Léon Van Dievoet ( – ) est un architecte., artiste peintre, graveur et dessinateur. belge.

Il est l'auteur de nombreux dessins de lieux bruxellois désormais détruits qui ont été qualifiés de « mine d'informations pour tous ceux qui s'intéressent au Bruxelles d'antan » F. By, « Famille van Dievoet : Artistes, de père en fils », dans Le Vif/L'Express, numéro spécial , année, n°47 (Le Vif) et n°2993 (L'Express), 21-27 novembre 2008, p. 121..

Biographie Léon Van Dievoet, est né à Ixelles le au 91, rue Souveraine, domicile de ses parents Gabriel Van Dievoet (1875-1934) et Alice Demets (1878-1945), et de ses grands-parents Léon Van Dievoet (1838-1908) et Hermine Straatman (1838-1917).

vignette|gauche|redresse|La classe d'architecture à l'Académie royale des beaux-arts de Bruxelles en avril 1927 (Léon Van Dievoet au centre). vignette|gauche|redresse|Le professeur Joseph Van Neck, à gauche, avec ses étudiants à l'Académie. Avec de gauche à droite : Léon van Dievoet, Axel LemesreAxel-Wilfrid Lemesre, architecte, 11, avenue de Broqueville, Bruxelles 15. Urbaniste. Professeur à l'Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles. Ancien président de "Formes Nouvelles". Ancien président de la S.A.D.Br. Atelier Van Neck, 1935., Jacques De VosJacques De Vos, architecte, 60, rue du Tilleul, Genval. Médaille de Premier Prix de fin d'études. Prix du Grand Concours Triennal de la Ville de Bruxelles, 1935. Prix Acker, 1936. S.C.A.B., Jacques DonnayJacques Donnay, architecte, 30, boulevard Général Jacques, Bruxelles 5. Atelier Van Neck, 1935., juin 1935.

Son père Gabriel Van Dievoet, ancien élève de l'Académie royale des beaux-arts de Bruxelles, était un décorateur et sgraffitiste Art nouveau réputé et son oncle Henri Van Dievoet un architecte connu de son temps, sans oublier son grand-oncle Joseph PoelaertJean Groffier, « Un interview. L'architecte Léon Van Dievoet », dans : La momie chante. Arts, Sciences, Lettres, Bruxelles, juillet 1933, p. 2 « Ceci étant exposé, l'architecte Léon Van Dievoet nous cite des exemples à titre de digressions, ce qui l'amène peu à peu à nous dévoiler ses désirs, ses ambitions qui le dirige indirectement vers l'architecture monumentale : ce qui nous rappelle la mémoire de son grand oncle l'architecte Poelaert, auteur du Palais de Justice, monument sujet à toutes les critiques ». Hortense Poelaert (1815-1900), sœur de l'architecte Joseph Poelaert, épouse d'Eugène Van Dievoet (1804-1858), était l'arrière grand-mère de Léon Van Dievoet. ni le souvenir de l'arrière-arrière-grand-oncle le sculpteur Pierre Van DievoetLéon Van Dievoet descend de Jean-Baptiste Van Dievoet (1663-1751), époux d'Anne van der Borcht (1670-1707), le frère du sculpteur bruxellois Pierre Van Dievoet (1661-1729), un des créateurs de la Grand-Place de Bruxelles. Lire : « Un disciple belge de Grinling Gibbons, le sculpteur Pierre van Dievoet (1661-1729) et son œuvre à Londres et Bruxelles », dans Le Folklore brabançon, mars 1980, n° 225, p.65 à 91 Lire en ligne. un des créateurs de la Grand-Place de Bruxelles. Dans cet entourage familial, il développa lui aussi très jeune le goût pour l'architecture, le dessin et la musique, et après une scolarité à l'Athénée royal d'Ixelles et des cours privés de violon auprès du professeur Henri VoogtHenri Voogt, professeur de violon, rue Piers, 25, à Molenbeek et rue du Lycée, 10, à Saint-Gilles. (Carte de visite)., instrument qu'il pratiqua toute sa vie, il s'inscrivit le à l'école d'architecture de l'Académie royale des beaux-arts de Bruxelles, où il se forma d'abord dans l'atelier Horta où il obtint le diplôme d'architecte A.R.B.A.B, promotion 1929 (immatriculé B.860)Serge Goyens de Heusch, Léon van Dievoet, architecte : la Maison Lismonde et autres paysages, Linkebeek, 2023.Documents de l'Académie royale des Beaux-Arts : « Académie royale des Beaux-Arts. Bruxelles le 19 février 1929. Je soussigné secrétaire à l'Académie Royale des Beaux Arts et École des Arts décoratifs de Bruxelles, certifie que M. Van Dievoet Léon est élève au dit établissement depuis le 1er octobre 1922, qu'il y a suivi les cours d'Architecture Section B 1ère 2de et 3e, 4e années et les cours d'architecture Son A 1, 2e et 3ème années ainsi que les cours spéciaux afférents à ces classes : perspective, géométrie descriptive, coupe des pierres, construction, hygiène et jurisprudence du bâtiment »..

