Le monument dit « Aux victimes de juin » est un monument aux morts élevé au cimetière du Père-Lachaise par la Ville Paris en 1836. Il commémore les victimes militaires ayant participé aux répressions des insurrections parisiennes du et et du 13 et 14 avril 1834, ainsi que les victimes civiles de la machine infernale de Fieschi du .
Historique
Insurrection de juin 1832
« Aux victimes de juin » serait le premier monument aux morts érigé en France et est assurément le premier du cimetière du Père-Lachaise. Quelques jours après l'insurrection républicaine, le conseil municipal de Paris concède une sépulture aux défenseurs de la monarchie de Juillet morts les 5 et . Cette délibération du conseil municipal du est approuvée par l'ordonnance royale du . Elle accorde une .
Insurrection d'avril 1834
La même chose est réalisée à la suite des insurrections des 13 et 14 avril 1834Une lettre de Paul-François Dubois sur l'insurrection parisienne d'avril 1834. Le Moniteur universel du indique que .
Machine infernale
Puis y ont été ajoutées les victimes civiles de la machine infernale de Giuseppe Fieschi du . Le , Rose-Geneviève Alizon et Nicolas-François Leclaire y sont inhumés. Le , Madame Briosne née Frotignon et Joséphine-Pélagie Langdot y sont inhumées.
Confusion avec l'insurrection de 1848 La confusion avec les journées de est fréquente. L'erreur se retrouve dans de nombreux ouvrages consacrés au cimetière : Edward Falip (1878), Jules Moiroux (1908), conservateur du cimetière, Michel Dansel (1973), Vincent de Langlade (1988), Marcel Le Clère (1990), Christian Charlet (2003), historien des cimetières parisiens pour la Ville de Paris et Paul Bauer (2015). Quelques ouvrages ne font toutefois pas l'erreur : évidemment Joseph Marty (1838), Barthelémy Prosper (1853), Théophile Astrié (1865), Henry Jouin (1897), Danielle Tartakowsky (1999) ainsi que les guides de voyage consacrés à Paris : Adolphe Joanne (1900), Karl Baedeker (1900). Enfin, plusieurs ouvrages ne mentionnent tout simplement pas cet édifice : Jean-Marie-Vincent Audin (1836)., Jean-Pons-Guillaume Viennet (1855)., Jacques Hillairet (1958), Jacques Barozzi (1989).
Faible postérité Pour Civardi et France, la postérité quasi nulle de l'édifice relève entre autres de la faible importance historique des événements commémorés, de l'emplacement du monument et de son faible intérêt architectural qui apparut vite comme « le vestige d'une époque révolue et d'une idéologie réprouvée de toute part, puisque les républicains pouvaient lui reprocher son origine politique, les conservateurs son allure laïque et les amateurs d'art son style démodé et sans grâce ».
Danielle Tartakowsky rappelle que durant la Commune, une délégation s'est rendue à l'Hôtel de Ville pour demander la démolition du monument, mais les communards refusent de toucher aux tombes.
En 1924, le monument est restauré, conformément à une décision du conseil municipal de 1922. Certains éléments brisés de l'ancien monument gisent entre les tombes de la division.
Monument Le monument est situé en première ligne de la du cimetière du Père-Lachaise. L'emplacement est constitué de trois terrains mesurant en tout . La date de construction exacte du monument n'est pas connue précisément mais les travaux ne commencèrent pas immédiatement. Le Commissaire de police du quartier de Popincourt signale dans un rapport du l'état d'abandon de l'emplacement concédé aux victimes de et qu'il était prévu d'y élever un modeste monument. Quelques années plus tard, le monument est achevé, comme l'indique le dessin reproduit par Louis-Marie Normand dans un recueil de monuments funéraires publié en 1836.
Le monument réalisé par l'architecte Étienne-Hippolyte Godde et le sculpteur Jean-Baptiste-Louis Plantar est composé d'un soubassement orné de lances et couronnes de chêne. Les lances divisent les inscriptions disposées en colonnes. Le soubassement est surmonté d'un petit monument dont le fronton est orné d'une couronne. Les faces antérieures et postérieures sont ornées d'un coq, d'une guirlande en chêne et de flambeaux renversés. Les côtés sont décorées d'un papillon entouré d'un serpent se mordant la queue (ouroboros). L'emplacement gazonné est entouré d'une balustrade.
