La (en occitan : rota de Sèishes) est une voie de Toulouse, chef-lieu de la région Occitanie, dans le Midi de la France.
Situation et accès Description La route de Seysses est une voie publique. Elle traverse les quartiers Saint-Simon, Bellefontaine et Lafourguette, puis les quartiers Papus et Croix-de-Pierre.
Longue de 6440 mètres, c'est la plus longue des voies de Toulouse. Elle correspond à l'ancien chemin vicinal 13Salies 1989, vol. 1, ., absorbé par la route départementale 15Salies 1989, vol. 2, ., de Toulouse à Gratens où elle rejoint la route départementale 7 au lieu-dit Coulat. Depuis 2017, date à laquelle la partie de la route située sur le territoire de Toulouse Métropole a été déclassée et transférée à la métropole, elle est devenue la route métropolitaine Cyril Brioulet, « À quoi servent ces nouveaux panneaux routiers bleus marqués de la lettre M ? », La Dépêche du Midi, 5 avril 2021..
La route de Seysses naît dans le prolongement de la voie du même nom, sur la commune de Portet-sur-Garonne. La première partie de la route de Seysses, jusqu'au carrefour des chemins de Tucaut, à l'ouest, et de la Saudrune, à l'est, a conservé un visage rural, à proximité de la ferme de Candie. À l'ouest s'étendent les terrains de l'ancienne base aérienne 101 de Francazal, devenue aéroport de Toulouse Francazal.
Dans sa deuxième partie, jusqu'au croisement de l'avenue du Général-Eisenhower, la route de Seysses a été transformée par le développement, dans les dernières décennies du , de l'ancien village de Saint-Simon. La route dessert plusieurs zones industrielles et parcs d'activités, qui font du sud-ouest toulousain un des principaux pôles d'emploi dans la métropole : la zone industrielle Larrieu, dominée par le complexe et le radôme de Thales Alenia Space, la zone industrielle Thibaud, la zone industrielle Monlong et sa déchetterie.
C'est dans la troisième partie, jusqu'au cœur de l'ancien village de Lafourguette, que la route de Seysses est la plus étroite, puisque sa largeur ne dépasse pas 10 mètres. Elle montre un visage varié, marqué par l'alternance de fermes anciennes ou de maisons de maraîchers – les « toulousaines » – avec les constructions de la ZUP du Mirail, et particulièrement du quartier de Bellefontaine, et des opérations immobilières de la fin du ou du début du siècle suivant, résultat de la densification du quartier.
La dernière partie de la route de Seysses, du centre du quartier de Lafourguette, s'est urbanisée dans la deuxième moitié du . La largeur de la route a été établie à 13 mètres. Elle longe plusieurs lotissements des années 1950, tels la cité des Combattants, puis franchit l'avenue du Corps-Franc-Pommiès, partie de l'actuel périphérique ouest de la ville (autoroute A620), par un pont. Elle est ensuite bordée par à l'ouest par les immeubles et les maisons de la cité Papus, et à l'est par la zone d'activité de Bordelongue, qui s'est développée à l'emplacement du camp de Bordelongue. Elle franchit ensuite par un passage à niveau la voie de chemin de fer de la ligne de Toulouse à Auch. Elle se termine au carrefour de la Pointe, qu'elle forme avec la route d'Espagne, qui la rejoint à l'est, et l'avenue de Muret, qui la prolonge au nord-est, jusqu'à la place du Fer-à-Cheval.
