Le Bayraktar TB2 est un drone tactique.. développé à partir du Bayraktar TB1 par la société turque Baykar. Sa phase de conception débute en 2012 et son premier vol est enregistré en 2014.. Selçuk Bayraktar, diplômé du Massachusetts Institute of Technology. et gendre du président Erdoğan., est le pionnier du développement des drones Bayraktar.
Développement Bayraktar TB1 (Bloc A) En 2007, le sous-secrétariat à l'industrie de la défense lance le programme de développement d'un drone de surveillance () et invite deux sociétés, Vestel et , à concourir à la réalisation d'un aéronef sans pilote. En 2009 dévoile le Bayraktar TB1 Bloc A, avec un système d'avionique à double redondance, une capacité de décollage et d'atterrissage entièrement autonome (), une masse maximale au décollage de et une envergure de , il réalise son premier vol le . Après plusieurs démonstrations de vol de jour et de nuit à l'aérodrome de Sinop, est désignée lauréate du programme par le comité exécutif de l'industrie de la défense..
Bayraktar TB2 (Bloc B) La seconde phase du programme débute en avec la signature d'un contrat qui couvre le développement et la production en série entre et le Sous-Secrétariat à l'industrie de la défense. Le Bayraktar TB2 Bloc B, équipé d'un système d'avionique à triple redondance, effectue son premier vol inaugural à l'aérodrome militaire de Keşan, en Turquie, le . Pendant les vols d'essais de juin et , le Bayraktar TB2 atteignit une altitude de (), et parvint à rester en vol durant et , établissant un record national d'altitude..
Le , le système de missiles développé pour le Bayraktar TB2 est testé avec 100 % de précision et d'exactitude sur une cible de à une distance de et une altitude de (environ ), par deux missiles antichars à longue portée air-sol UMTAS, développés par Roketsan..
Le Bayraktar TB2 est équipé du système électro-optique canadien L3Harris WESCAM MX-15D.. Le , le Canada décide de suspendre l'exportation de ce système à la Turquie après son implication dans la seconde guerre du Haut-Karabagh.. La Turquie prévoit de remplacer ce système par une alternative locale, l'Aselsan CATS.. Le , l'Aselsan CATS est utilisé avec succès sur un TB2 lors d'un tir de test avec une munition MAM-L..
Bayraktar TB2S En , une version du Bayraktar TB2 appelée TB2S, munie d'un « nez » relevé abritant une antenne de communication par satellite (SATCOM), est présentée.. Cette technologie permet à l'opérateur de diriger le drone de n'importe où via une communication satellite sécurisée sans être contraint de piloter le drone dans la limite du rayon de l'antenne radio située au sol. Par ailleurs, la communication satellite est moins vulnérable au brouillage que la communication radio. Le SATCOM utilisé sera probablement un terminal SATCOM (SOTM) de la société turque CTech.. Le , Baykar publie une vidéo montrant le TB2S en vol..
Parallèlement, Selçuk Bayraktar évoque aussi le développement du Bayraktar TB3. Ses caractéristiques ne sont pas connues, mais le drone devrait utiliser un moteur fabriqué par la société turque TEI, ce qui réduirait une dépendance vis-à-vis de l'étranger et notamment de l'embargo canadien..
Bayraktar TB3 En , le président de la présidence des industries de défense (SSB), Ismail Demir, rend public un nouveau type de drone développé par Baykar qui devrait être stationné sur le premier navire d'assaut amphibie de la Turquie, le . Le nouvel aéronef en cours de développement est une version navale du Bayraktar TB2 équipée d'un moteur local développé par TEI. Selon les plans initiaux, le navire devait être équipé d'avions de combat F-35B, mais après l’exclusion de la Turquie du programme d'approvisionnement, le navire a entamé un processus de modification pour pouvoir accueillir des drones. Ismail Demir déclare qu'entre Bayraktar TB3 à ailes repliables pourront atterrir et décoller en utilisant le pont de l’Anadolu. Le premier vol du Bayraktar TB3 a lieu le , à l'occasion de la fête de la République se tenant 2 jours après..https://archive.wikiwix.com/cache/20230910105426/https://baudegs.com/s-iha-gemisi-tcg-anadolu/....
