L'allée Achille-Lignon est une voie du quartier de la cité internationale, située en quasi-totalité dans le arrondissement de Lyon tandis que son extrémité nord-est est géographiquement sur la commune voisine de Villeurbanne, en France.
Situation et accès L'allée Achille-Lignon est doublée en contrebas par le quai Charles-de-Gaulle. De fait, ils ont les mêmes tenants et aboutissants.
Au sud, se trouve la place du Général-Leclerc, devant l'entrée principale du parc de la Tête-d'Or, carrefour où convergent plusieurs voies : le pont Winston-Churchill qui permet le franchissement du Rhône vers le et la commune de Caluire-et-Cuire par les quais de la rive droite et la montée de la Boucle, l'avenue de Grande-Bretagne qui prolonge au sud le quai Charles-de-Gaulle, et le boulevard des Belges qui flanque le parc sur son côté sud.
Au nord, le quai et l'allée aboutissent également à un carrefour important à la limite géographique des communes de Lyon et de Villeurbanne où convergent le boulevard Laurent-Bonnevay sur Villeurbanne, le boulevard de Stalingrad marquant la limite des deux communes et le pont Raymond-Poincaré, permettant, comme au sud, le franchissement du Rhône, vers la commune de Caluire-et-Cuire. Un dernier franchissement du Rhône par la passerelle de la Paix se situe à la hauteur du palais des congrès et permet de rejoindre la rive droite du Rhône.
vignette|Les vélo'v de la station 6002, dite « Porte des enfants du Rhône », desservant l'entrée principale du parc de la Tête-d'Or du même nom. De par sa proximité avec le parc de la Tête-d'Or, haut lieu d'aménités pour les habitants, et la présence de la cité internationale et de son complexe (cinéma, casino, bureaux, centre de congrès), le site de l'allée Achille-Lignon est largement desservi. Le fait qu'il soit doublé en contrebas par la route, et le quai Charles-de-Gaulle séparé de celui ci par les bâtiments de la cité internationale et d'Interpol, le rend accessible en véhicule particulier renforcé par la présence de deux parkings publics de grande taille dits P0 et P2 gérés par Lyon parc auto et accessibles depuis le quai Charles-de-Gaulle.
L'allée Achille-Lignon est largement desservie sur toute sa longueur, de par son historique, d'abord quai routier, puis site propre de véhicules prioritaires uniquement, par le réseau transports en commun de Lyon et notamment les arrêts Parc Tête-d'Or-Chuchill, Interpol, Musée d'art contemporain et Cité internationale-Centre de congrès des lignes de bus fortes ainsi qu'au même premier arrêt par la ligne à l'extrémité au sud-ouest et entrée principale du parc de la Tête-d'Or, ainsi qu'à l'extrémité nord-est à l'arrêt Cité internationale-Transbordeur par les lignes et .
Le site propre de bus étant doublé par une piste cyclable, à proprement parler le tracé du terre-plein de l'ex-quai transformé en allée, plusieurs stations du système de vélos en libre service vélo'v créé en 2005 scandent le tracé de l'allée. On trouve ainsi, en , les stations numérotés 6002, 6035 à 6037, 6041 à 6043.
Origine du nom L'allée honore Achille Lignon (1854-1936), président de la foire internationale de Lyon, dont les bâtiments bordaient le quai, et dont il reste la façade du pavillon central intégrée dans le musée d'art contemporain de Lyon.
