L'article religion en Tchéquie prétend seulement présenter les pratiques religieuses, passées et présentes, actualisées (2020) des approximativement de Tchèques (hors diasporas et immigrations récentes) de la récente République de Tchéquie, ou Tchéquie. vignette|droite|Château de Prague vignette|droite|Horloge astronomique (Olomouc) vignette|droite|Colonne de la Sainte Trinité d'Olomouc

Histoire

Proto-histoire et romanisation La Tchéquie n'existe pas avant la slavisation de la région : culture rubanée, culture de Kyjatice (âge du bronze), culture de Hallstatt ( du fer), culture celtique de La Tène ( du fer).

Vers , les Celtes Boïens ont un oppidum dans ce qui va devenir Bratislava, avec citadelle, frappe de monnaie. Puis arrivent des peuples germaniques.

Deux peuples, germaniques ou germano-celtiques, les Marcomans et les Quades, aux marges de l'Empire romain, résistent à son expansion : guerres marcomanes (167-188), limes romain sur le Danubehttp://whc.unesco.org/fr/listesindicatives/1732, limes du Danube, , provinces romaines de Pannonie, de Norique.

De cette époque date une fréquentation de quatre siècles de la civilisation romaine, dont la religion romaine antique, la viticulture, et sans doute l'arrivée des premiers Juifs, dans ou autour de l'armée et de l'administration romaines, et une première christianisation en milieu cosmopolite urbain.

Les limes danubien, et précisent les zones d'influence.

La liste des noms latins des villes de Tchéquie vaut surtout pour les toponymes dans les textes du Moyen-Âge.

Slavisation (s) Mais, dès 380, l'Empire romain d'Occident ne maîtrise presque plus rien dans la région. Les mouvements migratoires des populations germaniques, hunniques et autres (s) provoquent la fin de l'antiquité tardive. La circulation et le mélange des peuples à cette époque reste difficile à établir.

Dans la région d'Europe centrale (Sud de la Pologne, Silésie, Tchéquie, Moravie, Bohême, Slovaquie) s'installent des Slaves occidentaux, qui se distinguent des autres peuples slaves par leurs langues slaves (dites occidentales), toutes issues d'un même proto-slave.

De cette époque date, pour la Tchéquie comme pour la Slovaquie, un paganisme slave, une mythologie slave (liste des divinités slaves), que certain reconstructionnisme néopaïen cherche à revitaliser.

Selon la chronique de Frédégaire, une union des tribus slaves (Moravie, Bohême, Serbie blanche) entre et se place sous la direction du marchand goth / franc Samo de Bohême, pour contrer les attaques avares, jusqu'à disparaître.

Le khaganat avar (560-805) est alors le voisin le plus agressif mais aussi le plus cultivé, ainsi qu'en atteste l', site archéologique bi-national (tchèque et slovaque) des Avars de Pannonie ou khanat (pseudo-)avar des s.

Vers 820-870, avec et Rastislav, se constitue la principauté slave de Grande-Moravie (Mährerreich), qui marque le début de l'histoire slovaque, sorabe et tchèque, avec l'arrivée des moines missionnaires byzantins Cyrille et Méthode qui évangélisent la région et donnent aux peuples slaves l'alphabet glagolitique.

Après l'éclatement de l'Empire carolingien confirmé par le traité de Verdun (843), l'avènement de Louis de Germanie (liste des souverains d'Allemagne), roi de Bavière (817-865) et roi (843-876) de Francie orientale (futur royaume de Germanie (911-1806)) confirme une présence et une poussée à l'ouest de la région.

, de Nitra, dirige la Moravia Magna de 870 à 894, et annexe la Bohême et la Slovaquie occidentale (et une petite part de la Hongrie et de la Bavière (Serbie blanche)).

s Le Duché de Bohême (872-1198) est d'abord une principauté de la Grande-Moravie. En Moravie, avec sa femme Ludmila, le duc adopte la forme catholique du christianisme qu'il entreprend de diffuser dans le pays dès son retour en Bohême. Il construit des édifices religieux importants comme l'église de Levy Hradec.