Caractéristiques Conception vignette|226x226px|Bayraktar TB2 - Station de contrôle au sol (GCS). Le Bayraktar TB2 a un fuselage intégré comprenant une configuration d'aile à empennage en V inversé. Le fuselage aplati améliore la portance. La poussée est générée par le moteur placé à l'arrière entre les poutres. La structure monocoque assure légèreté et rigidité, les pièces principales étant détachables, telles que l'aile, les poutres, et l'empennage. Les éléments du fuselage sont principalement constitués de pièces composites en fibre de carbone, tandis que les pièces en aluminium sont usinées avec précision par machine-outil à commande numérique. Le carburant est stocké dans des réservoirs à vessie et sa consommation est automatiquement équilibrée par des électrovannes. L'hélice propulsive bipale à pas variable permet une efficacité de vol à moyenne altitude..
Le moteur du drone Bayraktar TB2 était initialement le Rotax 912, un moteur à piston fabriqué par l’entreprise autrichienne BRP-Rotax. Ce moteur est réputé pour sa fiabilité et est utilisé dans divers drones et aéronefs légers. Toutefois, en raison des restrictions sur l’exportation de composants pour des usages militaires, la Turquie a travaillé sur le développement d’un moteur local pour le TB2, appelé TEI PD170, produit par Tusas Engine Industries (TEI).
La station de contrôle au sol (, GCS) est fixée sur l'abri transportable NATO/ACE III. La GCS peut accueillir trois personnes : le pilote, l'opérateur de la charge utile et le commandant de la mission. Chaque opérateur dispose de deux écrans ainsi que du logiciel d'interface opérateur utilisé pour le commandement, le contrôle et la surveillance en temps réel du drone. Tout le matériel à l'intérieur de la station est placé dans des armoires à rack pour faciliter la maintenance. La station dispose également d'un système de conditionnement de l'air et d'un système de protection NRBC..
Configuration vignette|alt=|Bayraktar TB2 - Extérieur d'une station de contrôle au sol (GCS). Chaque système (, UAS) comprend six Bayraktar TB2, deux stations de contrôle au sol (GCS), trois terminaux de liaison de données au sol (GDT), deux terminaux vidéo à distance (RVT) et une unité de soutien logistique (GSU) qui permet de recharger les batteries lithium-ion et assurer la maintenance du drone via une interface logicielle. L'architecture à redondance croisée du système de contrôle au sol permet au pilote, à l'opérateur de la charge utile et au commandant de mission de commander, contrôler et surveiller l'appareil..
Système de contrôle de vol numérique (Digital Flight Control System) gauche|vignette|299x299px|Bayraktar TB2 avec l’équipe Baykar. Le Bayraktar TB2 est doté d'un système de contrôle numérique des vols à triple redondance. Le système avionique comporte des modules assurant une autonomie totale au niveau du roulage (taxi), du décollage (), de l'atterrissage () et de la navigation (), sans aucune aide de capteurs externes. Le système de contrôle de vol est le principal composant central, qui gère les algorithmes de fusion de capteurs qui permettent aux algorithmes du TB2 de prendre en compte précisément l'environnement dans lequel il évolue. Les contrôles spécifiques à la mission sont gérés par le système informatique de contrôle de la mission. Le drone est guidé par divers servomoteurs de types rotatif et linéaire redondants. Les principaux logiciels et matériels de l'équipement avionique de bord sont développés et perfectionnés dans le cadre du programme en cours afin d'obtenir les meilleures performances. Le bloc d'alimentation électronique alimente les systèmes embarqués soutenus par des alternateurs triples et des batteries lithium-ion équilibrées automatiquement. Une tourelle sphérique, installée sous le fuselage, permet de placer une caméra TV et infrarouge et potentiellement un désignateur laser ainsi qu'un télémètre..