Historique L'allée actuelle est, de par son histoire, intimement liée aux destinées du parc historique voisin, le parc de la Tête-d'Or et de la lutte contre les inondations provoquées par les crues du fleuve. En effet, l'allée est l'héritière du quai positionné sur la digue qui empêche les inondations de recouvrir la rive gauche du Rhône à Lyon. Le parc de est, quant à lui, une création des frères Denis et Eugène Bühler datant de 1857 aménagé sur les terrains inondables gagnés grâce à l'érection de cette digue qui lui sert de barrière artificielle sur la courbure de sa limite nord-ouest, le long du cours d'eau. C'est cette lutte contre le fleuve qui conditionne l'existence même de la digue, et par là, du quai et aujourd'hui de l'allée Achille-Lignon. Dès le , des travaux d'endiguement et de drainage sont entrepris. Pourtant, les crues dévastatrices, notamment en 1840 et 1856, entraînent des mesures fortes. Les digues antérieures, dites « submersibles » ne permettent pas d'empêcher ces débordements meurtriers et de nouveaux travaux sont réalisés pour combattre une crue millénale. À partir de la seconde moitié du le devenir de cette digue évolue : d'abord ouvrage de lutte contre les inondations, il devient planté et lieu de promenade puis il accueille à partir de 1918 les bâtiments du Palais de la foire de Lyon. Le déménagement de la foire de Lyon à Chassieu en 1984 est suivi, l'année suivante du lancement d'un concours remporté par l'architecte italien Renzo Piano pour l'édification d'un complexe de bâtiments plus en adéquation avec les visées d'ouverture de la ville vers le monde : la cité internationale de Lyon.
Un campagnard vignette|left|Jean-Antoine Morand (1727-1794), instigateur de l'urbanisation de la rive gauche du Rhône. C'est par un arrêt du Conseil du Roi du qu'est décidée la construction d'une première digue, dite « digue de la Tête-d'Or » : Jean-Baptiste-François de la Michodière (1720-1797), intendant de la Généralité de Lyon (1757-1762), prépare le travail qui sera confié à Nicolas-François Deville (1712-1770) et les travaux démarrent en 1759. La digue se situe approximativement d'ouest en est entre le débouché actuel de l'allée Achille-Lignon et l'allée Pierre-de-Coubertin à Villeurbanne. De 1759 à 1768-1769 s'effectuent les travaux de réalisation de l'ouvrage « très difficile à construire » et ceux-ci permettent de dévier les eaux du Rhône plus vers l'ouest, mais pas encore selon le cours actuel, à travers le lac actuel du parc. Toutefois cette digue n'a pas vocation à protéger le territoire, car elle n'est pas prévue pour ça et reste submersible. Elle sert de prémices au début de l'urbanisation de la rive gauche, autour de la « Grande allée », le cours Franklin-Roosevelt actuel, sur les plans de Jean-Antoine Morand de 1766 intitulés Projet d’un plan général de la ville de Lyon. Si la construction du pont Morand commencée en 1772 n'est achevée qu'en 1775, l'aménagement de la rive gauche est antérieur de quelques années, et les hospices ouvrent plusieurs allées et aménagent le bois de la Tête-d'Or. Ce n'est qu'à partir de 1820 que les maisons commencent à être bâties dans le quartier, dont plus de 250 seront emportés par la crue de 1840.
Le et les luttes incessantes contre le fleuve vignette|Plan de Lyon en 1830, gravé par J.-M. Darmet. BNF. En 1830, l'urbanisation de la rive gauche est encore balbutiante et seuls la Grande allée (actuel cours Franklin-Roosevelt), l'avenue de Noailles (actuelle avenue Maréchal-Foch) et le cours Bourbon (actuels quai du Général-Sarrail et cours de la Liberté) sont pavés. Cette même année, après que des projets de constructions de canaux de dérivation au Rhône sont présentés puis abandonnés, notamment le « canal latéral » en 1826, qui aurait suivi le tracé nord-sud de la rue Duguesclin, on décide d'en recourir à la méthode des digues. En 1830-1831, une très longue digue de terre est réalisée depuis de Vaulx-en-Velin, en passant par Villeurbanne et jusqu'à la Tête d'Or, le long du Rhône. Au niveau de Lyon, celle-ci passait au milieu du parc de la Tête-d'Or actuel, où elle subsiste jusqu'en 1865 pour aboutir à l'extrémité sud de l'allée Achille-Lignon, au débouché actuel du pont Winston-Churchill.
