Par le terme marron ou marronnier, on indique le prédécesseur du guide alpin, soit un professionnel qui, à partir du Moyen Âge, et sans doute dès l'an 1000, est investi du droit de marronnage, c'est-à-dire du droit d'accompagner des voyageurs dans les Alpes occidentales.

Distribution Les marronniers les plus cités en littérature sont ceux qui accompagnaient les voyageurs provenant du col du Grand-Saint-Bernard vers Aoste, le long de la vallée du Grand-Saint-Bernard. Au musée de la Société des guides de Courmayeur on retrouve cependant des témoignages de guides à mulet dans le Valdigne, chargés d'accompagner des voyageurs anglais et des membres de la maison de Savoie lors de leurs ascensions à la montagne.

Description Le marronnage a été pratiqué dans plusieurs cols alpins, malgré le fait que cette pratique soit peu documentée. Des marrons sont cités dans le haut Moyen Âge sur le col du Mont-CenisAlpes dans l'Encyclopédie Treccani (1929)..

Histoire Le marronnage naît entre l'an 1000 et le . Une franchise est octroyée en 1273 par la maison de Savoie dans la vallée du Grand-Saint-Bernard, dénommée Viérie du Mont Joux, selon le nom utilisé localement pour définir le col du Grand-Saint-Bernard. Ces conditions impliquaient que les membres de la famille royale avaient le droit d'être hébergés gratuitement lors de leurs voyages dans les villages jouissant des franchises, et que les habitants devaient accueillir les pèlerins qui parcouraient la via Francigena, et pouvaient également demander un droit de passage sous forme de marchandises ou d'argentLuigi Berbotto, Le mille e una valle. Viaggio in Valle d'Aosta, L'Ambaradan, 2005, p. 36. .

Les marronniers de la vallée du Grand-Saint-Bernard provenaient surtout de Saint-Rhémy-en-Bosses et d'Étroubles.

À partir de 1650, les marronniers du Grand-Saint-Bernard commencent à entraîner les saint-bernards en tant quhospitaliers de l'Hospice du Grand-Saint-Bernard.

En 1786, Horace-Bénédict de Saussure décrit le travail des marronniers, parfois accompagnés et aidés par les chanoines du Grand-Saint-Bernard.

Le rôle des marronniers dans la région du Grand-Saint-Bernard est tellement important, que le roi Victor-Emmanuel II de Savoie décide, en 1658, qu'ils sont exemptés des obligations du service militaire, en les proclamant ainsi soldats de la neige, qui gardent les mêmes fonctions, mais deviennent plus strictement organisés et soumis à l'autorité des syndics. En vertu de cette décision, à partir de 1782, les marronniers de Saint-Rhémy-en-Bosses n'ont pas prêté le service militaire jusqu'à la Première Guerre mondialeLes Soldats de la neige - site de la commune de Saint-Rhémy-en-Bosses..

Le corps des Soldats de la neige a été supprimé en 1927.

Hommage Une place à Aoste, située dans le quartier Cogne, est dédiée à la mémoire des Soldats de la neige.

Notes et références

Bibliographie Albert Marcoz, Marroniers et Soldats de la neige de Saint-Rhémy-en-Bosses, Quart : éd. Musumeci, 2006. Abbé François Martinet, Les soldats de la neige de Saint-Rhémy, revue de l'Société académique, religieuse et scientifique du Duché d'Aoste, 24, 1937, p. 89–103 Jules Brocherel, Les soldats de la neige, dans Augusta Praetoria, 2, 1949, dossier 4, p. 216–230 Ezio-Éméric Gerbore, Documents concernant l'Histoire de la viérie et du marronnage d'Étroubles et Saint-Rhémy, dans Bibliothèque de l'Archivum Augustanum, 24, 1989, p. 179–208

Voir aussi Articles connexes Vallée du Grand-Saint-Bernard Col du Grand-Saint-Bernard Saint-Rhémy-en-Bosses Étroubles

Liens externes La Viérie du Mont Joux e i Marronniers - site de la commune de Saint-Rhémy-en-Bosses Les Soldats de la neige - site de la commune de Saint-Rhémy-en-Bosses

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