Son frère cadet René Van DievoetPaul Piron, Dictionnaire des artistes plasticiens de Belgique des XIXe et XXe siècles, Ohain-Lasne, 2003, tome II, p. 619 : sub verbo "VAN DIEVOET, René (Ixelles, 1908-1978)" : . (1908-1978), opta quant à lui pour la sculpture, et s'inscrivit également à l'Académie royale des beaux-arts où il se forma dans l'atelier d'Égide Rombaux, puis à l'Académie de Saint-Gilles, auprès de Léandre Grandmoulin.

Léon Van Dievoet durant ses vacances ou son temps libre fait également des stages de dessinateur chez plusieurs architectes renommés : « Pendant les deux dernières années, les élèves architectes pourront disposer de leurs après-midi pour travailler chez des patrons architectes et parfaire leurs connaissances du métier »., chez Jules ReuterJules Reuter, architecte et décorateur. Woluwe-Saint-Pierre, rue Bemel, 109. Téléphone 372,13., architecte et décorateur, durant les années 1924-1925, chez Georges HobéGeorges Hobé, architecte décorateur. Téléphone : 823,73, 57, rue de Hennin. Certificat autographe du 19 septembre 1928., quatre mois en 1925 et du au , et, en 1928-1929, chez Joseph Van Neck qui avait été lui-même stagiaire chez son oncle Henri Van Dievoet. vignette|droite|redresse|Léon Van Dievoet et Lismonde, en uniforme, Porte de Namur à Bruxelles, le 30 mars 1929.

Entre-temps il fut appelé sous les armes comme artilleur à la 6e batterie d'Infanterie du 1er régiment de carabiniers le et fut démobilisé par réforme le , des suites d'une blessure en serviceRéforme le 3 novembre 1928, signé colonel BEM Goffin..

Après l'obtention de son diplôme d'architecte A.R.B.A.B. il commence rapidement à exercer l'art de bâtirAnnuaire général des beaux-arts de Belgique, Bruxelles, 1930-31, p. 192 : « van Dievoet, Léon, Architecte A.R.B.A.B. - Constructeur et décorateur . et construit notamment pour le compte du "Comptoir National des Matériaux"Comptoir National des Matériaux. Société coopérative, 41, rue de Spa, à Bruxelles. Pauline van Dijk, Immeubles à appartements de l'entre-deux-guerres, Bruxelles, 2006, p. 40 : « Dans les années trente, plusieurs sociétés immobilières se lancent sur le marché des immeubles à appartements. C'est le cas notamment du Comptoir national des Matériaux »." du jusqu'à l'année 1934 plusieurs imposants immeubles à appartements. Il interrompt alors brièvement sa carrière pour obtenir le nouveau type de diplôme légal et reprend sa formation à l'école d'architecture de l'Académie Royale des Beaux-Arts dans l'atelier Van NeckAnnuaire SADBr, Bruxelles, 1961, p. 157 : « VAN DIEVOET, Léon, professeur agréé de l'enseignement technique supérieur. Expert près les Tribunaux. Membre fondateur de la S.A.D.Br.. At. Horta & Van Neck 1935 ». où il reçoit son nouveau diplôme de fin d'études avec distinction le .

Dans les années trente, carnets de croquis, boîte à dessiner et appareil photo en bandoulière, il parcourt, bien souvent avec LismondeSerge Goyens de Heusch et Philippe Roberts-Jones, Lismonde. Catalogue raisonné, Linkebeek, 2014 (avec catalogue sur dvd), p. 15 : « Léon van Dievoet (l'architecte-peintre qui l'accompagne volontiers dans ses escapades graphiques, et qui aménagera bientôt sa nouvelle demeure de Linkebeek) », avec une illustration Portrait de l'architecte Léon van Dievoet (CR 756), 1943. Fusain sur papier, )., en vélo ou à moto, la campagne flamande et en rapporte sa provende de dessins de lieux pittoresques et de clichés pris sur le vif. En 1932 il voyage en moto avec Lismonde à travers la Hollande, visitant Amsterdam et SchéveningueSerge Goyens de Heusch, Lismonde et l'architecture, Linkebeek, 2018, p. 10 : « Dès 1934, la Hollande est l'un des pays où Lismonde va se rendre régulièrement. Des photographies attestent que deux ans plus tôt, il a déjà fait un voyage à moto avec son ami l'architecte Léon van Dievoet, visitant Amsterdam et Schéveningue, mais nul dessin ne semble être advenu à cette occasion »..

