Un titre de noblesse est soit un titre hérité par des personnes de condition noble, soit un titre conférant la noblesse. Il correspond à l'origine à l'exercice de fonctions d'autorité déléguées de celles du souverain : militaires ou judiciaires. D'abord attaché à l'exercice de cette autorité sur une population ou un peuple : prince ou duc des Normands, duc des Francs, dux Bavarorum, à partir du , il devient attaché au nom de la circonscription territoriale sur laquelle il s'exerçait (duché, marquisat, comté, vicomté, baronnie, etc.).

Cependant en fonction des États conférant ces titres de noblesse, différentes règles de transmission s'appliquent, décidées par le Souverain ou la Souveraine en place.

France Titres réguliers et de courtoisie En France, même s'il n'y a plus légalement de noblesse depuis l'instauration de la en 1870, les titres authentiques et réguliers, transmis au descendant du premier titulaire selon les règles de dévolution prévues par les lettres patentes de concession, sont reconnus comme accessoires du nom et peuvent faire l'objet d'une investiture (vérification) par la section du sceau de France dépendant de la direction des Affaires civiles et du Sceau du ministère de la Justice. Cette reconnaissance par la République des titres de noblesse authentiques et réguliers est purement formelle. Elle ne fait que constater qu'une personne est la mieux placée pour succéder à un titre. Elle n'est pas obligatoire pour la transmission du titre, mais permet au bénéficiaire d’en faire un usage officiel et de le faire figurer sur tous les documents administratifs, y compris la carte d'identité comme un accessoire du nomMarc Guillaume, Le Sceau de France, titre nobiliaire et changement de nom, Académie des sciences morales et politiques, séance du 3 juillet 2006..

En France, la transmission des titres de noblesse se faisait généralement selon les règles de primogéniture masculine, excluant ainsi les cadets de la succession au titre. Cependant, l'usage a fait que mise à part les princes et les ducs qui occupaient de hautes fonctions au sein de la Cour de France et du Royaume tout entier, la noblesse avait pris la liberté d'accorder aux cadets des titres subsidiaires ou des déclinaisons. Cela signifiait que le second fils d'un "Comte X" prenait le titre de "Comte X" ou "Vicomte X". N'étant alors qu'un titre de courtoisie, et n'ayant d'usage légal, cette pratique a été tolérée pendant des siècles. Elle est toujours d'actualité au sein des familles de la noblesse subsistante.

La transmission des titres concernait surtout la branche masculine, mais aussi les femmes de la noblesse, qui en héritaient par leur père ou leur époux.

Il est aussi d'usage pour le fils aîné d'un duc de prendre du vivant de son père le titre de courtoisie de « marquis » (il deviendra par la suite duc, abandonnant le titre subsidiaire pris de marquis).

Dans le cas où le Chef de Maison possède plusieurs titres subsidiaires, attachés à plusieurs fiefs (ou anciens fiefs), ce dernier peut décider de laisser un titre à un cadet, transmettant le plus important à l'aîné, destiné à lui succéder.

Ainsi : le Chef de Maison serait titré : "Monsieur le Comte de X, Vicomte Y, et Baron Z" pourrait décider de titrer de son vivant son aîné : "Monsieur le Vicomte Y" et un cadet : "Monsieur le Baron Z"

Titres de fantaisie Les titres de fantaisie ayant pour origine la pure fantaisie, il n'a aucune valeur ni auprès des institutions royales de l'Ancien Régime, ni au sein de la République. Les propriétaires de tel titres ne peuvent faire vérifier leur appellation par le Garde des Sceaux, n'ayant jamais été réellement titré. Cependant, nous pouvons constater dans de nombreux cas que la succession des titres de fantaisie se rapproche de celle des titres de courtoisie et réguliers.

Cas spécial de Wallis-et-Futuna vignette|Le roi coutumier () Tomasi Kulimoetoke a régné de 1959 à 2007 sur le royaume d'Uvea. Wallis-et-Futuna est une collectivité d'outre-mer française avec trois rois coutumiers.

