La ville de Mitrovicë, également appelée Mitrovica ou Kosovska Mitrovica, est située dans le nord du Kosovo. Ville d'environ ( en 2003 selon l'Initiative européenne de stabilité (ESI)European Stability Initiative - ESI, 30 janvier 2004, A post-industrial future ? Economy and society in Mitrovica and Zvecan, http://www.esiweb.org/index.php?lang=en&id=156&document_ID=61), elle est devenue l'archétype de la ville divisée entre Serbes et Albanais.

Les résultats préliminaires du recensement de 2011 indiquent que la population de Mitrovicë est de , mais précisent qu'une partie de la population n'a pas accepté d'être recensée (comme dans le cas des communes du Nord du Kosovo : Leposaviq ou Zubin Potok)[Selon les résultats préliminaires du recensement de la population du Kosovo de 2011 http://esk.rks-gov.net/rekos2011/?cid=2,40,265]. Sous le feu des projecteurs pendant la guerre du Kosovo en 1999, cette ville est revenue au cœur des préoccupations lors de la déclaration d'indépendance du Kosovo le .

Géographie La ville est traversée par la rivière Ibar qui marque une délimitation entre les deux quartiers nord et sud, où se font face depuis des années Serbes et Albanais. L'urbanisme des deux quartiers est différent, avec un quartier nord marqué par des immeubles et de grandes artères dégagées datant de l'ère titiste (urbanisme de type communiste) et un quartier sud dont le paysage est marqué principalement par des maisons basses (un ou deux étages), des artères dégagées en moins grand nombre et de nombreuses petites ruelles se terminant parfois en impasses. Plusieurs ponts traversent la rivière Ibar reliant ainsi les deux quartiers, dont le plus connu est le pont ouest, qui relie les deux centres-villes où l'on retrouve les principaux magasins de la ville.

Quartiers vignette|Le pont de Mitrovica qui sépare le quartier sud et nord On peut distinguer plusieurs quartiers dans la ville de Mitrovica : Le quartier au sud de la rivière Ibar, où la majorité d'habitants est albanaise, est le quartier le plus étendu de la ville. Son extension se poursuit en direction du Sud. Le quartier au nord de l'Ibar, où la majorité d'habitants est serbe, constitue le second quartier le plus étendu de la ville. Il existe plusieurs poches de peuplement minoritaire dans la ville. Le paysage socioculturel de ces quartiers est particulièrement mouvant. Parmi ces "poches", on remarque quelques quartiers célèbres pour leur actualité et leurs particularismes, tels que Bosnjacka Mahala (littéralement : le « quartier des Bosniaques », surnommé Petite BosnieBénédicte Tratnjek, "Du jeu des sept erreurs du quartier Petite Bosnie. Les recompositions sociospatiales dans la ville de Mitrovica (Kosovo)", EspacesTemps.net, rubrique Les Mensuelles : La photo du mois, 8 juin 2009), et Roma Mahala (littéralement le quartier des Roms, il fut totalement détruit pendant la guerre du Kosovo et dans les jours qui suivirent : après avoir vécu dans des camps de déplacés, les Roms sont aujourd'hui en voie de revenir dans un quartier en grande partie reconstruitVoir le site du Danish Refugee Council (en anglais) présentant l'histoire et la reconstruction de ce quartier)

Histoire Mitrovica est dominée par un monument célébrant le triomphe du socialisme. À l'époque de Tito, pendant laquelle elle portait le nom de Titova Mitrovica, c'était une grande cité industrielle, dont l'essor reposait sur les (lignite, plomb, zinc, argent). En 1989, les mineurs albanais se mirent en grève et s'enfermèrent au fond des puits pour réclamer plus d'autonomie pour le Kosovo, alors partie intégrante de la Serbie. Aujourd'hui, les barres d'immeubles se font face de chaque côté de l'Ibar. Autour des ponts et des passerelles piétonnes, gardés par les soldats français de la Force pour le Kosovo (KFor), les tensions communautaires restent très vives. Hier encore, les collègues de travail et les voisins ne se parlent plus : les uns se considèrent Kosovars, tandis que les autres estiment toujours vivre en Serbie et rejettent l'autorité du gouvernement de Pristina.