Voies rencontrées La route de Seysses rencontre les voies suivantes, dans l'ordre des numéros croissants (« g » indique que la rue se situe à gauche, « d » à droite) :
Route de Seysses – Portet-sur-Garonne Chemin de Tucaut (g) Chemin de la Saudrune (d) Rue Saint-Jean-François-Régis (g) Avenue Jean-François-Champollion (d) Chemin de Lestang (g) Chemin Vouet (d) Rue Paul-Rocaché (g) Promenade Bernard-Marrot (g) Chemin du Roussimort (d) Rue Paul-Rocaché (g) Avenue de Larrieu-Thibaud (d) Chemin de Perpignan (g) Avenue du Général-Eisenhower Rue de Rimont (g) Rue Mathieu-Berdoulat (d) Rue André-Bauge (g) Rue de Rimont (g) Rue Jean-Cheverry (d) Allée de Bellefontaine (g) Rue Banières (d) Rue de l'Amandier (d) Place du Huit-Mai-1945 (g) Rue Jean-Bardy (d) Rue Maryse-Bastié (d) Place des Glières (d) Rue Louis-Célestin (d) Rue Lalanne (g) Rue de Gironis (d) Rue Antoine-Laumet (g) Rue Régence (g) Impasse des Martyrs-de-Bordelongue (d) Rue Régence (g) Passage du Canal-de-Bordelongue (d) Rue Trianon (g) Rue de la Sarthe (g) Chemin des Martyrs-de-Bordelongue (d) Rue de la Vendée (g) Rue Louis-Courtois-de-Viçose (d) Rue de la Touraine (g) Impasse du Volvestre (d) Rue Antoine-Ricord (d) Rue Bernadette (d) Rue Fourcade (g) Rue Gustave-Charpentier (d) Rue d'Orbesson (d) Rue Claude-Bourgelat (g) Rue Penent (d) Rue de la Faourette (g) Rue Paul-Bély (g) Impasse Hector-Berlioz (g) Rond-point du 21-Septembre-2001 Avenue de Muret (g) Route d'Espagne (d)
Transports La route de Seysses est parcourue et desservie, entre la Pointe et l'avenue du Général-Eisenhower, par la ligne du Linéo . Une correspondance est possible à l'arrêt Bordelongue avec la ligne de bus , également à proximité de la gare ferroviaire de Gallieni-Cancéropôle, sur la ligne de Toulouse à Auch. Au carrefour de l'avenue du Général-Eisenhower, la route de Seysses est desservie à proximité par les arrêts des lignes de bus . Puis, à partir de l'avenue du Général-Eisenhower et jusqu'à la sortie de Toulouse, la route de Seysses est parcourue et desservie par les lignes de bus .
La route de Seysses est également équipée de plusieurs stations de vélos en libre-service VélôToulouse, toutes entre la Pointe et le cœur du quartier de Lafourguette : les stations (39 route d'Espagne), (296 route de Seysses), (251 route de Seysses) et (1 place des Glières).
Odonymie La route de Seysses, qu'on désignait autrefois sous le nom de chemin de Seysses (cami de Sèishes en occitan), tient ce nom de ce qu'elle conduit de Toulouse à Seysses..
Histoire Moyen Âge et période moderne Au Moyen Âge, le « chemin » ou la « route » de Seysses n'est qu'un chemin rural qui traverse le gardiage de Toulouse et qui, dans le prolongement du chemin de Muret dont il se sépare au niveau de la Pointe, permet de rejoindre les villages de Villeneuve-Tolosane et de Seysses. Après avoir traversé les terres basses de l'Ardenne (ou Lardenne), il longe la dernière terrasse de la Garonne et le terroir de l'Ardenne haute.. La campagne est traversée par plusieurs ruisseaux, tels la Saudrune et le Roussimort, qui inondent régulièrement la les terres basses.. Au sud, la limite du gardiage avec le consulat de Portet est marquée par une croix de chemin, la croix Saint-André (crotz de Sant Andrieu en occitan)..
Le chemin, qui traverse la campagne toulousaine, est bordé par les champs et les fermes, désignées sous le nom de « bordes » (bòrda, « ferme » en occitan). À la fin du , se trouve, aux limites du gardiage, une ferme, servant également d'auberge, de mauvaise réputation, la borde de Malhorque (bòrda de Malhorcas en occitan), que les capitouls font détruire et brûler à cause des meurtres qu'on y avait commis.. La borde de la famille Belvèze (emplacement des actuels à 125) est achetée à la fin du , par Antoine de Malras, président au Parlement. Elle passe, aux siècles suivants, à la famille Du Bourg, puis à la famille Montlong (ou Monlong). Plus loin se trouve, au , la Fourguette (la forgueta, « la petite forge » en occitan). Elle appartient, dans la première moitié du , au capitoul Jean Delpech et regroupe alors une maison, une étable et une petite grange, entourés de champs, de vignes, de prés et de bois.. À la même époque, Pierre Papus obtient du syndic de l'hôpital Saint-Jacques une métairie, un peu au nord de la route (emplacement des actuels allée de Guyenne). . Au se trouve également la Borde Longue (bòrda longa en occitan) (emplacement de l’actuel chemin Azaïs). . Plus au sud, à la limite du territoire de Cugnaux, au pied de la terrasse de la Garonne, la métairie de l'Hospice est élevée au , à proximité de la ferme et du château de Candie.