L'article 3 du statut de 1961 dispose que . Les trois royaumes traditionnels d'Uvea, d'Alo et de Sigave sont reconnus officiellement par la République Française, mais il s'agit d'une monarchie élective. Le pouvoir d'élire ou de destituer les rois revient à un ensemble de familles nobles appelées 'aliki.

Royaume-Uni Au sein de la famille royale

Depuis 2011, au sein de la monarchie britannique et de celles régissant les autres royaumes du Commonwealth, le titre royal se transmet par primogéniture stricte, sans préférence pour un des deux sexes. Ainsi, le premier enfant du monarque précédent sera automatiquement désigné comme successeur, sous réserve que ce dernier soit légitimement né, et n'ait pas renoncé à ses droits sur le trône.

Les droits sur le trône sont perdus par un prince de la Maison royale s'il se marie sans le consentement du monarque. Cette règle est applicable pour les six premières personnes suivant l'ordre de succession.

Les princes de la Maison Windsor naissent avec la dignité de « Prince du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord » avec le prédicat d'Altesse Royale. Cette dignité n'est transmise aux enfants que par primogéniture avec préférence masculine. Les enfants des princesses du Royaume-Uni n'héritent pas du titre princier, mais font quand même partie de l'ordre de succession au trône britannique et de la famille royale.

Suivant cette logique, James Mountbatten-Windsor, fils du prince Edward, aurait dû recevoir de façon légale à sa naissance le titre de prince du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et le prédicat d'altesse royale. Cependant, le prince Edward a souhaité, en accord avec son épouse Sophie Rhys-Jones, que ses enfants reçoivent les honneurs dus à un comte britannique et non pas à un prince de la Maison royale. Ce n'est que lors de son ou après que James Mountbatten-Windsor pourra choisir d'utiliser ou non son titre princier. Il porte actuellement le titre de comte de Wessex, premier titre subsidiaire de son père.

Au sein de la pairie Au sein de la pairie du Royaume-Uni, les règles de succession aux titres de noblesse sont quasi-similaires à la succession française. La majorité des titres se transmettent de père en fils, le fils aîné pouvant porter un titre subsidiaire du père de son vivant.

Certains vieux titres anglais où dont la lettre pattente a été modifiée pour éviter l’extinction du titre peuvent aussi se transmettre à des femmes. Par exemple, la lettre pattente créant le titre de duc de Marlborough dont le premier titulaire, Sir John Churchill, n’avait plus de fils vivant est modifiée par le parlement qui permet en 1706 au titre de passer aux filles du duc puis à leurs descendants.

Il y a également une autre exception qui est celle du Lord écossais, qui est en fait un Laird. Ce titre est attaché à une terre et ne peut être porté que par le propriétaire de cette terre. En cas de vente du terrain, le nouveau propriétaire devient Lord, et l'ancien perd son appellation. Le titre de Laird est l’équivalent écossais du chevalier anglais, en ce sens qu’il s’agit d’un titre de courtoisie et ne donne pas à son propriétaire le droit de siéger à la Chambre des Lords. Beaucoup de Lairds préfèrent la traduction anglaise « Lord », plus connue en dehors de l’Écosse. Toutefois, il convient de noter que ce n’est pas l’équivalent du titre anglais de « Lord », qui est accordé uniquement aux pairs du Royaume.

Il existe cependant un nombre limité de domaines écossais pouvant utiliser les titres féodaux de Lord ou Lady (déclinaison féminine).

En Europe Belgique

Une hiérarchie des titres nobiliaires peut être trouvée dans un rapport daté du et qui aurait été soumis au Roi des Belges Léopold et sur lequel celui-ci aurait marqué son accord. Ce rapport, qui n'est ni une loi, ni un arrêté royal, n'a aucune force obligatoire dans l'ordre juridique belge, et ne fut d'ailleurs pas non plus publié officiellement au Moniteur belge. Cette hiérarchisation est d'ailleurs rejetée pour le titre de duc qui est supérieur à celui de prince dans certains cas.