Léon Van Dievoet s'intéresse alors à la pensée de Pythagore qu'il étudie avec son ami Jean Mallinger, avocat et auteur de plusieurs ouvrages sur le maître de Samos.

Léon Van Dievoet fut nommé expert près les tribunaux ainsi que professeur des constructions civiles, architecture et dessin agréé par le Ministère de l'Instruction Publique et il enseigna du au à l'Institut d'études polytechniques.

vignette|droite|redresse|Portrait de Léon van Dievoet par le peintre hongrois Ladislas Nagy, avril 1933. L'école d'architecture de l'Académie royale des Beaux-Arts, reprenant une tradition remontant à sa fondation en 1711, était située dans les mêmes bâtiments que les écoles de peinture, de sculpture et d'arts décoratifs, ce qui permettait aux étudiants en architecture de baigner, comme au temps de la Renaissance, dans une atmosphère artistique leur permettant de ne pas devenir de simples et froids techniciens de l'art de bâtir. Ils faisaient également ainsi connaissance avec les sculpteurs et les décorateurs qui pourront orner leurs constructions. Il était d'ailleurs normal alors qu'un architecte, comme ce fut toujours le cas, exerce avec brio l'art du dessin.

Pratiquant lui-même le dessin et la peinture, Léon Van Dievoet se lia ainsi d'amitié avec plusieurs peintres et sculpteurs, comme les peintres Ladislas NagyLadislas Nagy ou de Nagy, né en Hongrie en 1906, émigra aux États-Unis vers 1939 après son séjour à Bruxelles, y devint aveugle et mourut à Trenton (New Jersey) en 1944. Son père Ernest de Nagy était un peintre connu des Cours européennes. et Jules Lismonde qui resta un grand amiSerge Goyens de Heusch, Lismonde portraitiste, Linkebeek, 2018, p. 11 : « S'étant fait une réputation de portraitiste moderne, que de fois donc Lismonde reçut-il la visite de personnalités, les fusains à la main, afin de les portraiturer ! Ce fut aussi le cas pour toute une série de grands portraits de ses amis qu'il dessina toujours au fusain : notamment ceux de (...) son grand ami l'architecte Léon van Dievoet qui réaménagea en 1956 sa demeure de Linkebeek » et : Serge Goyens de Heusch, Échanges. Lismonde et ses amis artistes, Linkebeek, 2021, p. 6 : « C'est également à l'Académie des Beaux-Arts de Bruxelles où Lismonde suivit après son parcours plastique des cours d'architecture, qu'ils durent se connaître, sans compter leur intérêt commun pour la musique classique (le violon pour van Dievoet, le piano et la flûte pour Lismonde). Une communauté d'intérêt se rencontra également à propos de la description de certains quartiers de Bruxelles que l'un et l'autre dessinèrent. Toujours est-il qu'ils devinrent très amis dès les années 1930 »., les peintresses Marguerite AntoineLa revue Tribune, n° 22, , p. 8, a publié deux œuvres de Marguerite Antoine : Jeune Danseuse et Mère et Enfant. et Goda Isgour, sœur de l'architecte Isia Isgour, ou le sculpteur namurois Carlo Lambert, qui eut le triste privilège de tomber au champ d'honneur le , premier jour de l'invasion allemande, et dont l'épouse Éva Fontaine, continuera le combat dans la Résistance, en devenant agent de liaison à Bruxelles d'Eugen Fried dit Clément, puis membre des partisans armésAlain Guérin, Chronique de la Résistance, préface de Marie-Madeleine Fourcade et de Henri Rol-Tanguy, 2010, pp. 616-618.

La vie littéraire vignette|Groupe à Namur (27 juillet 1930) : de gauche à droite : le poète Jean Groffier, un inconnu, l'architecte Léon Van Dievoet et le sculpteur Carlo Lambert regardant le ciel.