Époque contemporaine
Dans la première moitié du , l'urbanisation se développe le long de la route d'Espagne (actuelle avenue de Muret), depuis la place du Fer-à-Cheval jusqu'à la place de la Croix-de-Pierre., où se trouve la barrière d'octroi.. Plus au sud, le long de la route de Seysses, le paysage reste profondément rural. Les habitants de la ville se font construire des maisons de villégiature, « à la campagne », comme la villa des Aigles, dont l'architecture néo-classique et le décor en terre cuite de la fabrique d'Auguste et Gaston Virebent sont caractéristiques de l'époque (actuel ). Les maraîchers et les vignerons se font plus nombreux, construisant leurs maisons basses le long de la route – les « toulousaines ».
Un bourg se développe autour du domaine de Lafourguette. En 1831, les habitants, qui doivent aller à l’église du village de Saint-Simon, établissent une chapelle dans un ancien chai. En 1848, il est décidé d'élever une église pour desservir la nouvelle paroisse, l'église Notre-Dame-de-la-Nativité (actuel ). Elle est élevée lentement, sur les plans de l'architecte de la ville, Jean Bonnal.. En 1880, le quartier de Lafourguette compte déjà un millier d'habitants. Plusieurs écoles s'ouvrent pour accueillir les enfants : une école publique de garçons (actuel ), une école libre de garçons, rue Notre-Dame (actuel rue Jean-Bardy), une école libre confessionnelle de filles. Sur un terrain, acheté dès 1884 par la municipalité, un groupe scolaire – école maternelle, écoles élémentaires de filles et de garçons – est construite entre 1897 et 1902 (actuel place des Glières).
C'est en 1909 que commence l'histoire de l'aéronautique à Francazal. Cette année-là, le Toulousain Cazalot fait, sur les terrains de la métairie de l'Hospice, les premiers essais de son biplan, qu'il présente l’année suivante lors de la première fête aérienne de Toulouse, qui se tient au Polygone d'artillerieSalies 1989, vol. 1, ..
Entre-deux-guerres Après la Première Guerre mondiale, l'urbanisation se poursuit, principalement grâce au développement à partir de 1924 du pôle industriel autour de l'Office national industriel de l'azote (ONIA), le long de la route d'Espagne. En 1939, y travaillent, souvent des agriculteurs du quartier à qui le système des trois-huit permet de mener une double activitéCauhopé 2011, .. Le quartier de Lafourguette commence à s'équiper : commerces, dispensaire, cinéma, recette auxiliaire urbaine des postesCauhopé 2011, .. Plusieurs lotissement sont aussi créés au nord de la route de Seysses, près de la Pointe, tel le lotissement Paul-Bély aménagé vers 1925 entre la rue de la Faourette et la rue Saint-Hippolyte. . En 1933, la barrière de l'octroi, qui se trouvait place de la Croix-de-Pierre depuis 1861, est déplacée au niveau du chemin de Bordelongue (emplacement de l'actuel chemin des Martyrs-de-Bordelongue). . Pour accompagner l'arrivée de travailleurs coloniaux, indochinois principalement, qui sont affectés au travail dans les usines, le camp de Bordelongue est établi en 1939 à l'emplacement des terrains de la ferme de BordelongueCauhopé 2011, ..
Au sud de la Fourguette, la route de Seysses conserve encore un caractère rural. En 1920, Bernard Marrot, ancien conseiller général et adjoint au maire, cède à la faculté des sciences de l'université la propriété de Monlong (emplacement des actuels à 125). Le château, la ferme et le domaine de 40 hectares sont utilisés par l'Institut agricole, fondé par Paul Sabatier en 1909 (actuelle École nationale supérieure agronomique de Toulouse), qui en fait une ferme modèle. En 1929, ils comprennent une étable, une laiterie, une fromagerie et une beurrerie modernes, un silo, un chai à outillage perfectionné, une porcherie, une basse-cour, un clapier. On y pratique aussi la culture de la vigne, sans compter les terres labourables, le verger, le potager, les prairies.... Par la suite, la ferme de Thibaud et son domaine de 60 hectares sont adjoints au domaine de Monlong..