L'ancien Sacré-Cœur d'Ixelles est un complexe religieux qui s'était implanté à la bordure des deux communes de Saint Gilles et Ixelles. Il regroupait initialement plusieurs entités : un couvent, une école de jeunes filles, son pensionnat et une chapelle. L'établissement a été commandé par la congrégation du Sacré-Cœur de Jésus et construit, en 1892, sur l'actuel îlot encadré par les rues du Tabellion., Africaine., Américaine. et Chaussée de Charleroi.. Au cours des , le Sacré-Cœur subit de multiples constructions, réaménagements et démolitions. L'îlot voit son affectation religieuse première disparaître au profit de multiples logements, commerces et du centre scolaire « Ma Campagne. ».

Histoire L'îlot de l'ancien Sacré-Cœur d'Ixelles apparaît au moment de la démolition de la seconde enceinte de Bruxelles et de son aménagement à partir de 1818.

Origine de l'Îlot du Sacré-Cœur Avant la démolition de la Seconde Enceinte de Bruxelles (... - 1818) Avant qu'elles ne soient détruites, des chemins qui, partant des différentes portes de la ville (entre autres les porte de Namur et porte de Hal), permettaient de se déplacer parmi les différents faubourgs qui entouraient les fortifications, et de rejoindre directement les principales villes voisines (Namur, Waterloo, etc.). alt=|gauche|vignette|368x368px|Carte topographique de Bruxelles et de ses principaux axes de communications en 1810.

Après 1818, le réaménagement de la deuxième enceinte (démolition et création de boulevards.), laisse libre cours à la création de nouveaux projets majeurs d'agrandissements urbains pour Bruxelles.

Ces chemins qui, autrefois, dynamisaient les zones périurbaines de Bruxelles se sont convertis en des axes importants dans la composition urbaine de ce qui deviendra des communes rattachées au centre historique, à la seconde moitié du , lors des grands travaux urbains de Victor Besme. , sous Léopold II.

Réaménagement de l'enceinte en boulevard (1818) Les communes d'Ixelles et de Saint-Gilles, dont le Sacré-Cœur s'implantera dans la bordure des deux, ne se développent qu'autour des anciennes portes de Bruxelles (porte de Hal et porte de Namur). Elles ne connaissent un réel développement urbain qu'à partir de 1851., lorsque sera décidé de construire un grand percement reliant le boulevard de Waterloo. au bois de la Cambre : l'avenue Louise.

Une première ébauche du projet sera réalisée en 1839 par , Charles Vanderstraeten. : la rue Louise rejoindrait le boulevard de Waterloo à la nouvelle place Stéphanie, d'où partiraient deux axes majeurs. De cette proposition, sera sauvegardée, lors des débuts de travaux, une seule de ces deux routes, qui deviendra par la suite, la chaussée de Charleroi, fondatrice du plan de l'îlot dont le Sacré-Cœur héritera.

Voie monumentale et précurseur d'une politique d'embellissement à Bruxelles, la construction de l'avenue Louise engendrera un urbanisme massif progressif le long de son axe durant tout le long de la deuxième moitié du : c'est l'ère des bourgeois de Bruxelles.

Bien qu'inaugurée en 1866, l'avenue Louise ne sera complètement aménagée qu'à partir du . Durant le deuxième versant du , le quartier est encore clairsemé de plusieurs parcelles rurales plus ou moins habitées (ex : le hameau de Vleurgat.).

Dans ce contexte, l'actuel quartier de verra une transition progressive de son tissu rural populaire, en un quartier urbain bourgeois, où s'implantera quelques années plus tard la Congrégation du Sacré-Cœur et ses religieuses., aux abords de la chaussée de Waterloo et de Charleroi.