Grâce au catholicisme, le royaume est admis parmi les États féodaux ouest-européens de l'Occident chrétien. Les moines et les prêtres, qui savent lire et écrire, apportent les premiers livres (en latin). D'importantes églises sont construites, avec des ateliers d'écriture, enluminure et reliure où l'on fabrique les livres à la main. Les moines copistes et les écrivains publics commencent à recopier les textes avec des plumes d'oie sur des supports en parchemin. Les livres, pleins d'illustrations superbes, servent à répandre la culture religieuse ou laïque. Les vies des saints et les chroniques témoignant des événements importants ou des actions remarquables des gouvernants de l'époque se multiplient.

En , le prince Venceslas de Bohême prend le pouvoir avant d'être assassiné en par son frère Boleslav et d'être béatifié. Depuis, saint Venceslas est le patron de la Bohême. La ville de Prague devient le centre du pouvoir et un évêché y est instauré en .

En , le prince est élevé au rang de roi de Bohême, la couronne tchèque devient héréditaire avec en . L'urbanisation du royaume commence avec la fondation de villes comme Brno, Znojmo ou Poděbrady.

Au , vers 1260, en Autriche (Salzkammergut et Wienerwald), l'inquisition attaque une quarantaine de communautés de Waldenser, adeptes de l'Église évangélique vaudoise (créée vers 1170, autour de Valdès (1140-1217), dit Pierre Valdo), dont le paulicianisme, peut-être inspiré du bogomilisme va inspirer le catharisme. Il paraît probable que les idées ont également circulé sur le territoire tchèque.

Après le long règne (1310-1346) de (1296-1346), de la maison de Luxembourg), souvent absent, le long règne (1346-1378) de l'empereur (1316-1378), son fils, marque le début d’un âge d'or, dont témoignent encore les embellissements de Prague, devenue capitale du Saint-Empire romain germanique. Le royaume de Bohême (1198-1918) est alors vaste (Bohême, Moravie, Lusace, Silésie), peuplé principalement de Tchèques, mais aussi d'Allemands.

Un peuplement germanique s'est répandu pacifiquement dans plusieurs régions de l'Europe centrale, avec l'installation de paysans, de marchands et d'artisans (Drang nach Osten (« marche vers l'est » ou « colonisation de l'Est »), appelés par les monarques ou féodaux, et bénéficiant généralement du droit de Magdebourg (au moins depuis 1188). Les Allemands des Sudètes, tout comme les Allemands des Carpates (en Grande Slovaquie) impliqués dans l'histoire des mines de Haute-Hongrie, occupent une place privilégiée dans leurs relations avec les autorités germanophones.

À la mort de , son fils aîné et successeur, Venceslas de Luxembourg (1361-1419), roi de Bohême (1378-1419), manque du dynamisme nécessaire à une situation politique locale et européenne (en tant que futur empereur) difficile, aggravée par l'épidémie de peste de 1380.

,

s La deuxième pandémie de peste frappe l'Europe à partir de 1347 (peste noire), et demeure active jusque vers 1800. Elle atteint la région à plusieurs reprises dont en 1424.

L'autre événement, contemporain et également jugé « diabolique », est la (ou Réforme tchèque ou Réforme hussite). Jan Hus (1372-1415), et d'autres religieux et théologiens (Jan Želivský (1380-1422)), en plein grand schisme d'Occident (1378-1417), dénoncent certaines dérives de l'Église catholique romaine, trop temporelle et pas assez spirituelle, à Rome autant que localement. L'Église hussite se veut un retour à l'Église apostolique (au sens de l'église des apôtres), spirituelle et pauvre.

L'excommunication de Jean Hus en 1411, puis un nouveau scandale de commerce des indulgences de en 1411-1412 pour financer une guerre, sont des motifs suffisants de troubles ou d'émeutes dont Jan Hus est présenté comme responsable. Il est condamné comme hérétique, et brûlé vif.

Une partie de la noblesse proteste, dans ce qui s'avère aussi un conflit entre féodalisme et absolutisme. La défenestration de Prague (1419), alors capitale du Saint-Empire romain germanique, est le premier épisode d'une insurrection de dix-huit ans et de cinq croisades envoyées par le pape Martin V et l'empereur Sigismond, auxquelles les Tchèques résistent.

