La bibliothèque médiathèque municipale de Vevey est une bibliothèque municipale fondée en 1805. Financée par la ville de Vevey, elle se situe dans le canton de Vaud, en Suisse romande, au bord du lac Léman.
Elle est installée dans un bâtiment principal, sur les quais de la ville, bâtiment dans lequel elle assure sa mission publique d'accès à la culture par le bas, de prêt de documents et d'actions de médiation culturelle. La bibliothèque est composée d'un espace jeunesse, un espace jeunes adultes, adultes ainsi qu'une zone documentaire et un espace réservé aux jeux vidéo (espace Pixel). La salle de lecture permet à tout un chacun de venir étudier ou lire dans une zone calme. Le reste de la bibliothèque n'est pas soumis au silence.
Un autre bâtiment, qui n'est pas accessible au public directement, lui est complémentaire. Il s'agit du fonds Francillon, où se trouvent des ouvrages plus anciens. On y trouve notamment l'ouvrage emblématique du Projet d'une bibliothèque à Vevey.
Histoire
1805 : fondation de la bibliothèque Les origines de la bibliothèque municipale remontent au , lorsque sous l'impulsion de deux sociétés locales, la Société d'émulation et la Société littéraire, le Projet d'une bibliothèque à Vevey fait son apparition. Cette dernière société disposait déjà d'un fonds littéraire, qu'elle a mis à disposition comme base de départ pour la future bibliothèque. La Société d'émulation du canton de Vaud est née en 1802, avec le docteur Louis Levade à sa tête comme président, et a pour but de rendre accessible la connaissance à toute personne intéressée. Dans une vision philanthropique, ce groupement était constitué majoritairement d'intellectuels libéraux qui s'inscrivaient dans la tradition des Lumières d'éduquer et instruire les classes populaires. Une assemblée se réunit alors le , et les choses s'enchaînent rapidement. La Commission directrice de la bibliothèque se réunit ensuite le 16, et le 30 elle se met d'accord sur une première version d'un règlement. Le , le catalogue méthodique du fonds contient , en . Deux bibliothécaires sont alors en poste, Couvreu de Morrens et Dejoffrey. Le nombre total de membres se monte alors à , en plus des préalables de la Société littéraire. Cette dernière amène au fonds de livres ses . Tous sont alors copropriétaires de la bibliothèque, moyennant 80 livres de frais de paiement pour les membres de et pour les membres de ; il n'y a pas d'abonnés. L'ouverture au public se met en place à partir du . Chaque année, une assemblée permet de faire le point sur la situation et les nouveaux enjeux. La présidence de la commission est assurée par le docteur Louis Levade (1748-1839) jusqu'en 1824. Ce dernier, tout comme Couvreu et Dejoffrey, a joué un rôle important dans la fondation de l'institution.
L'emplacement de la bibliothèque se précise. Elle trouve sa place dans un espace du Nouvel Hôpital, qui se trouvait à la rue du Simplon 38, et dont la construction a été réalisée entre 1734 et 1738. Elle y reste jusqu'en 1896, bien qu'elle se déplace de local et d'étage à trois reprises (1815, 1840, 1851). Cet espace mis à disposition par la municipalité permet une ouverture publique tous les samedis de à , dès le . Les personnes non-membres s'acquittent d'un abonnement annuel de quatre livres pour accéder à la consultation.
Le fonds de base est rapidement enrichi grâce à de multiples dons. Dejoffrey ajoute en , Couvreau en amène cent, Vincent Perdonnet donne neuf titres en en . Le Cercle de la Placette dépose quatre périodiques qui représentent . Des livres sont également achetés, on en dénombre en en 1805. Rapidement, le fonds va doubler de volume. En , les membres de la Société littéraire sont au nombre de 18. Le catalogue est imprimé pour la première fois en , et est accompagné d'un règlement. La classification des ouvrages se fait en quatre classes : sciences intellectuelles, sciences naturelles, littérature et mélanges, histoire et voyages, pour un total de en , incluant à ce calcul les périodiques. Aux deux bibliothécaires cités précédemment s'ajoute Chavannes Comte, qui œuvrera jusqu'en 1820. Le catalogue gonfle et sa mise à jour papier est imprimée en : au total, avec en ont été ajoutés. Bien que le fonds soit plutôt « modeste », selon les dires du catalogue de 1810, la bibliothèque rencontre un grand succès, et il devient rapidement nécessaire d'engager un aide-bibliothécaire salarié. Chavanne Comte étant parti et Dejoffrey étant décédé, la commission directrice n'arrive pas à disposer de deux bibliothécaires, et décide alors que (PV du ). Ainsi, pendant quatre ans, entre 1822 et , les responsabilités s'alterneront entre les membres, jusqu'à ce que la commission décide de nommer un bibliothécaire salarié ( par an).
Cependant les moyens financiers de la bibliothèque sont modestes, et tous les achats de nouveautés ne peuvent se faire. L'exemple des frais de reliure est cité le par la commission directrice, frais qui empêchent l'achat de livres, (PV de ce même jour). Pour régler le problème, l'idée est alors d'augmenter le nombre de membres, en diminuant la taxe d'inscription de 100 à pour la première classe, et de 30 à pour la seconde. Par ailleurs, les horaires d'ouverture sont élargis et les documents sont maintenant accessibles le mercredi et le samedi de à . La démarche semble porter ses fruits dans la mesure où deviennent nouveaux membres de première classe en 1826 et 1827. En 1836, un nouveau catalogue ainsi qu'un nouveau règlement sont imprimés ; on y stipule alors que . Depuis le premier catalogue en 1806, c'est plus que le double de titres qui ont été enregistrés, passant ainsi de 890 à . À cette période, 60 font partie de la première classe, 28 autres de la . Le nombre de bienfaiteurs s'élève à . Dans les dons réalisés, il faut noter en 1834 celui de Couvreu de Saussure, avec et .