Première apparition du plan de l'Îlot du Sacré-Cœur d'Ixelles Pendant la fin du , le futur îlot du Sacré-Cœur, ainsi que le tracé urbain de son quartier, connaîtront une évolution dans leur conception. Lors des années qui suivirent 1866 (la fin du chantier de l'Avenue Louise), les plans montrent une première configuration urbaine (à gauche) : elle ne sera pas retenue. Car une deuxième configuration, apercevable sur des plans du début de , montre alors la nouvelle église de la Sainte Trinité comme génératrice de tracés urbains (à droite) : le nouveau Parvis de la Trinité. se prolonge sur les rue Africaine et rue du Tabellion. Celles-ci seront les composantes définitives de l'îlot du Sacré-Cœur d'Ixelles. La datation de ces plans démontre que l'établissement de cette configuration urbaine correspond à un événement survenant à la même période du début de : la mise en place de la Loi Combes en France.

Origines du Sacré-Cœur d'Ixelles Loi Combes (1904) alt=|vignette|200px|Carte postale - vue du Couvent des Dames du Sacré-Cœur d'Ixelles, depuis la Chaussée de Waterloo (1910). Il existait bien avant, en 1889, une école du Sacré-Cœur, établissement de petite envergure, situé à la rue de la Culture. (actuelle rue Franz Merjay), dans le milieu presque rural de . À la suite de l'abrogation de l'enseignement de congrégations religieuses en France le (application de la loi Combes), ces organisations, telles que les religieuses du Sacré-Cœur, émigrèrent de France pour s'installer dans des pays voisins. Entre 1892 et 1915, la congrégation aura déjà acquis l'entièreté de l'îlot (encadré par les rues Américaine, Africaine., et Chaussée de Waterloo) et y aura déplacé tout son généralat dans un nouveau bâtiment qu'elles auront fait construire au préalable, en 1892, en bordure de la Chaussée.

Ce nouveau bâtiment comprend alors un couvent, une chapelle, un pensionnat et une école. Celle-ci repose la base de son enseignement aux jeunes filles, sur les préceptes de Madeleine-Sophie Barat, fondatrice de la société du Sacré-Cœur de Jésus. Leur formation se constitue essentiellement de littérature et de gestion de différentes tâches liées au foyer, le tout dans un cadre d'apprentissage très pieux.

Durant cette période d'avant-guerre, les documents photographiques dépeignent le couvent comme étant le seul élément constitutif de l'îlot. Le reste de la parcelle apparaît comme un grand jardin muré, appartenant à la congrégation.

Premières annexes (1936 - 1954) vignette|200px|Vue de la nouvelle école du Sacré-Cœur d'Ixelles depuis la rue Américaine (1936).|alt=|gauche alt=|vignette|Plans de la nouvelle école du Sacré-Cœur d'Ixelles (1936).|200px Au cours des années 1930, le modernisme architectural s'empare de Bruxelles et, en contre-pied de styles plus anciens, est perçu comme signe de modernité technique, artistique et moyen d'élévation sociale.. Les Dames du Sacré-Cœur décident de faire construire une nouvelle annexe, inscrit dans ce nouveau mouvement architectural. Le principe constructif rationnel du style moderniste plait aux représentants de l'enseignement confessionnel, car ils veulent dissocier l'image de leur discipline d'un cadre trop vétuste et , propre aux architectures religieuses. : ils veulent ainsi inscrire leurs pratiques dans une nouvelle ère, régie par un désir "d'harmonie et ordre", caractéristiques du modernisme.

En 1936, le couvent fait construire sa première annexe. Cette nouvelle annexe a été conçue par l'architecte moderniste bruxellois Paul Dhaeyer et s'implante en sur le côté opposé par rapport au couvent, en bordure de la rue Américaine, fermant ainsi l'îlot du Sacré-Cœur d'Ixelles de ses deux extrémités. Le programme auquel il doit répondre consiste en l'aménagement de plusieurs salles de classes enfantines et primaires, mais aussi une salle polyvalente, une salle de gymnastique et une chapelle. Ces dernières sont disposées au plus près de l'entrée pour qu'elles puissent demeurer publiques.La composition du plan démontre de nouvelles intentions très modernes : le plan des classes est pensé pour y maintenir un ensoleillement constant et maximal et l'architecte prévoit une forte générosité d'espace dans les zones de circulation.