Les croisades contre les hussites (1420-1434), menées côté hussite par des chefs élus, Jan Žižka (1370-1424) et Procope le Grand (1380-1434) : (Bohême du Sud) et la (1422), dévastation de la Bohême, de la moitié de l’Allemagne et de la Hongrie par des fanatiques qui sèment la terreur, antagonisme croissant entre Tchèques et Allemands, ces derniers rangés dans le camp catholique.

Le concile de Constance (1414-1418) donne lieu entre autres au procès et à la condamnation pour hérésie des réformateurs John Wyclif, Jan Hus et Jérôme de Prague (et les deux derniers sont suppliciés sur le bûcher à onze mois d'intervalle). Le concile de Bâle-Ferrare-Florence-Rome (1431-1441) adopte le conciliarisme (même avec supériorité papale, et condamné en 1870 et 1964) et signe des accords (compacta) avec les hussites modérés (mais qui ne sont pas ratifiés par le pape).

La Réforme protestante, commencée par Martin Luther en 1517, se répand avec d'autres dans tout l'Empire, particulièrement en Autriche. Elle s'accompagne de la guerre des paysans allemands de 1524-1526, outre celles qui ont précédé (Mouvement Bundschuh, 1493-1517)) et suivi (), et qui ne sont pas spécifiques aux pays allemands (jacqueries, révolte des croquants). Les , voisine de la Bohême, sont fréquents, et tout autant préoccupés d'un christianisme plus authentique.

En 1526, peu de temps après le sac de Buda par les Turcs, Ferdinand de Habsbourg est élu roi de Bohême : le Cujus regio, ejus religio s'applique aussi dans ce cas. Le royaume est alors intégré à la monarchie de Habsbourg, tout en conservant une relative autonomie. Troubles religieux, troubles sociaux, et guerres traversent tout le dans la grande région.

En Bohême, les utraquistes (ou hussites) deviennent les Frères moraves (ou Frères tchèques) au . Devenus majoritaires en , ils publient la confession de Bohême (fondée sur la confession d'Augsbourg de 1530) qui s'oppose à la foi catholique. Pourtant, en , les Tchèques obtiennent par une « lettre de majesté de des garanties sur la liberté de religion.

Sous (1620–1637), à la suite de longues rivalités, à , la sainte ligue envahit puis s'empare de la Bohême. Le , l'empereur l'emporte sur au lieu-dit la Montagne-Blanche. Ferdinand reprend la couronne de , qui se retrouve exilé. La défaite des armées protestantes marque la mise sous tutelle définitive du royaume de Bohême aux catholiques de la Maison Habsbourg.

La noblesse tchèque (largement protestante) est décimée, ses propriétés réparties entre les généraux vainqueurs (Bucquoy, Tilly, Wallenstein). Certains préfèrent l'exil, comme Jan Amos Komenský, l'une des grandes figures de l'Église protestante tchèque (dite fraternelle). Le comte protestant von Thurn fuit en Transylvanie, et plus tard en Turquie. En , 27 protestants sont exécutés.

La Bohême, à 90 % protestante (Confessio Bohemica de 1575), est alors massivement convertie (souvent de force) à la foi catholique dans le mouvement de la Contre-Réforme, lequel a pour conséquence de parsemer Prague d'églises baroques et la campagne tchèque, de monastères. Dans la mémoire collective tchèque, cette époque est appelée « la période des ténèbres ». En , la nouvelle constitution du royaume, ratifiée à Vienne, rend la religion catholique exclusive, et impose la langue allemande.

La Contre-Réforme provoque divers mouvements de population. Les anabaptistes du Tyrol trouvent refuge en Moravie, avant de partir pour l'Amérique du Nord. Les luthériens sont nombreux (peut-être ) à s'enfuir vers les villes d'Allemagne, de Suisse, de Suède et dans les provinces baltes suédoises (Lettonie et Estonie, prises à la Pologne). Les victoires des Habsbourg contre l'Empire ottoman entraînent d'autres exodes (d'orthodoxes serbes ou roumains, cette fois).

Les Tchèques doivent attendre les réformes de (–), catholique anticlérical, pour bénéficier de l'édit de tolérance religieuse (1781-1782).