1830 - 1850 : établissements de règles et problèmes financiers Dans le règlement de 1834, la commission directrice avait pris soin de préciser son rôle de surveillance des bibliothécaires et celui des membres d'. Mais cette mesure n'est dans un premier temps pas respectée, et il faudra rappeler les membres à l'ordre à plusieurs reprises. À titre d'exemple des dysfonctionnements on citera le bibliothécaire et son adjoint qui empruntent plus de volumes que permis, et font profiter leur entourage de ces avantages. Par ailleurs, un grand manque de rigueur se note dans la tenue du registre des prêts, ce qui cause la perte de plusieurs ouvrages. Le catalogue se compose alors de très de , entre des livres d'histoire, de voyage, de littérature, mais également à destination de la jeunesse. En plus petit nombre se trouvent ceux qui traitent des sciences exactes, morales et politiques. En et en notamment, des procès-verbaux signalent des abus dans les prêts de livres. La responsabilité des bibliothécaires est rappelée pour mieux surveiller la bibliothèque et assurer les services. Le , la commission directrice serre la vis sur l'ordre, la propreté, la régularité, le rangement et le prêt des livres. Il faut noter que jusqu'en 1845, la bibliothèque était en libre-accès, ce qui peut en partie expliquer ces problèmes. La proposition du par un des membres de construire se voit refusée. Le , alors que la bibliothèque est nouvellement installée depuis trois ans dans une salle au rez-de-chaussée, la commission souhaite (PV de ce même jour). Cette demande sera réalisée en , et se prolongera même lors du déménagement de 1851 au deuxième étage du bâtiment de l'Hôpital.
Les soucis financiers réapparaissent ponctuellement et empêchent le fonctionnement optimal de la bibliothèque. Au , (PV du ). Pour remédier à ces ennuis, un abonnement de trois mois est introduit : pour deux volumes, pour un volume. Delafontaine, un des bibliothécaires en place entre 1828 et 1855, doit se procurer un aide, mais à ses frais. Heureusement, de multiples dons permettent de compléter et augmenter les collections: celui de Louis Levade de en , d'ouvrages anciens et précieux en latin, dont les deux tiers ont pour sujet les sciences ; celui de Zollikoffer et son gendre Hottinger en , avec en , dans tous les domaines, dont une moitié sont en allemand.
1850 - 1890 : stagnation Alors même que ses murs sont ouverts trois fois par semaine, que dès 1855 l'âge de souscription est abaissé et que les filles peuvent commencer à emprunter, la bibliothèque connaît une période de stagnation dans le troisième quart du siècle. L'assemblée générale du ne peut délibérer au vu du nombre trop petit de membres présents. Ces réunions se raréfient de plus en plus. En , décision est alors prise de faire davantage connaître la bibliothèque au public, et l'on s'en remet alors à la presse. En , le président Marc de Montet démissionne, et son poste n'est pas immédiatement repourvu. La situation se complexifie tant que la commission directrice décide en pour la première fois de convoquer une assemblée générale annuelle des copropriétaires au moyen d'une circulaire de deux pages exposant la situation de l'institution, et dans le but de . Toutefois, il faudra attendre pour que cette circulaire soit réellement envoyée. Le succès de la démarche est modéré, avec notamment l'admission de sept nouveaux membres de première classe. Par ailleurs, le , un début d'incendie détruit et endommage sérieusement , dont l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, et les œuvres de Voltaire. La baisse des frais d'abonnement incite les abonnements, et l'on passe de 42 à lors de l'. Les frais d'abonnements pour les non-copropriétaires varient en fonction du nombre d'années et de volume, entre minimum trois francs et maximum dix francs.
À la fin de cette même année, la commission s'ouvre aux membres du corps enseignant en leur facilitant l'accès à la bibliothèque au travers d'une demande à la commune d'un soutien de cinq francs par an pour chaque emprunteur, jusqu'à concurrence de cent francs. Ils en dénombrent vingt dans un premier temps. Dans la foulée, la confection d'un nouveau catalogue contenant l'ensemble du fonds est mis en place bénévolement par Albert de Montet (décédé en 1920) et Paul Chavannes, le caissier de l'époque, avec plus de . Le financement de cette nouvelle version se fait au moyen d'un emprunt de et d'un appel général à la population pour un soutien financier et des dons d'ouvrages. La bibliothèque ferme alors ses portes pour commencer à réaliser ce travail dans les meilleurs conditions. Elle rouvre ses portes le , avec et, alors que la nouvelle version manuscrite est disponible à la consultation sur place, elle est imprimée officiellement en avec une nouvelle systématique et une nouvelle cotation dans le fond. Vingt-cinq classes apparaissent, désignées par vingt-cinq lettres de l'alphabet, se calquant ainsi sur les principes de la bibliothèque cantonale. Pour maintenir cet élan de renouveau, la commission directrice rédige un premier rapport sur l'exercice 1874-1875, lequel sera publié dans le Journal de Vevey le . Au début de l', étaient inscrits dans les registres, et en décembre, on en dénombrait 78. Une année plus tard, le , une lettre est envoyée à la population veveysannes pour inviter de nouveaux membres. Dans la même idée, un exemplaire du catalogue et du règlement sont systématiquement déposés dans les pensions et hôtels de la Ville (PV du ).