Robert Pléty, né le à Rully et mort le à Chalon-sur-Saône., est un prêtre français de l’église catholique. Pédagogue et chercheur, il a contribué à renouveler l’approche de la pédagogie par ses travaux en éthologie consacrés à l’apprentissage en groupe.

Biographie Robert Pléty naît le dans un milieu très modeste du petit bourg viticole de Rully (Saône-et-Loire) en BourgogneFils aîné d'Henri Pléty, garde-barrière, et de Marguerite, brodeuse à domicile. Source : registres de l'état civil de Rully.. À l'âge de douze ans, il est orienté vers le petit séminaire de Rimont (commune de Fley, Saône-et-Loire) pour y poursuivre un cursus scolaire au terme duquel il opte pour la prêtrise.

Il entre au grand séminaire d’Autun en 1940Grand séminaire dont le supérieur est alors le père Louis Augros (1898-1982), supérieur du grand séminaire d'Autun avant d'être nommé supérieur du séminaire de la Mission de France à Lisieux (1941-1952). Source : Louis Augros, De l'Église d'hier à l'Église de demain : l'aventure de la Mission de France, Éditions du Cerf, Paris, 1980.. Deux ans plus tard, en 1942, le supérieur du séminaire prend la décision de faire sortir les élèves pour une « prise de distance » avant de confirmer leur orientation. Ce sera pour Robert Pléty l’occasion de franchir illégalement la ligne de démarcation pour passer en zone libre. Il fait alors l’expérience des Chantiers de jeunesse dans le Vercors. Menacé d'être envoyé en Allemagne dans le cadre du Service du travail obligatoire, le groupe auquel il appartient se démobilise de lui-même et prend la fuite. Robert Pléty s’embauche alors à la mine des Télots, près d’Autun, ce qui lui évite l'Allemagne et le met au contact de la condition ouvrière ainsi que de la Résistance. Menacé, il doit cependant quitter la mine et rejoint le maquis ; il participe en à la libération de Montceau-les-MinesIl fut honoré en 2004 par la ville de Montceau-les-Mines pour son activité dans la Résistance et son rôle dans la libération de la ville (à l'occasion des cérémonies du 60 anniversaire de la libération., de Paray-le-Monial et d’Autun, opérations qui le conduisent jusqu’à la frontière suisse.

De retour au grand séminaire d'Autun, il poursuit sa formation en théologie. Bien que pressenti en raison de son profil intellectuel pour rejoindre les Jésuites ou les Dominicains, il demande à suivre un stage de docker à Marseille auprès du père Jacques Loew, dans le projet de devenir prêtre ouvrier. Toutefois, à l’issue de ce stage, sa demande, bien que d'abord acceptée, est refusée. N'aspirant pas à devenir enseignant, il demande alors un ministère rural.

vignette|170 px|right| Une paroisse du Mâconnais : Lugny. Ordonné prêtre le , il est affecté à Lugny, chef-lieu de canton du Mâconnais rural extrêmement déchristianiséComme l'atteste le chanoine Fernand Boulard qui, dans son livre Problèmes missionnaires de la France rurale paru en 1945 aux Éditions du Cerf, a rangé le canton de Lugny parmi les quatre-vingts cantons ruraux – sur un total de 2 900 – les plus déchristianisés du pays, réunis sous la rubrique « pays de mission »., auprès du chanoine Joseph Robert. Celui-ci, curé-archiprêtre du lieu, y avait fondé une communauté sacerdotale – la communauté de prêtres de Lugny, créée en 1935« Communauté et pastorale diocésaine », ouvrage publié par Les prêtres de la Communauté de Lugny-lès-Mâcon, Imprimerie Aubin, Ligugé, 1958 (45 pages). – ainsi qu’une école primaire, issue d’une garderie sociale mise en place pendant la guerreÉcole avec pensionnat ayant ouvert en mai 1943 et fondée à des fins d’évangélisation, dans l’espoir de créer localement de futurs foyers profondément chrétiens. Source : « Mémoire de l'école privée de Lugny "La Source" : 1943-2013, 70 ans d'aventure humaine », Lugny, 2013.. Seul détenteur du baccalauréat dans l’équipe de prêtres, Robert Pléty est alors désigné pour enseigner au sein de l’école. Il restera trente-neuf ans à Lugny. Une stabilité plutôt rare qui lui permet d’effectuer un parcours original faisant interagir trois lignes de vie parallèles : celles de prêtre, d'enseignant et de chercheur.

