraouis et proclame que l'ancien protectorat espagnol est la d'Afrique.

Ces tensions dégénèrent en violents affrontements en début d'année 1976 entre les troupes marocaines et algériennes à Amgalla (Sahara occidental), et entraîne une rupture des relations diplomatiques entre l'Algérie et le Maroc le même année. Celles-ci sont rétablies en , à la suite de l'acceptation par le Maroc d'un plan des Nations unies prévoyant un cessez-le-feu et la tenue d’un référendum d’autodétermination au Sahara occidental.

La frontière de qui sépare Algérie et Maroc est fermée depuis 1994, à la suite de l'attentat contre l'hôtel Asni à Marrakech ayant impliqué trois jeunes algériens, le ministre marocain de l'Intérieur Driss Basri accusant les services secret algériens de l'avoir organisé. La décision de fermer la frontière entre ces deux États est prise par l'Algérie, en représailles de la décision de Rabat d'imposer un visa aux voyageurs algériens. Le Maroc est revenu sur cette décision en 2004, suivie par la décision d'Agler de lever à son tour l'imposition d'un visa pour entre en Algérie depuis le Maroc.

Le Président algérien élu en 1999 Abdelaziz Bouteflika tente de rompre cette spirale de tensions et de ruptures en se rendant aux obsèques de Hassan II, évoque les avantages d’un Maghreb débarrassé de ses vieux conflits pour aller de l’avant dans le développement de la région. Mais celui-ci, soutenu par l’armée algérienne, ne peut ignorer les principes fondamentaux mis en place par les militaires et doit constamment ménager la chèvre et le chou, en réaffirmant régulièrement le soutien algérien à l’autodétermination du Sahara occidental.

En , la Société nationale des Transports ferroviaires algérienne annonce en la construction d'une ligne de train à grande vitesse de plus de pour relier l'Algérie, la Tunisie et le Maroc.

En , à la suite de l'élection d'Abdelmadjid Tebboune à la présidence de l'Algérie, le roi Mohammed VI lui exprime ses sincères félicitations, et faire part de son souhait d’ouvrir une nouvelle page dans les relations entre les deux États.

En , la reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté du Maroc sur le Sahara provoque une nouvelle crise diplomatique entre Rabat et Alger, qui condamne une .. En , l’armée algérienne, procède à d’importantes manœuvres aéroterrestres à Tindouf (sud), province frontalière du Sahara occidental et du Maroc.

vignette|Omar Hilale, ambassadeur marocain auprès des Nations unies. En , Alger annonce rappeler son ambassadeur à Rabat, en raison de cette nouvelle crise diplomatique entre les deux pays maghrébins sur le Sahara occidental, alors qu'en réaction à ce soutien algérien au Front Polisario, l'ambassadeur du Maroc à l'ONU, Omar Hilale affiche son soutien à l'autodétermination du peuple kabyle (région berbérophone du nord-est de l'Algérie). La semaine suivante, le roi Mohamed VI tente de calmer le jeu, déplore ces tensions, et invite le président algérien Abdelmadjid Tebboune à entre les deux pays.

Le mois suivant, le ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, annonce la rupture des relations diplomatiques avec le Maroc voisin, en raison du royaume à l'égard de l'Algérie. La semaine précédent cette déclaration, le Haut Conseil de Sécurité, présidé par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, avait décidé de revoir les relations avec le Maroc, accusé d'être impliqué dans les incendies meurtriers qui ont ravagé le nord du pays et fait 90 morts. Le ministère marocain des Affaires étrangères dénonce en réaction une décision , et les .

En , le président algérien Abdelmajid Tebboune ordonne la fin du contrat gazier concernant le gazoduc reliant l’Algérie à l’Espagne via le Maroc. Le Maroc touchait des droits de transit (entre 50 et 200 millions d’euros/an) et achetait de ce gaz algérien, afin d'approvisionner une centrale électrique de l’Oriental.

Un an plus tard, le président algérien invite toutefois le roi du Maroc Mohammed VI à assister au sommet de la Ligue arabe prévu début à Alger, malgré un climat de tension persistant et l'absence de lien diplomatique entre les deux pays. En , le roi Mohammed VI du Maroc déclare souhaiter retour à la normale avec l'Algérie et la réouverture des frontières entre les deux pays fermés depuis 1994.

Relations avec la Côte d'Ivoire

Les relations entre la Maroc et la Côte d'Ivoire datent de l'établissement de relations diplomatiques en 1962, mais sous le règne de Mohammed VI elles se sont renforcées et sont actuellement en pleine expansion. Cet axe s'inscrit dans l'importance que Rabat accorde au développement des relations sud-sud, soit entre le Maroc et l'Afrique noire.