En plus des 62 noms gravés sur ses différentes façades, le monument comporte les inscriptions suivantes :
La façade antérieure comporte la devise de la Garde nationale :
Face droite :
La face gauche comportait l'inscription devenue illisible :
Sépulture Au total, 62 gardes nationaux, gardes municipaux, militaires et civils sont inhumés dans cet enclos funéraire.
Une liste sur trois colonnes figurant sur la face antérieure du monument présente 43 soldats appartenant à l'armée, à la Garde nationale et à la Garde municipale de Paris, infanterie et cavalerie, mortes lors de l’insurrection républicaine des 5 et à Paris.
La face droite présente les noms de 15 gardes nationaux, gardes municipaux et soldats tués lors des émeutes des 13 et . Une deuxième colonne présente 4 victimes décédées des suites de leurs blessures reçues lors de l'attentat de Fieschi du .
Façade antérieureAux victimes de juinAubert Pierre-HippolyteGarde municipal à chevalGuenifet JosephCarabinier au légerMenard LouisSoldat au Bellier François-MichelAdjudant-major de la de la garde nationale de ParisHerera CharlesGarde municipalModer JeanChasseur au légerBéringer NicolasGarde municipalHervet Jean-FrançoisTambour auMousseau Pierre-AugusteSoldat au de ligneCartier JeanChasseur au légerKolleter François-MarieVoltigeur au de ligneMunerel FrançoisSoldat au de ligneChollet Jacques-Louis-LéonardChef d'escadron au Ladroix Jean-BaptisteGarde municipalPargala JeanCarabinier au légerCocquelet Charles-JosephGarde municipalLavrillière EugèneGarde municipalPernot François XavierGrenadier au de ligneCondamine PierreCarabinier au légerLefort ÉmileCommis-marchand, Grenadier de la de la garde nationale de ParisPrévost Jean-Baptiste HonoréCapitaine au légerDuc ClaudeSoldat au de ligneLemoine Louis-VictorSergent au de lignePussier LouisSoldat au de ligneFauchier HenriVoltigeur au de ligneLhubert Jean-MarieCarabinierRaud JeanGarde municipalFolenfant JosephSoldat auLointier Jean-LouisSous-officier à la des vétéransReybel MathiasGarde municipalForest BernardSoldat au légerMorge DominiqueTourneur en cuivre, Chasseur dans la de la garde nationale de ParisSattlair François-XavierGarde municipalGaultier PierreJournalierMarquez AntoineChasseur au légerSchmitt DominiqueGarde municipalGeoffroy Jean-JulienLieutenant de la de la garde nationale de ParisMathieu ÉtienneVernisseur, Tambour de la de la garde nationale de ParisSénégon Pierre-GeorgesCaporal au de ligneFélix-Marie GillesGarde municipalVanherseque Charles-LouisVoltigeur au de lignePierre GravetCapitaine de la de la garde nationale de Paris, ancien officier de l'armée.Weber ClaudeGrenadier au de ligne
Façade droiteAvril 1834Juillet 1835Armellini Jean AntoineVoltigeur au de ligneDame Alizon Rose GenevièveBernard Alexis JosephSoldat au de ligneDame Briosne née Frotignon Fébronie AdélaïdeBlondy JacquesVoltigeur au de ligneLeclaire Nicolas FrançoisÉbénisteChenut Jean-BaptisteGarde municipalDame Edhernez née Langdot Joséphine PélagieDe Mia Charles Louis AntoineSoldat au de ligneDupuis LéonardGarde municipalFayaut FrançoisSoldat au de ligneGauthiez Jean-BaptisteSoldat au de ligneGilbert Antoine Charles ClémentCapitaine au de ligneGuilliout Pierre HonoréVoltigeur de la de la garde nationale de ParisGuitton LouisGarde municipalJournier CharlesTambour de grenadiers au légerLéon Pierre JeanSoldat au de ligneMalgornn YvonSoldat au de ligneRey Paul François JosephCapitaine de grenadiers au de ligne
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie
Articles connexes
Massacre de la rue Transnonain () Cimetière du Père-Lachaise Liste des monuments aux morts du 20e arrondissement de Paris
Catégorie:Monument aux morts au Père-Lachaise Catégorie:Révolte sous la monarchie de Juillet