En Belgique, il existerait quatre modes de transmission ou d'acquisition de la noblesse. Cette catégorisation ne repose cependant sur aucun texte légal et n'engage ni l'exécutif ni le judiciaireFrédéric Collon, recension de l'étude Les origines et l'ascendance de la maison de Hennin de Boussu Walcourt, dans L'Intermédiaire des généalogistes, 1962, page 153 in fine.. Mais si l'on suit cette classification, la noblesse pourrait ainsi être transmise par :

Descendance : enfants nés du légitime mariage d'un noble (ce qui exclut les enfants nés d'un concubinage). Concession : attribution d'une faveur nobiliaire par le roi (anoblissement) et de lettres patentes ; Reconnaissance ou réhabilitation : validation d'un titre ancien perdu par dérogeance ou déchéance et auquel le citoyen peut légitimement prétendre ; Reconnaissance (naguère admission) dans la Noblesse belge : reconnaissance d'un titre de noblesse étranger octroyé à une famille d'origine étrangère dans le passéVoyez Le Parchemin, 1998, page 444 : Pour une telle reconnaissance, il faut deux générations de nationalité belge, selon M. Georges de Hemptinne, membre honoraire du Conseil héraldique..

Les titres nobiliaires ne sont pas tous transmissibles, néanmoins il arrive que lorsqu'une faveur nobiliaire a été conférée à titre personnel, elle fasse ensuite l'objet d'une concession héréditaire par un nouvel Arrêté royal. Les lettres patentes spécifient leur mode de transmission, ils peuvent être : héréditaire : transférable à toute la descendance masculine et féminine ; primogéniture masculine : transférable à la première descendance masculine ; progéniture masculine : transférable à toute la descendance masculine seulement ; progéniture féminine : transférable à toute la descendance féminine seulement ; personnel : non transférable à la descendance masculine et féminine.

Les titres nobiliaires ont été soumis à une problématique, à la suite de la réforme du sur les noms de famille, les parents peuvent choisir de donner le nom de la mère ou le nom du père, voire les deux. Le titre de noblesse héréditaire ne se transmettant que par le nom du père, cela posa une problématique de transmission du titre. L'Association de la noblesse du royaume de Belgique (ANRB) a évoqué dans son bulletin trimestriel cette problématique et a formulé ses positions : Si le nom du père : rien ne change par rapport à la législation actuelle, l'enfant hérite du titre ; Si le nom de la mère : pas de transmission de noblesse ni d'un titre éventuel même si le père et/ou la mère est/sont noble(s) ; Si le nom du père suivi du nom de la mère : transmission de noblesse paternelle et du titre éventuellement associé ; Si le nom de la mère est suivi du nom du père : pas de transmission automatique de la noblesse ni du titre éventuel même si le père et/ou la mère est/sont noble(s).

Ces modes de transmission sont actuellement en cours de réflexion au Service de la noblesse du ministère des Affaires étrangères. L'Association de la noblesse du royaume de Belgique (ANRB) participe au débat. Dans la circulaire de , l'ANRB confirme cette position et elle mentionne que les débats écoulés se sont orientés dans cette direction. Elle rajoute qu'elle n'encourage pas la (nom du père suivi du nom de la mère).

Danemark

Depuis 1849, les souverains danois n'ont accordé aucune concession de titres ou de noblesse, sauf au sein de la famille royale en cas de mariage morganatique. Le princes danois épousant une femme issue d'une famille non-dynaste perdent en effet leur titre princier au profit de celui de comte de Rosenborg. Certains titres ont également été reconnus ou autorisés à être transmisQuid 2005, ed. Robert Laffont, p. 1187c..Le titre de Prince est réservé aux membres de la Famille Royale.

Espagne