Coût Le Bayraktar TB2 se vend environ de dollars en 2022 ( d’euros) l'unité, (contre de dollars ( d’euros) pour un drone équivalent américain)..
Engagements vignette|Bayraktar TB2 chargé avec un missile MAM-L. Irak Le , l'armée de terre turque utilise le Bayraktar TB2 dans une opération transfrontalière conjointe avec les Forces armées turques et l'organisation nationale du renseignement de Turquie (MIT) pour éliminer le haut dirigeant du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et membre de l'Union des communautés du Kurdistan (KCK), İsmail Özden, dans le district de Sinjar, au nord-ouest de l'Irak..
Libye Le Bayraktar TB2 est largement utilisé en Libye par le Gouvernement d'union nationale (GNA). Le TB2 est crédité des récents revers qu'il a infligés à l'Armée nationale libyenne (ANL), dirigée par le maréchal Khalifa Haftar.
Le , un Antonov An-26 aurait été détruit par un Bayraktar TB2 sur une piste d'atterrissage près de Tarhounah..
Le , Mohammed Gununu, un porte-parole du GNA, affirme que les forces du GNA ont détruit sept systèmes antiaériens Pantsir S-1 sur la base aérienne d'Al Watiya, à Tarhounah et à Al-Wishka...
Syrie Les Bayraktar TB2 ainsi que les drones Anka-S et le système KORAL sont largement utilisés dans le cadre des opérations menées par l'armée turque en Syrie pour frapper des cibles au sol., notamment pendant l'opération Bouclier de l'Euphrate ou plus récemment l' lancée par la Turquie à la suite des pertes subies par les forces turques dans le nord-ouest de la Syrie à la fin du mois de . Les drones auraient fait usage de « micromunitions » MAM-C et MAM-L avec des portées allant jusqu'à ...
En , deux journalistes kurdes, Cihan Bilgin et Nazim Dastan, ont été tués dans une des frappes. Ils revenaient d’un reportage sur les front du barrage de Tishrîn lorsque leur véhicule a été pris pour cible par un drone TB2 sur la route en direction de Kobanê. Le également, un drone Bayraktar TB2 a été abattu par les combattants du FDS dans le nord du pays..
Azerbaïdjan vignette|225x225px|Bayraktar TB2 au défilé de la victoire de Bakou de 2020. Depuis le et le déclenchement de la guerre de 2020 au Haut-Karabagh, les drones Bayraktar TB2 sont utilisés par les forces armées azerbaïdjanaises pour suivre et frapper les forces karabaghtsies et arméniennes défendant le Haut-Karabagh...
Le , un TB2 de l'armée azerbaïdjanaise aurait été abattu pour la première fois par les forces arméniennes.. Le , la porte-parole du ministère de la Défense arménien, Shushan Stepanyan, déclare qu'un drone TB2 a été abattu par leur système de défense aérienne dans le sud-est du Haut-Karabagh..
Burkina Faso et Mali Le , les forces armées du Mali (Fama) et du Burkina Faso utilisent le Bayraktar TB2 pour la première fois sur les théâtres d’opérations, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme au Sahel. . Pour les forces armées nationales de ces 2 pays, longtemps endeuillées par les groupes armés qui sévissent dans cette région du sahel, ces drones se sont révélés très efficaces, aussi bien dans la traque des bandits armés qui terrorisent les populations rurales mais aussi dans le renseignement pour anticiper les attaques sur les détachements militaires dans ces campagnes.
Le , selon le quotidien l'Opinion, un chasseur Su-30 de l’armée de l’air algérienne décolle « de la base de Tamanrasset après avoir détecté une menace à la frontière du Mali ». L’appareil aurait alors « lancé des signaux d’avertissement à l’attention d’un drone TB2 qui survolait la zone, l’incitant à battre en retraite ». L'événement est qualifié de « dissuasion opérationnelle à l'égard des autorités maliennes » par le journal.´.
Maroc (Sahara occidental)