L'agrandissement de l'école se suivit d'un nouveau projet du même architecte en 1958. Dans un contexte de forte augmentation démographique d'après-guerre, l'école adapte son établissement et se prolonge le long de la Rue du Tabellion d'une nouvelle annexe. Celle-ci aura pour but de relier l'école primaire au couvent et de recevoir un nombre plus important de jeunes filles.

Dernières annexes (1974 - aujourd'hui) Durant le début des années 1970, l'établissement scolaire voit sa population d'étudiantes fortement baisser. Le quota est de moins en moins rempli et la fermeture définitive menace l'établissement des religieuses du Sacré-Cœur d'Ixelles. Elles se retrouvent confrontées à un problème qui compose fondamentalement leur éducation : à mesure que le monde entre dans une ère moderne, les enseignements congréganistes constatent un désintérêt croissant du grand public aux préceptes religieux enseignés aux jeunes filles. L'apprentissage des préceptes de Madeleine-Sophie Barat ainsi que la formation de devient obsolète et inadéquat. D'autant plus que la loi relative à la dans le cadre du projet de réforme scolaire laïque pour une école « pluraliste » apporté par le gouvernement belge, appliquée le ., vise à mettre en place une éducation commune pour tous les établissements secondaires publics belges. Le choix d'un enseignement primaire qui prépare à l'entrée en secondaire s'applique à tous, peu importe le genre. gauche|vignette|207x207px|Vue satellitaire - l'îlot du Sacré-Cœur (2001). vignette|209x209px|Vue satellitaire - l'îlot du Sacré-Cœur (2009). En réponse à la potentielle fermeture de l'école, en 1974, les parents d'élèves et les professeurs de l'école se réunissent au côté de l'archevêché. Ensemble, ils mettent en place un (Pourvoir Organisateur), qui posera les premières pierres d'une nouvelle ère de gestion : celle-ci réunira des membres de la congrégation et de membres non-clerc.

Quatre ans plus tard, en 1978, cette nouvelle direction fit de l'internat du Sacré-Cœur d'Ixelles pour jeunes filles, un externat mixte. A l'approche du centenaire de l'établissement (1989), il est décidé de faire construire une nouvelle annexe sur la rue Africaine en réinvestissant (et démolissant) des portions de l'école de 1936. Conçu par l'architecte Luc Helbig en 1988, ce bâtiment sera consacré à l'enseignement fondamental du Sacré-Cœur. La célébration du centenaire marquera le début d'une nouvelle ère pour le nouvellement nommé Centre Scolaire Ma Campagne.

Le début du marquera un tournant définitif pour l'ancien îlot du Sacré-Cœur. Une nouvelle annexe du centre Ma Campagne marquera la fin des aménagements pour l'école. Elle fut conçue par Emile Verhagen et construite sur la rue du Tabellion en 2003, dans le prolongement du bâtiment existant. Dans le processus, la tour de la chapelle, construite en 1936, sera démolie.

Au cours des années 2000, l'extension du Sacré-Cœur, construite en 1954 sera entièrement démolie pour laisser place à un complexe de logements le long de la rue du Tabellion (architecte : Atelier Art Urbain). Le couvent sera profondément rénové et réhabilité en commerces et logements. L'ancienne cure ainsi que la chapelle y seront démolies. Enfin, un nouveau complexe de logements fut construit le long de la rue Africaine (architecte : David de Weber).

Description des bâtiments Ancien Couvent du Sacré-Cœur d'Ixelles (1892) vignette|200px|Vue d'un module de fenêtre sur une façade de l'ancien couvent du Sacré-Cœur d'Ixelles. alt=|gauche|vignette|200px|Vue de l'ancien Couvent du Sacré-Cœur d'Ixelles. alt=|gauche|vignette|319x319px|Vue d'une façades à pignon du Couvent du Sacré-Cœur d'Ixelles.