Au nord, un quartier majoritairement serbe ( sur en 2003), et au sud un quartier majoritairement albanais ( sur en 2003). Tout sépare ces deux parties de la ville : au-delà des appartenances communautaires et religieuses, le fonctionnement même de la ville est divisé en deux. Au nord, le dinar serbe (monnaie de la Serbie), au sud l'euro. Au nord, une langue slave, le serbe, écrite en alphabet cyrillique. Au sud, la langue albanaise, écrite en alphabet latin. Des municipalités distinctes sur les deux rives de l'Ibar. Avec un entre-soi communautaire déjà très prononcé avant la guerre, qui s'est conforté au fur et à mesure des exactions de la part des groupes armés des deux communautésTRATNJEK, Bénédicte, 2006, "Le nettoyage ethnique à Mitrovica : interprétation géographique d'un double déplacement forcé", Bulletin de l'Association de Géographes français, , pp. 433-447. Et également, des petites minorités (Roms, Ashkalis, Gorans...) dont le futur est incertain.

Lors des émeutes de 2004, la ville est un foyer de tension entre les Serbes du Kosovo et les Albanais du Kosovo. Des monuments et des habitations sont dégradés voire détruits, des pogroms ont lieu.

Le , à la suite de la déclaration d'indépendance du Kosovo, le tribunal de l'ONU de Mitrovica est investi par 300 manifestants serbes, anciens magistrats, employés et militants, qui réclament son placement sous autorité serbe..

Trois jours plus tard, des heurts extrêmement violents éclatent lorsque des policiers de la mission d'administration intérimaire des Nations unies au Kosovo (Minuk) couverts par des militaires de la Kfor de l'OTAN, reprennent le contrôle du tribunal de l'ONU occupé. La cinquantaine d'occupants serbes, qui interdisaient aux employés albanais de pénétrer dans le tribunal, n'ont offert aucune résistance lors de leur arrestation mais des centaines de manifestants extérieurs ont voulu s'interposer. Se regroupant autour du palais de justice pour empêcher leur départ, les émeutiers ont attaqué les forces internationales de maintien de la paix à coup de pierres, grenades, cocktails Molotov mais aussi, pour la première fois, de rafales d'armes automatiques, tandis que les hommes de la Minuk et de la Kfor tentaient de contenir les émeutiers au moyen de gaz lacrymogènes puis de tirs de balles en caoutchouc. Ont été à déplorer, au moins, 80 blessés parmi les émeutiers serbes (dont 15 par balles), 27 policiers de la Minuk et 30 militaires de la Kfor, dont vingt français, victimes auxquelles il faut ajouter un policier ukrainien de l'ONU tué par l'éclatement d'une grenade...

L'indépendance pose également la question du nom de cette ville. Longtemps appelée Kosovska Mitrovica par la Serbie et les populations serbes, elle et aussi nommée Mitrovica par la communauté internationale par souci de neutralité (voire parfois MitrovitsaAben, Jacques « Une géographie politique de Mitrovitsa », Défense nationale, , février 2003, Paris, pp. 99-109) et Mitrovicë par les AlbanaisPresentations - Mitrovica - Kosovo - ESI.

Localités vignette|centré|upright=0.8|Localisation de la commune/municipalité de Mitrovicë/Kosovska Mitrovica au Kosovo

Selon la pratique de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, le nom d'une localité porte en premier celui donné par la nationalité majoritaire ; pour Mitrovicë/Kosovska Mitrovica, il figure en albanais :

Bajgorë/Bajgora Barë/Bare Batahir/Bataire Braboniq/Brabonjić Dedi/Dedinje Gushac/Gušavac Kaçandoll/Kačandol Kçiq i Madh/Veliki Kičić Koprivë/Kopriva Koshtovë/Košutovo Kovaçicë/Kovačica Kutlloc/Kutlovac Lisicë/Lisica Lushtë/Ljušta Magjerë/Mađare Mazhiq/Mažić Melenicë/Meljenica Mitrovicë/Kosovska Mitrovica Ovçar/Ovčare Pirç/Pirče Rahovë/Orahovo (Rashan)/Donje Rašane Rashan/Gornje Rašane Rekë/Reka Rrzhanë/Ržana Selac/Seljance Shipol/Šipolje Shupkoc/Šupkovac Stantërg/Stari Trg (rudarsko naselje) (Stantërg)/Stari Trg (selo) Stranë/Strana Suhodoll i Epërm/Gornji Suvi Do Suhodoll i Poshtëm/Donji Suvi Do Svinjarë/Svinjare Tërstenë/Trstena Tunel i Parë/Prvi Tunel Vaganicë/Vaganica Vërbnicë/Vrbnica Vidishiq/Vidušić Vidomiriq/Vidomirić Vinarc i Epërm/Gornje Vinarce Vinarc i Poshtëm/Donje Vinarce Vllahi/Vlahinje Zabërgjë/Zabrđe Zasellë/Zasela Zhabar i Epërm/Gornje Žabare Zhabar i Poshtëm/Donje Žabare Zijaçë/Zijača