À l'été 1986, au terme de sa carrière d’enseignant, il quitte Lugny« L'abbé Robert Pléty vient de faire valoir ses droits à la retraite. Une heure importante pour tous ceux qui ont œuvré avec lui et l'ont côtoyé durant ces longues années tant à l'école qu'aux foyers communautaires ou au Centre pastoral de Lugny. Pilier de cet édifice qu'il sut faire vivre et animer avec intelligence, talent et ouverture d'esprit, l'abbé Pléty laissera un grand vide comme le rappelèrent tous ceux qui prirent la parole souvent avec émotion au cours des cérémonies marquant son départ. » Source : « L'abbé Pléty quitte Lugny », article de François Mouron paru dans Le Progrès daté du 3 juillet 1986. et passe une année sabbatique à Los Angeles (Californie), où il suit un cursus universitaire sur la communication assistée par ordinateur à l’Annenberg School for Communication. À son retour, il est nommé en délégué diocésain à la communication par Armand-François Le Bourgeois, évêque d'Autun, mission qu’il portera pendant près de dix ans, jusqu'à sa retraite du ministère paroissial (1996).

Il décède le et repose au cimetière de Rully, son village natal.

Le prêtre 1947 : un prêtre communautaire vignette|285px|right|Le chanoine Robert et Robert Pléty lors d'une kermesse de l'école (fin des années 50). À l’automne 1947, Robert Pléty rejoint le Haut-Mâconnais et la communauté sacerdotale de Lugny fondée en 1935 par le père Joseph Robert, communauté très originale dans le paysage ecclésiastique français créée pour répondre à une déchristianisation extrêmement marquée (situation confirmée en 1947 par la carte du chanoine Fernand BoulardIn Cahiers du clergé rural, novembre 1947, « Carte de la pratique religieuse dans la France rurale », établie par le chanoine Fernand Boulard (1898-1977).).

Robert Pléty y poursuit sa réflexion théologique grâce aux personnalités invitées chaque été par le chanoine Robert pour y animer des sessions : Madeleine Delbrêl, les jésuites Prosper Monier et Donatien Mollat, entre autres, s’y rendront.

Associant travail et adoration, l’équipe est également proche de la théologie du père René Voillaume, ou de mère Magdeleine de Jésus, ou encore de la communauté toute proche nouvellement installée par frère Roger à Taizé.

Très investi dans l’école dont il prend rapidement la direction, Robert Pléty participe à l’équipe pastorale et devient le bras droit du père Robert. Cette fonction particulière lui vaut d’être nommé chapelain épiscopal en 1962.

1974 : « L’expérience de Lugny » vignette|290px|right|Le père Robert Pléty photographié dans l'église Saint-Denis de Lugny à la toute fin des années 60. En 1971, le rapport de Robert Coffy, évêque de Gap, intitulé « L’Église signe de salut au milieu des hommes », appelle la conférence épiscopale de France à proposer des innovations pastorales dans l’esprit du concile Vatican II. En 1974, Robert Pléty devient officiellement responsable de la communauté pastorale de Lugny. Sur la base d’un travail déjà engagé à La Roche-Vineuse entre 1965 et 1973, avec Joseph Guetton, prêtre lyonnais du Prado, un nouveau secteur paroissial se constitue couvrant le Mâconnais rural : Lugny, Senozan, La Roche-Vineuse.

À la demande d'Armand-François Le Bourgeois, évêque d'Autun, Robert Pléty engage une démarche de participation active des laïcs à la vie de l’église locale, rejoignant le courant théologique animé par le théologien Henri Denis (1921-2015), l'un des rédacteurs du décret conciliaire sur les prêtresPresbyterorum Ordinis, le Décret sur le ministère et la vie des prêtres, l'un des textes produits lors du II concile œcuménique du Vatican., qu’il rencontre alors régulièrement à Lyon. L’équipe sacerdotale promeut, sous l’autorité de l’évêque d’Autun, un projet tendant à proposer aux couples en demande une alternative d’accueil aux sacrements du baptême et du mariage pour sortir du « tout ou rien » : ou sacrement impliquant un engagement dans la foi, ou aucun lien avec l’Église.