En raison des crues meurtrières du fleuve, notamment celles des années 1840, 1852 et 1856, la ville acquiert des Hospices civils de Lyon, une partie du domaine de la Tête-d'Or et souhaite y aménager une « promenade publique ». La ville et l'État sont incités à construire une digue qui protègera les nouveaux terrains gagnés sur les broteaux, ce terme lyonnais désignant un paysage spécifique de ripisylve soumise aux aléas du fleuve formant des lônes ou bras d'eau plus ou moins nourris par le courant séparant ces bancs d'alluvions, qui donnera son nom au quartier des Brotteauxavec deux t. Les travaux de cette digue dite du « Grand Camp » permettent d'établir un replat qui est l'assiette des actuelles voies dites allée Achille-Lignon à Lyon et le boulevard de ceinture, aujourd'hui boulevard Laurent-Bonnevay, en bordure sud du fleuve, le long du parc voisin de la Feyssine à Villeurbanne.
La berge demeure un endroit d'agrément, quand elle n'est pas soumise aux caprices du fleuve, et on commence à s'y baigner à partir des années 1830. La baignade est ainsi autorisée en aval et en amont du pont Morand.
Mais le cours d'eau reprend périodiquement ses droits : le , le Rhône grossit et les digues en terre construites en 1837 ne résistent pas, des brèches s'ouvrent ; dès le lendemain, il baisse, mais la Saône grossit jusqu'en novembre, au point de déborder : la place Bellecour est noyée sous un mètre d'eau, le quartier de Vaise est sous trois mètres d'eau par endroits, quartier où ce cataclysme provoque la disparition de 240 maisons.
Crue de 1856 : la digue actuelle La crue de 1856 provoque des dégâts considérables en rive gauche. En mai, les pluies sont continuelles et les 30 ou 31 et jusqu'au , la digue de la Tête-d'Or cède, provoquant une vague qui submerge le quartier des Brotteaux et la Guillotière où l'on recense 18 morts ; les quais du Rhône sont inondés en Presqu'île, on se déplace en bateau à Bellecour. Si la digue de la Tête-d'Or s'effondre lors de la crue, Napoléon III venant lui-même constater les dégâts, on décide la même année le rehaussement général des digues et les terrains destinés au parc sont « amputés d'une bande d'une centaine de mètres de largeur » sur laquelle est tracée l'allée actuelle. Dès 1857 est bâtie la digue insubmersible des Brotteaux et avec celle de « Grand camp » au niveau de l'allée Achille-Lignon permettent de soutenir une crue millénale. La digue est un remblai de qui se situe à au-dessus de l'étiage du fleuve. Cette digue constitue l'assiette ou replat sur laquelle court l'allée Achille-Lignon. Dans cette partie de l'actuel arrondissement, l'ouvrage d'art prend le nom de « digue de la Tête-d'Or », une partie des terres nécessaires à sa construction provenant du creusement du lac du parc et acheminées par un petit train sur voie étroite. Ainsi, construction de la digue et réalisation du parc sont intimement liés, les travaux de creusement du lac et l'acheminement des terres vers la digue étant de plus effectués par des ouvriers qualifiés.
La promenade aménagée sur la digue prend le nom de « quai de la Tête-d'Or », un espace entre fleuve et parc qui demeure vierge de toute construction. La berge, soumise aux aléas du fleuve permet la promenade et la baignade en fonction du niveau du fleuve. Le parc n'a pas encore de clôture et l'on y pénètre à partir du boulevard du Nord, aujourd'hui boulevard des Belges, et surtout depuis le quai de la Tête-d'Or. Une première clôture construire entre le quai et le parc en 1888-1889 est partiellement détruite par les mécontents et ce n'est qu'en qu'est décidée l'érection de la clôture et la création des trois portes, qui sont l'œuvre de Charles Meysson.
Le Palais de la foire de 1918 vignette|Le palais de la foire, vers 1950 et l'allée de platanes de l'allée Achille-Lignon qui subsiste encore aujourd'hui.
En pleine Première Guerre mondiale, la foire de Lyon renaît en 1916, fait marquant l'intérêt que l'on porte à l'après-guerre.