Démographie Un recensement de la population a été réalisé en 2011 par le Kosovo et est à considérer avec précaution dans la mesure où il a été boycotté par les Serbes. Les données communiquées mêlent ainsi les résultats du recensement kosovar et, pour les Serbes, des estimations datant de 2008-2009...

Population dans la ville intra muros Évolution historique de la population dans la ville

+ Évolution de la population

Répartition de la population par nationalités Mitrovicë/Kosovska Mitrovica Sud (2011)

Nationalité Nombre % Albanais 93,34 Ashkalis 647 1,91 Roms 528 1,56 Turcs 515 1,52 Bosniaques 340 1,00 Gorans 23 0,07 Serbes 13 0,04 Égyptiens 4 0,01 Inconnus/Autres.

En 2011, les Albanais représentaient 93,34 % de la population, les Ashkalis 1,91 %, les Roms 1,56 %, les Turcs 1,52 % et les Bosniaques 1 %.

Kosovska Mitrovica Nord (2008-2009) Pour Kosovska Mitrovica Nord, la population, estimée à , compterait « Serbes et autres » nationalités et 867 Albanais..

Population dans la municipalité Évolution historique de la population

+ Évolution de la population

Répartition de la population par nationalités Le recensement kosovar de 2011 rend compte de la population dans la commune/municipalité, sans y intégrer les estimations de Kosovska Mitrovica Nord dont les données ont déjà été communiquées ci-dessus. La population concernée compte ainsi .

Nationalité Nombre % Albanais 96,65 Ashkalis 647 0,90 Roms 528 0,73 Turcs 518 0,72 Bosniaques 416 0,58 Gorans 23 0,03 Serbes 14 0,02 Égyptiens 6 0,01 Inconnus/Autres

En 2011, les Albanais représentaient 96,65 % de la population.

Religions

Politique

Monuments culturels protégés Mitrovicë/Kosovska Mitrovica abrite quelques édifices anciens protégés, mentionnés par l'Académie serbe des sciences et des arts. et inscrits ou proposés pour une inscription sur la liste des monuments culturels du Kosovo . :

À Mitrovicë/Kosovska Mitrovica vignette|droite|La maison de Xhafer Deva vignette|droite|Le bâtiment de l'hôtel Jadran

le vieux hammam (bâtiment du musée) (). la tour-résidence de Sherif Gash () la maison d'Arsim Leniq () la tour-résidence Tupella () la maison de la famille Koroglu (). la maison de Xhafer Deva () la maison de Spiro Budimir () la maison de Florim Zenel () la tour-résidence d'Ymer Ymer () la maison d'Avni Boletini () la maison de Nevzat Abrash () l'église Saint Sava (1896-1912). le bâtiment de l'hôtel Jadran () la maison de Blagoje Đorđević (). le bâtiment de l'ancien consulat de Russie

Dans la commune/municipalité l'église latine de Stantërg/Stari Trg (). les ruines de l'ensemble minier médiéval de Stara Trepča à Stantërg/Stari Trg (-s). les ruines de la ville minière médiévale de Trepča à Mazhiq/Mažić (-s). la mosquée de Mazhiq/Mažić () la forteresse de Trepča-Ćutet à Zasellë/Zasela (). les ruines de la forteresse de Vidishiq/Vidušić (Moyen Âge) l'église catholique de Vinarc i Epërm/Gornje Vinarce (?)

Culture

Sport

La ville a deux clubs de football, la plus populaire et plus ancienne le KF Trepça et la seconde crée des années après le KF Trepça '89/Minatori 89

Éducation

La ville compte plusieurs établissements d’enseignement primaire, secondaire et supérieur, au nord et au sud de l’Ibar.

Pour l’enseignement supérieur public :

L’Université de Mitrovica : Elle s’est constituée après que les facultés serbes de l’Université de Pristina ont été relocalisée à Mitrovica, à l'issue de la guerre du Kosovo.

L’International Business College Mitrovica - IBCM : (Le Collège International des Affaires de Mitrovica - CIAM) :