Avides d’insolite, les media, à l’époque, ont occulté les ressorts de cette innovation pastorale : il s’agissait d’abord d’accueillir les gens tels qu’ils sont, d‘entendre leur demande, de les accompagner, en leur proposant d’inventer leur chemin avec eux, grâce à des propositions diversifiées. Ainsi, en matière de baptême, il s’agissait de concevoir un cheminement de type catéchuménal, impliquant enfants et parents. La préparation aux sacrements puisait sa valeur dans le témoignage de la communauté ecclésiale : témoignage d’une « église-sacrement ». Sur le plan théologique, le travail de réflexion se poursuivait avec Henri Denis, Charles Paliard et André Barral-Baron (centre théologique de Meylan-Grenoble). Poursuivie par Armand-François Le Bourgeois malgré le battage médiatique qu’elle avait suscitée, cette pastorale sacramentelle fut abandonnée par son successeur, Raymond Séguy, en 1987.

Cette « expérience de Lugny »Nom donné à cette pastorale du fait de l'intervention des médias – en particulier de l'hebdomadaire Paris Match – en 1974. s’est accompagnée de la constitution progressive d’une « équipe d’animation pastorale » qui a fait connaître, mis en lien et suscité les initiatives de groupes de chrétiens concernés par un approfondissement théologique, la prière en commun, la vie de jeunes parents ou de retraités, le monde rural, une animation pour les collégiens ; une nouvelle répartition en trois secteurs géographiques a permis d’instaurer une plus grande proximité avec les habitants.

En 1977, une évaluation du chemin parcouru faisait paraître la nécessité pour cette équipe d’envisager l’avenir d’une vie d’Église fragilisée par la diminution du nombre de prêtres en développant une prise en charge partagée de l’animation pastorale avec les laïcs. Aidée par un conseil extérieur, l’équipe décide alors de « mettre en place des moyens de formation pour ceux qui souhaitent exercer des responsabilités ». Les célébrations dominicales furent assumées tantôt par une messe, tantôt par une « assemblée dominicale en l’absence de prêtre » : prière et partage de la parole, suivant un calendrier prévisionnel. Un fonctionnement en réseau, avec d’autres paroisses, du Tonnerrois ou de Cagnes-sur-Mer, permettait les échanges d’expériences.

En 1981, l’équipe d’animation pastorale (EAP) est composée de 13 membres dont 4 prêtres ; elle prépare son renouvellement en faisant un appel à candidatures dans l’ensemble du secteur à l’occasion de la fête de Pâques. Robert Pléty cède sa place de responsable de la communauté au père Georges DufourNommé à Lugny en 1948. Né le 31 juillet 1924 à Montceau-les-Mines et décédé le 25 février 2018 à La Chapelle-de-Guinchay. Source : Jean-François Arnoux, Visages du diocèse d'Autun. 1962-2012 : 50 ans d'histoire, 2013.. L’EAP est désormais représentée auprès de l’évêque par deux responsables, un prêtre et un laïc. Elle publie ses projets : pour cette année-là, l’animation de groupes de jeunes. En 1985, Robert Pléty soutient sa thèse de doctorat d'État ès sciences et prépare son départ de Lugny en lien avec la fin de sa carrière d’enseignant (1986). L’expérience se poursuivra jusqu’au départ de Georges Dufour, nommé vicaire épiscopal à Mâcon en 1989 ; la relève sera alors assurée par le père Jean Cuisenier, jusqu’en 2000.

1987 : la communication dans le diocèse d’Autun De retour de son année sabbatique aux États-Unis, Robert Pléty est nommé en délégué diocésain à la Communication par Armand-François Le Bourgeois, mission qu’il portera pendant près de dix ans, produisant une réflexion sur les différents courants religieux du catholicisme présents dans le diocèse d’Autun. Il publie à cette époque, chez Desclée de Brouwer, « Église ordinaire et communautés nouvelles » (1994).